Commentary and Editorial

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Vendredi, 04 Avril 2014 10:13

Le verdict de la CIJ est le résultat d’une action collective

Par le capitaine Paul Watson

Les baleines de l’Océan Austral ont gagné devant la Cour Internationale de La Haye.

C’est tout ce qui compte vraiment.

Le verdict de la CIJ donne raison à tout ce que nous disons depuis douze ans. La chasse baleinière du Japon dans l’Océan Austral n’est pas scientifique, et elle est illégale.Le verdict de la CIJ donne raison à tout ce que nous disons depuis douze ans. La chasse baleinière du Japon dans l’Océan Austral n’est pas scientifique, et elle est illégale. Photo: Barbara Veiga / Sea ShepherdBien sûr, "une victoire a cent pères", c’est pourquoi je ne suis pas surpris de voir que tant de gens et d’associations s’en attribuent le mérite. Il fallait s’y attendre.

Ce qui me surprend, c’est de voir des organisations se vanter de tout ce qu’elles ont fait sans mentionner personne d’autre. Le problème, c’est qu’au cours des dix dernières années, je n’ai rien entendu de la plupart de ces groupes (que je ne nommerai pas), si bien que je reste un peu perplexe quant à la nature de leurs actions, mais cela ne fait rien, je suis sûr que la cause leur a été bien utile pour collecter des fonds. Les hommes sont opportunistes par nature.

Mais cela m’a poussé à vouloir remercier les personnes, les organisations et les gouvernements qui ont vraiment contribué de façon importante à cette victoire judiciaire.

En premier lieu, la Cour fédérale australienne, qui a déclaré illégale la chasse baleinière japonaise dans les eaux australiennes dès 2008, suite à l’action intentée auprès d’elle par Humane Society International.

Deuxièmement, l’ex-ministre libéral de l’Environnement et ancien sénateur Ian Campbell, pour avoir mis l’Australie à l’avant-garde de la défense des baleines en 2006 et 2007.

Troisièmement, l’ancien gouvernement fédéral australien de Kevin Rudd, pour avoir lancé l’action judiciaire contre le gouvernement japonais. Cela a pris du temps, mais le jeu en valait la chandelle. Seul un gouvernement fédéral était en mesure de rassembler les ressources nécessaires à ce procès très onéreux. Grâce au premier ministre Rudd, l’Australie est montée en première ligne. Personnellement je pense que cela restera dans l’histoire comme la plus grande réussite de l’ancien gouvernement travailliste, et très certainement pour l’ex-premier ministre.

Oui, je sais que l’ex-ministre de l’Environnement, Peter Garrett, a déclaré à la télévision que cela n’avait rien à voir avec Sea Shepherd, mais ce n’est pas surprenant de la part d’un ancien politicien en disgrâce qui a tant trahi le mouvement écologiste lorsqu’il était au pouvoir. C’est parce que nous l’avons critiqué par le passé qu’il se plaint de nous aujourd’hui avec tant d’acidité. Peter, tu devrais saluer la victoire, au lieu de t’en servir pour critiquer Sea Shepherd.

En réalité, bien entendu, si Sea Shepherd n’était vraiment pour rien dans cette décision, il n’irait pas gaspiller son temps d’antenne à la télévision pour dire que Sea Shepherd n’a rien à voir avec ça.

Quatrièmement, les Verts australiens, qui sont restés sur le dos des travaillistes chaque fois que ceux-ci faisaient mine de reculer. Et particulièrement Bob Brown, pas seulement pour s’être fait le champion de cette campagne en tant que sénateur et leader des Verts, mais aussi pour avoir pris les commandes des opérations Zéro Tolérance et Relentless.

Et le cinquième acteur essentiel fut la Nouvelle Zélande, qui a contribué à la victoire en se joignant à l’Australie dans le procès devant la CIJ.

Bien sûr il y a eu d’autres organisations, comme Living Oceans, Australian Zoo, Kindness House, Oceanic Preservation Society, les Verts australiens, et aussi, mais oui, Greenpeace. Bien que j’aie été très souvent critique vis-à-vis de Greenpeace, en particulier lorsque leurs navires ont abandonné l’Océan Austral, je dois reconnaître que, pendant plusieurs années et jusqu’en 2008, ils ont été actifs tant dans l’Océan Austral qu’au Japon.

Pour finir, je voudrais remercier pour leur contribution Animal Planet et le réseau Discovery qui ont dévoilé le problème aux yeux du monde entier.

Ce qui était resté caché et ignoré pendant de nombreuses années a été révélé au monde entier par Whale Wars.

Et bien que Peter Garrett ait déclaré que Sea Shepherd n’a rien à voir avec la victoire, je dois dire que c’est très injuste vis-à-vis des centaines d’Australiens qui ont fait partie des équipages des navires de Sea Shepherd, et des centaines de milliers d’Australiens qui ont soutenu les voyages de Sea Shepherd.

Lorsque nous avons commencé en 2002, la chasse baleinière japonaise dans l’Océan Austral était pratiquement ignorée de tous. Avec patience, année après année, nous avons conduit nos navires dans les mers les plus hostiles et les plus isolées du globe pour intervenir contre le massacre des baleines, et chaque année nous a apporté plus de succès.

En 2002, le soutien du cinéaste français Jacques Perrin et de Galatée Films a été un facteur très important de la mise en œuvre de cette campagne.

En 2005, nous avons pu acquérir un hélicoptère grâce à Mike Galesi et à Patty Shenkar. Peter Heller nous a rejoints et a écrit le livre "Whale Warriors". Phil Wollen nous a procuré un amarrage à Melbourne.

En 2006, Pritam Singh et John Allison nous ont aidés à acquérir le Robert Hunter, rebaptisé par la suite Steve Irwin. Le sénateur Ian Campbell, également ministre de l’Environnement, a aussi été d’un grand secours cette année-là.

En 2007, Animal Planet nous a rejoints pour la première fois, et ensuite a participé chaque année.

En 2010, Bob Barker a contribué pour 5,2 millions de dollars à l’achat du Bob Barker, notre navire à long rayon d’action et un hélicoptère, crucial pour pister la flotte baleinière et obtenir des preuves de ses crimes.

En 2011, Sea Shepherd a acquis le Gojira, rebaptisé par la suite Brigitte Bardot.

En 2012, Sam Simon nous a fourni les fonds nécessaires à l’achat du Sam Simon, nous permettant d’augmenter nos patrouilles, et de frapper les Japonais psychologiquement en utilisant un de leurs anciens bateaux pour combattre leur braconnage.

L’an dernier, les baleiniers ont atteint moins de 10% de leur quota de baleines tuées, et au fil des ans Sea Shepherd a sauvé des harpons environ 6000 baleines. Et ce sont la publicité, la couverture médiatique et le tapage faits par les volontaires Sea Shepherd qui ont maintenu le sujet dans l’actualité et l’ont fait connaître dans le monde entier.

La CIJ était bien au courant des interventions de Sea Shepherd, de même que les divers gouvernements, et il est fait mention de Sea Shepherd dans le verdict.

Le verdict de la CIJ donne raison à tout ce que nous disons depuis douze ans. La chasse baleinière du Japon dans l’Océan Austral n’est pas scientifique, et elle est illégale. Comme Sea Shepherd n’est pas une organisation protestataire, nous n’allions pas dans l’Océan Austral pour protester contre la chasse baleinière, nous allions dans l’Océan austral pour intervenir contre une organisation criminelle.

Notre objectif premier était l’intervention directe pour sauver concrètement la vie d’autant de baleines qu’il était possible en attendant la décision de la CIJ. Notre objectif second était de faire connaître et de diffuser des informations sur la chasse illégale à la baleine opérée par le Japon dans l’Océan Austral.

Comme dans toutes les campagnes, il y a des approches, des tactiques et des stratégies différentes. L’éducation, la législation, les voies judiciaires, les actions pour faire respecter la loi, constituent toutes autant d’approches qui contribuent à atteindre le but.

Les entités Sea Shepherd dans le monde, les sympathisants, les volontaires à terre, les équipages de navires, les conseillers, les dirigeants et ex-dirigeants partagent tous le mérite de cette victoire judiciaire.

Je suis en train de préparer une liste complète de tous ceux que je voudrais remercier, et je la posterai d’ici quelques jours.

Cette victoire légale a été remportée par la passion de milliers de personnes, se servant des moyens judiciaires, législatifs, éducatifs et d’intervention directe.

Si vous avez fait un don pour la cause, vous avez contribué au verdict. Si vous avez été équipier sur un navire, ou volontaire à terre, vous avez contribué au verdict. Si vous avez voté Travailliste ou Vert en 2007, vous avez contribué au verdict.

Et nous pouvons être tous fiers d’avoir prouvé au monde entier que les activités des baleiniers japonais, soutenues par le gouvernement japonais, étaient illégales, et de voir que la Cour Internationale de Justice a interdit la délivrance de permis.

Et au cas où nous l’oublierons, la chasse à la baleine continue. Le Japon peut ne pas tenir compte du verdict. Ils vont très probablement continuer à chasser dans le Pacifique Nord, et puis il y a d’autres pays qui pratiquent une chasse baleinière illégale, l’Islande, la Norvège et les îles Féroé.

Nous avons gagné une bataille. Nous n’avons pas encore gagné la guerre.

 

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