Fin de l’expédition de Sea Shepherd à la recherche de l’insaisissable baleine à bec de Cuvier

Lundi 18 décembre 2017

Des scientifiques mexicains embarqués sur le Martin Sheen ont couvert les rencontres avec des cétacés, complétant, au cours de Divina Guadalupe III, leur catalogue de photo-identification

Sea Shepherd a récemment orienté son projet de l’automne, Divina Guadalupe III, vers l’étude des baleines à bec de Cuvier près de l’île Guadalupe, au Mexique, enregistrant vingt-deux rencontres et étendant son catalogue de photo-identification à 69 individus.

En novembre, une équipe de scientifiques mexicains dirigée par Gustavo Cárdenas-Hinojosa, responsable de la recherche, et Andrea Bonilla-Garzón, scientifique en chef colombien, a navigué à bord du navire de recherche le Martin Sheen. Elle avait pour destination l’île mexicaine de Guadalupe, à environ 150 milles marins de la côte ouest de la péninsule de basse Californie.

Son objectif était de poursuivre le travail scientifique entrepris au cours des deux précédents projets Divina Guadalupe, en 2016 et en mai de cette année.

Les baleines à bec de Cuvier sont considérées comme les plus grands plongeurs de tous les mammifères ; elles peuvent en effet descendre à plus de 3000 mètres de profondeur. Elles peuvent passer jusqu’à deux heures sous l’eau et n’ont besoin de reprendre de l’oxygène que quelques minutes en surface avant de replonger. Leurs exceptionnelles qualités de plongeurs rendent difficiles leur observation par l’humain et leur étude par les scientifiques.

Baleine à becBaleine à bec

Divina Guadalupe I

Lors de l’expédition inaugurale de Divina Guadalupe en octobre 2016, on a rencontré vingt-neuf groupes de baleines à bec de Cuvier en deux semaines, notamment deux mères accompagnées de leur petit. Il s’agit du nombre d’observations de baleines à bec de Cuvier le plus haut jamais enregistré dans un si bref laps de temps.

Vingt-neuf des animaux repérés ont fait l’objet d’une photo-identification individuelle à partir de leurs marques naturelles et ont été ajoutés au catalogue actuel de l’île Guadalupe.

Ces découvertes ont laissé les scientifiques supposer que l’aire qui entoure l’île Guadalupe pourrait constituer un habitat essentiel des baleines à bec de Cuvier, et une destination de choix pour les scientifiques qui étudient ces mystérieux mammifères.

Divina Guadalupe II

Lorsque, en mai 2017, Sea Shepherd est retourné sur les lieux pour Divina Guadalupe II, avec des scientifiques, l’équipage du Martin Sheen a réalisé par drone l’enregistrement sans précédent de deux baleines à bec de Cuvier, une mère et son petit.

Au long de l’expédition, on a pu apercevoir vingt-quatre fois des baleines à bec, ainsi que deux mères avec un très jeune petit ; l’un étant né après le premier projet Divina Guadalupe.

Ces observations ont montré que Guadalupe pouvait être un site de reproduction pour ces baleines.

Les scientifiques à bord ont aussi fait usage de deux détecteurs acoustiques pour comparer leur efficacité en matière de détection des clics d’écholocation émis par les dauphins et les baleines.

Divina Guadalupe III

Lorsque le Martin Sheen est revenu en novembre à l’occasion de Divina Guadalupe III avec des scientifiques, ceux-ci ont consigné 22 rencontres de baleines à bec de Cuvier au total.

(D’autres observations ont été effectuées, notamment vingt-trois de grands dauphins et une d’un petit rorqual.)

Les données photographiques enregistrées en novembre ont porté à 69 individus le catalogue de photo-identification des baleines à bec de Cuvier autour de l’île Guadalupe. Dix-sept avaient déjà été aperçues dans cette zone. L’un des individus enregistrés a été repéré treize fois depuis 2009.

"Ces résultats appuient notre hypothèse, selon laquelle les baleines à bec sont très attachées à l’île," a déclaré Cárdenas-Hinojosa.

Par ailleurs, l’observation de mères accompagnées de leur petit au cours des trois projets de recherche Divina Guadalupe, indique la probable naissance de ceux-ci près de l’île et soutient l’hypothèse selon laquelle elle constituerait un site de reproduction d’importance pour cette espèce rare et insaisissable.

L'équipage du Martin Sheen et les biologistesL'équipe de biologistes, spécialistes des baleines à bec du Martin SheenVue aérienne composite de l’île Guadalupe. Photographie de Greg Joder