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Mercredi, 20 Août 2014 14:04

Le Asahi Shimbun: L’arrêté de la CIJ assombrit l’avenir du commerce de viande de baleine au Japon

Par Satsuki Fujita – journaliste au Asahi Shimbun

Un plat de viande de baleine frite est servi dans un restaurant de Shinjuku à Tokyo en mars dernier (photo Asahi Shimbun)Un plat de viande de baleine frite est servi dans un restaurant de Shinjuku à Tokyo en mars dernier (photo Asahi Shimbun)Des magasins japonais vendant de la viande de baleine, autrefois prospères, ont été contraints de fermer ou de changer de stratégie suite à la décision de la Cour Internationale de Justice qui a interdit la chasse baleinière aux fins de recherche scientifique menée par les Japonais dans l’océan Austral.

"C’est comme si nous avions des activités douteuses", a déclaré un dirigeant en charge de la vente à distance chez Hino Shoten, une société de Nagasaki qui vend de la viande de baleine depuis 1908.

Comme beaucoup d’autres sociétés, Hino Shoten a été frappée de plein fouet par la décision du groupe Rakuten, le plus grand site de vente en ligne du Japon, de cesser de vendre de la viande de baleine.

"Les conséquences de l’interdiction de la vente de viande de baleine sur Rakuten sont énormes", a déclaré le dirigeant, faisant remarquer que Hino Shoten réalisait des dizaines de millions de yens de chiffre d’affaires chaque année sur le site de vente en ligne de Rakuten.

En fait, Rakuten est tombé sous le feu de la critique internationale le 18 mars, deux semaines avant que la CIJ ne rende son jugement.

Ce jour là, l’Environmental Investigation Agency, une ONG basée aux USA et en Grande-Bretagne, a publié un rapport qui décrivait Rakuten comme le plus grand marchand en ligne de viande de baleine.

Le rapport accusait le groupe de vendre de la viande provenant d’espèces de baleines et de dauphins en danger d’extinction, prises lors de chasses au rabattage, la méthode utilisée à Taiji, dans la préfecture de Wakayama. La ville de Taiji est devenue la cible d’organisations conservationnistes et anti-baleiniers après que ses chasses au dauphin ont été montrées dans le documentaire primé aux Oscars, "The Cove".

Le rapport précisait qu’en cherchant "viande de baleine" sur le site web de Rakuten on obtenait 773 résultats, et il pressait les gens d’envoyer des mails et de poster des tweets enjoignant le groupe de cesser de vendre de la viande de cétacés

Rakuten avait limité l’accès des serveurs étrangers à ses pages concernant la viande de baleine. Mais suite à l’arrêté de la CIJ, le 1er avril, le groupe a envoyé à tous les marchands de viande de baleine un e-mail les informant qu’il allait arrêter de vendre de la viande de dauphin et de baleine.

Suite au moratoire de 1982 de la Commission baleinière internationale sur la chasse commerciale à la baleine, le Japon avait commencé à chasser les baleines dans des buts de recherche scientifique, en 1987 dans l’océan Austral et en 1994 dans le nord-ouest de l’océan Pacifique. La chasse scientifique japonaise était gérée par l’Institut de Recherche sur les Cétacés en coopération avec la société baleinière Kyodo Senpaku. Le programme est financé par la vente de la viande provenant des baleines capturées, et le gouvernement verse des aides si les budgets ne sont pas atteints.

En 2010, le gouvernement australien a assigné le gouvernement japonais devant la CIJ, accusant son programme de chasse baleinière scientifique de n’être qu’une couverture pour la chasse commerciale.

Le 31 mars, la cour a rendu son jugement en faveur de l’Australie, disant que ce programme baleinier ne pouvait guère être qualifié de scientifique, compte tenu du manque de recherche effectivement réalisée.

Le ministère japonais de la Pêche a ensuite annoncé qu’il n’y aurait pas de chasse de recherche scientifique cette année dans l’océan Austral. Le ministère a également déclaré qu’on réduirait le nombre de baleines capturées dans l’océan Pacifique et qu’on reconsidérerait les futurs projets de chasse.

"Rakuten Ichiba (le site de vente sur internet) a demandé aujourd’hui aux marchands de ne plus vendre de produits contenant de la viande de baleine sur le site de Rakuten Ichiba", a déclaré le groupe sur son site web après avoir envoyé son mail du 1er avril. "Rakuten a également demandé à ces marchands de retirer tous les produits concernés de leurs boutiques en ligne dans un délai d’un mois."

Par la suite le groupe a ajouté la viande de baleine à sa liste de produits interdits et soumis à restrictions. La liste inclut non seulement les baleines venant des programmes de recherche dans l’océan Austral, mais aussi les baleines capturées dans les chasses scientifiques des régions nord-ouest de l’océan Pacifique, ainsi que les baleines et les dauphins pris près des côtes.

Amazon Japan, la filiale japonaise du groupe Amazon, avait réagi plus tôt, cessant tout commerce de viande de baleine en février 2012.

Marugei, un marchand de viande de baleine de Himeji dans la préfecture de Hyogo, qui était actif depuis 1977, a été contraint de cesser de vendre de la viande de baleine sur Rakuten après la décision du site de vente en ligne.

"On dirait que la viande de baleine est à nouveau attaquée par l’étranger", a déclaré un responsable de Marugei. "Rakuten a sans doute été obligé de nous exclure à cause de sa stratégie internationale. Une société isolée comme la nôtre ne peut pas se battre contre une tendance aussi forte."

Une autre société, qui vend à la fois du poisson et de la viande de baleine, a dit qu’elle n’avait pas d’autre choix que d’accepter les conditions de Rakuten.

"Rakuten peut représenter un gros chiffre d’affaires", a déclaré un responsable de la société. "Nous ne pouvons pas discuter avec eux."

Lorsqu’il lui fut demandé pourquoi ils arrêtaient de vendre de la viande de baleine, un responsable du service Publicité de Rakuten a déclaré: "Nous avons pris plusieurs facteurs en considération, y compris le jugement final rendu par la CIJ. Nous n’envisageons pas de revenir sur l’interdiction."

Beaucoup de restaurants dans tout le Japon ont arrêté de servir de la viande de baleine après l’arrêté de la CIJ, anticipant la disparition de sources d’approvisionnement stables.

Tai, un grossiste de viande de baleine de Toyonaka, préfecture d’Osaka, distribue de la viande de baleine depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Mais quelques restaurants de Tokyo et d’ailleurs lui ont dit qu’ils cesseraient de lui acheter de la viande de baleine après le mois d’avril.

Les clients de Tai craignent que la langue de baleine, la peau de dos de baleine et d’autres parties utilisées dans la cuisine japonaise et que l’on ne peut se procurer qu’en petites quantités deviennent impossibles à trouver régulièrement.

Depuis la suspension de la chasse baleinière commerciale au Japon en 1988, la consommation de viande de baleine dans le pays s’est effondrée, et un nombre croissant de marchands de viande de baleine ont fermé.

Les négociants doivent se tourner vers la vente de la viande de grande qualité à travers des circuits commerciaux limités. Seules les sociétés très expérimentées peuvent survivre. Mais même cela ne suffira peut-être plus aujourd’hui.

"Nous ne voulons pas voir disparaître notre tradition de manger de la baleine", a déclaré Kenkichi Tai, 65 ans, le propriétaire actuel de Tai. "Mais nous n’avons guère confiance en l’avenir."

 

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