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Vendredi, 22 Février 2013 06:08

Une crise de rage des Japonais dans des eaux hostiles les amène à arrêter la campagne de chasse à la baleine

Par le Capitaine Paul Watson

Le 20 février 2013

Une crise de rage des Japonais dans des eaux hostiles les amène à arrêter la campagne de chasse à la baleine

Le capitaine du navire-usine Nisshin Maru a perdu son sang-froid, et, malheureusement, une crise de rage aux commandes d’un bateau de 8000 tonnes dans des eaux éloignées de tout, au beau milieu du pack et des icebergs, cela peut être assez impressionnant, nous avons pu le constater aujourd’hui  de façon spectaculaire.

Par où commencer? Je ne crois pas que nous ayons déjà vécu des heures plus  mouvementées depuis neuf ans que nous nous opposons à la chasse à la baleine dans le Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral, et il est certain que nous n’avions jamais vu tous nos bateaux se faire ainsi éperonner l’un après l’autre. C’est aussi la première fois que nous nous sommes fait éperonner par le Nisshin Maru, et, pour couronner le tout, que le navire-usine japonais a éperonné à quatre reprises son propre bateau ravitailleur, le Sun Laurel, et qu’il l’a endommagé.

Je suis sûr que les Japonais vont justifier l’éperonnage de quatre bateaux en haute mer en disant que c’était un accident. Après tout, il semble que rien de ce qui arrive dans le Sanctuaire baleinier ne soit jamais leur faute.

Mais comment tout cela a-t-il commencé?

Tout a commencé quand le Sun Laurel s’est aventuré délibérément au sud du soixantième parallèle, et qu’il a pénétré dans la zone du Traité de l’Antarctique  avec une cargaison de fioul lourd (HFO) pour le Nisshin Maru. C’est illégal d’introduire du HFO dans les eaux protégées de l’Antarctique, et c’est illégal aussi d’y transférer du fioul lourd à un autre navire.

Les opérations de ravitaillement devaient avoir lieu hier, mais les trois bateaux de Sea Shepherd, le Sam Simon, le Bob Barker et le Steve Irwin, avaient pris position autour du Sun Laurel pour l’empêcher de s’approcher du Nisshin Maru.

Une crise de rage des Japonais dans des eaux hostiles les amène à arrêter la campagne de chasse à la baleineA 2h30 du matin, en pleine nuit, le Nisshin Maru et le bateau ravitailleur Sun Laurel, enregistré au Panama, se sont aventurés dans une zone de pack épais pour tenter de se débarrasser des navires de Sea Shepherd. C’était une action irresponsable. Le Sun Laurel n’est pas fait pour la glace, et il n’a pas à emmener une cargaison aussi dangereuse dans une zone de pack.

Les bateaux de Sea Shepherd ont tenu leur position, empêchant le Nisshin Maru de se placer le long de son ravitailleur.

Le Sun Laurel a été informé qu’il pouvait ravitailler le Nisshin Maru au nord du soixantième parallèle. Cependant le Nisshin Maru a insisté pour que le navire-usine soit ravitaillé illégalement à environ 360 milles au sud du soixantième parallèle.

A 10h20, le Nisshin Maru s’est rapproché  de l’arrière du Sun Laurel en même temps que les trois bateaux-harpons japonais commençaient à encercler les navires de Sea Shepherd en actionnant leurs canons à eau. Ils ont été rejoints par un quatrième bateau japonais, le Shonan Maru N°2, leur bateau de sécurité armé,  celui-là même qui avait éperonné et détruit le bateau néo-zélandais Ady Gil en 2010.

Le Nisshin Maru s’est avancé encore plus près, pendant que les trois navires-harpons se rapprochaient du Steve Irwin par bâbord.

A 10h50, alors que le Sun Laurel se frayait un chemin à travers la glace épaisse, le Nisshin Maru a rapproché  sa proue de l’arrière du Steve Irwin.

Le Nisshin Maru a continué de se rapprocher progressivement pour tenter d’intimider les bateaux de Sea Shepherd, et c’était effectivement impressionnant. Le Nisshin Maru est environ 10 fois plus haut que nos bateaux.

A 12h27, le maître d’équipage du  Sun Laurel a averti le Nisshin Maru qu’il devait s’arrêter car il était dangereusement proche, mais le navire-usine a continué à avancer, coinçant le Steve Irwin entre sa coque massive et le flanc du ravitailleur. Le Bob Barker s’est alors déplacé pour défendre le Steve Irwin et a tenté de bloquer le navire braconnier japonais.

Une crise de rage des Japonais dans des eaux hostiles les amène à arrêter la campagne de chasse à la baleinePendant ce temps, l’équipage du Nisshin Maru lançait des grenades assourdissantes et avait mis ses puissants canons à eau en action contre le Bob Barker et le Steve Irwin.  A 12h56, le Nisshin Maru est arrivé derrière le Steve Irwin, heurtant par deux fois le bateau de Sea Shepherd, une fois à l’avant à bâbord, et une deuxième fois  sur son flanc bâbord, endommageant la plate-forme hélicoptère et poussant le Steve Irwin contre le Sun Laurel.

Le Bob Barker s’est introduit par la brèche pour permettre au Steve Irwin de sortir de la route de l’étrave massive du Nisshin Maru.

Puis c’est le Bob Barker qui est devenu la cible des grenades assourdissantes et des canons à haute pression, qui ont enveloppé la moitié du bateau sous un grand nuage de vapeur et  l’ont poussé vers le Nisshin Maru, qui a alors dirigé ses canons  à eau vers les pots d’échappement du moteur principal.

Le co-directeur de campagne Bob Brown avait interdit à l’équipage de Sea Shepherd de répondre en lançant des bombes puantes, des paintballs  ou des cordes pour entraver les hélices. L’équipage a obéi à ces instructions, et donc il n’a pris aucune mesure pour dissuader le Nisshin Maru d’attaquer.  Ils ont seulement pu faire de leur mieux pour tenir bon sur leur position.

Le Nisshin Maru s’est déplacé pour couper la route du Bob Barker et, au lieu de cela, il est entré en collision avec l’avant du  Sun Laurel. Il l’a heurté quatre fois de suite, détruisant un des canots de sauvetage et endommageant le bossoir de leur canot de sauvetage principal. Ils ont aussi endommagé la superstructure et la coque du Sun Laurel.

"Des manœuvres aussi imprudentes autour d’un ravitailleur plein de carburant sont impensables", dit l’Espagnol Carlos Bueno, 47 ans, le second du Bob Barker. "Le capitaine du Nisshin Maru voulait tellement emboutir le Bob Barker qu’il était prêt à endommager le ravitailleur et à risquer une marée noire pour nous avoir. C’était incroyable."

Le Nisshin Maru a forcé le passage dans  l’espace laissé entre le Sun Laurel et le Bob Barker, et a éperonné le flanc tribord du bateau de Sea Shepherd, tout en continuant à érafler le flanc bâbord du Sun Laurel.

L’étrave massive du Nisshin Maru surplombait les ponts du Bob Barker. Depuis mon point d’observation privilégié, de l’autre côté du Sun Laurel, je pouvais voir le Bob Barker s’incliner à 45 degrés vers bâbord alors que l’imposante étrave noire du Nisshin Maru faisait tomber le mât arrière, détruisait le radar et écrasait les feux de route. La plateforme hélico a été tordue et il a endommagé une seconde plateforme, alors que les mécaniciens du Bob Barker annonçaient une voie d’eau dans la salle des machines.

Une crise de rage des Japonais dans des eaux hostiles les amène à arrêter la campagne de chasse à la baleineD’un seul coup, tout le courant électrique a été coupé sur le Bob Barker. Le capitaine Peter Hammaerstedt, un Suédois de 28 ans, entendait le métal arracher le pont au-dessus de la passerelle alors que le mât arrière était en train de s’effondrer et que le bateau commençait à pencher.

"Il était en train de nous passer dessus, le Nisshin Maru était en train de nous écraser et nous ne pouvions rien faire", dit le capitaine Hammaersted. "J’essayais de ne pas perdre l’équilibre, et j’ai réussi à lancer un SOS.  S’il avait continué à pousser, sa masse nous aurait sûrement fait chavirer. Mais il a reculé, et son ancre énorme s’est balancée près de nous comme un boulet."

"Ce fut une expérience effrayante", ajoute la Française Oona Layolle, 29 ans, lieutenant du Bob Barker. "Trente centimètres plus bas, et l’ancre aurait arraché la passerelle.  Au lieu de cela, elle a frotté contre les feux de route tribord en écrasant le verre et l’acier. On aurait dit qu’une bombe avait explosé contre la plateforme."

Le Nisshin Maru s’est détourné quand ils ont entendu l’appel de détresse, et le Bob Barker a immédiatement commencé à réparer les avaries. Les voies d’eau ont été colmatées en 15 minutes, et les mécaniciens ont remis le courant en une demi-heure, permettant au bateau de se remettre en route. Le radar et les feux de route tribord étaient hors d’usage.

"C’était incroyable", dit la Finlandaise Sonia Hyppänen, 29 ans,  second maître d’équipage du Steve Irwin, "Le Nisshin Maru est passé sur le Bob Barker comme un tank écrasant une voiture après avoir éperonné son propre ravitailleur. C’est la conduite la plus irresponsable que j’ai jamais vu en mer. Ils ont agi avec une agressivité dangereuse, et ils se comportent comme si leurs actes n’allaient avoir aucune conséquence".

Et il n’y aura probablement aucune conséquence. En 2010, le Shonan Maru N°2 a délibérément éperonné le trimaran néo-zélandais Ady Gil. Puis ils ont refusé de coopérer avec les enquêteurs néo-zélandais, et ils n’ont pas été punis.

Le Nisshin Maru avait déjà tenté d’intimider le Sam Simon,  qui est un navire australien. Ils ont heurté l’avant du navire, et  ils ont eu le culot de sommer par haut-parleur ce navire australien de quitter les eaux territoriales australiennes, "sur ordre du gouvernement japonais".

2013_nmaru_tribord"C’est comme s’ils proclamaient leur souveraineté sur nos eaux territoriales", dit le quartier-maître du Steve Irwin, Elissa Sursara, 25ans, qui vient de la Côte d’Or du Queensland.

Pendant la collision, un des marins philippins du Sun Laurel a jeté une bouteille à un membre d’équipage de Sea Shepherd qui se trouvait à bord d’un petit bateau gonflable.

La lettre disait: "Au Bateau de recherche, s’il vous plaît: May Day, SOS, personne de l’équipage ne savait rien de ce voyage en Antarctique. Et personne de l’équipage ne veut  approvisionner ces pêcheurs. Nous ne pouvons pas utiliser le téléphone donc nous ne pouvons pas parler à l’OMI. S’il vous plaît agissez dès que possible. Merci."

Ils avaient joint une note avec une directive de leur capitaine leur interdisant de téléphoner du bateau entre le 20 janvier et le 28 février. Il y avait beaucoup de jeunes marins apeurés, dans l’équipage, qui ne savaient pas qu’ils allaient en Antarctique, et qui ne voulaient pas prêter main forte à la flotte baleinière japonaise.

Des membres d’équipage du Bob Barker ont lancé 6 t-shirts Sea Shepherd à l’équipage du Sun Laurel, et ils ont applaudi quand l’équipage philippin les a mis et qu’ils ont pointé leurs pouces vers le haut.

Les trois navires de Sea Shepherd ont tenu bon et ont empêché le ravitaillement illégal du Nisshin Maru.

Le soir tombait lorsque le Sun Laurel a mis le cap vers le nord, loin du Nisshin Maru, escorté pour sa sécurité par le bateau de Sea Shepherd Sam Simon.

Le Bob Barker et le Steve Irwin continuent à suivre le Nisshin Maru dans sa route vers l’ouest. Les navires-harpons et le bateau de sécurité du gouvernement, le Shonan Maru N°2, se sont dispersés, et toute la flotte baleinière semble être en déroute complète.

Vont-ils faire une nouvelle tentative demain?

C’est possible, mais peu probable. Tout porte à croire que le Sun Laurel en a eu assez et qu’il est en train de rentrer chez lui.

La meilleure nouvelle a été l’annonce que l’Institut pour la Recherche sur les Cétacés avait appelé à l’interruption temporaire de la chasse à la baleine.

C’est peut-être terminé pour cette saison, et nous espérons que nous n’aurons pas à revenir l’an prochain, si les baleiniers japonais décident finalement de respecter l’intégrité et le caractère sacré du Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral.

 

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