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Vendredi, 20 Septembre 2013 09:00

Conférence environnementale et omerta: clap de fin

Conférence environnementale et omerta: clap de finLa conférence environnementale s'est ouverte aujourd’hui sans le Rassemblement pour la Planète et donc sans Sea Shepherd. Avant de clôturer cet épisode, il n’est pas inutile de clarifier ce qui s’est passé. Au moins pour ceux que ça intéresse.

Depuis le début, l’État accepte à cette conférence un chiffre fixe de 8 organisations (qu’il a jusqu'ici toujours refusé d’augmenter) à la table des discussions. Ce sont les 8 organisations qui furent partie prenante du Grenelle de l’Environnement. Le Rassemblement Pour la Planète (RPP), a pris depuis l'année dernière la place que lui a cédé Écologie Sans Frontière (ESF), l'association à l'origine même du Grenelle de l'Environnement et à laquelle se sont jointes toutes les autres. ESF fait d'ailleurs toujours partie du RPP et les différentes associations de ce groupement sont chacune des lanceurs d'alerte spécialisées dans les problématiques devant être abordées à la Conférence environnementale.

Alors que toutes les associations du RPP ont travaillé leurs propositions pour chacune des tables rondes (Biodiversité marine pour Sea Shepherd), elles ont été informées de leur éviction de dernière minute quelques jours seulement avant le début de la conférence. Suite à ce coup de balai, il ne reste plus aucune association traitant de la santé environnement, pourtant préoccupation principale des français en matière d’environnement. Les associations du RPP étaient en effet les seules à être spécialisées dans les problématiques d’ondes nocives, de pesticides, de pollution de l'air, particules cancérigènes, Bisphénol A, etc… et biodiversité marine.

Ni l’État, ni même Surfrider (avec qui il nous arrive pourtant de communiquer et qui savent donc où nous trouver) n’ont pris la peine d’avertir le RPP de son éviction. Pourtant la décision avait été prise en catimini, le 16 aout dernier, en pleine période de vacances...

Par delà les discours de façade et la rhétorique sur l’entente inter associative et le caractère contre productif d’opposer des organisations qui “travaillent dans un but commun”, il convient de noter que ce grand ménage du gouvernement n’aurait pas pu se faire si Surfrider avait rétorqué à l’État que n’étant eux mêmes, pas des spécialistes des sujets abordés aux tables rondes (contrairement au RPP), il ne se joindraient pas à cette conférence si cela devait induire l’éviction des lanceurs d’alerte. Voilà une posture qui ne nous semble pas impensable et qui nous aurait en tout cas paru évidente si on nous avait proposé de remplacer Surfrider à une conférence traitant des eaux de baignade ou de la pratique du surf. Sujets qui pourtant nous concernent mais pour lesquels nous savons être moins légitimes que Surfrider. "Collaborer"de manière complémentaire dans un but commun, c'est aussi reconnaitre aux autres leurs compétences particulières dans le domaine d'expertise qui est le leur.

Sourires de façade et discours en apparence fédérateurs sont la marque de fabrique d’un certain milieu associatif politiquement correct et malhonnête où les coups tordus se font dans l'ombre et sans élégance. Pour masquer les trahisons qui sont faites, la stratégie classique est de se réfugier derrière une rhétorique bien huilée appelant à l’unité associative et donc à taire toute critique au risque de”nuire à la cause commune”. Botter en touche en invoquant le principe supérieur du “but commun” pour éluder les questions gênantes est la réponse de ceux qui n’ont pas de réponse à donner. Mais comment peut on être sincère dans le but affiché quand on ne l’est pas dans ses rapports aux autres?

La vérité est que la pire gangrène de ce milieu, celle qui nous empêche d’avancer, ça n’est pas la critique inter associative qui peut être salutaire quand elle dénonce de vraies injustices, c’est le principe d’omerta qui tait ces injustices et qui dès lors, leur permet de perdurer dans le temps.

Après tout, les associations sont comme les gens. Elles sont faites de gens, Elles ne sont donc pas parfaites et elles ne sont pas au dessus de tout questionnement moral au prétexte que l’objectif affiché est “noble”. Si on nous entend dénoncer plus souvent que les autres, au risque d’ apparaitre comme des “polémistes”, c'est qu'on ne mange pas de ce pain là, on ne botte pas en touche lorsque nous sommes questionnés sur nos positionnements ou sur nos agissements. Ils ne plaisent pas à tous c’est un fait, mais nous les assumons toujours. Et nous les énonçons toujours clairement et sans détours.

Pour conclure, le Rassemblement Pour la Planète va attaquer en justice les deux décrets ministériels concernés dans le sens où ils sont clairement discriminants. Nous ne participerons pas activement à cette action légale, nos priorités sont ailleurs- et notre cœur de métier est l’action de terrain et non les réunions avec un gouvernement qui n'affiche aucune réelle volonté dans le domaine de l'écologie. Nous restons en revanche, entièrement solidaires des associations du RPP et nous remercions les personnalités publiques et anciens ministres qui sont montés au créneau pour dénoncer notre éviction ainsi que les médias qui ont relayé l'affaire. Mais surtout, nous espérons que la santé environnementale et les lanceurs d’alerte en général, retrouveront dans le débat démocratique, la place qu’ils méritent. Il y a urgence.

Pour en savoir davantage concernant le Rassemblement Pour la Planète: http://rassemblementpourlaplanete.org/

 

 


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