Commentary and Editorial

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Vendredi, 01 Mars 2013 00:00

Nous sommes dans l'Océan Austral, Amiral, car vous n'y êtes pas

Commentaire du Capitaine Paul Watson

Le Capitaine Paul WatsonLe Capitaine Paul Watson

Selon James Goldrick, Contre-Amiral retraité de la marine australienne, la campagne menée par Sea Shepherd Conservation Society au sein du sanctuaire baleinier de l’Océan Austral face aux baleiniers japonais pourrait conduire à une guerre entre la Chine et le Japon en Mer de Chine-Orientale.

Je dois admettre qu’une telle idée ne m’était jamais venue à l’esprit. C’est plutôt flatteur de penser que cet amiral puisse imaginer que notre petite ONG dispose d’un tel pouvoir, qu’elle pourrait faire éclater une guerre mondiale. Mais je crois vraiment que son imagination débordante a pris le dessus sur sa raison.

Pour répondre à cette étrange allégation, je ne peux dire qu’une chose: pour mes équipages et moi-même, les conflits politiques entre ces deux pays sont le dernier de nos soucis. Nous sommes des écologistes, protecteurs de la vie marine, nous ne sommes PAS politiciens - les querelles militaires et nationalistes à propos de frontières imaginaires ne nous préoccupent pas. Cela nous est complétement égal de savoir quelle nation obtiendra le droit d’exploiter les ressources de quelques minuscules îles en Mer de Chine-Orientale.

Je suppose que la raison la plus simple pour expliquer pourquoi Sea Shepherd est présente dans les eaux territoriales australiennes de l’Antarctique, c’est parce que vous, Amiral Goldrick, n’y êtes pas. Si la marine australienne faisait son travail, nous n'aurions pas besoin d’y aller.

Sea Shepherd se rend dans l’Océan Austral parce qu’il y a là-bas un sanctuaire baleinier, reconnu comme tel au niveau international, et aussi un sanctuaire  baleinier AUSTRALIEN. Le mot clé ici, c’est 'sanctuaire'. C’est la communauté internationale et l’Australie qui ont fait de ces eaux un sanctuaire baleinier. L’idée de base, c’est qu’aucune baleine ne doit être massacrée au sein d’un sanctuaire.

Les opérations japonaises de chasse à la baleine visent les rorquals communs et les baleines à bosse - des espèces menacées - et la baleine de Minke - une espèce protégée - à l’intérieur du sanctuaire baleinier de l’Océan Austral. Cela constitue une violation flagrante du moratoire international sur la chasse commerciale à la baleine entré en vigueur en 1986. La flotte baleinière japonaise enfreint aussi une décision de la Cour Fédérale Australienne interdisant la chasse à la baleine dans le sanctuaire baleinier Australien. La cour a reconnu que les baleiniers avaient également enfreint la loi australienne sur la protection de l’environnent et la conservation de la biodiversité. Le Japon ignore également la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Sea Shepherd a bloqué plusieurs tentatives de ravitaillement en carburant du navire-usine de la flotte baleinière japonaise parce qu’il est illégal de transporter du fioul lourd au sud du soixantième parallèle sud. Sea Shepherd a même invité les baleiniers à se rendre au nord de cette ligne imaginaire afin de procéder légalement à ce ravitaillement.

En 2005, Sea Shepherd a pris la décision d’agir dans l’Océan Austral parce que toutes les tentatives d’approches diplomatiques avec le Japon avaient échoué depuis 1986. Même les efforts de la fondation Greenpeace ont été vains. Les baleines continuaient de mourir pendant que Greenpeace déployait des banderoles et prenait des photos. Le statu quo n’avait pas évolué et les baleines continuaient d’être brutalement massacrées.

Sea Shepherd n’est pas un groupe de protestation. Nous sommes une organisation luttant contre le braconnage et nous intervenons pour contrer des activités illégales. Sea Shepherd travaille en partenariat avec la police fédérale équatorienne et les rangers du Parc National aux Galápagos afin de stopper les braconniers. Nous intervenons en Mer Méditerranée pour protéger le thon rouge, une espèce menacée. Nous travaillons avec les nations d’Afrique de l’ouest pour tenter d’enrayer la pêche illégale sur leurs côtes. Notre préoccupation première est la conservation et la protection de la biodiversité marine.

L'Amiral James GoldrickL'Amiral James GoldrickSea Shepherd a mené neuf campagnes dans l’Océan Austral sans jamais avoir causé la moindre blessure à quiconque. Nous n’avons endommagé aucun des navires baleiniers. Par contre, les baleiniers ont éperonné nos navires à de nombreuses reprises, ont littéralement détruit un trimaran de plus de 1,5 million de dollars et ont ensuite refusé d’être auditionnés par les enquêteurs Néo-Zélandais. Oui, nous avons jeté des boules puantes au beurre rance sur les baleiniers; ils ont répliqué avec des grenades assourdissantes, ont tiré au fusil, ont utilisé des engins acoustiques à longue portée et des lances de bambou. Quand ils ont tenté de bloquer nos hélices à l’aide de cordes, nous avons fait de même. Quand ils ont utilisé des lasers, nous avons fait de même. Mais lors de chacune de ces confrontations, nous nous sommes toujours assurés de ne jamais viser quelqu’un. Par contre, les baleiniers ne se sont pas donné cette peine.

Ce qui est le plus parlant, ce sont les chiffres. Alors que toutes les autres approches n’ont jamais rien donné, par la seule action de Sea Shepherd, les baleiniers n’ont rempli que 26% de leur quota de chasse l’an passé et seulement 17% la saison précédente. Cette saison, nous estimons qu’ils n’ont pas dépassé les 10%. L’amiral ne sera peut-être pas impressionné par ces chiffres mais ceux qui ont à cœur de protéger les baleines le seront. C’est pour cela qu’ils nous supportent et c’est pour cette raison que nos rangs se renforcent un peu plus chaque année.

Ce qui me surprend le plus, c’est que l’Amiral Goldrick souhaite que nous cessions de protéger les baleines dans le sanctuaire afin que le Japon n’apparaisse pas comme une nation faible aux yeux des Chinois. Je n’avais encore jamais envisagé cette possibilité et cela me donne l’idée que, peut-être, Sea Shepherd devrait s’allier à la Chine. Après tout, aucun autre pays n’est là pour faire respecter la loi internationale et, si c’était le cas, Sea Shepherd n’aurait pas à endosser ce rôle. Si l’ennemi de mon ennemi est mon ami, nous pourrions convaincre la Chine de prendre part concrètement à l’action contre les activités illégales de chasse à la baleine du Japon dans le Pacifique-Nord.

Le Japon est en train de s’isoler des autres nations à cause de ses activités de pêche illégale, de ses massacres brutaux de centaines de dauphins chaque année, à cause de son insatiable appétit de poisson qui amène de nombreuses espèces au bord de l’extinction et de son assertion ridicule à cette "nourriture traditionnelle" - argument dont ils se servent d’ailleurs pour traiter de raciste toute personne s’opposant à ce massacre écologique. Le Japon exige d’être respecté mais il ne montre lui-même que très peu de respect envers la conservation de la biodiversité des océans.

L’objectif de Sea Shepherd a toujours été de couler économiquement la flotte baleinière japonaise; de la mener à la banqueroute. Il y a une limite dans les millions que le Japon continue de jeter par les fenêtres dans sa tentative pathétique de sauver une industrie illégale, destructive et brutale qui n’a pas sa place au vingt-et-unième siècle.

Amiral, la seule guerre que nous menons est celle contre le braconnage des baleines et, avec tout le respect que je vous dois, cela n’a absolument rien à voir avec les éternelles tentatives d’intimidation entre deux ennemis jurés. Je me fiche de savoir qui gagnera le droit de planter son drapeau aux Îles Senkaku-Daioyu. Mon seul but est de protéger l’intégrité et le caractère sacré du sanctuaire baleinier de l’Océan Austral, pour les baleines et pour le futur de l’humanité.

 

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