Commentary and Editorial

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Dimanche, 13 Avril 2014 12:42

Quelle vérité révoltante se cache derrière le déclin des saumons du Fleuve Columbia?

Commentaire d'un Gardien du Barrage, Aaron Hall

De nombreuses usines comme celle-ci se trouvent sur les rives du Columbia. Photo: Andrew Lynch/Sea ShepherdDe nombreuses usines comme celle-ci se trouvent sur les rives du Columbia. Photo: Andrew Lynch/Sea ShepherdEn 2012 et en 2013, les Gardiens du Barrage de Sea Shepherd étaient en première ligne pour documenter les atrocités qui se déroulent dans les états de Washington, de l'Oregon et de l’Idaho à cause d'un programme fédéral qui permet à ces états de supprimer jusqu'à 92 otaries de Californie par an. Bien que les otaries de Californie peuvent être chassées de force ou tuées, les états ont aussi ajouté l'otarie de Steller, pourtant protégée par une loi fédérale, à la liste des victimes de leur programme meurtrier. Sea Shepherd continue à s'opposer à ces attaques contre ces otaries devenues boucs émissaires d'une campagne visant à détourner l'opinion publique des vrais problèmes: la surpêche, les barrages en eux-mêmes, les couvoirs et la pollution.

Cela fait bien longtemps que le Fleuve Columbia est pollué. Déjà en 1943, une portion du fleuve s'étendant sur 80 km au sud-est de l'état de Washington traversait le complexe nucléaire de Hanford, qui s'inscrivait dans le Projet Manhattan. Jusqu'en 1971, des pompes aspiraient de l'eau du fleuve. Cette eau, préalablement traitée pour ensuite refroidir les réacteurs, était alors à nouveau déversée dans le fleuve. Aux alentours du complexe, on estime que des aquifères contiennent plus de 1000 milliards de litres d'eaux souterraines contaminées par des déchets nucléaires extrêmement nocifs suite à des fuites des réservoirs de stockage. Depuis 2008, près de 4 millions de litres de déchets hautement radioactifs se trouvant dans les nappes phréatiques se dirigent tout droit vers le Fleuve Columbia et on estime qu'ils l'auront rejoint d'ici 12 à 50 ans si les opérations de nettoyage échouent.

En 2012, des poissons qui auraient pu être consommés par des pêcheurs occasionnels ont été analysés afin de déceler la présence de polluants du Fleuve Columbia. Les tests ont alors révélé la présence d'arsenic, de mercure et de PCB à des niveaux supérieurs à ceux recommandés pour la consommation par l'Environmental Protection Agency (agence américaine de protection de l’environnement). Les analyses conduites sur les esturgeons pêchés près d'Astoria ont révélé des niveaux de PCB de plus de 7000% supérieurs aux niveaux jugés comme sûrs pour la consommation par l'EPA.

Une des nombreuses exploitations forestières qui bordent le fleuve. Photo: Andrew Lynch/Sea Shepherd Une des nombreuses exploitations forestières qui bordent le fleuve. Photo: Andrew Lynch/Sea Shepherd La pollution du fleuve est un problème bien actuel. En février 2014, en Colombie-Britannique, entre 11700 et 25000 litres de solution d'hydroxyde de sodium ont été déversés par Teck Resources dans une canalisation d'égout reliée à la station d'épuration du district régional. Celle-ci rejette à son tour les déchets dans le Fleuve Columbia. Ce n'est pas la première fois que cette entreprise déverse des déchets dans la nature puisque l'EPA avait dressé (et gagné) un procès contre Teck Resources pour dommages à l'environnement en 1896.

Cependant, la pollution ne se limite pas aux déversements de produits chimiques ou aux déchets nucléaires. En conduisant le long du fleuve entre le barrage de Bonneville et Astoria (Oregon), on croise de nombreuses exploitations forestières liées à l'activité d'abattage des arbres dans la région nord-ouest de la côte du Pacifique aux États-Unis. Alors que des troncs bordaient la route où nous conduisions sur plusieurs kilomètres, Andrew Lynch, un autre Gardien du Barrage, m'a dit n'avoir "jamais vu une forêt couchée par terre".

Les zones qui bordent la rivière subissent un procédé appelé la "coupe à blanc". Il consiste à raser entièrement les arbres de toute une zone, d'un seul coup. Ce procédé a pour conséquence une sévère érosion des sols puisque les racines des arbres ne peuvent plus maintenir naturellement la structure du sol. Cette érosion entraîne souvent un étouffement des ruisseaux et une destruction des habitats, ainsi qu'un risque accru d'inondations dans les régions concernées. La construction de routes, souvent expéditive, lors du déboisement est également une source de pollution des eaux : ces routes gênent les défenses naturelles que l'environnement met en place contre l'érosion des sols. Des graviers sont souvent utilisés dans leur construction; petit à petit, ils se réduisent en une fine poudre sédimentaire qui rejoint alors les rivières, aggravant le déséquilibre d'un écosystème déjà fragile.

La saison de la capture, du marquage, du déplacement forcé et du massacre d'otaries pourtant protégées par la loi fédérale vient de reprendre dans les états de Washington, de l'Oregon et de l'Idaho, le long du fleuve Columbia. Contactez les gouverneurs de Washington et de l'Oregon pour leur rappeler que le problème ne vient pas des otaries et que les ressources devraient être déployées pour s'attaquer aux causes réelles du déclin des saumons. Il est important de combattre les problèmes que sont la pollution du fleuve, la prédation humaine et l'introduction d'espèces non indigènes. Bien que Sea Shepherd ne se positionne pas en 1ère ligne de la campagne de défense des otaries cette année, vous pouvez toujours prêter votre voix aux pinnipèdes en envoyant un e-mail à sealiondefensebrigade@gmail.com.

Depuis longtemps, le fleuve Columbia est tristement célèbre pour son niveau de pollution élevéDepuis longtemps, le fleuve Columbia est tristement célèbre pour son niveau de pollution élevé

 

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