Commentary and Editorial

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Vendredi, 01 Mai 2015 09:44

Mon message au gouvernement du Costa Rica : Maintenant, ça suffit !

Capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd

Une affiche Sea Shepherd visible par les automobilistes au Costa Rica – Photo : Sea ShepherdUne affiche Sea Shepherd visible par les automobilistes au Costa Rica – Photo : Sea ShepherdLe Costa Rica est un pays magnifique doté d’une biodiversité extraordinaire et les Costaricains sont des gens amicaux, mais ce pays souffre depuis des années de la corruption de dirigeants politiques dont le but n’est pas de représenter le peuple – et encore moins l’environnement.

Meurtres d’écologistes non élucidés, braconnage d’œufs de tortue, pêche illégale au requin, disparition bien opportune de pièces à conviction dans le procès Jairo Mora Sandoval, permettant à ses assassins de retrouver la liberté.

Le Costa Rica, habile en communication, nourrit le mythe d’un pays à la conscience écologique forte, mais il reste un pays où les narcotrafiquants opèrent en toute impunité et où de nombreux écologistes ont été assassinés sans que leurs meurtriers soient arrêtés, et même lorsqu’ils ont été arrêtés, ils ont été remis en liberté pour des motifs techniques tels qu’une disparition, bien opportune, de pièces du dossier.

Ils m’ont dit que je devrais me rendre au Costa Rica pour me défendre devant leurs tribunaux, mais depuis 2002 les trafiquants ont mis ma tête à prix pour 25 000 dollars – et le meilleur moyen de faire en sorte que cette récompense soit payée, c’est de m’enfermer dans une prison costaricaine. Et quelle chance aurais-je devant un tribunal qui perd des pièces à conviction dans un procès pour meurtre, et qui me poursuit sur un chef d’accusation qui se contredit lui-même en ce qui concerne la localisation géographique du "crime".

Depuis 2012, j’essaie de parler avec le gouvernement du Costa Rica des accusations qu’il a montées de toutes pièces après que j’ai obligé un braconnier costaricain, à la demande du gouvernement guatémaltèque, à cesser de pêcher illégalement le requin dans les eaux du Guatemala.

L’accusation prétend que je suis intervenu contre ces pêcheurs dans les eaux internationales, mais la position indiquée dans l’acte d’accusation se trouve bien à l’intérieur des eaux guatémaltèques.

Pourtant, malgré cette contradiction dans l’acte d’accusation, ils refusent d’abandonner les poursuites. Ils ont obtenu une demande d’extradition d’Interpol et m’ont mis sur la liste rouge. La liste rouge est pour les tueurs en série et les criminels de guerre. Tout ce que j’ai fait, c’était d’interrompre une action criminelle, et personne n’a été blessé, aucun bien n’a été endommagé. Mais pour avoir fait cesser une opération illégale de pêche au requin, le Costa Rica veut me mettre en prison pendant cinq à quinze ans.

Ce mois-ci, j’ai dit, ça suffit. Si le gouvernement et les tribunaux refusent de me parler, alors peut-être devrais-je expliquer la vérité directement aux Costaricains.

Une affiche Sea Shepherd visible par les automobilistes au Costa Rica – Photo : Sea ShepherdUne annonce publiée en pleine page de La Nacion dit : "Le changement vient du peuple. Défendons ensemble les mers du Costa Rica. Merci à vous, les Ticos, pour votre formidable soutien dans le procès injuste qui a été ouvert contre moi il y a 13 ans dans l’affaire Varadero I. Je crois encore dans la justice."Sea Shepherd a mis des affiches au Costa Rica pour dire à quel point il est important de protéger la faune sauvage marine. Le mois dernier, des journalistes de Channel 7 à San José sont venus m’interviewer à Paris. L’interview a été diffusée plusieurs fois ces trois derniers jours, et elle le sera à nouveau ce soir.

Ce reportage ne montre pas seulement mon interview, mais aussi des entretiens avec le capitaine du bateau de pêche que nous avons surpris en train de pêcher le requin en 2002, ainsi qu’avec des experts judiciaires, des juristes, des membres du gouvernement et des magistrats.

Les Costaricains ont ainsi une vision complète de l’affaire et de ses thématiques.

Mon avocat au Costa Rica, Abraham Stern, va porter mon affaire devant la Cour interaméricaine pour les droits de l’homme.

Il faut poser la question suivante : puisque personne n’a été blessé ; puisqu’aucune propriété n’a été endommagée ; puisque l’acte d’accusation démontre que l’incident s’est produit dans les eaux guatémaltèques ; puisque nous agissions pour le compte du gouvernement du Guatemala ; puisque Sea Shepherd a filmé tout l’incident et a remis cette vidéo en guise de preuve ; alors pourquoi le Costa Rica investit-il tant d’argent, de temps et de peine pour me faire extrader au Costa Rica pour des charges aussi minces ?

Je soupçonne qu’ils veulent me faire retourner au Costa Rica pour abandonner les charges et ensuite pouvoir m’extrader vers le Japon. Il y a des signes évidents qui suggèrent que c’est à la demande du Japon que le Costa Rica a réactivé en 2012 cette affaire datant de 2002 – en d’autres termes, une faveur politique envers un pays (le Japon) qui réalise de forts investissements au Costa Rica.

En 2002, les poursuites contre moi ont été abandonnées, et j’ai été autorisé à quitter le Costa Rica. Puis je n’ai plus entendu parler de rien jusqu’à ce que les Allemands m’arrêtent à Francfort dix ans plus tard, en mai 2012.

L’équipe de tournage qui avait couvert cet épisode était une équipe indépendante dirigée par Rob Stewart. Ses images ont été utilisées pour le documentaire primé aux Oscars "Sharkwater".

Le capitaine du bateau de pêche Varadero I affirme qu’il ne se trouvait pas dans les eaux guatémaltèques. Mais nous avons des preuves du contraire. Il prétend qu’il ne pêchait pas les requins, et pourtant il a été filmé en train de le faire. Il dit qu’il n’était pas un braconnier ; et pourtant lui et son bateau avaient déjà été arrêtés auparavant, et condamnés en 2001 pour braconnage dans la réserve marine des Galapagos.

On a besoin de Sea Shepherd pour s’occuper du problème de la diminution des requins et des tortues marines au Costa Rica, mais le gouvernement costaricain a refusé son aide pour protéger les plages à tortues et les eaux fragiles de l’île Cocos. Sea Shepherd est fatigué de voir ses demandes refusées, alors que les braconniers continuent à se livrer à leurs crimes sans rencontrer d’opposition. A partir du 1er juin, Sea Shepherd aura des volontaires sur les plages de Pacuare et de Moin pour protéger les nids et les œufs de tortues, et ne laissera pas l’assassinat de Jairo priver les nids de protection. Moin Beach est la plage où Jairo a été tué il y a deux ans.

Sea Shepherd a décidé d’aller de l’avant dans la défense des tortues, en annonçant cette semaine le lancement de l’Opération Jairo.

Le bateau de Sea Shepherd Jairo Mora Sandoval est actuellement en train de défendre les tortues et leurs nids au Cap Vert, poursuivant l’héritage de Jairo.

Sea Shepherd continuera à fournir un bateau de patrouille aux rangers de l’île Cocos pour les aider à protéger la réserve marine des braconniers.

Avec la diffusion de mon interview sur Channel 7 au Costa Rica ces trois derniers jours, la vérité sur mon affaire a finalement atteint le grand public costaricain. Peut-être ne pourrai-je pas me rendre personnellement au Costa Rica, mais Sea Shepherd retournera sur les plages costaricaines et sur la réserve marine de l’île Cocos. Sea Shepherd ne permettra pas au gouvernement costaricain d’oublier le nom "Jairo Mora Sandoval", et fera tout ce qui est en son pouvoir pour poursuivre le travail incroyable de Jairo pour la protection de l’environnement, ce travail si courageux qui lui a coûté la vie à seulement 26 ans.

Les liens ci-dessous renvoient vers l’interview de Channel 7, en espagnol. Ils seront bientôt sous-titrés en anglais.

Partie 1: ¿Qué pasó con el barco Varadero I? El capitán Paul Watson cuenta su verdad

Partie 2: ¿Dónde ocurrieron los hechos por los que se acusa a Paul Watson: en Guatemala o aguas internacionales?

Partie 3: Paul Watson afirma que le gustaría tener fe en el sistema legal tico

 

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