Commentary and Editorial

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Jeudi, 31 Mai 2012 14:25

Hunger Games sur le fleuve Columbia

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

Une otarie douloureusement marquée par les agents gouvernementaux à des fins de contrôle.. Photo: Erwin VermeulenUne otarie douloureusement marquée par les agents gouvernementaux à des fins de contrôle.. Photo: Erwin Vermeulen

Depuis que nous nous sommes occupés de défendre les otaries du barrage de Bonneville, sur le fleuve Columbia, nous avons reçu des e-mails désagréables et des critiques acerbes d’une certaine partie du public.

Mes préférés sont les courriers du genre "Je vous ai soutenus dans la défense des baleines et des dauphins, mais je ne vous soutiens pas dans la défense des otaries."

Dans ces commentaires, notre campagne est qualifiée de "malavisée", "stupide", "irresponsable", etc...

D’après certaines de ces critiques, Sea Shepherd ne se soucierait pas des saumons, qui sont menacés, alors que les otaries sont abondantes et sont des animaux qui ont leur place dans la mer et pas dans un fleuve. Il y a aussi un certain nombre d’autres protestations, de la part des partisans de solutions létales à ce qu’ils perçoivent comme un problème.

Certains de nos supporters déclarent qu’ils ne nous soutiendront plus dans nos efforts de protection des baleines, des dauphins et autres espèces marines parce qu’ils désapprouvent notre campagne de défense des otaries.

Ma réponse est simple: “Gardez vos fichus centimes, nous ne faisons pas de compromis avec la défense de nos clients pour de l’argent et notre clientèle inclut l’otarie de Californie et l’otarie de Steller. Que cela plaise ou non, nous ne renoncerons pas à défendre leurs intérêts simplement parce que quelques humains ne les aiment pas.”

Nous savons pertinemment que les saumons sont menacés, et nous savons aussi que ce n’est pas à cause des otaries. Davantage de saumons sont tués par les turbines du barrage que par les otaries. Les pêcheurs locaux, les pêcheurs commerciaux et les amateurs de pêche sportive prennent bien plus de saumons du fleuve Columbia que les otaries. La pollution tue plus de saumons que les otaries.

Si l’otarie sert de bouc émissaire, c’est parce que (1) c’est un bouc émissaire bien pratique, (2) les otaries ne votent pas, (3) les tuer permet de faire croire qu’on protège les saumons, et (4) les bureaucrates du gouvernement sont simplement trop fainéants pour chercher à résoudre le problème d’une manière qui soit positive et efficace d’un point de vue écologique.

Si l’on veut sauver les saumons, on peut (1) démolir le barrage destructeur, (2) interdire la pêche commerciale, (3) interdire la pêche sportive et (4) interdire la pêche locale. Et comme aucune de ces solutions ne serait acceptable d’un point de vue politique et économique, les bureaucrates ont choisi l’illusion d’une solution, tuer quelques otaries.

Or, les otaries ne mangent que 1 à 4% des saumons. Les pêcheurs en prennent 17% et le barrage en tue aussi 17%. Il suffirait de réduire de 4% les prises des pêcheurs pour compenser l’impact des otaries.

Les otaries ont davantage de droits sur les saumons que les pêcheurs, locaux ou non, car elles s’étaient déjà installées dans cette région et se nourrissaient déjà des saumons des dizaines de milliers d’années avant la moindre implantation humaine en Amérique.

Le plus gros de tous les prédateurs du saumon: le barrage de Bonneville sur le fleuve Columbia. Photo: Erwin VermeulenLe plus gros de tous les prédateurs du saumon: le barrage de Bonneville sur le fleuve Columbia. Photo: Erwin Vermeulen

Pour ceux qui pensent que les otaries sont en train d’envahir le bassin du fleuve Columbia, il est intéressant de noter que Lewis et Clark ont vu des otaries qui se nourrissaient de saumons bien plus en amont, au pied des chutes de Celilo, sachant que maintenant, les ours noirs et grizzly n’en prélèvent plus du tout.

Ma position est que le droit des otaries d’attraper des saumons doit passer en priorité avant toute prise par les humains, car les otaries bénéficient d’une antériorité et sont protégées par la Loi sur la protection des mammifères marins. Par ailleurs, elles dépendent entièrement du poisson pour leur survie.

Les exigences établies concernant la chasse à la baleine, la pêche et la chasse aux phoques par les populations autochtones supposent deux faits établis: d’une part, une tradition ininterrompue, et d’autre part, une nécessité de subsistance. Or, chez les otaries, la chasse aux saumons sur le fleuve Columbia est bien une tradition ininterrompue et un besoin de subsistance.

Qu’est-ce qui pourrait autoriser le massacre de 500 otaries pour que des humains puissent s’amuser à attraper des saumons?

L’argument selon lequel les saumons sont menacés est invalidé par le fait que les humains s’autorisent à en pêcher. En vertu de la Loi sur les espèces menacées, cette pêche serait interdite si le saumon était vraiment sur la liste des espèces en danger.

Sea Shepherd Conservation Society se préoccupe beaucoup des saumons, et nous sommes partisans d’interdire la pêche pour le plaisir et la pêche commerciale afin de permettre aussi bien aux saumons qu’aux otaries de survivre.

Tuer les otaries n’est pas une solution. Le vide créé par la disparition de 500 otaries ne fera qu’attirer encore plus d’otaries dans cette zone, car les otaries qui s’y sont installées ont gagné la bataille du poisson. Même les jeunes otaries viendront revendiquer ce territoire, ce qui entraînera de nouvelles demandes d’abattage.

Pas un seul être humain mourrait de faim si on lui refusait le droit de pêcher, tandis que les otaries n’ont pas d’alternative. C’est la faim qui les pousse à remonter le fleuve, et c’est la faim qui les pousse à risquer de se retrouver face à un escadron gouvernemental mobilisé pour les abattre.

Sur toute la côte Pacifique, les humains ont chassé les otaries de leur habitat naturel. Nous les persécutons quand elles viennent sur le rivage, nous les abattons simplement parce qu’elles sont affamées, nous leur ôtons la nourriture de la bouche en mer comme dans les fleuves, nous rejetons nos eaux usées et nos déchets chimiques dans leur habitat, et ensuite, nous les prenons comme boucs émissaires pour donner l’illusion que les autorités se soucient de protéger les saumons.

Les bureaucrates ne protègent pas les saumons. Ils se prostituent pour faire gagner des voix aux hommes politiques qui veulent les voix des pêcheurs.

Des otaries dans un piège, sans doute destinées à être euthanasiées dans peu de temps.Des otaries dans un piège, sans doute destinées à être euthanasiées dans peu de temps.

Plus étrange encore est le fait que toute tentative de se mêler de la protection des otaries ou de toucher aux pièges soit considérée comme un acte de terrorisme en raison de la proximité du barrage de Bonneville. Qui sauve une otarie se retrouve à Guantanamo!

Les Gardiens du barrage de Sea Shepherd sont donc là pour s’opposer de façon légale et non-violente à l’abattage des otaries. Nous soutenons la Humane Society des États-Unis dans son combat juridique pour empêcher ces mises à mort, et nous sommes là pour attirer l’attention du monde entier sur cette façon honteuse de prendre comme bouc émissaire une espèce qui a parfaitement le droit d’être où elle est et de faire ce qu’elle fait.

Ainsi donc, à ceux qui déclarent qu’ils vont cesser de nous soutenir parce que nous défendons les otaries, nous répondons que nous n’avons pas besoin de leur soutien. Nous ne sommes pas une organisation qui prétendrait servir tout le monde. Nos soutiens sont peut-être humains, mais nos clients sont les espèces marines, du plancton aux grandes baleines et sans aucune exception.

Il s’agit sans doute ici d’une position qui ne plaît pas à tout le monde, mais la position de Sea Shepherd Conservation Society consiste à s’opposer à l’abattage des otaries par les autorités américaines dans les eaux du fleuve Columbia.

 

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