Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Samedi, 22 Février 2014 15:28

Après avoir été attaquée par un requin…

Kylie Macguire, Matelot de pont à bord du Sam Simon Photo: Andrew J CorrellKylie Macguire, Matelot de pont à bord du Sam Simon Photo: Andrew J CorrellEn tant que surfeuse, plongeuse, navigatrice et surtout parce que j’ai toujours vécu au bord de la mer, je me sens profondément liée à l’océan. En 2012, j’ai été attaquée par un requin à Vavaʼu, aux Tonga. Je suis sortie de l’hôpital en Australie deux semaines plus tard.

Dès lors, j’ai commencé à m’intéresser aux requins, à faire des recherches afin de m’aider à faire face au battage médiatique entourant mon accident. J’ai été confrontée de plein fouet à tous les actes terrifiants concernant les requins et les plus inquiétants n’étaient pas les attaques commises par de requins sur l’homme mais plutôt le contraire.

L’une des plus grandes menaces planant actuellement sur les écosystèmes marins est le déclin massif des populations de requins à travers le monde. Mais ni ce déclin à grande vitesse ni le rôle essentiel que les requins jouent pour maintenir l’équilibre et la qualité des océans ne suffit à les sauver aujourd’hui. Souvent, quand je regarde en arrière, je me demande si la perception des requins n’aurait pas été différente si Les Dents de la mer n’avait jamais vu le jour.

Les êtres humains ont énormément malmené les requins; ils sont non seulement perçus comme des bêtes féroces mais ils sont souvent l’objet de prises accidentelles par les pêcheurs. Plus de 100 millions de requins sont tués chaque année sur la planète, dont 78 millions uniquement pour leurs ailerons, en réponse à la demande croissante en soupe d’ailerons de requins.

Le requin tigre est l’une des espèces victime de l’abattage de requin du gouvernement Barnett (Australie)Le requin tigre est l’une des espèces victime de l’abattage de requin du gouvernement Barnett (Australie)Et même l’appellation "d’espèce menacée" n’a pas bénéficié à ce grand prédateur des mers. En Australie, soit-disant pays développé, on vient de donner le feu vert pour démarrer la chasse aux requins menacés sur la côte ouest. Sur la côte est, il est actuellement légal de tuer 100 000 requins par an au sein même de la Grande barrière de corail, uniquement pour alimenter le commerce d’ailerons de requins.

Je savais qu’après mon accident, j’aurais probablement à surmonter de grandes difficultés psychologiques. En toute franchise, avoir été mordue par un requin ne m’a pas découragée, au contraire, le respect que j’ai envers les requins est encore plus profond. L’océan n’est pas notre terrain de jeu, c’est un écosystème autorégulé à la biodiversité complexe, il est sauvage et se gère lui-même. Comment pouvons-nous, êtres humains, nous permettre d’ôter le droit à la vie d’un requin et remettre en cause son rôle capital au sein de son habitat, où il vit, se nourrit et se reproduit!

Je continue à surfer, à plonger, à nager dans l’océan dès que j’en ai l’occasion car c’est un endroit fabuleux pour moi. Je respecte ce territoire qui appartient aux requins. J’ai pris le temps de bien les comprendre et de les aimer. Au-delà de leur image négative, je vois un autre animal, gracieux, élégant et qui a désespérément besoin de notre aide.

Les clichés de plongeurs nageant en harmonie avec les requins font le tour du monde. Les chercheurs travaillent étroitement avec les requins et les gens font des rencontres merveilleuses avec eux dans l’eau. On voit émerger une compréhension plus appropriée des requins et pendant ce temps, les politiciens entretiennent la peur et prennent des décisions qu’ils ne sont pas en position de prendre.

Les requins, comme toutes les autres espèces, ont le droit de vivre. Quiconque passe du temps dans l’océan sait qu’il ou elle partage le lieu de vie des requins. Pendant mes recherches, alors que je récupérais de mes blessures, j’ai regardé des documentaires et lu de nombreuses histoires d’attaques de requins à travers le monde. Aucune des victimes ne ressentait de la haine envers eux; en réalité, ils étaient tous d’accord sur l’importance de la conservation et de la protection de ces espèces.

Mes pensées vont vers tous les passionnés de l’océan qui n’ont pas survécu. Je me demande ce qu’ils penseraient de la chasse aux requins à l’ouest de l’Australie.

J’ai honte et je suis profondément outrée de la façon dont l’Australie traite le problème. Nous devons immédiatement mettre fin aux massacres de requins sur nos côtes et nous exigeons de prendre en compte toutes les informations très détaillées dont nous disposons déjà, malheureusement ignorées, pour protéger cet animal majestueux et incompris.

Kylie dans la grotte des hirondelles, Tonga  Photo: Steve Fraser  Attaquée par un requin aux Tonga, Kylie se bat désormais pour leur protection Photo: Steve Fraser 
Kylie dans la grotte des hirondelles, Tonga
Photo: Steve Fraser
 

Attaquée par un requin aux Tonga, Kylie se bat désormais pour leur protection

Photo: Steve Fraser 
 

Kylie est matelot de pont à bord du Sam Simon. Elle participe à l'Opération Relentless dans le Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral.

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact