Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Mercredi, 21 Août 2013 13:19

Aidez-nous à sauver les requins de la Réunion – Signez la pétition

Par Erwin Vermeulen

shark-and-man

Le préfet de l’île de la Réunion a annoncé son intention de tuer 90 requins, requins-bouledogues et requins-tigres, réagissant ainsi de façon démesurée aux cinq attaques mortelles de requins qui ont eu lieu depuis 2011. Le mois dernier, une jeune fille de 15 ans est morte après avoir été attaquée pendant qu’elle nageait et, en mai, un surfer de 36 ans est mort après une attaque.

En 2012 il y a eu 80 attaques de requins dans le monde, dont 7 ont été mortelles. Il y a bien plus de gens qui tout simplement se noient en pratiquant un sport nautique, et nous connaissons tous les comparaisons qui démontrent que les grille-pains et les distributeurs automatiques tuent chaque année plus que les requins, sans parler du nombre de gens qui meurent dans un accident de voiture ou par arme à feu.

Mais ces "jouets" font partie de notre mode de vie high-tech, postindustriel et très urbanisé. Nous nous sentons en sécurité avec eux et, parfois, nous commettons l’erreur de croire qu’ils sont sous notre contrôle. Nous ne nous voyons plus comme faisant partie de la nature. Le monde sauvage et la vie sauvage sont perçus comme des ennemis de la civilisation.

Le fait est que les requins, les crocodiles, les ours polaires, les tigres et les léopards tuent des gens. Certains nous tuent par erreur, et pour d’autres, manger des hommes c’est un moyen facile de se nourrir. L’idée qu’un animal puisse être un tueur d’hommes, un mangeur d’hommes, est perturbante pour nous. Elle réduit à néant des milliers d’années de progrès humain et nous renvoie dans la position d’hominidés vulnérables terrés dans des cavernes sans feu. Dans la savane, nous étions une source de protéines au même titre que les zèbres et les gazelles. Imaginez-vous un instant, debout et nu dans les hautes herbes, et regardez les animaux autour de vous. Vous n’avez pour vous défendre ni la puissance de l’hippopotame ou du buffle, ni les défenses de l’éléphant, ni la corne du rhinocéros. Vous ne pouvez pas vous enfuir aussi rapidement qu’une antilope et il y a peu d’arbres dans lesquels vous, le singe bipède, vous pourriez grimper.

L’homme, un grand chasseur? Où sont vos griffes et vos crocs? Où sont vos muscles, où est votre vitesse? Les ossements d’Australopithecus robustus découverts en Afrique du Sud indiquent qu’ils étaient la proie principale des léopards.

Dans l’une des variantes de l’évolution humaine, nous avons été sélectionnés naturellement pour notre gros cerveau, car notre intelligence était la seule chose qui nous permette de survivre dans un environnement hostile où nous étions de la nourriture. Finalement, de cueilleurs et charognards, nous sommes devenus chasseurs, et lorsque nous avons quitté le continent des origines, l’Afrique, et que nous avons essaimé sur toute la planète, nous avons exterminé en cours de route une grande partie des grands animaux terrestres. Nos populations colossales ont conduit les "animaux sauvages" à l’extinction ou dans les recoins que nous appelons maintenant réserves et parc nationaux.

Comme nous sommes des animaux terrestres, nous avons éprouvé bien plus de difficultés à soumettre l’environnement marin, mais dès le 18ème siècle nous avions presque exterminé les baleines les moins rapides. Les moteurs à vapeur, puis les moteurs diesel, nous ont donné un avantage sur les rorquals et ils ont pris eux aussi le chemin de l’extinction quasi complète. Ces mêmes moteurs, associés à l’installation à bord de chambres froides, nous ont permis de nous éloigner des côtes et d’aller pêcher plus loin et plus profond, et nous avons fait ce qui pendant longtemps paraissait impossible : vider les océans de la vie qu’ils contiennent. Les grands animaux marins – cétacés, lamantins, thons, espadons et requins – ne furent que les derniers d’une longue chaîne d’êtres vivants à souffrir de notre appétit insatiable, de notre cupidité, et de notre expansion démographique.

Aujourd’hui nous tuons entre 40 et 100 millions de requins chaque année, en fonction des chiffres qui vous paraissent les plus fiables. Beaucoup d’entre eux meurent pour épaissir une soupe asiatique fade. Devons-nous vraiment les effacer de la planète par pur dépit… parce qu’ils tuent 7 d’entre nous chaque année?

La Réunion est apparemment disciple de l’école japonaise de l’hypocrisie, car ils ont appelé le massacre prévu "de la science". L’an dernier, la Réunion a tué 24 requins, pour vérifier la présence de dinoflagellés, un plancton marin responsable de la ciguatera, une intoxication alimentaire potentiellement mortelle causée par la consommation de poisson contaminé. Cette nouvelle chasse aux sorcières ne vise que les deux espèces de requins considérées comme dangereuses – les requins-bouledogues et les requins-tigres – et elle aura lieu seulement dans les endroits où il y a eu des attaques contre l’homme. En outre, la vente de chair de requin est déjà illégale à la Réunion, ce qui démontre que les prélèvements à venir ne sont en fait que vengeance et lynchage sous couvert de science.

l’île de la Réunion a annoncé son intention de tuer 90 requins, requins-bouledogues et requins-tigres, réagissant ainsi de façon démesurée aux cinq attaques de requins qui ont eu lieu depuis 2011l’île de la Réunion a annoncé son intention de tuer 90 requins, requins-bouledogues et requins-tigres, réagissant ainsi de façon démesurée aux cinq attaques de requins qui ont eu lieu depuis 2011
Photo: Albert Kok / Wiki Commons

Mais la vraie science se concentrerait sur les changements intervenus dans l’environnement, les changements chez les requins et leurs proies, ainsi que les changements du comportement humain, qui ont pu conduire à cette concentration d’attaques de requins. La surpêche joue-t-elle un rôle? Ou bien les zones protégées ou les fermes piscicoles attirent-elles les requins?

Nous pouvons peut-être tirer des enseignements du dossier, bien mieux documenté, des lions mangeurs d’hommes en Afrique. Les attaques de lions augmentaient régulièrement quand la maladie, l’assèchement de marais et de zones humides ou l’abattage d’herbivores réduisaient les populations de proies.

On peut y voir un parallèle avec la surpêche. Mais le facteur le plus décisif, le plus évident, c’est que des êtres humains soient disponibles. Auparavant, c’était le trafic de l’ivoire et des esclaves qui mettait quantité d’hommes à portée des lions. Plus tard, ce fut la construction de routes et de voies ferrées qui a fourni une réserve abondante de proies pour les lions, constituée par les ouvriers. Ensuite est venue l’explosion démographique, causant l’empiètement sur leurs habitats naturels, et la prédation de proies humaines s’est réduite parallèlement à la diminution du nombre des lions et de leur territoire.

Il est évident que nous nous trouvons face à un scénario similaire dans le cas des requins. Le facteur qui a le plus contribué au nombre d’attaques qui ont lieu chaque année, c’est le nombre d’êtres humains qui viennent au bord de la mer passer du temps dans l’eau. Un autre facteur important est le surf dans des eaux peu profondes et troubles auquel beaucoup consacrent leurs vacances à la plage. Si vous allez vous baigner dans la mer, vous devez prendre des mesures de sécurité, mais vous devez aussi en accepter les conséquences.

Tout se résume à un choix personnel. Si vous sautez depuis un pont avec un bout d’élastique attaché à vos chevilles, c’est un hasard malheureux si un accident tragique vous envoie vous fracasser au sol. Mais c’est vous le responsable ; c’est vous qui avez accepté de courir ce risque. En quoi serait-ce différent si vous décidez de plonger dans l’océan, là où habitent ces animaux?

Mais dans le cas d’attaques de requins, c’est le requin qui est jugé responsable.

C’est un raisonnement très étrange. Lorsqu’un animal s’échappe d’un zoo ou d’un cirque, généralement il se fait abattre pour avoir pénétré dans le territoire des hommes, mais si une personne, quelle qu’en soit la raison, décide de pénétrer dans l’enclos d’un animal et se fait malmener, l’animal n’est pas jugé responsable. Même chose lorsqu’un employé d’un zoo ou d’un cirque est tué parce qu’il n’a pas respecté les règles de sécurité. La stupidité, l’ignorance et l’irresponsabilité humaines, ou tout simplement la malchance, sont suffisantes pour expliquer l’événement. Le plus célèbre de ces animaux de "cirque" est bien sûr Tilikum, l’orque esclave qui a tué trois personnes qui avaient pénétré dans son bassin à Sea World – son territoire.

Nous faisons la même chose quand nous quittons la sécurité relative de la terre ferme et que nous entrons dans l’eau salée. Nous n’y sommes pas chez nous, mais chez les animaux. Mais dans le cas des requins, nous sommes prêts à "prélever", ce qui n’est qu’un terme plus acceptable pour dire "tuer".

La Réunion est un endroit à requins! C’est une île tropicale où, historiquement, les requins sont communs. Alors si vous mettez de plus en plus de gens dans l’eau, un jour ou l’autre il y aura un accident. Ce n’est pas une raison pour renoncer à se baigner, à surfer ou à plonger. On doit juste en accepter les risques.

En 2012, l’Australie Occidentale a annoncé une guerre similaire contre les requins, après que des grands requins blancs aient tué 5 surfeurs, mais le projet a été stoppé suite à l’indignation qu’il a suscitée dans le monde entier. Passons le même message à la France et à la Réunion, disons-leur que leur plan est inacceptable!

"Permettons à la Réunion de garder ses requins. Signez la pétition

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact