Commentary and Editorial

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Samedi, 14 Février 2015 16:19

Les attaques de requins deviennent plus fréquentes ?
C’est exclusivement de notre faute

Par le fondateur de Sea Shepherd, le capitaine Paul Watson

Requin tigre capturé au large de Moses Rock en Australie Occidentale. Arraché à la mer pour être finalement jeté comme un déchet, une grande perte pour les écosystèmes océaniques. Photo : Sea Shepherd/Animal AmnestyRequin tigre capturé au large de Moses Rock en Australie Occidentale. Arraché à la mer pour être finalement jeté comme un déchet, une grande perte pour les écosystèmes océaniques.
Photo : Sea Shepherd/Animal Amnesty
Les attaques de requins sont en augmentation, et la faute en revient entièrement à l’humanité.

Les attaques de requins sont relativement rares. Pour une population de 7,5 milliards d’êtres humains, il y a entre cinq et dix attaques mortelles chaque année.

Il y a plus de gens tués par des abeilles, des moustiques, des éléphants, des hippopotames, des crocodiles, des chevaux, des autruches, des serpents et des chiens, mais ces espèces n’ont pas la mauvaise presse dévolue aux requins.

Et cette mauvaise presse vient d’émissions télévisées comme celles diffusées dans Shark Week, de films d’horreur comme Les Dents de la Mer, et de l’ignorance généralisée des gens au sujet des écosystèmes marins.

En réalité, il est plus dangereux de jouer au golf que de surfer ou de plonger, parce que statistiquement le risque pour un golfeur de mourir foudroyé pendant un orage est plus grand que pour quelqu’un de mourir victime d’un requin.

Mais il est tout aussi réel que les attaques de requins ont augmenté ces dernières années, bien que les accidents mortels restent relativement rares – ce qui est étonnant si on considère les millions d’êtres humains qui surfent, nagent et plongent dans la mer.

La raison de cette augmentation relativement mineure du nombre d’attaques est entièrement la faute des êtres humains.

Pour commencer, nous réduisons la biodiversité dans l’océan. La surpêche a fait disparaître 90% des poissons dans la mer depuis 1950. Toutes les entreprises de pêche commerciale sont sur le déclin. Ce ne sont pas seulement de mauvaises nouvelles pour ceux qui mangent du poisson, mais ça l’est aussi pour les requins, les orques, les baleines, les phoques et les dauphins qui n’ont pas d’autre choix que de manger du poisson. En d’autres termes, la famine est une motivation très forte pour des attaques d’opportunité.

Deuxièmement, la plupart des attaques de requins sont dues à des méprises. Les surfeurs sur leurs planches ressemblent à des phoques, du point de vue sous-marin d’un requin. Il est rare que quelqu’un se fasse réellement dévorer par un requin. En général il y a morsure exploratoire suivie d’un rejet, bien qu’il faille admettre qu’une morsure exploratoire peut être mortelle pour la victime.

Autre cas de victime humaine, les chasseurs sous-marins. La raison pour laquelle ils peuvent être victimes d’attaques de requins est simple. Tuer un poisson diffuse du sang dans l’eau, ce qui attire les requins. Le miracle, c’est que malgré les millions de chasseurs sous-marins dans le monde, de telles attaques soient aussi relativement rares.

En Australie Occidentale, où certains politiciens et les média frisent l’hystérie au sujet des attaques de requins, il y a un autre facteur qui contribue fortement au problème : le transport par bateau d’animaux vivants depuis des ports australiens jusqu’en Asie, tout particulièrement au Moyen-Orient, pour satisfaire la demande halal en animaux vivants. Des centaines de milliers de têtes de bétail, bovin et ovin, sont entassés sur des bateaux comme des sardines pour être transportés, et ceci constitue deux sources d’attraction pour les requins. D’abord les cadavres des animaux qui meurent sont jetés par-dessus bord, et ensuite des milliers de tonnes d’excréments et d’urine d’animaux sont jetées à la mer, sonnant de loin l’appel au repas pour le sens olfactif développé des requins.

Une femelle requin tigre de plus de 3 mètres, tuée et rejetée à la mer par des agents du ministère de la pêche d’Australie Occidentale - Photo : Sea ShepherdUne femelle requin tigre de plus de 3 mètres, tuée et rejetée à la mer par des agents du ministère de la pêche d’Australie Occidentale
Photo : Sea Shepherd
 
 
Les drumlines, qui visent à détourner les requins des plages, créent en réalité une autre source d’attraction. Des requins et d’autres créatures se font prendre et meurent ; ce qui attire en retour encore plus de requins, les poussant à approcher tout près des plages.

Le changement climatique, l’acidification des océans et la pollution sont d’autres facteurs qui affectent les schémas migratoires des requins.

Tuer les requins n’est pas la solution, à moins que les gens ne pensent qu’il faille une solution finale comme l’extermination. Cependant, l’extermination des requins contribuera à des dommages irréparables aux écosystèmes océaniques, qui affecteront toute l’humanité d’une façon bien plus destructrice que des accidents occasionnels.

Les requins sont les super-prédateurs de la mer. Ils ont façonné l’évolution dans l’océan pendant des centaines de millions d’années. Le camouflage, le comportement, la rapidité, la méfiance des poissons, sont tous littéralement des traits d’adaptation des poissons à l’existence et au comportement prédateur des requins.

Détruisons les requins, et nous détruirons un partenariat écologique harmonieux entre les espèces aquatiques.

Pour ceux qui croient que les requins sont un danger pour l’humanité, la solution devrait être simple à trouver – qu’ils restent au sec loin de la mer. L’océan n’est pas un endroit pour les ignorants, les arrogants et les timorés.

Et nous devons considérer les choses du point de vue des requins. L’océan est leur lieu de vie. Nous volons leur nourriture. Nous empiétons sur leur territoire, et nous abattons sauvagement 75 millions de requins chaque année, dont beaucoup finiront en soupe sans aucune valeur nutritionnelle.

Si nous regardions dans les yeux de ce que nous percevons comme un monstre sauvage, nous apercevrions le reflet d’un monstre bien plus destructeur – nous-mêmes.

 

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