Commentary and Editorial

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Mercredi, 08 Avril 2015 10:49

Le dilemme des cultures toxiques sur une planète toxique

Capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd

Viande de dauphin en vente à Taiji - Photo : Sea ShepherdViande de dauphin en vente à Taiji
Photo : Sea Shepherd
Voilà plusieurs décennies que nous mettons en garde les consommateurs contre la présence de mercure dans la viande de baleine et de dauphin. Pourtant ceux-ci continuent d'en manger et d'ignorer les conséquences.

Il n'est pas nécessaire de tuer des globicéphales et des dauphins pour consommer leur viande dans les îles Féroé, en Norvège, au Japon ou en Islande. Une grande partie de la viande des baleines tuées au Groenland n'est pas consommée par les populations autochtones, et nos recherches ont révélé que la viande des baleines en voie de disparition tuées au Groenland était servie aux touristes dans les hôtels, dans les restaurants et sur les bateaux de croisière.

Une cargaison de viande de baleine envoyée récemment de l'Islande au Japon a été jetée par les Japonais en raison de taux élevés de mercure. Les vies de ces baleines tuées illégalement en Islande ont été gaspillées de façon déplorable.

La chasse à la baleine à des fins commerciales a été interdite en 1986 par la Commission baleinière internationale. La Norvège, le Japon, l'Islande et le Danemark participent de façon illégale à de telles activités, violant le moratoire international sur la chasse commerciale à la baleine.

Mais bien que la présence de mercure dans l'organisme des baleines et des dauphins soit sur toutes les lèvres, ceux qui les tuent et les mangent font peu cas des conséquences.

Ce qui me gêne le plus, c'est qu'on ne parle quasiment pas des effets du mercure et autres métaux lourds sur les nombreuses espèces de baleines et de dauphins qui sont elles-mêmes affectées. Consommer de la viande de baleine et de dauphin contaminée et toxique, c'est un choix. Les consommateurs choisissent de manger des poissons contaminés au mercure. Les baleines et les dauphins, eux, n'ont pas le choix, et leur santé est gravement affectée par les empoisonnements au mercure et aux métaux lourds qui se trouvent dans la mer.

Quel en est l'impact sur l'intelligence de ces mammifères marins ? Quels sont les effets sur leur physiologie ?

Des milliers de cadavres de lions de mer s'échouent sur les plages de la côte Ouest des États-Unis. Des corps de dauphins s'échouent sur les plages du monde entier.

L'océan sert de décharge aux sociétés industrialisées depuis plus d'un siècle et l'accumulation de produits chimiques, plastique, eaux usées, radiations et métaux lourds appauvrit la biodiversité, du plancton aux grandes baleines.

L'océan est en train de mourir et si l'océan meurt, nous mourrons aussi. L'affaiblissement de la vie dans les océans signifie l'affaiblissement de la civilisation. La mort de la diversité des océans signifiera la mort de l'humanité.

Les Inuits du Haut-Arctique défendent la consommation de baleine et de phoque en avançant qu'elle est un élément important de leur culture. Pourtant, les données sur la dangerosité des niveaux de toxicité de la viande qu'ils mangent montrent que c'est leur vie et celle de leurs enfants qu'ils sacrifient pour préserver leur culture. Leur survie ne sera possible que s'ils s'adaptent, ce qui implique de changer leurs pratiques culturelles ou de se déplacer géographiquement pour quitter un environnement toxique.

L'humanité doit faire face aux menaces pesant sur la diversité de la vie dans les océans. Si nous ne parvenons pas à mettre un terme à l'empoisonnement industrialisé et continu de la mer, nous serons les victimes de notre ignorance et de notre arrogance.

Baleines à bec communes échouées et transformées en viande sur les îles Féroé - Photo : Sea ShepherdBaleines à bec communes échouées et transformées en viande sur les îles Féroé
Photo : Sea Shepherd
Quand nous soulignons que la consommation de baleine, de dauphin ou de phoque est toxique, nous sommes accusés d'insensibilité culturelle. Pourtant, le poison reste du poison et lorsque nous dénonçons les niveaux de mercure et leurs impacts sur la santé des personnes et sur la biodiversité des écosystèmes marins, il n'y a aucun rapport avec une quelconque indifférence à une culture.

Le Kuru est une maladie neurologique dégénérative mortelle qui a tué principalement des femmes et des enfants en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Elle est causée par un prion ingéré lors de la consommation de tissu cérébral humain. Le fait de manger des cerveaux humains faisait partie de la culture tribale. La solution a été de convaincre les tribus de cesser de consommer de la chair humaine.

De la même façon, le prion responsable de la maladie de la vache folle est apparu lorsqu'on a donné des cerveaux et de la moelle épinière de vache broyés à manger à des bovins. La solution, ici encore, a été de mettre un terme à cette pratique.

Les Mayas, les Nazcas et bien d'autres cultures ont disparu lorsque leur environnement a été affecté au point de ne plus être vivable pour ces peuples. Les lois de la nature ne font aucune distinction entre les populations.

La logique est très simple. Si un aliment est un poison, il ne doit être mangé par personne, nulle part, pour aucune raison que ce soit. Si certains décident d'en consommer, il est difficile de les en empêcher. Cependant, la science et les autorités sanitaires doivent informer les gens des dangers qu'ils courent.

Le fait de consommer sciemment de la viande de baleine, de dauphin ou de phoque contaminée au mercure est un comportement suicidaire. Le fait d'en donner à manger à un enfant de façon délibérée est une forme de maltraitance, peu importent la culture ou les traditions.

Les conditions de vie sur notre planète sont en pleine transformation pour plusieurs raisons. Les principales causes sont la surpopulation et l'industrialisation. Les Inuits et les Féringiens ont raison lorsqu'ils disent que leur contribution au problème n'est pas la plus grave.

Malheureusement, la civilisation humaine est une toile envahissante et chacune des parties de ce réseau affectent toutes les autres. Il n'existe tout simplement plus aucun endroit où une culture puisse survivre indépendamment du reste de l'humanité.

Les personnes qui continuent à manger des baleines, des dauphins et des phoques en subiront les conséquences, tout comme celles qui continuent à manger des animaux d'élevage industriel et des produits chargés de pesticides.

Toutes les lamentations et les justifications culturelles ne suffiront pas à arranger la situation. Le poison ne choisit pas ses victimes. Les gens ont la possibilité de ne pas consommer de viande ni de poisson toxiques.

Malheureusement, les animaux marins, eux, n'ont pas cette possibilité.

 

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