Commentary and Editorial

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Mardi, 02 Juin 2015 15:45

Ma candidature au poste de Directeur Général International de Greenpeace

Capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd

1977, Paul Watson et Robert Hunter sont les premiers hommes à se placer entre un harpon et une baleines lors d'une campagne de Greenpeace contre la chasse baleinière russe.1977, Paul Watson et Robert Hunter sont les premiers hommes à se placer entre un harpon et une baleines lors d'une campagne de Greenpeace contre la chasse baleinière russe.Kumi Naidoo a annoncé qu’il démissionnait de son poste de Directeur Général International de Greenpeace.

Ce qui signifie que Greenpeace cherche quelqu’un pour le remplacer.

J’ai donc décidé de poser ma candidature.

Je pense être la personne qu’il faut pour le poste.

Vous voyez, il y a environ 25 ans, lorsque Greenpeace USA cherchait un nouveau directeur général, j’avais posé très sérieusement ma candidature, parce que je pensais que, comme j’avais été co-fondateur de Greenpeace en 1972 et fondateur de Sea Shepherd Conservation Society en 1977, j’avais quelque expérience à faire valoir pour ce poste.

J’ai envoyé ma candidature et, quelques mois plus tard, j’ai reçu une lettre circulaire non signée de Greenpeace, disant qu’ils avaient examiné ma candidature mais que "regrettablement" ils ne pensaient pas que j’avais l’expérience adéquate.

Il y a 43 ans, en 1972, j’étais directeur fondateur de Greenpeace à Vancouver, et cela fait 44 ans que j’ai embarqué pour la première campagne de Greenpeace – vers Amchitka en Alaska, pour nous opposer aux essais nucléaires. Ce furent 44 années de planification et d’organisation sans relâche de campagnes, en plus de l’édification d’un mouvement international de protection de l’environnement marin.

En 1990, mes 19 années d’expérience de la direction de campagnes d’action directe ont été considérées par Greenpeace comme insuffisantes. C’est pourquoi je pose à nouveau ma candidature, maintenant que j’ai un total de 44 années d’expérience terrain de l’action directe pour l’environnement.

Ils vont peut-être me refuser parce que je suis surqualifié, ou bien ils vont peut-être trouver que je suis trop vieux pour le job, mais cela vaut la peine d’essayer, je vais donc le faire.

Cher Greenpeace,

Puisque Kumi Naido a annoncé sa démission du poste de Directeur Général International de Greenpeace, je suppose que vous cherchez un nouveau dirigeant pour prendre la barre du navire Greenpeace.

C’est pourquoi je vous écris cette lettre pour poser officiellement ma candidature.

En premier lieu, peut-être vous demandez-vous pourquoi je veux ce poste ?

Je dirai tout d’abord que cette candidature est naturelle. J’ai été avec Greenpeace dès le début, c’est pourquoi je suis en très bonne position pour allier l’expérience du passé aux ressources dont dispose Greenpeace aujourd’hui.

Si vous regardez les choses impressionnantes que nous avons faites avec Greenpeace au début, alors que nous avions très peu d’argent, le potentiel pour en faire encore plus avec les ressources actuelles est tout simplement formidable. J’ai acquis de nombreuses compétences à force d’organiser des campagnes à petit budget et de faire en sorte qu’elles marchent.

Pour illustrer cette approche de réorientation des priorités et d’économie des ressources, j’accepterais ce poste sans toucher de salaire, sous forme de bénévolat pur.

Lorsque je travaillais à plein temps pour Greenpeace entre 1972 et 1977, je travaillais strictement comme bénévole, et c’est en tant que bénévole que je reviendrais.

Pourquoi ? Parce que le bénévolat a des aspects qui représentent plus que l’argent, comme le fait de pouvoir mettre en œuvre passion et imagination sans dépendre d’une sécurité financière fournie par Greenpeace. Je pense aussi que Greenpeace devrait attirer des bénévoles, et la meilleure façon d’y parvenir, ce serait que le dirigeant de l’organisation soit lui-même un bénévole.

Mon approche serait de rendre à Greenpeace l’esprit des premiers jours. Plus d’actions, plus d’imagination, plus de courage et, le plus important, plus de passion.

Quelles sont mes qualifications ?

Ahhh par où dois-je commencer ? Eh bien, d’abord j’étais là en octobre 1969, lors de la constitution du comité "Don’t Make a Wave". J’ai aussi embarqué sur le Greenpeace pour aller à Amchitka en novembre 1971, et j’ai été le plus jeune directeur fondateur de Greenpeace en 1972. J’ai été le huitième directeur fondateur, et mon numéro de membre à vie est le 007, parce que Robert Hunter, premier président de Greenpeace, avait pris le numéro 000.

J’ai commandé l’Astral pour affronter le navire de guerre français Jeanne d’Arc au port de Vancouver en 1972, obligeant le navire à changer deux fois de cap et à s’arrêter en plein milieu de son couloir de navigation. J’étais second sur le premier voyage de défense des baleines en 1972 sur le Greenpeace V, ainsi que pour le deuxième en 1976 sur Greenpeace VII. J’ai conçu, organisé et dirigé les deux premières expéditions de Greenpeace au Labrador contre le massacre des phoques au Canada, en 1976 et 1977. J’ai représenté Greenpeace lors de l’occupation de Wounded Knee par l’American Indian Movement en 1973. Et j’ai été cofondateur de Greenpeace Oregon en 1976 et Greenpeace Hawaii en 1977.

J’ai été écarté du comité directeur de Greenpeace Canada en juin 1977, suite à des manœuvres politiques de Patrick Moore pour m’éliminer. Personne n’a alors tenu compte de mes avertissements au sujet de Moore. C’était bien avant que Moore se fasse complice de l’industrie nucléaire et de l’industrie d’exploitation forestière, et qu’il ne recommande de boire le Round-Up de Monsanto.

Greenpeace Chronicles Moore est un menteur professionnel, il l’était et il l’est encore aujourd’hui. Ses affirmations de m’avoir débarqué de Greenpeace pour avoir prôné la violence ont été démenties en 1979 lorsque Rex Weyler m’a demandé d’écrire pour les Greenpeace Chronicles sur les campagnes de défense des baleines de Sea Shepherd, et lorsqu’on m’a demandé d’être cofondateur de Greenpeace International en octobre de la même année. Ma signature est l’une des huit qui ont contribué à créer Greenpeace International.

Lorsque j’ai fondé Sea Shepherd Conservation Society en 1977, c’était en partenariat avec Al Johnson, celui qui a créé Greenpeace USA en 1977, avec Starlet Lum qui avait fondé Greenpeace Québec, et avec le caméraman de Greenpeace Ron Precious. Au fil du temps, beaucoup des directeurs fondateurs du début et de membres de Greenpeace ont navigué sur des missions de Sea Shepherd, comme Robert Hunter et ses deux filles, Rod Marining, Lyle Thurston, John Cormack, Al Johnson et d’autres.

Il y a eu bien sûr des accusations sans fondement disant que Sea Shepherd utilisait des moyens d’action violents, mais aucune preuve n’est venue étayer ces accusations. Depuis le jour où j’ai créé Sea Shepherd en 1977 jusqu’à aujourd’hui, pas une seule personne n’a été blessée de notre fait, et nous n’avons perdu aucun membre d’équipage pour cause de blessure ou pire. J’appelle notre approche "l'agressivité non violente". Mon approche a reçu le soutien de Sa Sainteté le Dalaï Lama et de beaucoup d’autres défenseurs de la non-violence. J’ai toujours cru à la non-violence comme fondement de notre action, et j’y crois encore.

Ni moi, ni aucun de mes membres d’équipages, n’avons été condamné pour crime dans toute l’histoire de Sea Shepherd.

Ce que je veux dire, c’est que j’ai de l’expérience pour organiser et diriger des campagnes qui n’ont jamais entraîné de blessures ou de condamnations criminelles sérieuses.

Je suis un navigateur expérimenté, en particulier en haute mer et dans les glaces. J’ai commandé plus de 300 voyages et dirigé 10 campagnes dans l’océan Austral contre la chasse baleinière illégale japonaise. Je ne vais pas faire la liste de toutes mes campagnes et de tous mes voyages, ils ont déjà été consignés.

J’ai l’expérience de l’organisation de groupes nationaux, après avoir monté Sea Shepherd dans une quarantaine de pays, et je suis très bon pour déléguer. Je ne suis pas un micro-manager, et je travaille très bien avec des volontaires.

Entre 2003 et 2006 j’ai été le directeur national du Sierra Club USA. Je ne peux pas assurer qu’ils accepteront de donner des références, car ils étaient contre mes positions sur la chasse, l’alimentation végétarienne et les problèmes démographiques, et le fait que je soutenais des investissements éthiques des fonds de Sierra Club.

Qu’est-ce que je ferais ?

Je n’enverrais pas de volontaires dans des situations où je n’irais pas moi-même.

J’enverrais les navires Greenpeace mener des interventions contre les sociétés qui exploitent la nature, et je constituerais un comité de l’imagination pour mettre au point des tactiques innovantes.

Je ferais travailler ensemble les navires Greenpeace et les navires Sea Shepherd pour la défense de l’océan et de notre planète.

J’organiserais un programme aérien de Greenpeace avec des avions, des hélicoptères, des drones et des ballons.

J’organiserais un mouvement d’action des volontaires dans le monde entier pour encourager les activistes de base.

Je convertirais tous les navires Greenpeace à l’alimentation végétalienne, et j’interdirais aux membres d’équipage de fumer sur les navires (c’est ainsi que fonctionnent les navires Sea Shepherd depuis trente ans). Si Greenpeace veut s’attaquer sérieusement au réchauffement climatique, il faut s’occuper de la contribution à l’effet de serre de l’industrie de la viande. Même chose pour la conservation des ressources en eau et la pollution des nappes phréatiques.

Paul Watson C’est pourquoi je mènerais énergiquement une grande campagne pour combattre le réchauffement climatique en recommandant l’adoption d’une alimentation végétalienne et des mesures pour réduire la consommation de viande.

Je mènerais énergiquement campagne contre la pêche industrielle dans le monde entier. Cela inclurait la mise en place d’une force mondiale anti-braconnage pour protéger et défendre les sanctuaires marins établis.

Je mènerais énergiquement campagne pour trouver des solutions à la surpopulation et à la surconsommation, une campagne pour réduire les transports internationaux d’aliments, en particulier depuis les pays sous-développés vers les pays développés.

J’arrêterais de mettre des bannières. Il n’y a nul besoin d’enlaidir le patrimoine mondial pour faire passer un message. De plus je m’informerais sur toutes les tactiques de Greenpeace pour m’assurer qu’aucune stratégie mal préparée ne puisse avoir de conséquences imprévues.

Je contribuerais à encourager, financer et aider les ONG de base, et je veillerais à ce que Greenpeace apporte une aide financière aux actions anti-braconnage des pays sous-développés.

Je mettrais en place au sein de Greenpeace un département chargé d’enquêter sur la corruption dans les entreprises et les gouvernements dans le cadre de projets destructeurs de l’environnement, et je créerais un programme de récompenses pour les lanceurs d’alerte dans les entreprises et les gouvernements.

Je ne m’attends pas vraiment à ce que ma candidature soit retenue, mais ce serait déjà bien de ne pas recevoir une circulaire non signée disant que ma candidature a été examinée et rejetée suite au manque d’expérience.

Autre chose que je pourrais apporter, c’est un partenariat avec Sea Shepherd qui inclurait neuf navires et des groupes de soutien dans une quarantaine de pays.

Beaucoup voudraient que Sea Shepherd et Greenpeace travaillent ensemble, et je pense également que c’est une très bonne idée. Mais je suis sûr que cette proposition sera rejetée elle aussi, car je l’ai faite à de nombreuses reprises par le passé, sans recevoir la moindre réponse.

Mais on n’a rien sans demander, et parfois la persévérance paie. Qui ne tente rien n’a rien.

Je suis convaincu que je peux faire revivre Greenpeace dans l’esprit de nos débuts, lorsque, armés de passion, d’une bonne compréhension du fonctionnement des média, du sens de l’humour, d’une imagination abondante et d’un courage irrépressible, nous avons créé un mouvement qui a changé le monde.

Merci.

Capitaine Paul Watson
Membre à vie de Greenpeace n° 007
Officier sur le Greenpeace II en 1971
Second du Greenpeace V et du Greenpeace VII en 1975 et 1976
Directeur de la campagne de défense des phoques pour Greenpeace en 1976 et 1977
Co-fondateur de la Fondation Greenpeace en 1972
Co-fondateur de Greenpeace International en 1979

 

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