Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Lundi, 02 Décembre 2013 01:19

A Taiji, la chasse continue droit vers l’extinction

Par le Gardien de la Baie Erwin Vermeulen

Un dauphin qui s’est fait coincer entre le filet et les rochers est pris de panique et se jette sur les rochers – Photo: Sea ShepherdUn dauphin qui s’est fait coincer entre le filet et les rochers est pris de panique et se jette sur les rochers – Photo: Sea ShepherdLe premier rabattage de dauphins bleus de la saison à Taiji a eu lieu le 23 novembre. Après le terrifiant rabattage vers le port, les animaux ont été emprisonnés dans les filets et les bateaux leur sont passés dessus. L’un des dauphins, coincé entre le filet et les rochers, a été pris de panique et s’est jeté sur les rochers. Il s’est mis à saigner, et une fois de plus l’eau de la baie est devenue rouge. L’un des animaux a été sélectionné pour une vie d’esclave en captivité, alors que les 40-45 autres étaient massacrés.

Un argument fréquent des partisans de ces massacres, qui ne prennent pas en compte l’immense souffrance endurée par les dauphins tués à Taiji, est que ces dauphins ne sont pas en danger d’extinction. C’est peut-être vrai pour certaines espèces à l’échelle mondiale, mais certainement pas dans les eaux japonaises. C’est ce que la Environmental Investigation Agency, dont le siège est à Londres, vient à nouveau de confirmer dans son rapport "Toxic Catch" (Pêche Toxique).

Les dauphins bleus ont fait l’objet d’une chasse intensive et sans distinction dans les eaux japonaises, à la fois au rabattage et au harpon. A la fin du 19ème siècle, pendant l’ère Meiji, 20 villages chassaient occasionnellement au rabattage, presque exclusivement des dauphins bleus. Des quotas n’ont été introduits qu’en 1993. Entre 1963 et 1992, au moins 159 500 dauphins bleus ont été tués.

L’Agence japonaise de la Pêche a déclaré en 1993 qu’on pouvait raisonnablement assumer que le nombre de dauphins bleus avait baissé de plus de 90% par rapport aux populations de 1950. La Commission Scientifique de l’IWC (Commission Baleinière Internationale) est parvenue à la même conclusion un an plus tôt, et a pressé fortement le Japon en 1992 et à nouveau en 1993 de cesser de tuer ces dauphins en voie de disparition des eaux japonaises. Mais c’est une tradition des pêcheries japonaises de se moquer éperdument des avertissements, conclusions et demandes pressantes de cette nature.

Les chasses de Futo et de Kawana sur la côte d’Izu, dans la préfecture de Shizuoka, auraient pu conduire à l’éradication complète de la population "locale" de dauphins bleus. Dans les années 60, 10000 à 20000 dauphins étaient tués chaque année à Futo. 1974 fut la dernière année où on en a tué plus de 10000, et c’est en 1980 que le seuil des 5000 a été franchi pour la dernière fois. Très vite, les morts se sont comptés par centaines, puis par dizaines. En 1986, 1987 et 1990, aucun n’a été pris. Depuis 1992, on n’y a pas vu un seul dauphin bleu. Aucun dauphin bleu n’a été attrapé à Chiba depuis 1995.

Taiji, dans la préfecture de Wakayama, a commencé la chasse au rabattage des dauphins bleus en 1974 et en a tué plus de 11000 en 1980. Depuis lors, leur nombre s’est réduit drastiquement. Vers les années 90, les prises de dauphins bleus à Taiji avaient baissé de 90%. Le quota pour les dauphins bleus à Taiji est de 450, et il n’a pas changé depuis que les quotas ont été introduits en 1993. Depuis cette date, le quota national est de 725, réparti en zones de chasse au rabattage à Wakayama et Shizuoka et de chasses au harpon à Wakayama et à Chiba. Les chasses au harpon atteignent rarement leurs quotas. Dans une résolution de 1996 sur la chasse au dauphin bleu, la Commission Scientifique de l’IWC pressait le Japon de prendre "des mesures appropriées", et elle exprimait à nouveau son inquiétude en 1997 après que Taiji avait dépassé de 22 animaux son quota pour la saison 1996/1997. La saison suivante, Taiji a déclaré une prise d’exactement 450 dauphins bleus. Soit ce chiffre a été inventé pour apaiser les critiques, soit les dauphins ont été reconduits hors de la baie une fois le quota atteint. Compte tenu du maigre taux de survie de dauphins bleus en captivité, et de leur vulnérabilité face au stress, un nombre bien plus grand a dû mourir en mer.

Taiji, Préfecture de Wakayama, a commencé la chasse au dauphin bleu en 1974 et en a tué plus de 10000 en 1980. Photo: Sea ShepherdTaiji, Préfecture de Wakayama, a commencé la chasse au dauphin bleu en 1974 et en a tué plus de 10000 en 1980. Photo: Sea Shepherd

Le Japon a réduit le quota de pêche dans les préfectures où il n’y avait aucune prise, et a permis à la préfecture de Wakayama, où se trouve Taiji, de dépasser sa limite en lui allouant les quotas de Chiba et Shizuoka. Si bien que les réductions des quotas n’ont aucun effet sur les prises réelles, au contraire elles ont permis une augmentation du nombre d’animaux tués là où on pouvait encore trouver des dauphins bleus. Cette logique à rebours est typique du gouvernement japonais dès lors qu’il est question de la destruction de la vie océanique.

La tuerie et l’exploitation des dauphins bleus à Taiji continue :

-          2000-2007 : les chasseurs prennent leur quota exact ou un nombre très proche

-          2008 : 528 tués et 5 réduits à l’esclavage, bien plus que le quota

-          2009 : 321 massacrés

-          Saison 2010/2011 : 251 tués et 2 vendus aux aquariums

-          Saison 2011/2012 : 324 abattus et une vie capturée

-          Saison 2012/2013 : 322 tués et 2 mis en captivité

Comme nous le savons, le département japonais des "pêcheries" n’est intéressé que par la "science" qui emplit ses congélateurs. Les limites des prises sont basées sur des chiffres datant d’une période d’abondance qui remonte à plus de vingt ans et qui sont complètement obsolètes. Même si vous ne tenez pas compte de toute cette souffrance, comme le font les scientifiques et officiels du gouvernement japonais sans le moindre effort, et que vous croyez au terme de "durable", le mot le plus détourné de sa signification réelle, les quotas actuels sont plus de 5 fois supérieurs, et les prises réelles plus de 4 fois supérieures, à ce qu’autoriseraient des calculs de pêche durable.

Un déclin aussi catastrophique entraîne des modifications dans le cycle de reproduction de ces animaux intelligents et sociaux. Les femelles atteignent désormais la maturité sexuelle à 7,5 ans contre 9,7 auparavant, et l’intervalle moyen de mise bas a baissé de 4 ans à 2,8 ans. C’est une tentative désespérée de l’évolution pour parer à la condamnation imminente et irréversible à l’extinction, mais, désormais, ce n’est plus qu’en mettant fin à la chasse une fois pour toutes que les dauphins bleus qui traversent les eaux japonaises pourront être sauvés.

Le Japon a réduit le quota de pêche dans les préfectures où il n’y avait aucune prise, et a permis à la préfecture de Wakayama, où se trouve Taiji, de dépasser sa limite en lui allouant les quotas de Chiba et Shizuoka. Photo: Sea ShepherdLe Japon a réduit le quota de pêche dans les préfectures où il n’y avait aucune prise, et a permis à la préfecture de Wakayama, où se trouve Taiji, de dépasser sa limite en lui allouant les quotas de Chiba et Shizuoka. Photo: Sea Shepherd 

TOXIC CATCH: Japan’s unsustainable and irresponsible whale, dolphin and porpoise hunts
The IUCN Red List of Threatened Species
The Dolphin Drive Hunt: Appropriate Management?
TOWARDS EXTINCTION the exploitation of small cetaceans in japan

APPEL A L’ACTION :

Faites entendre votre voix, et aidez-nous à éviter l’extinction des dauphins bleus et des autres espèces tuées ou capturées à Taiji. Rappelons à la Commission Baleinière Internationale (IWC) que, pour les dauphins, l’extinction c’est pour toujours!

A la différence des baleines, les petits cétacés (comme les dauphins, les globicéphales, les bélugas et les orques) n’ont pas d’organisme international qui leur est dédié comme la Commission Baleinière Internationale pour réguler la chasse. Ou bien il n’y a pas de régulations, ou bien celles qui existent ne sont pas appliquées.

Contactez l’IWC aux coordonnées indiquées ci-dessous pour lui demander d’apporter enfin sa protection aux dauphins bleus et aux autres dauphins:

Commission Baleinière Internationale (IWC) :

Tél:  +44 (0) 1223 233 971
Fax: +44 (0) 1223 232 876
secretariat@iwcoffice.org

MERCI POUR VOTRE SOUTIEN AUX DAUPHINS !

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact