Commentary and Editorial

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Vendredi, 21 Février 2014 15:23

Nous Restons Implacables – Des nouvelles du Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral

Par le capitaine Peter Hammarstedt, du Bob Barker

les capitaines de l’opération Relentless (Implacable) – Photo: Eliza Muirheadles capitaines de l’opération Relentless (Implacable) – Photo: Eliza MuirheadMaintenant que les trois navires de Sea Shepherd sont ravitaillés, leurs réservoirs à nouveau pleins de carburant, et tous trois libres de leurs poursuivants, la seconde manche de l’Opération Relentless continue, avec la flotte de Sea Shepherd en bonne voie pour battre cette année un record de vies sauvées.

Pour résumer la première partie de la campagne, la flotte baleinière a été localisée une première fois le 5 janvier dans le Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral, lorsque l’hélicoptère du Steve Irwin a filmé quatre baleines de Minke, espèce menacée et protégée, en train d’être dépecées sur le pont de l’abattoir flottant, le Nisshin Maru. Si l’on se base sur la date à laquelle la flotte baleinière a quitté le Japon, ils n’avaient eu que quelques jours de chasse avant d’être repérés.

Pendant trois jours, la flotte de Sea Shepherd a poursuivi le Nisshin Maru, le repoussant hors des terrains de chasse qu’il s’est arrogés, et l’escortant au nord du 60° Sud. Malheureusement, le seul inconvénient qu’il y a à découvrir les braconniers dès le début de la saison de chasse, c’est que la quantité de carburant transportée par les bateaux de Sea Shepherd, qui leur permet de rester longtemps en mer, limite aussi leur vitesse maximum. Au bout de trois jours, le Nisshin Maru était hors de vue, mais il leur fallait alors deux jours pour revenir jusqu’aux glaces où ils pouvaient reprendre la chasse, si le temps le permettait.

Le Steve Irwin et le Bob Barker sont restés en arrière, suivis par des navires baleiniers qui faisaient connaître la position de la flotte de Sea Shepherd, permettant ainsi au Nisshin Maru de rester hors d’atteinte. Le Bob Barker s’est immédiatement mis en route pour l’île Macquarie et la frontière du Sanctuaire Baleinier Australien, où les braconniers n’osent pas pénétrer, et où ils risqueraient des conséquences judiciaires pour violation de l’arrêté de 2008 de la Cour fédérale australienne. Ce refuge pour les baleines renforce donc également l’efficacité de la seule organisation qui fait respecter la loi et leur offre sa protection – Sea Shepherd. Arrivé à la ligne des 200 milles nautiques de l’île Macquarie, qui délimite la Zone Exclusive Economique de l’Australie, le Yushin Maru N° 3, le bateau harponneur qui harcelait le Bob Barker, s’est éloigné, laissant le Bob Barker libre de reprendre la recherche du Nisshin Maru. Entre-temps, le Steve Irwin et le Sam Simon continuaient à pourchasser le reste de la flotte baleinière, et pendant que les baleiniers fuyaient devant Sea Shepherd, ils n’avaient que peu d’occasions de tuer des baleines.

Le 24 janvier, le Bob Barker et le Sam Simon, en formation de recherche, sont tombés sur des restes de baleine et ont remonté la trace de viscères jusqu’au navire-usine de la flotte baleinière. Comme la semaine précédente, une dégradation des conditions météorologiques allait rendre la chasse difficile sinon impossible. Alors que les navires de Sea Shepherd n’avaient pas encore le navire-usine en vue, l’Océan Austral pilonna la flotte baleinière de plusieurs dépressions consécutives avec des vents comme des trains de marchandises lancés à pleine vitesse, agitant l’océan et fouettant la mer, veillant sur les baleines jusqu’à ce que la flotte de Sea Shepherd, leur seul protecteur, puisse prendre le relais.

Après avoir repéré le Nisshin Maru pour la seconde fois, le Steve Irwin et le Bob Barker l’ont poursuivi pendant dix jours. Pas une seule baleine n’a été tuée pendant tout ce temps, car les navires de Sea Shepherd montaient la garde devant la rampe arrière.

Le 2 février, après avoir perdu plus des trois quarts du mois de janvier à cause de Sea Shepherd et du vent divin qui réduisaient leurs prises au minimum, les trois bateaux harponneurs de la flotte baleinière ont attaqué. Dans un mouvement désespéré, les trois harponneurs sont passés à plusieurs reprises devant le Steve Irwin et le Bob Barker pour leur couper la route, quarante-cinq fois pour le Steve Irwin et quarante et une fois pour le Bob Barker, essayant d’endommager leur hélice et leur gouvernail en traînant derrière eux 300 mètres de câble d’acier. Lors d’un de ces passages, l’arrière du Yushin Maru N° 3 a percuté la proue du Bob Barker, manquant d’arracher notre ancre. Chacun de ces passages dangereux permettait au Nisshin Maru de gagner un peu de terrain. L’état de la mer, avec des creux de deux à trois mètres, avait été choisi expressément pour l’attaque, de façon à limiter les possibilités d’action des canots de Sea Shepherd pour empêcher l’agression.

Le Steve Irwin et le Bob Barker montent la garde devant la rampe arrière du Nisshin Maru. Photo: Simon AgerLe Steve Irwin et le Bob Barker montent la garde devant la rampe arrière du Nisshin Maru. Photo: Simon AgerCependant, perdre la flotte baleinière n’était pas ce qui pouvait arriver de pire. La flotte de Sea Shepherd avait besoin de se ravitailler en carburant pour tenir pendant toute la saison baleinière et, par chance, le Bob Barker n’était qu’à quatre jours de l’île Macquarie, et le Steve Irwin à cinq jours de la Nouvelle-Zélande. Lorsque le Steve Irwin pénétra dans les eaux néo-zélandaises, le Shonan Maru N° 2, le bateau de sécurité des baleiniers, y entra à sa suite malgré une demande officielle du gouvernement néo-zélandais, déclenchant une bagarre diplomatique entre la Nouvelle-Zélande et le Japon. Une fois de plus, le Yushin Maru N° 3 fit demi-tour à la limite de la Zone Economique Exclusive australienne. Le Sam Simon put lui aussi se ravitailler à Dunedin en Nouvelle-Zélande, et grâce au travail sans relâche de nos volontaires à terre, il reprit la mer en moins de vingt heures.

Les trois navires de Sea Shepherd sont à nouveau prêts, poursuivant le Nisshin Maru. C’est un vaste secteur à explorer, mais je suis sûr que nous allons les trouver une troisième et dernière fois. Entre-temps, comme le montrent les informations qui parlent de navires bloqués par les glaces et d’autres qui se sont échoués, l’Antarctique vit une période record de mauvaises conditions météo qui rendent la chasse à la baleine encore plus difficile que cela ne l’est pour nous de trouver les baleiniers.

La dixième campagne de défense des baleines en Antarctique de Sea Shepherd a été baptisée "Opération Relentless" (Implacable) pour une raison. C’est parce qu’elle allait être une campagne où la persévérance l’emporterait. Grâce au succès des campagnes précédentes, l’Opération Relentless ne serait sûrement pas la campagne pendant laquelle les braconniers tenteraient de chasser les baleines sous les yeux de Sea Shepherd. Ce ne serait sûrement pas la campagne où les braconniers tenteraient de se ravitailler en carburant sous les yeux de Sea Shepherd. Les braconniers savent bien à présent que les trois capitaines de Sea Shepherd placeront leurs navires à l’endroit exact où ils doivent être pour empêcher que ces crimes ne soient commis.

Ce serait la campagne où les baleiniers tenteraient d’échapper à Sea Shepherd à chaque occasion, même au prix d’attaques imprudentes et non provoquées.

Lorsqu’on demanda au capitaine Ogawa, le patron du Nisshin Maru, lors d’une déposition au tribunal, s’il croyait ou non qu’il y ait un moyen d’arrêter les campagnes de Sea Shepherd en Antarctique, il répondit simplement "Non." Lorsqu’on le pria d’expliquer pourquoi, il déclara sèchement: "Parce qu’ils ne battent jamais en retraite. C’est pour cela que, depuis le 3 février, pas un jour n’a passé sans que le capitaine Ogawa ne regarde par-dessus son épaule. Il sait que nous allons arriver, et il sait que peu importe que nous nous fassions repousser, de toute façon nous reviendrons à la charge.

Jamais auparavant Sea Shepherd n’avait été confronté à une telle agression des baleiniers. Cette année, l’industrie baleinière est un adversaire désespéré, parce que c’est un adversaire qui est en train de perdre la guerre des baleines.

L’année dernière fut la campagne où nous avons combattu les baleiniers en bloquant leur ravitaillement en carburant, le pétrolier ravitailleur Sun Laurel.

Cette année, c’est en bloquant la rampe arrière du Nisshin Maru que nous devons combattre.

Par deux fois nous avons trouvé la flotte baleinière. Et par deux fois nous l’avons perdue. Je suis sûr que lorsque nous la retrouverons pour la troisième fois, nous lui donnerons le coup de grâce qui marquera définitivement cette saison de massacre comme l’une des plus mauvaises qu’elle ait jamais vécues.

Nous allons retourner devant cette rampe, parce que c’est là qu’est la place de chacun des navires de Sea Shepherd. Et quand nous y serons, nous rappellerons aux baleiniers quel est le sens exact du mot "implacable".

le Steve Irwin encerclé par les trois bateaux harponneurs pendant l’attaque contre les navires Sea Shepherd, qui a duré neuf heures. Photo: Marianna BaldoLe Steve Irwin encerclé par les trois bateaux harponneurs pendant l’attaque contre les navires Sea Shepherd, qui a duré neuf heures. Photo: Marianna Baldo

 

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