Commentary and Editorial

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Jeudi, 18 Juin 2015 10:35

Sea Shepherd USA contre les baleiniers japonais

Capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd

Sea Shepherd brave la tempête et continue de se battre pour sauver les océans - Photo: Giacomo GiorgiSea Shepherd brave la tempête et continue de se battre pour sauver les océans
Photo: Giacomo Giorgi
Encore une bataille juridique qui vient de se terminer, et ce ne sera sûrement pas la dernière. Lundi, Sea Shepherd USA a réglé son long litige avec l’Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) qui accusait Sea Shepherd et ses affiliés d’avoir violé une injonction délivrée en 2012 par la Cour d’appel du Neuvième Circuit. Selon les termes de cet accord, Sea Shepherd devra payer à l’ICR 2,55 millions de dollars contre l’abandon par l’ICR de sa demande d’indemnisation de plus de 4,1 millions de dollars, ainsi que le retrait de toutes ses plaintes contre d’ex-membres du comité directeur de Sea Shepherd.

On nous a demandé d’où viendraient les fonds nécessaires à cette transaction, et nous avons répondu que ce ne serait pas de l’argent des donateurs. Bien évidemment, Sea Shepherd vit de l’argent de ses donateurs, et tous nos succès reviennent en fin de compte à la générosité de nos supporters. Cependant nous avons remporté récemment quelques actions en justice, et nous avons obtenu des indemnisations qui nous ont permis de constituer un fonds qui couvrira cette transaction. Le plus gros de l’argent qui servira à payer l’ICR provient du règlement d’autres actions en justice, qui sont confidentielles et que nous ne pouvons pas évoquer publiquement. De plus, en mars, Sea Shepherd a eu la chance de remporter une victoire devant la Cour suprême du Royaume-Uni dans l’affaire Sea Shepherd c/Fish & Fish Limited, qui s’est soldée par le remboursement de nos frais légaux sur ordre de la cour et par le retour d’une caution que nous avions versée. Bien qu’il puisse s’agir d’argent versé par nos généreux donateurs il y a plusieurs années, c’est une rentrée d’argent imprévue qui nous a aidés à constituer notre fonds de réserve.

Certains de nos donateurs ont émis une objection bien compréhensible à ce que nous versions ne serait-ce qu’un seul cent aux "assassins de baleines". Mais Sea Shepherd est une organisation respectueuse de la loi. Nous sommes convaincus que nous avons respecté l’injonction du Neuvième Circuit, comme le conseiller spécial l’a reconnu lors de notre procès, et nous pensons que la Cour d’appel du Neuvième Circuit a eu tort de nous condamner. Nous avons même tenté un recours auprès de la plus haute cour des Etats-Unis, la Cour Suprême, pour qu’elle infirme la décision du Neuvième Circuit. Mais la Cour Suprême ne reçoit qu’un pour cent des appels qu’on lui soumet, et elle a refusé de traiter notre affaire, si bien que c’est la décision du Neuvième Circuit qui prévaut. Nous n’avons aucun autre recours possible.

En tant qu’organisation respectueuse de la loi, nous n’avons pas d’autre choix que d’obéir à la cour du Neuvième Circuit, qui estime que nous devons "une indemnisation" à l’ICR. L’ICR avait réclamé 4,1 millions de dollars d’indemnisation, un chiffre qui aurait vraisemblablement atteint 5 millions de dollars avec les frais d’avocats supplémentaires que l’ICR aurait cherché à mettre à la charge de Sea Shepherd. Compte tenu de la décision du Neuvième Circuit, dans le cadre de la loi, payer l’ICR n’était pas une option – la question était plutôt de savoir combien nous allions payer, et combien de temps il nous faudrait nous battre devant un tribunal pour fixer ce montant. Par conséquent nous avons préféré accepter un compromis en payant la moitié tout de suite plutôt que de payer nos avocats pour qu’ils se battent encore pendant des mois devant les tribunaux – et finir par verser 5 millions de dollars à l’ICR. Ainsi nous pouvions mettre un point final à cette bataille juridique.

Vu dans le contexte, c’est de l’argent bien utilisé. Lorsque l’on intervient directement contre des forces riches et puissantes qui cherchent à détruire nos océans, on doit s’attendre à ce qu’elles fassent tout leur possible pour s’y opposer, y compris en faisant appel aux tribunaux. C’est pourquoi il faut comprendre que les batailles juridiques (et même occasionnellement les défaites juridiques) font partie du "business" de Sea Shepherd. Ce conflit a amplement contribué à nous faire saisir l’importance de la création d’un bras juridique de Sea Shepherd qui puisse "mener campagne" pour Sea Shepherd devant les tribunaux. Sea Shepherd a bien l’intention de se battre devant les tribunaux comme il le fait en mer, et aujourd’hui c’est contre l’ICR que nous le faisons, en poursuivant notre action devant le tribunal fédéral de district où nous avons attaqué l’ICR pour qu’il ne puisse pas continuer à tuer des baleines, ni à utiliser la violence pour protéger ses massacres illégaux. Quel que soit l’adversaire qui nous attaquera en justice, nous lui garantissons que nous ne serons pas une proie facile.

Et, avec un peu de recul, 2,55 millions ce n’est pas trop cher payé pour poursuivre notre action pour révéler et faire cesser la chasse baleinière illégale japonaise dans l’océan Austral.

Ce sont bien les baleines qui ont remporté le procès le plus important, l’an dernier, grâce au verdict de la Cour internationale de justice (CIJ) qui a condamné les activités baleinières du Japon dans l’océan Austral, déclarées illégales. Les tribunaux américains sont peut-être du côté des baleiniers condamnés par la CIJ pour braconnage, mais la CIJ, elle, est du côté des baleines.

Tout ceci en valait la peine. Nous n’avons jamais pensé que l’action de Sea Shepherd pour faire cesser la chasse baleinière illégale dans l’océan Austral serait chose facile, mais pour finir ce sont plus de 6000 baleines qui ont été sauvées et c’est la seule chose qui compte pour chacun d’entre nous. Et pas une seule baleine n’a été tuée dans l’océan Austral pendant la saison de chasse 2014-2015.

Si on considère que les campagnes de Sea Shepherd dans l’océan Austral coûtent plus de 3 millions de dollars chaque année, une transaction de 2,55 millions c’est moins que le budget d’une campagne. A cause de l’injonction, Sea Shepherd USA n’a rien dépensé pour la campagne 2013-2014 dans l’océan Austral et n’y a pas participé. Tous les frais de cette campagne ont été pris en charge par Sea Shepherd Global, qui est indépendant de Sea Shepherd USA.

Les flottes des diverses entités Sea Shepherd dans le monde sont aujourd’hui plus fortes que jamais avec six bateaux prêts à naviguer et un navire rapide à longue portée en cours de construction, qui devrait être livré en septembre 2016. Et bien entendu, la force réelle du mouvement ce sont les milliers de supporters et de volontaires Sea Shepherd dans le monde.

De bien des façons, la bataille juridique devant la cour américaine a des effets très positifs. L’ICR a essayé d’abattre Sea Shepherd par ce procès, mais il a échoué. Sea Shepherd sort de cette bataille avec une énergie et une détermination renouvelées, prêt à affronter de nouveaux défis. Et même, suite aux problèmes juridiques de Sea Shepherd USA, le mouvement global Sea Shepherd s’est renforcé.

Le procès n’a impliqué qu’une seule entité Sea Shepherd – Sea Shepherd USA. Il y a 35 autres entités Sea Shepherd indépendantes sur la planète, formant un mouvement que l’on ne peut briser. Une seule de ces entités, Sea Shepherd USA, est concernée par l’injonction accordée aux baleiniers par le Neuvième Circuit.

Globalement, le mouvement Sea Shepherd a maintenant plus de campagnes en cours que jamais auparavant, pour défendre les tortues, les dauphins, les phoques, les baleines, les poissons, les oiseaux, le plancton, et tant d’autres espèces menacées par les activités illégales.

Ce que fait Sea Shepherd n’est pas facile, ce n’est pas la tasse de thé de tout le monde. Sea Shepherd agit et intervient pour faire respecter les lois internationales de protection de l’environnement là où les états n’ont pas la volonté politique ou économique de le faire. Les entités Sea Shepherd opèrent avec seulement 5% du budget de Greenpeace, mais Sea Shepherd a plus de navires et de volontaires en mer et sur les plages du monde. Sea Shepherd fait tout simplement plus avec moins, parce que nous avons ce qui vaut plus que l’argent – la passion, le courage, la patience, l’imagination, la détermination.

 

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