Commentary and Editorial

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Jeudi, 18 Septembre 2014 01:47

Les tortues caouannes de Santa Luzia

Un bébé tortue à peine éclos dans un nid marqué, baptisé Jairo. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerUn bébé tortue à peine éclos dans un nid marqué, baptisé Jairo. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerCommentaire par Simon Ager

Le Cap-Vert est l’une des dix zones dans le monde où la diversité marine est exceptionnelle. C’est donc l’un des dix endroits sur Terre dont les espèces marines endémiques sont les plus menacées de disparition et la troisième zone la plus importante de reproduction des tortues marines.

Suite à notre collaboration avec l’ONG locale Biosfera I, au cours de laquelle le Brigitte Bardot a participé à une étude sur les puffins, il semblait tout naturel qu’un navire de Sea Shepherd, le Jairo Mora Sandoval (baptisé d’après le défenseur de l’environnement assassiné au Costa Rica alors qu’il luttait pour la protection des tortues marines), fasse partie de la campagne pour prendre part à l’étude, la protection et la lutte contre le braconnage des tortues caouannes sur la magnifique île de Santa Luzia, au Cap-Vert. Les deux biologistes marins Patricia Rocha et Tommy Melo de Biosfera I dirigent la campagne sur l’île.

En raison du statut de réserve marine protégée de l’île, seule l’ONG Bisofera I et les pêcheurs locaux, qui bénéficient d’une exemption, y sont autorisés. Ceci est sur le point de changer pour les pêcheurs, car le gouvernement prévoit d’interdire toute présence humaine sur l’île à l’exception des biologistes marins.

L’île, de nature volcanique, présente des paysages arides, qui ne sont pas sans rappeler ceux de Mars, et des montagnes qui percent le ciel. L’aurore embrase le paysage d’une couleur orange.

L’environnement est rude pour tous les animaux; l’eau fraiche se fait rare, même pendant la saison des pluies. Les alizés apportent un peu de répit face à la chaleur tandis que la terre scintille sous le soleil de midi. Notre camp de base, une grande tente militaire, accueille des moineaux et des lézards propres au Cap-Vert. Des balbuzards survolent fréquemment nos têtes.

Depuis le début de la saison, de la fin juin jusqu’à présent, pas plus de 150 nids ont été repérés, et continuent à l’être, avec trois à quatre nouveaux nids découverts en moyenne presque toutes les nuits. Nous sommes très loin des chiffres de la dernière saison : plus d’un millier de nids avaient été comptabilisés sur l’île.

Camp de base de Santa Luzia. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerCamp de base de Santa Luzia. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerAvec deux patrouilles, de 21h00 à 5h00, nous couvrons les plages nord et sud de Francisca et Achados où a lieu la nidification. Un petit sentier de 2 kilomètres au milieu d’un terrain vague sépare les deux plages. Le paysage se transforme soudainement : les buissons, les dunes de sable et un mélange de sable noir (d’origine volcanique) et blanc remplacent la roche volcanique.

Nous couvrons environ 12 kilomètres par nuit. Nous parcourons la plage qui nous est assignée deux fois, à la recherche de tortues en pleine nidation et de nouveaux nids. Selon les marées, nous avons l’impression de progresser difficilement dans de la mélasse tandis que nos chevilles s’enfoncent dans le noir, avec une lumière rouge pour seul guide.

La piste "montante", c’est-à-dire les empreintes des nageoires d’une tortue se dirigeant depuis l’océan vers les dunes, est facilement repérable. Il nous reste à faire preuve de patience tandis qu’elle se hisse à travers les dunes à la recherche de l’endroit parfait pour établir son nid.

Une tortue, dans un état proche de la transe, sculpte la cavité parfaite dans laquelle elle pondra ses œufs. Le spectacle est impressionnant ! Ses nageoires postérieures se soulèvent et s’abaissent doucement tandis qu’elle pond entre quatre-vingts et cent œufs de la taille d’une balle de ping-pong, avant de remplir le nid de sable.

Un petit localisateur GPS est attaché de manière indolore sur sa nageoire antérieure droite. Un échantillon de peau est prélevé et sa carapace mesurée avant qu’elle ne reparte vers l’océan.

Nous marquons le nouveau nid avec un GPS et creusons une cavité profonde où nous plantons une barrière protectrice pour encercler les œufs. Les œufs et les tortues qui viennent d’éclore représentent une cible facile pour les hordes de crabes qui restent sur le rivage à la recherche de leur diner. Notre objectif est de protéger et de surveiller 25 nids "de contrôle", de la ponte à l’éclosion.

Chaque nuit, après avoir effectué cinq à six heures de patrouille, nous retournons au camp ou nous nous endormons sur les dunes jusqu’à l’aube si nous sommes affectés à la patrouille de 21h00. Nous nous asseyons pour prendre notre petit déjeuner et analyser les données obtenues. J’apprends quelques mots de la langue locale, le Créole, tout en retirant le sable qui s’accumule dans mes cheveux.

Pendant la journée, nous dormons, nous baignons dans l’océan, remontons les bateaux de pêche traditionnels sur la plage et enlevons le sable qui arrive continuellement avec les alizés.

Dans 60 jours, de toutes nouvelles vies surgiront du sable où vient d’être creusé le nid dans l’espoir de rejoindre l’océan. Et nous serons là pour aider les tortues à mener à bien leur quête. Nous avons eu le privilège de tenir dans nos mains l’un des premiers bébés tortue à atteindre l’océan et nous l’avons baptisé Jairo!

La biologiste marine en chef Patrica observe une tortue caouanne repartir vers l’océan après avoir tenté de creuser en vain son nid. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerLa biologiste marine en chef Patrica observe une tortue caouanne repartir vers l’océan après avoir tenté de creuser en vain son nid. Photo: Sea Shepherd/Simon Ager  Une tortue caouanne repart vers l’océan après avoir pondu. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerUne tortue caouanne repart vers l’océan après avoir pondu. Photo: Sea Shepherd/Simon Ager 
Des nids de contrôle près du camp de base. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerDes nids de contrôle près du camp de base. Photo: Sea Shepherd/Simon Ager  La biologiste marine Maira prélève un échantillon de peau pour l’ADN. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerLa biologiste marine Maira prélève un échantillon de peau pour l’ADN. Photo: Sea Shepherd/Simon Ager 

 

 

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