Commentary and Editorial

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Mercredi, 02 Avril 2014 14:02

Ne signez et ne diffusez pas la pétition lancée par l’Aquarium de Géorgie. Dites "NON" aux spectacles utilisant des animaux captifs!

Par Sandy McElhaney, Sea Shepherd USA

Les cinq bélugas de l’Aquarium de Géorgie en janvier 2006. Photo: Wikimedia CommonsLes cinq bélugas de l’Aquarium de Géorgie en janvier 2006. Photo: Wikimedia CommonsEn tant que militante pour la protection de l’environnement, j’ai signé et diffusé des centaines de pétitions en ligne. J’ai moi-même été amenée à rédiger des pétitions, notamment une en 2012 qui a remporté un grand succès en demandant à Hong Kong Airlines d’arrêter de transporter des dauphins sauvages capturés dans la tristement célèbre baie de Taiji, au Japon. En seulement six jours, cette pétition a réuni plusieurs milliers de signatures, si bien que la compagnie aérienne s’est engagée à ne plus jamais transporter de dauphins provenant de Taiji. Bien entendu, le fait que Gary Stokes, directeur de Sea Shepherd Hong Kong, ait remis la pétition en main propre au siège social de la compagnie aérienne a été d’un grand secours. Plusieurs facteurs ont contribué au succès de cette action, mais de tous les éléments essentiels à la rédaction d’une bonne pétition, le plus important est sans doute la VÉRITÉ. C’est pourquoi, lorsque j’ai vu la pétition mise en ligne sur le site internet de l’Aquarium de Géorgie, "Agissez maintenant pour changer le sort des bélugas", je n’ai pu que rire des mensonges et de l’arrogance amoncelés dans ce ramassis d’inepties.

Le 15 juin 2012, l’Aquarium de Géorgie a déposé une demande de permis pour importer 18 bélugas sauvages aux États-Unis afin de les exposer au public et de les élever à l’Aquarium de Géorgie, ainsi qu’à l’Aquarium Shedd de Chicago, à l’Aquarium de Mystic dans le Connecticut et dans les parcs SeaWorld de San Diego, de San Antonio et d’Orlando. De célèbres scientifiques, organisations non gouvernementales et militants ont manifesté ouvertement leur opposition à cette demande de permis, déclenchant alors une vive polémique. La réaction massive du public a incité l’Administration nationale océanique et atmosphérique (ANOA) à prolonger la période de consultation publique, au terme de laquelle environ 9 000 commentaires écrits ont été reçus sur cette seule demande. Une audition publique a eu lieu en octobre 2012 et j’étais parmi les nombreuses personnes à m’opposer à ce permis. Ce jour-là, j’ai entendu toutes sortes d’exagérations prétentieuses de la part des intervenants de l’Aquarium de Géorgie, mais la déclaration qui m’a le plus marquée est lorsque Billy Hurley, le directeur zoologique de l’Aquarium de Géorgie (et ancien président de l’association internationale des dresseurs d’animaux marins [IMATA]), a eu l’audace de dire que "quatre-vingt-dix pour cent des Américains pensent que nous faisons un travail formidable". J’ai peine à croire que quatre-vingt-dix pour cent des Américains aient déjà entendu parler de l’Aquarium de Géorgie, et si c’est le cas, le rapide changement de l’opinion publique sur la détention de mammifères marins en captivité est en contradiction avec les calculs de Hurley. De telles déclarations ne font que souligner les contrevérités déversées par ce membre de l’industrie de la captivité.

Des mois plus tard, après avoir considéré les faits et examiné l’ensemble des commentaires, l’ANOA a décidé de REJETER la demande de permis de l’Aquarium de Géorgie pour les motifs suivants, publiés en ligne:

  • Nous n’avons pu déterminer si l’activité proposée, seule ou associée à d’autres activités, serait susceptible d’avoir un impact négatif significatif sur l’espèce ou sa population. Nous pensons que le nombre total de captures parmi cette population a vraisemblablement dépassé la production totale nette annuelle, ce qui a entraîné un déclin léger mais régulier et significatif au cours des deux dernières décennies. Nous pensons que le commerce de bélugas vivants en place depuis 1989 peut avoir contribué au déclin cumulé depuis vingt ans, et nous avons pris cela en compte en combinaison avec d’autres activités antérieures, actuelles et futures prévisibles.  
  • Nous avons déterminé que l’importation demandée aura probablement comme conséquence la capture de mammifères marins autres que ceux autorisés par le permis. Les opérations de capture de mammifères marins menées légalement en Russie vont vraisemblablement continuer et nous pensons que l’octroi de ce permis pourrait contribuer à la demande de captures de bélugas parmi cette population à des fins d’exposition au public aux États-Unis et dans le monde, ce qui entraînerait de nouvelles captures de bélugas supplémentaires parmi cette population. 
  • Nous avons déterminé que cinq des bélugas proposés à l’importation, âgés approximativement de 18 mois au moment de leur capture, étaient susceptibles d’être encore allaités et dépendants de leur mère.

Et quelle a été la réaction de l’Aquarium de Géorgie lorsqu’il s’est vu refuser le permis d’importer aux États-Unis 18 bélugas sauvages capturés en Russie? Billy Hurley et son équipe ont tapé du pied et lancé une pétition sur leur site internet. Les arguments sont tellement absurdes que nous avons décidé de vous en faire part:

AGISSEZ MAINTENANT POUR CHANGER LE SORT DES BÉLUGAS

Avec moins de 35 bélugas dans les aquariums accrédités d’Amérique du Nord, cette population d’animaux en captivité est menacée d’extinction. Ceci est dû au fait que la diversité génétique est tout simplement insuffisante pour assurer une reproduction saine, ce qui signifie, d’après les experts, que le public perdra tout contact avec ces magnifiques mammifères d’ici quelques dizaines d’années. Vous devez empêcher cela. Malgré le grand succès du programme de reproduction des bélugas (18 de ces animaux sont nés au sein d’aquariums modernes), les scientifiques ont encore beaucoup à apprendre sur cette espèce, et encore tellement de choses à découvrir. Signez dès aujourd’hui la pétition Agir ensemble pour les bélugas pour soutenir notre demande de permis d’importation de 18 bélugas issus d’une population robuste de Russie, et contribuez ainsi aux efforts de la communauté zoologique pour protéger et préserver cette espèce. Ce programme est essentiel pour sensibiliser les gens sur la nécessité de protéger les bélugas dans leur milieu naturel, de réaliser des études et des observations non invasives afin de contribuer à la conservation de cette espèce et d’assurer le maintien d’une population saine de bélugas en captivité.

PÉTITION

Le maintien de bélugas en captivité au sein des établissements nord-américains accrédités est essentiel à la survie de toute l’espèce. Les bélugas exposés dans les aquariums accrédités permettent de sensibiliser le public à la conservation de la faune et permettent des réaliser des études et des observations non invasives qui sont essentielles à la protection des bélugas dans leur milieu naturel. Je soutiens le projet de conservation des bélugas de l’Aquarium de Géorgie ainsi que les importants travaux de recherche qu’il mène pour les mammifères marins, à la fois au sein de son établissement et dans leur habitat naturel. Ces deux aspects sont importants pour permettre aux experts d’en apprendre le plus possible sur cette espèce afin de pouvoir lui venir en aide à travers le monde.

Nous vous encourageons également à envoyer un courrier au département du Commerce des États-Unis pour exprimer votre soutien au programme de conservation des bélugas de l’Aquarium de Géorgie. Merci de nous soutenir!

Cette pétition est une insulte aux vrais défenseurs de l’environnement qui œuvrent pour défendre, préserver et protéger nos océans et les animaux qui les peuplent. Après avoir été informé par l’ANOA que la capture de bélugas vivants dans les eaux russes contribuait au déclin de la population sauvage, l’Aquarium de Géorgie a persisté à demander l’importation des bélugas sauvages en intentant un procès à l’ANOA pour obtenir l’annulation de leur refus de permis. La Cour de district américaine du district nord de la Géorgie n’a pas encore tranché, mais j’espère qu’elle se rendra compte que l’Aquarium de Géorgie fait passer le profit avant la conservation de cette espèce, qui, d’après l’ANOA, serait en péril si le permis d’importation était accepté.

La réponse égoïste de l’Aquarium de Géorgie consiste à soutenir que sans les bélugas sauvages, sa population de bélugas captifs sera sévèrement menacée. Aucun béluga capturé à l’état sauvage ou né en captivité n’a jamais été relâché dans l’océan; l’industrie de la captivité vous jette de la poudre aux yeux en affirmant que le maintien de bélugas captifs contribuera à préserver les populations sauvages. C’est la grande illusion que l’Aquarium de Géorgie et l’industrie de la captivité essaient de faire croire à l’opinion publique, mais la conservation de l’océan s’effectue dans l’océan, pas dans un bocal à poissons. Comme l’a si bien dit le grand Jacques Cousteau, "il y a autant d’intérêt éducatif à étudier des dauphins en captivité qu’à étudier l’humanité en observant uniquement des prisonniers placés en isolement".

Dans sa pétition, l’Aquarium de Géorgie omet de mentionner que, depuis l’ouverture de ses portes en novembre 2005, quatre de ses huit bélugas (3 sauvages et 1 né en captivité) sont morts. En réalité, celui qui contribue le plus à la chute imminente de la population de bélugas captifs à l’Aquarium de Géorgie est l’Aquarium de Géorgie lui-même. La mort de Marina, Gasper et Nico, tous trois capturés à l’état sauvage, en l’espace de seulement deux ans était déjà suffisamment tragique, mais celle du baleineau de Maris en 2012, âgé de 5 jours, a également laissé une mère en deuil enfermée dans un bassin. Le baleineau de Maris était le premier béluga né en captivité à l’Aquarium de Géorgie. L’établissement reconnaît que le taux de réussite des gestations chez le béluga est souvent faible. Ils ont raison. Et maintenant que veulent-ils? Faire subir à d’autres mères cette épreuve déchirante! Bien que le baleineau de Maris ait été conçu naturellement (aussi naturellement que cela peut l’être au sein de groupes artificiels détenus en captivité), le plus souvent dans l’industrie perverse des aquariums, des employés doivent masturber les baleines et les dauphins mâles, puis les femelles sont inséminées. C’est un cercle vicieux et contre nature qui se poursuit sous le prétexte de la conservation. "Maris a tenu sa part du marché et nous avons mis en œuvre le plan que nous avons établi", a commenté Hurley dans une déclaration qui a suivi la mort du baleineau de Maris. "Nous ne baisserons pas les bras." Les mammifères marins détenus en captivité n’ont pas le luxe de conclure des marchés avec leurs ravisseurs. Leur vie se résume à obéir: un dresseur fait un geste de la main; les captifs effectuent un tour de cirque et reçoivent un poisson mort en récompense. Pas de tour, pas de poisson mort. Aucun choix personnel là-dedans. Pour les animaux sauvages capturés, comme les 18 bélugas que l’Aquarium de Géorgie cherche si désespérément à importer, le tableau est particulièrement sombre. Ces animaux ont été capturés d’une manière qui n’est pas sans rappeler les dauphins de Taiji. Après avoir connu les joies de la liberté, ils ont découvert l’enclos, le gavage et les antiacides. Si l’Aquarium de Géorgie obtient le permis d’importation, ils seront condamnés à vivre dans un bassin dont la profondeur n’est qu’une fraction de leur profondeur de plongée naturelle, et ce, pour le restant de leurs jours.

La vérité est que l’Aquarium de Géorgie est une entreprise et que Maris, tous les bélugas, les dauphins, les requins-baleines ainsi que le moindre corail de cet établissement sont considérés comme des produits. L’activité de l’Aquarium de Géorgie consiste à vendre des interactions avec ces "produits", ainsi que des T-shirts et des peluches. Le prix du billet d’entrée pour l’Aquarium de Géorgie s’élève à 35,95 dollars (environ 26 euros). Ce prix comprend l’accès au spectacle AT&T Dolphin Tales, un véritable show façon Broadway. Selon l’Aquarium de Géorgie, il s’agit d’une "représentation musicale et théâtrale spectaculaire mettant en avant le lien affectif fort qui existe entre le dauphin et l’homme". Parmi les dauphins du spectacle se trouve Shaka, un béluga sauvage arraché à l’océan en 1988. Il vous suffit de suivre une soirée de retransmission des Gardiens de la Baie (Cove GuardiansLivestream) en direct de Taiji pour découvrir ce qui se cache derrière ce soi-disant lien. Bien entendu, l’Aquarium de Géorgie tient vraiment à vous faire acheter un billet pour son programme interactif "Beluga and Friends". Cela vous coûtera 179,95 dollars (environ 130 euros) par personne pour 2 heures, mais vous repartirez avec une serviette et une photographie en souvenir! Jusqu’à 8 personnes peuvent assister à la rencontre, qui est proposée deux fois par jour, 365 jours par an. Cela représente des recettes de 2 879,20 dollars par jour, soit 1 050 908,00 dollars par an. Pas étonnant que l’Aquarium de Géorgie veuille importer d’autres dauphins de spectacle de Russie. Ils ne perçoivent aucun salaire, aucun avantage, aucune rémunération pour les heures supplémentaires, ne prennent jamais de congés et exécutent leurs tours pour du poisson mort... la bonne affaire! En tant que membre accrédité de l’Association américaine des Zoos et des Aquariums, l’Aquarium de Géorgie veut également élever ces bélugas. Plus tard, lorsqu’ils devront faire face à une surreprésentation génétique comme a dû le faire le Zoo de Copenhague avec ses girafes, peut-être choisiront-ils la même "solution" que le zoo, à savoir abattre un adorable girafon prénommé Marius et donner sa viande aux lions. Peut-être feront-ils une pétition pour cela aussi...

 

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