Commentary and Editorial

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Mardi, 22 Juillet 2014 14:01

Article de l’Asahi Shimbun sur Taiji: contre-argumentaire point par point par le capitaine Paul Watson

La ville responsable du massacre des dauphins plaide le respect des traditions à mesure que les critiques internationales s’intensifient - Par SON YUMMIN/Rédacteur

Sea Shepherd s’assurera que chaque dauphin massacré à Taiji le soit sous les yeux du reste du monde. Photo: Sea ShepherdSea Shepherd s’assurera que chaque dauphin massacré à Taiji le soit sous les yeux du reste du monde. Photo: Sea ShepherdCapitaine Paul Watson: Voici un article important écrit par Son Yummin dans un journal japonais – l’Asahi Shimbun. C'est très bien que l’histoire soit relatée dans les médias japonais et que les habitants de Taiji prennent en compte la critique croissante de l’indulgence brutale de leur ville vis-à-vis du massacre des dauphins.

AS: TAIJI – Préfecture de Wakayama—Kiyoko Isoda se souvient avec émotion d’un plat à base de viande de baleine, dont elle se régalait quand elle était enfant. Lorsque ses camarades de classe venaient chez elle, sa mère leur servait des abats de baleine bouillis et salés.

"Un de mes plats préférés depuis l’enfance est le sukiyaki de viande de baleine" déclare Kiyoko Isoda, 77ans, propriétaire d'une maison d’hôtes à Taiji.

Son mari travaillait sur un baleinier dans l’Océan Austral. Il quittait la côte chaque année en septembre et revenait en mars. La famille fêtait son retour en dégustant la viande de baleine qu’il rapportait.

"Un plat de viande de baleine était le symbole d’un foyer heureux", déclare Isoda.

Capitaine Paul Watson: Le prix d’un "foyer heureux" au Japon est la diminution des populations de baleines et la poursuite de la cruauté horrible de la chasse à la baleine. Les baleines et les dauphins ont eux aussi des familles, pourquoi une famille humaine aurait le droit de perpétuer une tradition basée sur le massacre et la cruauté?

AS: Mais la joie de cette ville a laissé place à de l'inquiétude, de la colère et de l’incompréhension provoquées par les protestations internationales contre la chasse à la baleine et au dauphin, au détriment de Taiji.

Capitaine Paul Watson: Effectivement, nous sommes heureux de voir que la pratique du massacre des dauphins ne procure plus autant de joie, et de savoir que les habitants de Taiji sont inquiets. Il est étonnant qu’ils ne comprennent pas que d’autres humains puissent trouver ce massacre intolérable et cruel et qu’il constitue une menace à la diversité de l’écosystème marin.

AS: Les habitants insistent sur le fait que la chasse à la baleine est une tradition qui remonte à plusieurs siècles et qui a sauvé Taiji lors de périodes difficiles. Elle constitue une source de revenus primordiale pour les familles. Ils soulignent également qu’ils chassent le dauphin et la baleine dans le cadre d’une législation réglementée.

Capitaine Paul Watson: La Cour internationale de Justice réfute la légalité de la chasse à la baleine. Une tradition ne peut pas justifier le massacre, la cruauté et la dégradation écologique.

AS: "Nous n’avons jamais enfreint la loi, et faisons notre travail avec beaucoup de gratitude pour notre récolte", se justifie un pêcheur impliqué dans la chasse au dauphin. "Pourquoi devenons-nous être la cible des critiques alors que nous cherchons seulement à faire vivre nos familles?"

Capitaine Paul Watson: Les Gardiens de la Baie de Sea Shepherd n'enfreignent pas la loi japonaise en s'opposant au massacre des dauphins.

Ce n'est pas une question de survie. Les tueurs de dauphins s'enrichissent en vendant des dauphins aux aquariums marins. Cette chasse-là n'est pas organisée pour la survie, elle est motivée par la cupidité. C’est le blé qu’on récolte, pas les dauphins.

AS: Depuis que la chasse au dauphin de Taiji a été représentée sous un jour peu flatteur dans le documentaire The Cove (la baie de la honte), qui a remporté l'Academy award en 2009, cette petite ville côtière est devenue la cible des groupes de conservation internationaux.

Capitaine Paul Watson: Nous remercions Louie Psihoyos pour sa contribution à cette cause avec la réalisation de ce film extraordinaire qui a remporté l'Academy award. Cela dit, il est important de se souvenir que Sea Shepherd avait déjà porté cette question à l’attention du monde entier en 2003. Faire de ce problème une cause internationale a été le produit de longs efforts.

AS: Des membres de Sea Shepherd circulent régulièrement en ville, souvent avec des caméras, afin de surveiller de près et rapporter en ligne les activités des pêcheurs locaux.

Capitaine Paul Watson: Les Gardiens de la Baie de Sea Shepherd continueront à opérer sur le terrain tous les ans, du 1er septembre au 1er mars. Cette campagne s'appelle Opération Infinite Patience, et Sea Shepherd ne permettra pas que le massacre retourne dans l'ombre et quitte les esprits. Nous nous assurerons que chaque dauphin massacré le soit sous les yeux du reste du monde.

Par ailleurs, il serait plus juste de dire "toujours avec des caméras" plutôt que "souvent". La caméra est au Gardien de la Baie ce que le fusil est au soldat.

AS: La police de la préfecture de Wakayama a mis en place un bureau de fortune dans la ville suite à une déferlante de plaintes des pêcheurs par rapport au harcèlement des activistes.

Capitaine Paul Watson: Grâce à nos actions, il devient plus cher de soutenir ces atrocités. Les pêcheurs se plaignent d'être harcelés, mais les Gardiens de la Baie partiront quand les pêcheurs auront eux-mêmes arrêté de harceler et de massacrer les dauphins.

AS: L'entrée dans la zone située autour de la baie où est organisée la chasse au dauphin a été bannie selon une ordonnance de la ville depuis fin 2010. Les autorités de la ville ont invoqué des risques de boue et de glissement de rochers dans cet endroit.

Capitaine Paul Watson: Qu'ils essaient donc de continuer à censurer cette chasse des yeux du monde, ils continueront d'échouer.

AS: Mais cette ordonnance n'a pas enrayé l'hostilité à la chasse au dauphin, et l'opinion internationale s'est depuis prononcée contre l'industrie baleinière de Taiji et du Japon.

Capitaine Paul Watson: Les Gardiens de la Baie se renforcent au fur et à mesure des années, et la pression monte sur le Japon et Taiji pour stopper ce massacre sanglant. L'opinion internationale est contre la chasse à la baleine et au dauphin depuis des siècles.

AS: Après que Caroline Kennedy, l'ambassadrice américaine au Japon, ait communiqué la position du gouvernement contre la chasse au dauphin sur Twitter en janvier, le bureau de la coopérative de pêche de Taiji a été inondé de 200 à 300 fax par jour dénonçant cette chasse. Certains de ces fax étaient écrits en anglais.

Capitaine Paul Watson: En réalité, ils en reçoivent bien plus.

AS: Le bureau a changé son numéro de fax et ne l'a pas divulgué.

Capitaine Paul Watson: Nous nous procurerons ce nouveau numéro bien assez tôt.

AS: En mars, la Cour internationale de Justice de La Haye a rendu une décision interdisant au Japon sa chasse "scientifique" à la baleine dans l'océan Austral, citant un manque de preuves pour justifier ce que le Japon appelle la "recherche".

"Il se peut que les organismes contre la chasse à la baleine profitent de cette décision du tribunal pour intensifier leurs activités de protestation", s’inquiète le maire de Taiji, Kazutaka Sangen.

Capitaine Paul Watson: Non, vous croyez? Sea Shepherd ne profite pas de la décision du tribunal, elle met plutôt tout en œuvre pour défendre ce verdict.

AS: Certains pêcheurs de Taiji participent également à la chasse à la baleine à des fins de recherche au large de la côte de Sanriku dans le Nord-Est du Japon, dans le cadre d'un programme sanctionné par la Commission Baleinière Internationale.

Capitaine Paul Watson: La chasse à la baleine à des fins de recherche est désormais officiellement illégale.

AS: Lorsqu'un bateau de pêche est rentré à Taiji avec une prise de deux globicéphales de 5 mètres de long le 17 mai, le port a été instantanément galvanisé.

"Je suis content que nous ayons pu en attraper des grands", déclare le capitaine du bateau en parlant de la première récolte de la saison, qui se déroule de mai à août.

Un haut responsable de la coopérative des pêcheurs locaux ajoute que beaucoup d'habitants de la ville attendent cette récolte chaque année.

La majeure partie du fruit de la pêche est expédiée hors de la ville, même si la viande de baleine est également vendue dans le supermarché de Taiji géré par la coopérative.

Avec une population d'environ 3000 habitants, Taiji est connue pour être le berceau de la chasse à la baleine au Japon, ce qui remonte à la Période Edo (1603-1867).

Capitaine Paul Watson: La façon dont on utilise l'histoire pour se justifier du massacre des baleines en Antarctique et de la vente de dauphins aux aquariums marins reste une énigme.

AS: Coincés entre mer et montagnes, les habitants de Taiji se sont tournés vers la pêche et la chasse au dauphin et à la baleine comme source de revenus, la terre n’étant pas adaptée à la culture. Au début de la période Edo, les pêcheurs locaux avaient mis au point une méthode collective pour attraper les baleines en communiquant à l’aide de drapeaux et de feux

Bon nombre de leurs descendants sont devenus des membres d'équipage de la flotte baleinière japonaise en Arctique et en Antarctique.

Capitaine Paul Watson: En d’autres termes, ils sont donc devenus des criminels.

AS: La viande de ces mammifères marins est devenue une source précieuse de protéines, et a aidé la ville à se sortir des problèmes de famine durant les années qui ont suivi la fin de la 2nde guerre mondiale.

Capitaine Paul Watson: C'était il y a plus de 60 ans. Le Japon d'aujourd'hui n'est pas en carence de protéines.

AS: Aujourd'hui, les pêcheurs locaux sont autorisés à attraper des baleines mesurant jusqu'à 10 mètres de long dans les eaux littorales du Japon sans avoir de permis de la CBI (Commission Baleinière Internationale). Mais ils doivent être autorisés par le ministère japonais de l'agriculture et de la pêche, qui place le quota annuel à 162.

Les pêcheurs de Taiji peuvent pêcher deux types de baleines: les baleines-pilotes et les fausses orques.

Capitaine Paul Watson: En d'autres termes, le gouvernement les autorise à commettre 162 meurtres.

AS: La "récolte" des mammifères marins représente environ 20% de l'industrie de la pêche de la ville, soit 300 millions de yen (2,18 millions d’euros) jusqu’à 400 millions de yen (2,9 millions d’euros) par an.

Capitaine Paul Watson: Certains groupes, dont Sea Shepherd, ont proposé de compenser financièrement Taiji si la ville stoppait ce massacre. Ces offres ont toujours été refusées.

AS: "L'histoire de la ville repose autour de l'industrie baleinière", défend un habitant de Taiji.

Capitaine Paul Watson: Beaucoup de villes dans le monde ont une histoire qui repose sur le commerce d'esclaves, d'opium, de cocaïne et d'ivoire. Certaines villes avaient l'habitude de chasser des baleines, comme Albany en Australie ou New Bedford aux États-Unis. Ils gardent leur histoire mais ont cessé de commettre des atrocités. Avoir une histoire basée sur des atrocités ne signifie pas qu’elles doivent se poursuivre.

AS: Les habitants de Taiji s'indignent du portrait de la ville que dressent les contestataires, qui les décrivent comme des bouchers assoiffés de sang qui n'ont aucun respect pour la vie des dauphins et des baleines.

Capitaine Paul Watson: Nous sommes nous-mêmes indignés par le fait que la ville soit remplie de bouchers assoiffés de sang qui n'ont aucun respect pour la vie des dauphins et des baleines.

AS: Les résidents évoquent un monument dédié aux baleines capturées construit en 1979 sur une colline face à l'océan. Des prêtres bouddhistes y organisent un service commémoratif chaque année, en avril.

Capitaine Paul Watson: Wow. Eriger un monument en mémoire de ceux que l’on massacre semble être encore une autre justification bizarre de ce comportement sociopathe. Le prêtre bouddhiste peut très bien faire une cérémonie pour les baleines et les dauphins tués, mais aucun bouddhiste qui se respecte ne pourrait cautionner ce massacre.

AS: Le Musée de la baleine de Taiji, construit en 1969, expose un ensemble d’outils qui étaient utilisés à l'époque pour chasser les baleines. Il montre également l'évolution de la ville en tant que pôle national de chasse à la baleine.

Capitaine Paul Watson: Ce n'est pas un vrai musée, puisqu'il discrimine ceux qui ont le droit d'en voir l'intérieur. Il fonctionne comme un club privé qui pratique ouvertement la discrimination selon la race et la culture. Il existe des musées à New Bedford et Nantucket aux Etats-Unis, et à Albany en Australie où les gens peuvent constater l'évolution des villes depuis leurs activités barbares de chasse à la baleine jusqu’à la vie citadine civilisée aujourd'hui.

AS: Takumi Kyuhara, un habitant de Taiji de 65 ans, achète plusieurs kilos de viande de baleine provenant de la chasse à des fins de recherche chaque année pour envoyer à des amis qui ont quitté la ville.

"Lorsqu'ils cuisineront cette viande, ils se rappelleront de leur ville natale", dit-il. "Les baleines sont comme un souvenir de moi et de Taiji".

Capitaine Paul Watson: Il est beau, l'héritage de cette ville, si la seule manière de s'en souvenir est de se repaître de viande de baleine.

AS: Katsutoshi Mihara, 76 ans, ancien président de l'assemblée de la ville, se lamente également sur la façon dont Taiji est devenue la cible des critiques internationales.

Capitaine Paul Watson: Taiji a gagné sa réputation en tant que ville impitoyable et communauté barbare de meurtriers de dauphins. La critique internationale ira en s’empirant.

AS: "Quand j’entends les protestataires s’exclamer contre la chasse à la baleine, j'ai l'impression qu'ils condamnent tous les aspects de notre vie", se lamente-t-il.

Capitaine Paul Watson: Nous n’en condamnons pas tous les aspects, c’est un peu exagéré. Cependant il est clair que la majorité des personnes sur cette planète condamne le massacre et la cruauté horrible de la chasse au dauphin.

Je ne condamne les habitants de Taiji pour rien d'autre que la souffrance et le massacre qu’ils infligent continuellement aux dauphins et aux baleines.

 

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