Commentary and Editorial

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Mardi, 07 Avril 2015 13:20

Encore une mission impossible que Sea Shepherd a rendu possible

Par le capitaine Paul Watson

Sauvetage de l’équipage du Thunder - Photo: Simon AgerSauvetage de l’équipage du Thunder
Photo: Simon Ager
110 jours – la poursuite d’un navire braconnier la plus longue de toute l’histoire maritime est désormais terminée.

Le Thunder – le plus célèbre des "Bandit 6" n’est plus. Le navire repose désormais par 4000 mètres de fond dans l’océan Atlantique. 72 km du filet maillant illégal du Thunder sont à bord du Sam Simon. Deux autres braconniers, le Kunlun et le Viking, ont été arrêtés, le Kunlun en Thaïlande et le Viking en Malaisie.

Ce fut l’intervention la plus efficace contre des braconniers de haute mer dans toute l’histoire de la bataille contre le braconnage.

Le Suédois Peter Hammarstedt, capitaine du Bob Barker, et l’Indien Sid Chakravarty, capitaine du Sam Simon, avec leurs équipages, ont fait un travail incroyable, une odyssée de quatre mois qui a commencé à Wellington en Nouvelle-Zélande pour le Sam Simon, et à Hobart en Tasmanie pour le Bob Barker. Les navires ont traversé l’océan Austral et l’océan Indien en passant par le cap de Bonne Espérance et remonté l’Atlantique sud pour traverser l’Equateur au 109ème jour et arriver dans l’Atlantique nord. La poursuite a couvert 10260 milles nautiques.

40 pêcheurs ont abandonné leur navire en train de couler. L’équipage de Sea Shepherd a pu collecter des preuves de leurs activités illégales grâce à une équipe envoyée à bord du Thunder. Les 40 hommes sont maintenant sur le Sam Simon (30 Indonésiens, 7 Espagnols, 2 Chiliens et 1 Portugais) et sont emmenés à Sao Tome. On leur a donné de la nourriture et des couvertures, et ils sont en sécurité à bord. Aucun des membres d’équipage des trois navires n’a été blessé. Le Bob Barker escorte le Sam Simon jusqu’à Sao Tome.

On n’a vu aucun signe de fioul dans l’eau après que le Thunder a coulé, il restait très peu de carburant au bateau à ce moment là. Toutes les pièces à conviction qui ont été collectées seront remises à Interpol.

Cela faisait dix ans que les braconniers pêchaient impunément dans l’océan Austral. La dernière prise en chasse a eu lieu en 2003, lorsque le bateau des douanes australiennes Southern Supporter a poursuivi le braconnier uruguayen Viras pendant 21 jours depuis l’île Heard jusqu’au milieu de l’Atlantique sud.

La suprématie des braconniers dans les eaux de l’océan Austral a pris fin cette année.

L’Opération Icefish a attiré l’attention sur la pêche illégale de la légine comme jamais auparavant, et elle a impliqué les autorités de Nouvelle-Zélande, d‘Australie, de Malaisie, de Thaïlande, de l’île Maurice, du Nigéria, de Guinée équatoriale, d’Espagne, et Interpol.

Le Nigeria a radié l’immatriculation et le pavillon du Thunder pendant la poursuite.

Les équipages du Sam Simon et du Bob Barker ont mené une campagne marathon qui s’est terminée avec succès.

Sea Shepherd n’éprouve aucune animosité envers l’équipage du Thunder. Ils ont été traités avec gentillesse et respect, et on leur a servi des repas vegan. Pour la plus grande partie de l’équipage indonésien, si ce n’est pour sa totalité, c’était peut-être du travail forcé. C’est une situation sur laquelle il va falloir enquêter. Il n’appartient pas à Sea Shepherd de décider de ce qu’il faut faire de ces hommes. C’est désormais aux autorités compétentes de s’en occuper.

Le sabordage du Thunder a été un acte délibéré dû au désespoir d’un équipage abandonné par ses propriétaires riches et sans scrupules, des pseudo-sociétés de pêche basées dans la province espagnole de Galice. La police espagnole a déjà perquisitionné chez quelques-unes de ces sociétés, à la recherche de preuves.

Le filet se referme autour de ces opérations illégales, source du "mérou du Chili" illégal, qu’on vend actuellement dans des restaurants et sur des marchés dans le monde entier. Par ailleurs les conditions de quasi-esclavage autour de la formation des équipages de ces pêcheurs pirates se dévoilent de plus en plus.

Sea Shepherd Global, ses capitaines, ses officiers, ses équipages, ses collaborateurs et volontaires à terre ont fait un travail remarquable et ont gagné leur place dans l’histoire maritime. Beaucoup d’ "experts" et de politiciens ont dit que Sea Shepherd n’arriverait même pas à trouver les braconniers, et que s’il y arrivait, il serait incapable de les arrêter. Ils ont même insinué que Sea Shepherd serait accusé de pêche illégale s’il remontait le filet, ou que les sociétés qui sont derrière les bateaux illégaux réclameraient des dommages et intérêts.

Sea Shepherd n’a pas écouté les défaitistes, il a trouvé le Thunder, repéré le Kunlun, le Yongding et le Songhua, confisqué des filets et pourchassé le Thunder jusqu’à ce qu’ils se rendent avec le sabordage dramatique de leur propre bateau.

Outre le Viking, arrêté en Malaisie, l’autre membre de "Bandit 6" est le Perlon. Sur les six, trois sont neutralisés : deux qui se sont fait arrêter et un qui a coulé. Voilà un sacré coup porté aux opérateurs du cartel. Les cargaisons du Viking et du Kunlun ont été confisquées et celle du Thunder est perdue. L’ensemble de ces cargaisons pourrait représenter 6 à 12 millions de dollars de pertes.

Cela fait des années que Sea Shepherd intervient dans le monde entier contre les pêcheries illégales. Nous avons mené des campagnes pour défendre le thon et les dauphins des thoniers senneurs, les requins, la morue, les saumons, les concombres de mer, les homards, le thon rouge et la légine. Ces campagnes n’ont pas été faciles, mais elles ont été efficaces. Nous avons été poursuivis par une société maltaise de pêche au thon pour avoir libéré 800 poissons pris illégalement, et nous avons gagné le procès. Le Costa Rica est encore en train de me poursuivre pour avoir défendu les requins. Le gouvernement canadien m’a assigné pour avoir protégé la morue, mais là aussi nous avons gagné notre procès. Nos batailles en mer et devant les tribunaux n’ont jamais été faciles, mais comme le disait mon vieil ami Al Johnson à nos débuts : "Si c’était facile, tout le monde le ferait."

L’Opération Icefish n’a pas été facile. La logistique nécessaire pour envoyer deux grands bateaux naviguer sur plus de 10000 milles jusqu’à des endroits isolés dans des conditions climatiques extrêmes, pour remonter 72 kilomètres de filet maillant, poursuivre des braconniers, discuter avec les politiciens et les bureaucrates, organiser les réapprovisionnements en mer, mener à bien le sauvetage des pêcheurs et communiquer avec les média a été un vrai challenge, mais ce challenge a été remporté sans qu’aucun membre de nos équipages ne soit blessé, et sans avoir causé de blessure à nos adversaires. Cela n’aurait pas pu se passer mieux.

Ce fut somme toute une campagne historique épique, et je suis immensément fier de ce que Sea Shepherd a accompli avec l’Opération Icefish.

L’Opération Icefish fut une campagne de Ténacité, Passion, Persévérance, Patience, Constance, Sens Marin, Succès et Courage.

 

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