Commentary and Editorial

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Mercredi, 05 Mars 2014 09:04

Réponse du capitaine Hammarstedt à Greg Hunt

Alors que Sea Shepherd continue à défendre les baleines menacées d’extinction dans les eaux de l’Antarctique, les pays qui ont voté pour la création du Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral restent notablement absents, ne montrant aucune volonté de faire respecter le droit international qui le protège.

Le capitaine Peter Hammarstedt répond à la dernière lettre de Greg Hunt, condamnant le gouvernement australien qui se refuse à exercer toute pression diplomatique sur le gouvernement japonais après que la flotte Sea Shepherd a été victime de trois agressions non provoquées pendant qu’elle était en train de faire le travail de ces gouvernements impotents à leur place. Trente-huit membres d’équipage Sea Shepherd sont des citoyens australiens. Le capitaine Peter Hammarstedt explique que l’inertie du gouvernement australien face à ces attaques a permis au Japon de continuer à mettre des vies en danger, et à persévérer obstinément dans son braconnage malgré la réprobation internationale.

Réponse à Greg Hunt

Capitaine Hammarstedt,

Je fais suite à votre lettre ouverte du 24 février 2014   concernant les heurts survenus récemment dans l’Océan Austral. Je note que votre lettre suggère que la sécurité de citoyens australiens à bord des navires de protestation de Sea Shepherd aurait pu être mise en danger au cours de ces incidents.

Capitaine Hammarstedt: Monsieur le Ministre, ma lettre ne suggère pas que la sécurité des citoyens australiens à bord des navires de Sea Shepherd aurait pu être mise en danger; ma lettre dit clairement qu’elle a été mise en danger. Le 2 mars 2014, mon navire a subi une troisième attaque non provoquée alors que mon bateau se trouvait à plus de 36 milles nautiques du navire-usine japonais. Vous avez été averti auparavant de l’imminence d’une attaque contre mon bateau.

L’un de mes canots, sur lequel se trouvait un citoyen australien, a été gravement endommagé par un câble d’acier que les braconniers tentaient d’emmêler dans mon gouvernail et mon hélice. Ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce que quelqu’un soit blessé, et quand cela arrivera, ce sera parce que le gouvernement australien aura négligé de demander des comptes au gouvernement japonais pour son programme baleinier illégal et ses agressions contre les seules personnes qui cherchent à faire respecter le droit international.

Le Gouvernement australien ("le Gouvernement") est bien sûr inquiet lorsque la sécurité de ses ressortissants est en danger. Je voudrais cependant rappeler qu’en mer il est de la responsabilité des capitaines de navire, y compris ceux de Sea Shepherd, de veiller à ce que la vie humaine ne soit pas mise en danger. Bien que nous respections le droit de protester pacifiquement, l’Australie ne tolérera pas, et a déjà condamné à plusieurs reprises, toute conduite dangereuse, imprudente ou illégale. Nous attendons des parties qu’elles respectent leurs obligations dans le cadre du droit maritime international.

Capitaine Hammarstedt : Monsieur le Ministre, le problème c’est que vos attentes ne sont pas satisfaites, puisque l’une des parties présentes dans le Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral, l’industrie de la chasse illégale à la baleine, ne respecte pas ses obligations dans le cadre du droit maritime international. Je vous ai personnellement communiqué une copie de chacun des rapports d’incidents que j’ai soumis au pays dont mon navire bat pavillon, et ces rapports d’incidents établissent clairement les nombreuses violations dont les braconniers japonais se rendent coupables. Je répète la question posée dans ma lettre – que fait le gouvernement australien pour faire savoir au gouvernement japonais que des attaques non provoquées contre ses citoyens ne seront pas tolérées?

Selon le droit international, ce sont en premier lieu les pays dont les navires concernés battent pavillon qui ont la responsabilité d’enquêter sur tout incident survenu en mer. Aucun des navires dont il est question ne bat pavillon australien.

Capitaine Hammarstedt: En tant que membre du cabinet d’un gouvernement australien qui a promis un navire des douanes australiennes pour protéger la sécurité en mer et qui n’a pas tenu sa promesse, vous avez quand même une responsabilité. Il y a trente-huit citoyens australiens à bord des trois navires Sea Shepherd dans l’Océan Austral, qui montrent leur engagement pour protéger les baleines et faire respecter la loi. Ces trente-huit citoyens sont mis en danger chaque fois que les braconniers lancent une attaque brutale et non provoquée contre leurs navires. La protection des citoyens australiens est sous la responsabilité du gouvernement australien. L’Australie et la Nouvelle-Zélande sont responsables de la recherche et du sauvetage dans les terrains de chasse que le Japon s’est attribué, puisque la zone où a lieu la boucherie est celle qui fait l’objet des revendications territoriales et économiques de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande en Antarctique.

Pour des raisons de sécurité des opérations, le Gouvernement australien ne dévoile aucun détail sur les activités concernant le programme de surveillance en Océan Austral pendant la saison en cours. Ce que je tiens à dire, c’est que le Gouvernement confirme son engagement de surveiller l’Océan Austral. L’Océan Austral est un environnement lointain et souvent imprévisible, et pour ces raisons les vols de surveillance ne peuvent avoir lieu que dans le cadre d’un planning soigneusement établi sur la base d’avis d’experts.

Capitaine Hammarstedt: Les vols de surveillance n’ont sûrement pas lieu dans le cadre de l’avis d’expert du Chef d’état-major de l’armée de l’air, Geoff Brown, qui a déclaré devant le Sénat que "l’[Airbus] A319 ne convient pas pour cette tâche [de surveillance de la chasse baleinière en Antarctique]."

Monsieur le ministre, vous avez déclaré officiellement que la mission de surveillance a été mise en place afin «d’assurer une présence pour veiller à ce qu’il n’y ait aucun conflit entre les parties. Elle permettra également que les parties restent conscientes qu’elles sont observées par le monde entier. » La question que je vous pose, Monsieur le Ministre, c’est : où était donc votre avion les trois fois que mon navire, avec ses neuf citoyens australiens, s’est fait agresser?

Pendant la séance du Sénat nous avons appris que le gouvernement australien n’avait budgété que 300 000 dollars pour toute l’opération. Le premier vol a coûté 93 248 dollars. Je suis sidéré par les chiffres concernant l’engagement du gouvernement australien de surveiller l’Océan Austral. Trois malheureux vols pendant toute une saison baleinière qui dure trois mois ? Celui qui vous a dit que ce serait une solution plus efficace que le navire des douanes australiennes vous a menti ou au moins ne vous a pas dit toute la vérité.

Eh bien, je suis là pour vous dire la terrible vérité – votre lettre a rappelé à mon équipage australien que le gouvernement Abbott les a laissés se débrouiller tout seuls. Elle a fait savoir au pays que son gouvernement fuit ses engagements nationaux et internationaux et qu’il n’apporte qu’un soutien de façade aux citoyens qui veulent que ces baleines soient protégées comme le prescrit la réglementation, tout en abandonnant le Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral aux braconniers japonais. Comme il n’y a personne d’autre pour s’en charger, vos citoyens continueront à risquer leur vie pour faire respecter les lois australiennes et internationales sur l’environnement dans l’Océan Austral, parce que vous n’êtes pas là pour le faire.

Tout ce qui comptera, à la fin de la saison baleinière, c’est de savoir combien de baleines ont été tuées, et combien ont été sauvées. Et les baleines que le harpon aura épargnées cette année le devront entièrement à l’action des équipages courageux de Sea Shepherd, alors que votre gouvernement sera resté les bras croisés.

Veuillez agréer, Capitaine, l’expression de mes sentiments distingués.

Greg Hunt

 

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