Commentary and Editorial

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Mardi, 01 Décembre 2015 15:56

Sea Shepherd Australie demande au Gouvernement de Nouvelle−Galles du Sud de revenir sur sa décision concernant l’utilisation des Smart drum lines

Par Allyson Jennings - Coordinatrice régionale pour l'Opération Apex Harmony en Nouvelle-Galles du Sud

Requin-tigre pris à une drum line en Australie-OccidentaleRequin-tigre pris à une drum line en Australie-OccidentaleLe Gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud a annoncé que des smart drum lines seront installées près de la côte nord de la Nouvelle-Galle du Sud à deux endroits, à Ballina et à Coffs Harbour à titre de test dans le cadre du programme de gestion des requins doté de 16 millions de dollars. Des drones seront également testés près de Coffs Harbour. Les smart drum lines seront en place 24h/24 et 7 jours/7.

Ballina et Coffs Harbour sont des lieux de villégiature appréciés par les touristes étrangers et australiens. Leur proximité de l’océan en fait des lieux privilégiés pour les activités nautiques telles que la natation, le surf et la plongée.

La réserve marine des Solitary Islands au large de Coffs Harbour s’étend de la crique de Coffs jusqu’à l’embouchure plus au nord du fleuve Sandon. Les Solitary Islands sont un spot de plongée réputé pour son incroyable biodiversité marine d’espèces tropicales, subtropicales et tempérées : les poissons−clowns, les chirurgiens bleus, les nudibranches, les tortues, les jardins d’éponges, les raies ; c’est également l’habitat de deux regroupements de requins-gris, une espèce en danger critique d’extinction.

Ce sont également des lieux sujets à d’intenses systèmes météorologiques, notamment aux systèmes dépressionnaires, aux tempêtes et Ballina a autrefois essuyé les vestiges des cyclones tropicaux du Queensland. La force de la houle et des courants sont par ailleurs très forts dans ces deux lieux.

Alors que le Gouvernement ne peut pas réduire totalement le risque d’interactions entre les Hommes et les requins, il est décevant que le Gouvernement de Nouvelle−Galles du Sud ait choisi d’ignorer les inquiétudes soulevées dans le rapport rédigé par Cardno sur les smart drum lines, les inquiétudes de plusieurs scientifiques, des parties prenantes et du grand public. Les résidents de Ballina et de Coffs Harbour ont été largement tenus dans l’ignorance au sujet de ces drum lines et très peu de consultations publiques ont été organisées.

Par ailleurs, alors que la gestion de la pêcherie du département des industries du secteur primaire du Gouvernement de Nouvelle−Galles du Sud a déclaré à plusieurs reprises que tout équipement ou initiative prise dans le cadre de la prévention anti−requins devait être scientifiquement validé et avoir fait l’objet de tests par des partenaires indépendants, ils ont amplement ignoré leurs propres recommandations.

De plus, les tests de smart drum lines ne feront pas l’objet d’une évaluation des répercussions environnementales et ne seront pas examinés par une autre législation environnementale, notamment par la Loi sur la protection de l’environnement et la conservation de la biodiversité, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes sur leur impact potentiel sur la biodiversité des deux lieux choisis ainsi que sur la sécurité des plages.

Que savons-nous vraiment sur ces smart drum lines et sur leurs effets potentiels sur la vie marine ? Peu de choses.

Les smart drum lines n’ont été utilisées que dans un seul endroit au monde, à l’île de la Réunion, au large des côtes de Madagascar. Il s’agit de drum lines standards telles que celles utilisées en Australie-Occidentale pendant l’abattage et avec le programme de surveillance des requins actuel dans le Queensland. Seule différence, elles sont équipées d’un GPS attaché à la drum line qui envoie un signal à ceux responsables du contrôle des lignes une fois qu’un animal y a été pris.

Il faut également noter que depuis la mise en place des smart drum lines à l’île de la Réunion en 2014 il y a eu deux accidents mortels cette année.

Comme le programme de contrôle des requins du Queensland l’a démontré avec 84 000 animaux pris dans les drum lines, la plupart des captures accessoires, il est évident que n’importe quelle espèce peut être capturée.

De nombreuses questions restent encore sans réponse au sujet de ces drum lines, elles doivent être résolues et rendues publiques.

Aucune indication majeure concernant les objectifs du Gouvernement avec le déploiement des smart drum lines n’a été faite. La durée des tests n’a pas été divulguée.

Sont-elles destinées à la sécurité des plages, à la recherche scientifique ? Dans ce dernier cas, les données seront-elles rendues publiques ?

L’apport que ces drum lines auront pour la sécurité des plages est pratiquement inconnu.

Pour que le balisage ait un impact positif pour la sécurité des plages, des milliers de requins doivent être balisés. Ce qui représente un investissement financier important, une balise satellitaire coûte environ 10 000 dollars pour sa mise en place et son entretien. Une balise acoustique coûte entre 500 et 3000 dollars. Ces balises ont également une durée de vie d’environ 10 ans.

Les coûts pour maintenir un bateau à proximité des drum lines sont également à prévoir, coûts d’autant plus importants si les drum lines sont installées 24h/24.

Le système d’alarme ou le GPS peuvent tomber en panne. Les animaux piégés doivent être libérés dans les deux heures pour garantir les meilleures chances de survie. Néanmoins, il est important de noter que certaines espèces marines sont sujettes à des taux de mortalité élevés même si cette durée maximum de deux heures est respectée. C’est le cas des dauphins, des tortues et de certaines espèces de requins telles que les requins−marteaux et les requins makos qui peuvent souffrir du manque d’oxygène.

Le professeur Daniel Bucher, expert en biologie marine à l’université Southern Cross, a fait part de ses inquiétudes au sujet de ce créneau de 2 heures pour libérer les animaux, surtout les jours où les conditions de navigation sont difficiles au large de Ballina en raison des bancs et de la faible profondeur de l’eau. Ceci entraîne un risque considérable de mort lente et inhumaine sur la drum line avant qu’elle ait pu être retirée.

Les animaux attrapés sur les drum lines risquent aussi d’attirer d’autres prédateurs. À l’île de la Réunion, il y a eu des cas d’animaux attrapés vivants sur des drum lines qui ont été déchiquetés à mort par d’autres prédateurs. Ceci révèle un risque, si plus de requins sont attirés dans la zone, en quoi cela constitue une garantie de sécurité pour les usagers de l’océan ?

Baleines à bosse - Photo: Allyson JenningsBaleines à bosse
Photo: Allyson Jennings
Si une espèce protégée telle que la tortue verte ou le requin−gris est capturée sur une smart drum line, les tests seront-ils arrêtés ? Quels critères sont utilisés pour ce test ? En cas d’échec, y aura-t-il une décision prise immédiatement ? Si l’on se fie aux antécédents du département des industries du secteur primaire du Gouvernement de Nouvelle−Galles du Sud pour régler les points critiques du programme de maillage des requins, nous avons de quoi nous inquiéter. En 2013, une jeune baleine à bosse est morte dans un filet anti−requins au large de Mona Vale à Sydney. Le rapport de cet accident n’a pas encore été publié.

En outre, le rapport de Cardno soulignait également que le taux de capture sur les smart drum lines est généralement bas, dans ce cas pourquoi le Gouvernement de Nouvelle−Galles du Sud dépense tant d’argent du contribuable pour un programme dont la portée sera très limitée pour la prévention anti−requins ?

Les requins sont des animaux très mobiles, comme cela est indiqué dans les travaux rédigés par l’Organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle, les requins blancs en particulier voyagent sur des centaines de kilomètres par jour.

L’Organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle estime à environ un millier la population de requins blancs sur la côte est, la moitié vraisemblablement composée de reproductrices femelles. Jusqu’ici les smart drum lines se sont révélées amplement inefficaces contre les espèces visées telles que les requins blancs, les requins−tigres et les requins−bouledogues.

Il est également primordial qu’un comité de réflexion soit mis en place pour superviser la gestion des requins en Nouvelle−Galles du Sud. Cette question doit être débattue dans tout l’État et bénéficier des apports de différentes parties prenantes, notamment les services d’urgence, les gouvernements locaux, les prestataires de sécurité des plages, les patrouilles aériennes, les groupes environnementaux et les représentants du gouvernement afin de garantir transparence et responsabilité. Actuellement, le service de pêcherie du département des industries du secteur primaire du Gouvernement de Nouvelle−Galles du Sud supervise la gestion des requins. Ils n’ont pas besoin de rendre compte de leurs travaux et, par conséquent, ils n’ont pas à rendre leurs recherches et leurs travaux publics. Comment savoir alors si les usagers des océans sont protégés de la façon la plus efficace possible et si la vie marine est suffisamment protégée, en particulier les espèces menacées et celles menacées d’extinction telles que les requins−gris et les tortues vertes ?

La gestion des requins en Nouvelle−Galles du Sud ne sera pas résolue par un seul organisme gouvernemental, tout comme il ne pourra pas y avoir une seule solution applicable à l’ensemble du territoire. Sea Shepherd Australie se déclare prêt à aider le Gouvernement de Nouvelle−Galles du Sud là où il est possible de veiller à la gestion des requins sur ce territoire de façon constructive, en veillant à la biodiversité de notre océan.

Sea Shepherd Australie ne soutiendra pas les méthodes létales de gestion des programmes alors que tant d’autres méthodes non létales existent ou sont en voie de commercialisation, notamment Shark Spotters, les patrouilles aériennes, Eco Shark Barrier, Clever Buoy, les dispositifs de prêts pour l’achat d’équipements de protection individuels, etc. Parce qu’il subsiste trop de questions sans réponses au sujet de l’utilisation des smart drum lines, nous demandons au Gouvernement d’étudier de nouveau la question. Les usagers de l’océan ont droit à des mesures efficaces pour réduire autant que possible les contacts avec les requins, les erreurs déjà commises en matière de gestion des requins ne doivent pas se répéter. La faune océanique mérite également toute notre attention, pour que les générations futures puissent jouir de la beauté de nos océans.

À une époque où tant de technologie est à notre disposition, nous n’avons pas à choisir entre les deux, nous pouvons faire les deux.

 

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