Commentary and Editorial

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Samedi, 07 Septembre 2013 13:57

Les Gardiens de la Baie et la politique Sea Shepherd du Gaiatsu

Par le capitaine Paul Watson – Fondateur

La BaieLa Baie
 photo: Brooke MacDonald 2003

Les Gardiens de la Baie sont des hommes et des femmes venant du monde entier, y compris du Japon, pleins de passion et de compassion. Ils viennent à leurs propres frais. Ils sont debout avant le lever du soleil, et ils sont encore sur le terrain après son coucher. Il y a des Gardiens de la Baie à Taiji tous les jours du 1er septembre au 1er mars, année après année. Six mois chaque année sur le terrain, pour témoigner du massacre de mammifères marins le plus brutal et le plus implacable de la planète.

Ils disposent de l’arme la plus puissante du monde – la caméra.

Mais c’est un exercice émotionnellement épuisant que de défendre quotidiennement les dauphins.

Les Gardiens de la Baie opèrent sans violence, dans les limites de ce qui est faisable dans le cadre de la loi japonaise.

Ils sont là pour rappeler au gouvernement japonais et aux pêcheurs de Taiji que le monde les observe chaque jour, et qu’il continuera à le faire jusqu’à la fin de cette tuerie obscène.

Cela fait dix ans que, pour la première fois, Sea Shepherd a dévoilé ce massacre brutal. Nos photos et nos vidéos ont fait le tour du monde en octobre 2003. C’est là que la campagne a commencé.

Plusieurs années auparavant, nous étions déjà intervenus avec succès pour mettre fin au massacre des dauphins à l’île Iki au Japon. Nous défendons les dauphins au Japon depuis 1979.

Ric O’Barry faisait partie de l’équipage Sea Shepherd en 2003, ainsi que du Comité Consultatif de Sea Shepherd. C’était l’année où deux équipiers Sea Shepherd ont coupé des filets et libéré 15 dauphins de la baie. Pour le Néerlandais Alex Cornelissen et l’Américaine Allison Lance, sauver ces 15 dauphins valait bien le mois qu’ils ont passé en prison. Ils n’ont eu aucun regret.

Ric n’était pas d’accord pour que nous coupions les filets, et il est reparti tout seul après, parce qu’il était inquiet qu’on puisse l’associer à Sea Shepherd. Il pensait que cela compliquerait sa présence à Taiji. C’était compréhensible, et son action a payé, puisque le film "The Cove" réalisé par Louis Psihoyos a remporté un Oscar.

Sea Shepherd a toujours applaudi Ric O’Barry et le Dolphin Project. Les dauphins de Taiji ont besoin de l’aide de tous ceux qui peuvent contribuer à mettre fin à ce massacre sanglant et impitoyable.

Sea Shepherd décida en 2010 de se réorganiser et les Gardiens de la Baie ont fait venir à Taiji des gens du monde entier.

Les Gardiens de la Baie de Sea Shepherd, Save Japan’s Dolphin’s, Surfers for Cetaceans et le Dolphin Project ont toujours été unis par l’objectif commun de mettre fin à ce massacre. Nous avons des approches différentes, mais nous avons le même but.

Sea Shepherd était d’accord avec le Dolphin Project pour désapprouver le boycott de l’ensemble des produits japonais, pour ne pas s’aliéner l’opinion publique japonaise. Le Dolphin Project a déclaré que ce boycott est un acte raciste. Nous ne pensons pas que ce soit un acte raciste, mais nous le considérons comme une stratégie impraticable. Sea Shepherd partage avec le Dolphin Project l’idée que notre opposition doit rester dans les limites de la légalité et de la non-violence.

Ce que les Gardiens de la Baie font à Taiji, personne ne l’a jamais fait avant eux. Jamais auparavant, des volontaires n’avaient voyagé à leurs propres frais vers un pays lointain, pour participer à une veille de six mois, année après année.

J’ai de l’admiration et du respect pour tous ceux qui s’impliquent contre le massacre de Taiji. Mais mon admiration pour les volontaires qui participent au programme des Gardiens de la Baie est immense. Ces hommes et ces femmes sont des gens ordinaires, motivés par un sens profond de la compassion et l’amour de la nature et des animaux. Ils n’y gagnent rien pour eux-mêmes, et souffrent du traumatisme émotionnel d’être témoins des atrocités contre ces douces créatures.

Aux critiques qui disent qu’il faut attendre que le peuple japonais agisse, je ne peux que répondre que la participation de citoyens japonais est la bienvenue, et que beaucoup ont participé, mais que le prix qu’ils ont à payer est de voir leurs familles harcelées par la police japonaise.

En tant que Canadien, je sais que ce n’est pas le peuple canadien qui a mis économiquement à genoux la chasse commerciale au phoque. La pression est venue de l’extérieur du Canada.

Les gouvernements tendent à prêter plus d’attention à la pression venant de l’extérieur qu’à la pression venant de l’intérieur.

C’est particulièrement vrai au Japon.

Au Japon on appelle ça "gaiatsu", ce qui veut dire "pression étrangère", et elle a déjà démontré son efficacité.

Chaque changement introduit au Japon dans la politique de l’environnement a eu lieu à cause de la pression étrangère. En mettant au point le programme des Gardiens de la Baie, j’ai lu un article d’Isao Miyaoka, de l’Institut japonais des Sciences Sociales, intitulé "Pression étrangère et processus de définition de la politique japonaise".

La pression peut venir de gouvernements comme d’organisations non gouvernementales, et elle peut viser le gouvernement japonais, les sociétés japonaises ou le public japonais.

"A la fin des années 80 et au début des années 90, le Japon a été soumis à de sévères critiques internationales au sujet de problèmes généraux d’environnement. Suite à cela, en 1992, le Japon avait modifié sa politique sur la destruction de la couche d’ozone, sur la pêche aux filets dérivants, et sur l’importation d’ivoire d’éléphants provenant d’Afrique" - Isao Miyaoka.

Sea Shepherd avait beaucoup contribué à faire pression sur le Japon au sujet de la pêche aux filets dérivants entre 1987 et 1992, date à laquelle les filets dérivants ont été finalement interdits.

Ce qui marche le mieux, c’est une stratégie combinée de pressions à la fois étrangères et domestiques, mais selon Miyaoka, le Japon est un état qui ne prend pas de lui-même l’initiative quand il s’agit de questions environnementales. Jamais aucun changement de la politique environnementale n’a été induit par la seule pression domestique.

La différence entre l’approche du Dolphin Project et celle des Gardiens de la Baie de Sea Shepherd, c’est que le Dolphin Project privilégie l’intervention domestique exclusive, bien que les dirigeants du Dolphin Project soient étrangers.

Sea Shepherd privilégie l’approche du gaiatsu, et pense que c’est la pression étrangère qui mettra fin au massacre des dauphins.

Le Dolphin Project et Sea Shepherd participent tous deux à des manifestations devant des ambassades et des consulats japonais.

Le Dolphin Project souhaite plus d’implication japonaise dans l’opposition au massacre des dauphins. C’est aussi la volonté de Sea Shepherd, qui n’empêche pas les Japonais de s’impliquer, bien au contraire Sea Shepherd les y encourage, et il y a des citoyens japonais qui participent aux actions de Sea Shepherd, que ce soit contre la pêche des dauphins ou contre la chasse commerciale illégale à la baleine dans l’Océan Austral.

Le programme des Gardiens de la Baie peut fonctionner en coopération avec le Dolphin Project, et Sea Shepherd souhaite fortement que cette coopération se mette en place sur la durée. Nous n’y voyons aucun conflit, mais une opportunité de réunir les pressions à la fois domestiques et étrangères pour mettre fin au massacre des dauphins.

Par ailleurs les dauphins ne sont pas la propriété des Japonais, et toute personne sur la planète a le droit et le devoir de parler pour eux. La compassion n’a ni race ni culture. La bonté n’a pas de nationalité.

Si les Gardiens de la Baie et Sea Shepherd se retirent, la tuerie va continuer loin de nos yeux et de nos esprits. Cela se fera au bénéfice des pêcheurs et du gouvernement japonais. Ce ne sera pas au bénéfice des dauphins.

L’opposition à la tuerie des dauphins doit réunir les influences étrangères et l’action domestique. Les Gardiens de la Baie sont à Taiji pour y rester et, bien que le Dolphin Project veuille que nous nous retirions, nous ne pouvons pas le faire, et nous ne le ferons pas.

Depuis le début du programme des Gardiens de la Baie, il y a eu moins de dauphins tués que pendant les années précédant le programme. C’est à cause du temps que les pêcheurs passent à essayer de camoufler leurs activités. Le maintien de l’ordre coûte aussi beaucoup plus cher, et les pêcheurs ont plus de charges à payer pour les mesures visant à cacher leurs activités devant les caméras.

Nous avons l’intention de travailler avec tous les groupes opposés au massacre des dauphins et à soutenir leur action, et ma conviction est que, si nous voulons vaincre, nous devons bâtir une confédération de la compassion, et, en premier lieu et avant toute autre chose, nous devons toujours penser au bien-être et à la survie des dauphins.

Lien vers: Foreign Pressure and the Japanese Policymaking Process. By Isao Miyaoka of the Japanese Institute of Social Science

  http://www.iss.u-tokyo.ac.jp/publishments/dpf/pdf/f-062.pdf

 

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