Commentary and Editorial

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Mercredi, 09 Octobre 2013 07:42

Les dresseurs de dauphins font une tentative risible pour justifier l’injustifiable

Par Scott West

Un dauphin en train de saigner pendant sa capture dans la baie – Photo: Sea ShepherdPeu de choses peuvent me faire sourire, et encore moins rire, quand il s’agit de dauphins ou d’autres cétacés capturés dans la nature et contraints de faire des tours pour obtenir de la nourriture. Pourtant la lecture du récent rapport de l’IMATA sur la pêche au rabattage des petits cétacés a été l’occasion de piquer un fou rire. J’ai rarement vu une telle accumulation d’inepties.

Pour Sea Shepherd, les parcs d’attraction montrant des dauphins ou autres cétacés en captivité sont en train de subir le contrecoup de l’information croissante des gens dans le monde. Alors que de plus en plus de dresseurs de dauphins commencent à prendre conscience qu’ils font du mal aux dauphins au lieu de les aider, les parcs d’attraction tentent de rassembler leurs troupes. C’est dans ce cadre qu’ils offrent au monde entier ce bêtisier distrayant.

Mes commentaires sont ci-dessous en gras. Vous pouvez lire la déclaration originale de l’IMATA sur  http://www.imata.org/drive_fisheries_statement

Position de l’association internationale des dresseurs d’animaux marins (International Marine Animal Trainers’ Association - IMATA) sur la pêche au rabattage des petits cétacés

Le 21 septembre 2013 à 15:09

En 2005, l’IMATA a formalisé sa position sur la pêche au rabattage.

La situation est claire: l’IMATA s’oppose fermement à l’abattage massif des baleines et des dauphins pendant les pêches au rabattage, et elle s’est donné pour mission de faire progresser les bons traitements aux animaux marins dans les établissements zoologiques.

  1. : Nous sommes heureux de lire que l’IMATA s’oppose fermement à l’abattage massif des baleines et des dauphins, mais qu’en est-il de l’abattage des baleines et des dauphins en général? Il est également bon d’apprendre que l’IMATA a pour mission de faire progresser les bons traitements aux animaux marins. Il reste tout de même regrettable que, pour eux, il soit humain de réduire des cétacés en esclavage. Il n’y a rien d’humain dans le fait d’enfermer dans des bassins minuscules, pour le restant de leur vie, des mammifères capables de parcourir plus de cent kilomètres par jour. Obligés de nager en cercle, et de faire des tours pour gagner quelques poissons morts pour amuser les humains.

La pêche au rabattage est une méthode utilisant à la fois du bruit et des bateaux pour regrouper des dauphins et des petites baleines dans des hauts-fonds proches du rivage. Ces opérations ont été largement documentées en Europe et en Asie depuis au moins 650 ans (Brownel, Jr., R. L., Nowacek, D. P., & Ralls, K., 2008) et actuellement elles ont toujours lieu dans les îles Salomon, au Danemark et au Japon.

Des dauphins à flancs blancs sont hissés à bord d’un bateau- Photo: Sea ShepherdDes dauphins à flancs blancs sont hissés à bord d’un bateau - Photo: Sea Shepherd

  1. : Il est exact que l’humanité a toujours attaqué, blessé, tué, et exploité les dauphins et les baleines de diverses façons. Ce n’est pas pour autant que c’est une bonne chose. Malgré la longue histoire meurtrière des humains contre les dauphins, il n’y a aucune trace de dauphin ayant blessé, encore moins tué, un être humain. Au contraire, il y a de nombreux récits de dauphins ayant sauvé des êtres humains. Il est tout aussi exact que dans certaines sociétés humaines, comme dans la Grèce antique, tuer ou blesser un dauphin était punissable de mort. De nos jours, dans la plupart des pays modernes, il est illégal de maltraiter, blesser ou tuer un dauphin. Les Féringiens peuvent bien proclamer qu’ils tuent des globicéphales depuis plus d’un millier d’années. Encore une fois, la durée pendant laquelle on a commis une atrocité ne la rend pas magiquement moins atroce. De plus, l’utilisation de bateaux à moteur pour rabattre les cétacés est un phénomène relativement récent, et ces moyens d’action modernes ne font certainement pas partie de la tradition.

En outre, combien de temps va-t-on pouvoir continuer à tuer des familles entières, et peut-être même des sous-espèces toutes entières, spécifiques à une région, avant qu’elles ne s’éteignent? La Convention de Bonn de 1979, applicable dans 119 pays, a été mise en place pour protéger les espèces migratrices comme celles-ci, parce qu’on se rend compte qu’elles ont besoin d’être protégées et qu’elles doivent l’être. Les effectifs de populations sauvages pour certaines de ces espèces sont classés "données insuffisantes" par les organismes qui gèrent ces données. Cela ne veut pas dire que ces animaux existent en une abondance telle qu’on peut les détruire sans limite. Au contraire, cela signifie qu’il ne faudrait pas les tuer, parce que nous n’avons aucune donnée précise et vérifiable sur le nombre d’individus restant à l’état sauvage.

La pêche au rabattage à Taiji, au Japon, fait partie des plus connues et des plus controversées. Il est faux de dire que cette pêche se poursuit à cause de la demande des aquariums du Japon et d’autres pays du monde. La plupart des animaux rabattus vers les hauts-fonds à Taiji sont tués dans une tentative malheureuse des pêcheurs "d’exterminer des nuisibles" et sont utilisés pour l’alimentation. Seuls quelques-uns sont vendus aux parcs marins et aux aquariums, la plupart du temps installés en Asie.

  1. : Dire qu’on tue des dauphins à Taiji pour "exterminer des nuisibles", c’est chercher à nous leurrer. Il y a certainement quelques pêcheurs ignorants qui accusent les dauphins de manger tout le poisson. Il est sûrement plus facile de prendre les dauphins pour boucs émissaires plutôt que de regarder la réalité en face, et d’admettre que la destruction s’est abattue sur les océans par la faute des hommes, et que ce sont eux qui ont réduit drastiquement les populations de poissons. Mais si la tuerie visait réellement l’extermination des nuisibles, pourquoi les pêcheries japonaises auraient-elles des quotas pour la capture des dauphins?

C’est le marché des delphinariums de loisir qui est à la base des massacres de Taiji. Sans l’argent perçu pour réduire les dauphins en esclavage, les dresser à faire des tours contre de la nourriture et les livrer aux parcs d’attraction, il n’y aurait plus de chasse au rabattage à Taiji. Si Taiji devait livrer gratuitement ses dauphins captifs, on pourrait affirmer que le but du rabattage est bien l’extermination des nuisibles ou l’alimentation humaine. Mais le revenu tiré de la viande de dauphins ne suffit tout simplement pas à maintenir en activité ces 28 personnes et leurs bateaux coûteux. Les parcs aquatiques sont populaires en Asie. Ils sont tout aussi populaires au Moyen Orient, en Europe et en Amérique du Nord. Taiji vend les dauphins. Ils rapportent beaucoup d’argent aux tueurs et aux dresseurs locaux, ainsi qu’aux intermédiaires tout au long de la chaîne. L’ouverture de nouveaux parcs aquatiques et l’appui qu’ils reçoivent créent une augmentation générale de la demande pour ce type de loisirs.

Dresseurs dans un bateau, peu de temps après la sélection – Photo: Sea ShepherdDresseurs dans un bateau, peu de temps après la sélection – Photo: Sea Shepherd

Alors que certains pays s’opposent à la vente d’animaux vivants capturés lors de pêches au rabattage, cette pratique est légale dans d’autres pays où vivent et travaillent certains membres de l’IMATA. En fait, certains aquariums japonais n’ont pas le choix; les réglementations internes japonaises exigent que les dauphins et les petites baleines proviennent des pêches au rabattage de Taiji. Au contraire, beaucoup de pays (dont les USA, le Canada, et les pays d’Europe Occidentale) interdisent l’importation de dauphins prélevés lors des pêches au rabattage japonaises.

  1. : Les dresseurs de mammifères marins devraient peut-être plaider pour la fin des massacres et des chasses au rabattage, mais pour cela il faudrait bien sûr qu’ils prennent vraiment position pour la défense des dauphins, et ils ne recevraient plus ni dauphins ni ADN de dauphin.

Les dresseurs ont le choix. Ils peuvent choisir de laisser les animaux vivre dans la nature, de les observer et les protéger dans leur environnement naturel, au lieu de tirer profit de leur capture et de leur confinement.

Dresseurs de dauphins à Taiji – Photo: Sea ShepherdDresseurs de dauphins à Taiji – Photo: Sea Shepherd

L’IMATA n’est pas un groupe de défense: c’est plutôt une association professionnelle de membres individuels visant à favoriser le développement des dresseurs d’animaux marins. C’est une association à but non lucrative, gérée par des bénévoles, créée par et pour des professionnels de la zoologie pour faire progresser les bons traitements aux animaux marins dans les établissements zoologiques. Le bien-être des animaux confiés aux soins des membres de l’IMATA est leur première priorité.

  1. : Nous y voilà. L’IMATA n’est pas un groupe de défense. Ils l’énoncent clairement, d’ailleurs le terme "dresseur" dans le nom de l’association annonce la couleur. Les dresseurs exploitent des dauphins esclaves, en leur apprenant à faire des tours contre de la nourriture. Ce ne sont pas des gens bienveillants qui cherchent à sauver, soigner, et libérer des dauphins malades ou blessés. Il n’y a rien d’humain ni de bienveillant  dans le fait de capturer un animal sauvage et de le réduire en esclavage.

C’est fascinant de voir comment ils édulcorent la nature des parcs en utilisant l’expression "établissements zoologiques". Le fait est que la majorité des dauphins et des autres cétacés montrés au public ne se trouvent pas dans des établissements zoologiques. Non, on les trouve dans des parcs aquatiques commerciaux. De toute façon ce serait mal de garder des cétacés dans un bassin, mais au moins dans un établissement zoologique les cétacés n’auraient pas besoin de faire des tours pour manger.

On comprend aisément que les soins quotidiens aux dauphins captifs soient une priorité, car sans ces dauphins, les parcs aquatiques s’effondreraient. Les dauphins vivants représentent un investissement financier significatif.

Dauphins bleus et blancs retenus par des filets pendant que du sang se répand dans la baie – Photo: Sea ShepherdDauphins bleus et blancs retenus par des filets pendant que du sang se répand dans la baie – Photo: Sea ShepherdToute personne ayant foi en la mission de l’IMATA et soutenant ses objectifs est la bienvenue dans l’association. Les personnes travaillant pour des organisations qui achètent des dauphins venant d’une pêche au rabattage peuvent également devenir membres.

  1. : Pas de doute, les dresseurs employés à sélectionner les dauphins à Taiji, ou qui travaillent là où ces dauphins sont envoyés, partagent la mission de l’IMATA et soutiennent ses objectifs. L’IMATA leur donne couverture et légitimité, et par conséquent apporte son soutien aux pêches au rabattage.

Les soigneurs sont bienvenus au sein de l’IMATA, même s’ils participent à la sélection et à la capture d’animaux vivants, à condition que ces animaux bénéficient des meilleures pratiques en termes de soins et de dressage animal. Ceci permet de s’assurer du bien-être des animaux vivant dans des établissements zoologiques à travers le monde.

  1. : Soigneur? Disons-le ouvertement: dompteur, esclavagiste, geôlier.

L’IMATA accorde beaucoup d’importance à la formation continue des dresseurs d’animaux exposés au public. L’organisation met à disposition un forum pour des échanges constructifs entre des membres toujours plus nombreux, venant de divers pays et de diverses cultures. En étant membre de l’IMATA, les dresseurs ont accès à un réseau international de professionnels du dressage, à des ressources diverses comme par exemple des publications de formation, et des opportunités pour assister aux séminaires professionnels de l’IMATA où ont lieu des débats sur les informations et recherches récentes sur le dressage.

  1. : Je ne doute pas que beaucoup de dresseurs de dauphins croient sincèrement qu’ils aiment les dauphins, et qu’ils leur font du bien. Mais c’est faux. S’ils avaient la moindre connaissance sur les dauphins, ils sauraient qu’ils ne sont pas faits pour vivre dans des bassins, et qu’ils ne devraient pas servir à distraire des êtres humains. Ces dresseurs exploitent les dauphins qu’ils disent aimer. Quand on aime ces animaux, on se doit de les protéger dans leur environnement naturel.

Les groupes extrémistes qui s’opposent à la possession de tout mammifère marin par des zoos, des aquariums et des parcs marins prennent l’IMATA pour cible en usant de désinformation et d’appels à l’émotionnel pour collecter des fonds, souvent en lançant des campagnes dans les réseaux sociaux.

  1. : On peut pertinemment s’interroger sur la légitimité de la détention en captivité d’animaux, quels qu’ils soient, dans le but de les exposer, mais dans le cas présent nous parlons des dauphins et des autres cétacés. Ils ne sont certainement pas faits pour vivre dans des bassins. Point. Sauf dans les cas exceptionnels où un cétacé blessé est incapable de retourner à la vie sauvage, et même dans ce cas il a besoin d’un enclos convenable en eau libre, un cétacé ne devrait jamais avoir à faire des tours pour obtenir de la nourriture.

Oui, c’est un sujet chargé d’émotion. Comme l’est l’esclavage. Il est chargé d’émotion pour les esclaves, et il l’est aussi pour ceux qui voient l’injustice de tout cela. Ce ne sont pas les prétendus "groupes extrémistes" qui s’opposent à la capture, à l’esclavage et au massacre de ces animaux magnifiques. En réalité, c’est la plus grande partie du monde qui souhaite voir ces dauphins vivre libres et heureux dans leur environnement naturel.

L’argent, c’est vraiment la clé. Les delphinariums se font beaucoup d’argent avec la souffrance des dauphins et des autres cétacés. C’est pourquoi ils se battent avec tant de fougue pour pouvoir les garder en esclavage. C’est pour cela que la vente de dauphins dressés rapporte autant d’argent à des endroits comme Taiji, et qu’on élève sans cesse des dauphins pour le marché des "loisirs".

En ce qui concerne la pêche au rabattage, ces groupes disent à tort que la plupart des dauphins des parcs aquatiques dans le monde viennent des pêches au rabattage de Taiji, et de plus ils prétendent que l’IMATA est directement responsable du massacre parce que certains de nos membres travaillent pour des organisations qui ont chez elles des dauphins venant de Taiji.

  1. : La chasse au rabattage de Taiji existe depuis les années 70. Des milliers de dauphins ont été arrachés violemment à la vie sauvage à Taiji, et disséminés à travers le monde. Une partie de leur progéniture continue à vivre dans des bassins partout dans le monde. Taiji n’est pas la seule source de dauphins captifs, mais elle a été une source majeure par le passé, et elle continue à être une source importante pour les nouveaux parcs d’attraction.

Les dresseurs de mammifères marins sont responsables de ces pratiques. C’est le profit réalisé grâce au dauphin captif qui fait que le massacre se perpétue.

Dans leurs campagnes, ces groupes appellent l’IMATA à "blacklister" les dresseurs des établissements qui achètent des animaux venant de ces pêches. Nous rejetons cette demande car elle ne repose sur rien et ce n’est que de la manipulation. L’IMATA persiste dans son objectif d’aider tout dresseur professionnel à améliorer continuellement ses compétences dans le traitement des mammifères marins.

  1. : Nous appelons quiconque aime les dauphins et les cétacés en général à cesser toute participation dans des loisirs impliquant des dauphins captifs. Si vous y participez, si vous les soutenez en achetant une place pour un spectacle, vos mains sont tout aussi couvertes de sang que celles des tueurs et des dresseurs officiant dans les eaux de la baie.

Il y a quelques anciens dresseurs qui ont enfin compris, et qui sont maintenant avec nous contre l’esclavage et l’exploitation. Les cétacés ont besoin que nous les aidions, que nous les respections, que nous les protégions, et que nous les laissions vivre libres dans leur environnement naturel.

Parallèlement au progrès des soins aux animaux et des pratiques de dressage, l’IMATA a vocation à motiver, former, et apporter son expertise en soin et en dressage animal à un nombre toujours plus grand de professionnels à travers le monde.

Dresseurs, regardez autour de vous les dauphins qui vous sont confiés. Combien ont besoin de médicaments contre le stress et de "suppléments" réguliers pour essayer de les garder en bonne santé? Si vous voulez vraiment aider ces animaux, ne collaborez plus à ce type de loisirs.

Pour plus d’information sur l’IMATA, sur les détails de la pêche au rabattage, et pour savoir comment vous pouvez nous rejoindre, visitez le site web de l’IMATA: http://www.imata.org/drive_fisheries_faq

Pour plus d’information sur ce qui se passe réellement, et pour vous engager dans la protection des baleines et des dauphins dans la nature, visitez le site www.seashepherd.org

Références : Brownell, Jr., R. L., Nowacek, D. P., & Ralls, K. (2008). Hunting cetaceans with sound: a worldwide review. (Paper No. 94). Extrait de Publications, Agencies, and Staff of the U.S. Site du Ministère du Commerce: http://digitalcommons.unl.edu/usdeptcommercepub/94

Pour en revenir à la chasse au rabattage de Taiji, allez voir par vous-mêmes. Vous pouvez joindre les Gardiens de la Baie de Sea Shepherd à Taiji en écrivant à  coveguardian@seashepherd.org.

De tout temps, il y a eu une attirance naturelle entre les cétacés et les êtres humains. On peut comprendre facilement pourquoi les humains veulent se rapprocher des dauphins. Mais le bon endroit pour ça, c’est l’eau libre, avec des dauphins qui évoluent dans leur propre monde. Voir un dauphin dans un bassin, ou aller nager avec un dauphin captif, cela n’a rien d’authentique et ce n’est en aucun cas la même chose que dans la nature. Cela revient à se faire complice d’esclavage. Acheter un billet pour un spectacle alimente la demande en capture et en élevage de toujours plus de dauphins. Sans cette demande, il n’y aurait ni chasse ni massacre à Taiji. Ensemble, faisons cesser ce massacre, et vidons les bassins une fois pour toutes.

Pour les Océans,

Scott West
Sea Shepherd Conservation Society 
Coordinateur de la campagne Infinite Patience

 

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