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Des détails sur la chasse au rabattage

La mort ou la prison à vie

La mort ou la prison à vie

La chasse au rabattage des dauphins à Taiji n’est pas simplement une activité qui se termine par la mise à mort des dauphins. Taiji est la source même du commerce international de dauphins vivants. Il y a de l’argent en jeu – beaucoup d’argent – dans l’industrie des spectacles de dauphins en captivité. Sans l’argent qu’il tire du commerce de dauphins vivants, le syndicat des pêcheurs de Taiji serait probablement incapable de continuer à tuer des dauphins. Cette activité coûte cher. Nous avons appris que ce syndicat touchait environ 32 000 dollars US pour chaque dauphin vivant capturé. Un dauphin dressé se revend encore plus cher, beaucoup plus cher. Il existe un lien direct entre l’industrie des spectacles de dauphins en captivité et les eaux sanglantes de la baie de Taiji. Entre donner de l’argent pour assister à un spectacle de dauphins ou nager avec des dauphins dans un centre n’importe où dans le monde, et découper la chair d’un dauphin à Taiji, il n’y a pas vraiment de différence. C’est l’industrie des spectacles de dauphins qui fait perdurer cette chasse. L’abattage des dauphins l’accompagne. Tous ces dresseurs de mammifères marins bien intentionnés et les spectateurs des delphinariums, tous ont le sang de dauphins innocents sur les mains.

Pour chaque dauphin arraché à sa famille et revendu, la vie devient un enfer indicible. Des dauphins nés en captivité subissent eux aussi ces conditions carcérales. Aux États-Unis, il est désormais illégal d’importer un dauphin capturé dans l’océan, si bien que l’élevage de dauphins est devenu une affaire juteuse. On peut cependant se demander, parmi les dauphins prétendument d’élevage importés chaque année aux États-Unis, combien n’ont pas été en réalité capturés dans la nature. Même un dauphin né en captivité provient généralement de parents capturés à Taiji. Le lien avec les tueries de Taiji est indéniable et inévitable.

Des bateaux de rabattage

banger boats

Taiji est situé dans une zone protégée, à l’intérieur d’une baie. Là, des terres rocheuses surgissent de la mer le long de la côte. Les eaux y sont peu profondes et les récifs et îlots y sont nombreux. Près de l’entrée du port de Taiji se trouve l’accès à la Baie, de sinistre réputation. Les promontoires rocheux, les îlots et les bas-fonds forment un chemin naturel qui y mène tout droit.

On peut voir à Taiji plusieurs dizaines de petits bateaux de pêche équipés de tubes métalliques, fixés sur les flancs de la coque. Chaque matin, aux premières lueurs de l’aube, ces bateaux gagnent le large depuis la côte de Wakayama. Ils se dispersent et commencent à patrouiller sur les chemins migratoires des cétacés, à la recherche de groupes de dauphins et de petites baleines. Souvent, ils franchissent la ligne d’horizon. Les pêcheurs repèrent aussi les oiseaux marins, qui ont tendance à suivre les dauphins pour pouvoir profiter des restes des poissons qu’ils attrapent. Une fois qu’un des bateaux a trouvé un groupe de dauphins, il prévient par radio les autres bateaux. Il suit les dauphins pendant que les autres bateaux font route pour le rejoindre. Quand ils sont au nombre de cinq ou davantage, les bateaux talonnent et entourent les dauphins, et à l’aide de marteaux, les pêcheurs frappent des boudins ou les extrémités des tubes. Ils créent ainsi une barrière sonore que les dauphins et autres petits cétacés tentent de fuir. C’est la “chasse au rabattage”. Les bateaux chassent ainsi les dauphins vers la baie, jusqu’à l’entrée du port de Taiji et enfin, jusqu’à l’accès à la baie. Il ne reste plus qu’à refermer l’accès au moyen de filets.

Une condamnation à mort

death row

Ce sont des familles entières de dauphins qui sont ainsi attrapées : des dauphins âgés, des adultes en âge de se reproduire, des femelles enceintes, des adolescents et des bébés dauphins. Il arrive qu’un groupe ou une partie d’un groupe échappe aux bateaux, et qu’une famille soit ainsi séparée, mais le plus souvent, c’est le groupe entier qui est conduit dans la baie.

La baie est une plage publique. Un parking domine la route. Des escaliers descendent vers la plage, et des chemins balisés par des rochers suivent les contours de la côte. Il y a même des toilettes publiques bien entretenues. Les points de vue situés au-dessus des versants abrupts de la baie servent aussi de refuges en cas de tsunami. La plupart des chemins de promenade et des “points de vue” ont été barricadés pour empêcher le public de voir ce qui arrive aux dauphins. Franchir ces barricades est désormais un délit, passible de sanctions pénales.

Une fois rabattus dans la baie, les dauphins sont repoussés vers le sud, dans une crique étroite et peu profonde qui est le lieu des massacres. C’est là qu’a été tourné le film documentaire The Cove. Les barricades permettent aux tueurs d’opérer hors de la vue du public. Souvent, les dresseurs d’animaux marins venus du delphinarium voisin (où sont organisés des programmes de nage avec les dauphins) et du musée de la Baleine de Taiji (où ont lieu des spectacles de dauphins) viennent inspecter les dauphins capturés et sélectionnent des spécimens pour les spectacles. Les autres dauphins sont parfois relâchés, mais le plus souvent ils sont tués. Grands-parents, parents, femelles enceintes et bébés sont tués de façon indifférenciée. Au moment du tournage du film, on les tuait à coups de lances, ce qui entraînait le déversement de grandes quantités de sang dans l’eau. Désormais, afin de réduire la quantité de sang, les chasseurs enfoncent une tige métallique dans la colonne vertébrale des dauphins. On retire ensuite la tige et on bouche le trou avec une cheville en bois. L’enfoncement de la tige provoque parfois la mort du dauphin, mais le plus souvent, cela le paralyse seulement. Le dauphin est encore vivant et tout à fait conscient de ce qui lui arrive ainsi qu’à ses proches.

Une corde est nouée autour de la queue du dauphin, puis il est hissé sur une barge de dépeçage. La plupart des dauphins se noient lentement et meurent au cours de ce traitement. Ceux qui ne sont morts ni à l’enfoncement de la tige métallique dans la colonne vertébrale, ni pendant l’opération de hissage, meurent sur la barge de dépeçage quand on leur ouvre le corps pour en extraire les entrailles et autres organes. À ce stade, un flux massif de sang est inévitable.

Les dauphins sélectionnés pour l’industrie des spectacles sont transportés par des esquifs jusqu’à des enclos marins situés dans le port de Taiji. Les dauphins éviscérés sont remorqués jusqu’à la boucherie du port.

Rejoignez les Gardiens de la Baie pour mettre fin dès aujourd’hui à ce système de mort et de prison!

 
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