Commentary and Editorial

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Mercredi, 20 Mai 2015 15:20

"Nous voulons sauver les baleines, mais pas de la façon dont vous sauvez les baleines"

Commentaires du capitaine Paul Watson

Un rorqual commun - Photo : Sea Shepherd / Oktay KayaUn rorqual commun
Photo : Sea Shepherd / Oktay Kaya
En 1975, quand je me suis aventuré pour la première fois sur les océans pour protéger les baleines avec la première campagne de Greenpeace, le projet Ahab, nous avons réussi à faire connaître le problème de la chasse commerciale à la baleine auprès du grand public. Notre tactique était très simple : bloquer les harpons avec nos propres corps. Cette tactique non violente a provoqué la colère des amoureux traditionnels des baleines selon lesquels nous allions trop loin, que ces tactiques étaient trop radicales, que nous allions rebuter les décideurs, et ainsi de suite…

Je me souviens que Joan McIntyre du projet Jonah en 1975 nous réprimandait pour nos tactiques. Après lui avoir rappelé que nous étions du même bord et lui avoir demandé si elle souhaitait sauver les baleines, sa réponse fut, je cite : "Oui, je veux sauver les baleines, mais pas de votre façon".

Pour Joan, sauver les baleines consistait à écrire des livres et des chansons, à faire signer des pétitions et à organiser des manifestations d’enfants. Bien entendu, toutes ces tactiques sont bonnes, mais selon son livre elles étaient les seules acceptables.

Aucune de ses tactiques n’a fait la une à l’international, les nôtres oui, la différence est là.

Au cours de ses presque 40 ans d’existence, Sea Shepherd n’a jamais lancé une campagne sans que des gens la dénoncent et nous disent que nous nous y prenons mal, ce qui signifie généralement que nous ne le faisons pas à leur manière.

Sea Shepherd n’a annoncé aucun projet en Islande cet été pour faire barrage au massacre illégal des rorquals communs.

Mais les Islandais sont inquiets, des navires de Sea Shepherd sont en Allemagne et le retour aux Îles Féroé cet été a été annoncé.

J’ai ainsi reçu une lettre de ICEWHALE (l’association islandaise d’observation des baleines), une organisation qui déclare travailler étroitement avec le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) contre la chasse à la baleine en Islande.

Sea Shepherd se rend là où elle est utile aux baleines, j’imagine donc qu’ils présument que nous nous rendrons bientôt sur place.

Je soutiens bien entendu tous les efforts faits en Islande pour arrêter la chasse à la baleine, je ne considère donc pas cette association et l’IFAW comme des opposants. Je pense qu’ils sont sincères et souhaitent la fin de la chasse à la baleine en Islande.

Mais contrairement à ce qui est indiqué dans cette lettre, aucun progrès n’a été fait et les massacres de baleines ne diminuent pas, au contraire, en particulier ceux visant les rorquals communs.

La lettre et mes commentaires :

M. Paul Watson, Sea Shepherd

Cher Monsieur,

Reykjavik, le 11 mai 2015

Gísli Ólafsson : IceWhale, l’association islandaise d’observation des baleines, qui rassemble les principales entreprises d’observation des baleines travaillant dans les eaux islandaises, a été fondée en 1999. Depuis cette date, nous nous efforçons de sensibiliser le gouvernement, les acteurs du tourisme et le public à l’importance et à la beauté des baleines dans leur milieu naturel. Pour ces raisons, l’association de l’industrie touristique islandaise nous a offert son soutien inconditionnel.

Capitaine Paul Watson : c’est un travail louable et Sea Shepherd soutient totalement ce genre d’efforts.

Gísli Ólafsson
 : depuis 2003, nous travaillons étroitement avec le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) sur une campagne, qui a porté ses fruits, pour réduire la consommation de viande de baleine en Islande. De 2009 à 2014, le pourcentage de touristes étrangers consommateurs de cette viande a diminué de moitié. Ainsi, alors que le ministère de la Pêche a donné son accord pour la chasse de 229 baleines de Minke en 2014, seules 24 l’ont été.

Capitaine Paul Watson : les baleiniers recherchent avant tout des rorquals communs, une espèce en danger et de plus grande valeur marchande, ce qui pourrait expliquer la diminution du nombre de baleines de Minke tuées. Le fait est que la consommation de viande de baleine en Islande est faible par rapport au marché réel, qui se trouve au Japon. Les exportations vers le Japon ont augmenté de façon significative et se sont avérées plus lucratives que la consommation locale.

Gísli Ólafsson
 : des changements considérables ont été observés dans l’attitude des responsables politiques et des partis politiques au cours de la dernière décennie. En décembre dernier, le conseil municipal de la ville de Reykjavik a voté à l’unanimité pour que la chasse à la baleine laisse la place à l’observation des baleines dans la baie de Faxaflói.

Capitaine Paul Watson : c’est super et Sea Shepherd salue ce genre d’efforts. Nous soutenons et approuvons totalement des approches différentes.

Gísli Ólafsson 
: des sondages d’opinion effectués par Gallup ont montré que de plus en plus d’Islandais sont hésitants ou s’opposent à la chasse à la baleine. Par exemple, moins de la moitié des Islandais ont soutenu la chasse des rorquals communs par Hvalur hf selon le sondage réalisé par Gallup en 2013.

Capitaine Paul Watson : malheureusement ces données n’ont pas été suivies d’actions politiques.

Gísli Ólafsson
 : étant donné les progrès réalisés et l’amélioration de la condition des baleines dans les eaux islandaises, IceWhale appelle Sea Shepherd Conservation Society (SSCS) à revoir ses projets contre la chasse à la baleine cet été en Islande. IceWhale pense que de telles actions pourraient avoir l’effet inverse à celui recherché. Le conflit potentiel risque de faire resurgir les spectres de 1986, lorsque SSCS avait revendiqué les actes de sabotages sur les bateaux de pêche et la station baleinière de Hvalfjörður. Contrairement aux effets recherchés, ces événements n’avaient fait que renforcer la volonté des Islandais à poursuivre la chasse à la baleine.

Capitaine Paul Watson : SSCS est une entité juridique distincte des autres organisations Sea Shepherd dans le monde. SSCS n’a pas de projets qui nécessitent un réexamen. SSCS n’a pas annoncé de projet dans les eaux islandaises.

Les baleines étaient tuées jusqu’en 1986. En 1985, j’ai navigué sur le Sea Shepherd II jusqu’en Islande, où on nous a clairement signifié que l’Islande n’avait aucune intention de respecter le moratoire sur la chasse commerciale à la baleine. La moitié de la flotte de baleiniers a été coulée en novembre 1986. Aucune baleine n’a été chassée de cette date à l’année 2006. Vingt ans sans chasse à la baleine suite à cette action. La chasse a augmenté régulièrement depuis 2006, motivée avant tout par la demande japonaise. Une rectification : Sea Shepherd n’a jamais "revendiqué" le sabotage des bateaux, Sea Shepherd a fait couler ces bateaux. Alors que je m’étais mis à la disposition des autorités islandaises en janvier 1988, ni moi ni les autres membres de l’équipage de Sea Shepherd n’avons été mis en examen. Autrement dit, aucun délit n’a été commis et d’éventuels délits des baleiniers islandais ont été évités. Vous pouvez penser que cette action a accru la détermination pour poursuivre la chasse à la baleine, mais vous vous trompez ; en effet la chasse n’a repris que deux décennies plus tard, non par volonté nationaliste de la part des Islandais, mais en raison de l’avidité de Kristján Loftsson.

Gísli Ólafsson 
: SSCS doit impérativement prendre en compte les progrès considérables réalisés en Islande au fil des ans dans l’objectif d’aboutir à une solution positive. À l’heure actuelle, des opérations de SSCS en Islande seraient préjudiciables au travail accompli jusqu’à présent pour changer les mentalités et risqueraient d’encourager les tendances nationalistes et, de nouveau, le soutien de la population à la chasse à la baleine.

Capitaine Paul Watson : nous n’avons pas observé de progrès. Par contre nous avons noté l’augmentation des massacres de baleines, tout particulièrement du rorqual commun, une espèce en voie de disparition.

Gísli Ólafsson 
: nous ne pouvons croire, M. Watson, que vous et votre organisation ayez l’intention de vous lancer dans un projet qui pourrait provoquer la mort de plus de baleines ou prolonger l’inutile chasse commerciale à la baleine qui existe depuis quelques années. Nous prions donc Sea Shepherd Conservation Society de s’abstenir de venir en Islande l’été prochain ou l’année prochaine, afin de laisser à IceWhale et à l’Islande la possibilité de s’adapter aux changements de la société et de poursuivre les avancées positives observées jusqu’à présent.

Veuillez agréer, Monsieur Watson, mes salutations distinguées,

Gísli Ólafsson

Président d’IceWhale, l’association islandaise d’observation des baleines

Capitaine Paul Watson : les activités de Sea Shepherd dans le monde ont permis de sauver des milliers de baleines des harpons. La chasse à la baleine n’a pas été prolongée par Sea Shepherd. Cette chasse se poursuit à cause des actions illégales commises par des Islandais. Beaucoup de personnes ont du mal à comprendre le pourquoi de nos actions parce qu’ils pensent que nous nous soucions de l’opinion des humains. Les clients de Sea Shepherd sont les baleines, pas les gens. Sea Shepherd représente les intérêts des baleines, le premier étant celui de ne pas être tué.

Les baleines de l’Atlantique Nord n’appartiennent pas à l’Islande, à la Norvège ou au Danemark. Elles n’appartiennent à personne, sauf à elles-mêmes. Sea Shepherd n’a aucunement l’intention d’entrer en conflit avec l’Islande. La mission de Sea Shepherd n’est pas anti-islandaise, mais pro-baleines. Peu importe que ces baleines soient tuées par des Islandais ou des Japonais, Sea Shepherd va sur les lieux des massacres. Sea Shepherd bloque les harpons, quelle que soit la nationalité du harponneur. Sea Shepherd devrait-elle tolérer des massacres et leur accroissement uniquement parce que certains Islandais auraient des poussées nationalistes pour préserver leur "droit" pervers à tuer des baleines ?

Enfin, j’ajoute qu’il n’y a pour l’instant aucun projet prévu dans les eaux islandaises cet été. Comme nous l’avons annoncé hier, Sea Shepherd va se rendre dans les eaux féroïennes et pourrait partir en reconnaissance en Islande cet été. Des organisations Sea Shepherd indépendantes élaboreront des plans en fonction de leurs observations et des conseils de leurs comités consultatifs scientifique et juridique. Comme toujours, Sea Shepherd agira en fonction des besoins des baleines. Comme toujours, les actions de Sea Shepherd seront non violentes. Notre intention est de toujours agir selon les limites du possible et de la loi.

 

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