Commentary and Editorial

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Samedi, 07 Février 2015 05:24

Sur les traces de la flotte fantôme

Par le Capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd

Le Thunder figure sur la liste noire CCAMLR et sur la notice mauve d’Interpol. Photo: Sea Shepherd / Simon AgerLe Thunder figure sur la liste noire CCAMLR et sur la notice mauve d’Interpol.
Photo: Sea Shepherd / Simon Ager
Depuis mi-décembre 2014, Sea Shepherd tente de mettre un terme au braconnage de la légine australe mené par quatre bateaux.

Le Bob Barker a localisé le Thunder, battant pavillon nigérian, le 16 décembre sur le banc Banzare, au large de l’Antarctique. Les braconniers ont immédiatement abandonné leurs filets et se sont enfuis quand le Bob Barker les a pris en chasse. Près de 50 jours plus tard, après 4800 km de poursuite, Sea Shepherd est toujours aux trousses du Thunder, un record en haute mer. La chasse continue désormais à plus de 1100 km des côtes d’Afrique du Sud.

Dans sa fuite, le Thunder a abandonné tous ses filets benthiques. L’équipage du Sam Simon a passé plus de 200 heures pour remonter les 72 km de filets maillants. Plus de 3 millions de dollars de légines capturées illégalement ont été remises à l’eau.

Mi-janvier, le Wellington, une frégate de la Marine de Nouvelle-Zélande, a intercepté trois bateaux en plein braconnage. Ils portaient tous les trois le drapeau de la Guinée Équatoriale, mais ce pays affirme qu’ils ne sont pas légalement enregistrés. La frégate a reçu la permission de monter à bord mais, au moment de l’abordage, les Néo-Zélandais ont été repoussées par les braconniers. Prétextant une pénurie de carburant, le Wellington est rentré en Nouvelle-Zélande, laissant les braconniers à leurs activités illégales.

Le 2 février 2015, le Sam Simon a intercepté deux de ces bateaux de pêche à la légine, le Kunlun et le Yongding. Ils pêchaient à seulement 80 km de la station de recherche Antarctique de l’Australie, perdue dans les eaux territoriales Antarctiques de ce pays.

Les deux ont pris la fuite à l’approche du Sam Simon. Le capitaine du Sam Simon Sid Chakravarty a choisi de suivre le Yongding, laissant le Kunlun partir vers le nord.

Le Yongding a fait volte-face pour tenter d’intimider le capitaine Chakravarty, en feignant de le percuter. Le Sam Simon n’a pas cillé, ce qui a contraint les braconniers à une embardée avant de prendre la fuite par le nord. La course poursuite continue.

Ces bateaux sévissent depuis des années dans les parties isolées de l’Océan Austral pour piller "l’or blanc", selon le nom qu’ils donnent à la légine australe, semblable au cabillaud. Ce poisson est vendu dans des restaurants sous le nom de bar du Chili.

Ce sont des navires pirates arborant de faux drapeaux, avec à bord des hommes du tiers-monde mal payés, engagés dans une entreprise aussi dangereuse qu’illégale.

Ils ne sont qu’une partie de la flotte internationale de bateaux de braconnage qui fournissent les restaurants et les marchés dans le monde entier, malgré la diminution des ressources halieutiques.

C’est un milieu lucratif et les propriétaires de ces flottes mal entretenues en changent constamment les noms et les pavillons. Face au risque de saisie, il est dangereux pour eux d’investir sur les bateaux, qui se trouvent donc en piteux état, mais sont équipés de lignes et de filets à la pointe de la technologie.

Ces bateaux n’ont rien à voir avec les pays pauvres qu’ils arborent sur leurs pavillons et leurs ports d’attache, c’est une mascarade. La plupart de ces bateaux sont financés par de riches organisations. Le Thunder, le Soghua et le Yongding ont porté d’innombrables noms et il est très difficile de savoir qui tire les ficelles de ce système.

Le gouvernement néo-zélandais a découvert que le propriétaire d’au moins trois de ces bateaux est une compagnie panaméenne qui s’appelle Stanley Management, créée par le cabinet d’avocats panaméen Sucre, Arias & Reyes. Le Soghua est détenu par une compagnie du Belize appelée Eastern Holding Ltd.

Le point commun de tous ces bateaux : l’entreprise espagnole Vidal Amadores, basée en Galice. Depuis 1999, elle a vu onze de ses employés arrêtés dont sept condamnés. La compagnie a payé plus de trois millions d’euros d’amende et trois de ses bateaux ont été saisis.

Somme dérisoire face aux plus de seize millions que l’entreprise a reçus en subventions de l’Union Européenne entre 2003 et 2009. Le Thunder, à lui seul, aurait rapporté plus de 50 millions d’euros à la pègre qui le détient.

Les interventions de Sea Shepherd ont permis d’attirer l’attention pour la première fois sur ces pirates de l’Océan Austral. Mais surtout, en confisquant les filets et en privant les braconniers de leurs revenus, Sea Shepherd inflige un revers inédit aux propriétaires de ces bateaux.

L’année dernière, le Thunder a été arrêté et retenu en Malaisie, puis relâché et autorisé à conserver sa cargaison après paiement d’une amende de 90 000 $. Maigre prix à payer vu l’ampleur du trafic. Cette année, le Thunder a perdu ses filets, ses poissons braconnés et tous ses bénéfices.

Les quatre bateaux sont sur la liste des organisations criminelles d’Interpol. Tous ont été fichés pour pêche illégale et tous ont déjà été pris en train de pêcher illégalement dans les eaux du Territoire Antarctique Australien.

Les demandes d’assistances de Sea Shepherd au gouvernement australien ont été ignorées.

 

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