Commentary and Editorial

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Vendredi, 04 Décembre 2015 16:20

Lutter contre les baleiniers pirates japonais dans les eaux du sanctuaire baleinier de l’océan Austral

Par le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd

Capitaine Paul Watson Le Japon a déclaré la guerre aux baleines de l’océan Austral. Sa flotte fait actuellement route vers ces eaux dans le mépris absolu des décisions de la Cour internationale de Justice.

Jusqu’à présent, les pays signataires des conventions idoines n’ont rien fait d’autre que parler.

En dehors de Sea Shepherd, aucune ONG n’est intervenue.

Et le Japon retourne sur les lieux du massacre, mû par l’assurance insolente de n’y rencontrer aucune opposition.

Il s’agit donc de réfléchir aux actions que Sea Shepherd va entreprendre quant à cette invasion illégale et scandaleuse du sanctuaire baleinier de l’océan Austral.

Depuis 2005, Sea Shepherd s’oppose activement au massacre illicite de baleines dans l’océan Austral par le biais d’interventions agressives qui ont déjà sauvé la vie de 6 402 baleines (dont des petits rorquals, des baleines à bosse et des rorquals communs).

Sea Shepherd s’est battu contre les chasseurs hors−la−loi sur les océans comme dans les tribunaux d’Australie et des États-Unis.

En 2008, la Cour fédérale de l’Australie a déclaré illégale la chasse baleinière nippone au sein du sanctuaire baleinier australien et a ordonné une injonction contre les chasseurs de baleines. Le mois dernier, la cour a condamné ces chasseurs à une amende d’un million de dollars australiens pour avoir poursuivi le massacre malgré l’injonction prononcée.

En 2014, la Cour internationale de Justice (CIJ) a prononcé un jugement indiquant que la chasse baleinière pratiquée par le Japon n’est ni légale, ni scientifique. Elle a également ordonné à la flotte baleinière japonaise de cesser totalement ses activités.

En 2014, la Commission baleinière internationale (CBI) a de nouveau refusé de délivrer au Japon un permis autorisant la chasse baleinière dans l’océan Austral. En 2015, la CBI et son comité scientifique ont déclaré que le contenu révisé du programme de recherche japonais NEWREP-A était insuffisant pour être considéré comme scientifique.

Trois petits rorquals massacrés en toute illégalité par la flotte japonaise dans le sanctuaire baleinier de l’océan Austral - Photo : Tim WattersTrois petits rorquals massacrés en toute illégalité par la flotte japonaise dans le sanctuaire baleinier de l’océan Austral
Photo : Tim Watters
Au cours de la saison 2014/2015, le Japon avait décidé de respecter l'ordre de la Cour internationale de Justice et n’avait pas tué une seule baleine. L’arrêt de ses opérations de chasse reconnaissait l’acceptation de l’ordre de la cour.

Aujourd’hui, le Japon défie ouvertement les décisions de la Cour fédérale de l’Australie, de la Cour internationale de Justice et de la Commission baleinière internationale en annonçant la reprise du massacre des baleines dans l’océan Austral.

L’Australie et les autres membres de la CBI pourraient mettre en place des actions visant à arrêter les chasseurs. On peut donc se demander si ces actions ne seront pas compromises, ou si elles ne le sont pas déjà, par des menaces de représailles commerciales de la part du Japon ?

L’implication de Sea Shepherd dans l’opposition aux chasseurs de baleines n’est plus à mettre en doute. Nous avons réussi à faire réduire les quotas annuels de chasse et à attirer l’attention du public international sur les activités abominables du Japon.

  • 2002/2003 : Opération Cold as Ice. Aucune baleine sauvée. Flotte introuvable.
  • 2005/2006 : Opération Minke - 169 baleines sauvées.
  • 2006/2007 : Opération Leviathan (documentaire At the Edge of the World) - 534 baleines sauvées.
  • 2007/2008 : Opération Migaloo (saison 1 de Justiciers des mers, Whale Wars en anglais) - 484 baleines sauvées.
  • 2008/2009 : Opération Musashi (saison 2 de Justiciers des mers) - 305 baleines sauvées.
  • 2009/2010 : Opération Waltzing Matilda (saison 3 de Justiciers des mers) - 528 baleines sauvées.
  • 2010/2011 : Opération No Compromise (saison 4 de Justiciers des mers) - 863 baleines sauvées.
  • 2011/2012 : Opération Divine Wind (saison 5 de Justiciers des mers) - 768 baleines sauvées.

Campagnes internationales de Sea Shepherd

  • 2012/2013 : Opération Zero Tolerance (saison 6 de Justiciers des mers) - 932 baleines sauvées.
  • 2013/2014 : Opération Relentless (saison 7 de Justiciers des mers) - 784 baleines sauvées.
  • 2014/2015 : Aucune baleine tuée. 1 035 baleines sauvées.
  • Total : 6 402 baleines sauvées d’un massacre illégal par la flotte japonaise.

Sea Shepherd a dû payer un lourd tribut pour ce combat. Le Japon a poursuivi avec succès Sea Shepherd USA devant la Cour fédérale des États−Unis qui a ordonné une injonction temporaire empêchant Sea Shepherd USA de s’approcher des baleiniers japonais et a reconnu les dirigeants de Sea Shepherd USA coupables d’outrage après que le navire-usine nippon Nisshin Maru a percuté et endommagé trois navires de Sea Shepherd dans l’océan Austral en 2013.

Le Steve Irwin a évité de justesse une collision avec le navire harponneur japonais lors de la poursuite du Nisshin Maru - Photo : Tim WattersLe Steve Irwin a évité de justesse une collision avec le navire harponneur japonais lors de la poursuite du Nisshin Maru - Photo : Tim WattersLe baleinier japonais Shonan Maru No. 2 a percuté et détruit l’Ady Gil affrété par Sea Shepherd en 2010. Le Japon a simplement refusé d’avaliser l’enquête menée par la Nouvelle−Zélande et la destruction du navire n’a entraîné aucune sanction légale.

Le Japon a également utilisé son influence économique et politique pour faire publier une notice rouge d’Interpol à mon encontre, réclamant ainsi mon extradition pour "entrée par effraction sur un navire" et "atteinte aux biens".

Le Japon sait faire appel aux tribunaux pour obtenir ce qu’il désire mais il ignore leurs décisions lorsqu’elles ne vont pas dans son sens.

Pourtant, il a commis une grave erreur en portant l’affaire devant la Cour fédérale des États−Unis. Il a offert à Sea Shepherd USA les armes légales pour le contre-attaquer.

En se soumettant à la juridiction des États−Unis lors de son dépôt de plainte, le Japon a permis à Sea Shepherd USA de le poursuivre en retour. À l’origine défensif, notre dossier s’est transformé en une attaque légale contre les chasseurs de baleines japonais qui peut aboutir à l’interdiction de la pêche baleinière dans les eaux de l’Antarctique, l’attribution du statut de pirate aux chasseurs de baleines, le paiement de dommages et intérêts pour la perte de l’Ady Gil, l’ordonnance d’une injonction empêchant l’institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) d’attaquer les navires de Sea Shepherd, la révélation au grand public des activités illicites de l’ICR et peut-être même l’ordonnance d’une injonction déclarant illégales les activités de pêche nippone dans les eaux de l’océan Austral.

La pêche baleinière japonaise ne doit pas seulement être combattue sur les mers. Nous devons aussi nous battre dans les tribunaux et nous ne pouvons déposer les armes face à l’arrogance d’un gouvernement qui ignore les lois internationales.

Puisque nous sommes, Sea Shepherd USA et moi-même, légalement interdits de nous immiscer dans les opérations illicites de pêche japonaise, Sea Shepherd USA doit se limiter à lutter contre les pêcheurs dans les cours de justice des États-Unis. Mais selon les lois hollandaises et australiennes, Sea Shepherd Global conserve le droit de poursuivre ses opérations en mer.

Pendant plus de dix ans, Sea Shepherd a contribué aux pertes opérationnelles de la pêche baleinière japonaise. L’organisation a aussi réussi à réduire le quota de chasse à 333 baleines contre les 1 035 spécimens que le Japon tentait en vain de massacrer auparavant.

Cela signifie qu’à l’avenir, grâce aux efforts de Sea Shepherd, chaque année, 602 petits rorquals seront épargnés du tableau de chasse du Japon et qu’aucune baleine à bosse et rorqual commun n’en feront partie.

Mais la solution ne se trouve pas dans les chiffres. Nous parlons ici de l’intégrité du sanctuaire baleinier de l’océan Austral et celle-ci ne réclame rien de moins qu’un quota réduit à zéro.

La situation dans les eaux de l’océan Austral a considérablement changée. La réduction du quota et l’extension de la zone de chasse rendent la surveillance de la flotte baleinière plus difficile et plus longue. Pendant ce temps, les navires peuvent presque atteindre la totalité de leur quota. On s’attend à ce que les moyens employés par les chasseurs pour contrer les interventions de Sea Shepherd Global soient violents. On sait également que si le quota n’était pas atteint cette année, le manque à gagner sera ajouté à celui de la saison suivante.

C’est pourquoi, bien que ni Sea Shepherd USA ni moi-même ne puissions légalement nous opposer à ces chasseurs en pleine mer, il est de mon droit et de mon devoir de rapporter ces activités et de soutenir moralement les actions de Sea Shepherd Global.

Un navire harponneur de la flotte baleinière japonaise attaque le Bob Barker tandis qu’il défend les baleines du sanctuaire de l’océan Austral - Photo : Simon AgerUn navire harponneur de la flotte baleinière japonaise attaque le Bob Barker tandis qu’il défend les baleines du sanctuaire de l’océan Austral - Photo : Simon AgerJe n’ai absolument aucun contrôle sur les campagnes menées par Sea Shepherd Global mais mon implication directe n’est pas nécessaire. Depuis 2012, ces campagnes sont entre les mains expertes des capitaines Alex Cornelissen des Pays-Bas, Peter Hammarstedt de Suède et Siddarth Chakravarty d’Inde qui défendent bravement et avec brio les baleines de l’océan Austral.

J’ai les mains liées par la Cour de justice des États−Unis mais je n’ai pas été bâillonné pour autant et ces trois intrépides capitaines accompagnés de leurs courageux équipages continuent à se battre pour arrêter les crimes japonais perpétrés au sein du sanctuaire baleinier. Si je ne peux être impliqué physiquement dans ces actions, je peux cependant exercer ma liberté d’expression pour leur souhaiter toute la réussite possible dans leurs efforts.

Sea Shepherd Global m’a informé qu’un navire était en cours de construction. Il s’agit d’un vaisseau rapide et de grande taille conçu pour la poursuite des chasseurs de baleines et autres braconniers des mers. Malheureusement, il ne pourra être mis à l’eau avant septembre 2016.

Entre-temps, Sea Shepherd USA doit continuer à poursuivre le Japon dans les cours de justice américaines afin de faire sanctionner son mépris inacceptable des lois internationales.

En ce mois de décembre, Sea Shepherd Global a envoyé le Steve Irwin en mission dans l’océan Austral pour agir contre les activités illégales, TOUTES les activités illégales, qui s’y déroulent.

Sea Shepherd Global est une organisation anti−braconnage dont le but est de faire respecter les lois internationales de protection de la vie sauvage marine par le biais de moyens non violents dans un cadre strictement légal.

Les chasseurs de baleines japonais doivent être arrêtés. Sea Shepherd Global a été la toute première organisation à réclamer aux nations signataires, à la Commission baleinière internationale et à la Cour internationale de Justice de faire appliquer la loi, et l’organisation m’a fait part de son intention de tout mettre en œuvre pour que les braconniers respectent ces lois.

Néanmoins, pour être tout à fait franc, cette année s’annonce difficile. La zone de chasse est immense et les quotas réduits. Les chasseurs disposeront de trois navires harponneurs pour bloquer les tentatives d’approche des vaisseaux de Sea Shepherd Global. Sea Shepherd Global ne possède pas le trésor de guerre de Greenpeace et si elle a appelé à l’aide, il y a peu de chance pour que ce soutien se matérialise. Greenpeace dispose d’un navire au Chili et pourrait intervenir. Nous espérons qu’ils le feront mais aucun signe ne semble aller dans ce sens. Ils ont néanmoins lancé une pétition.

Le navire braconnier de légines australes, Kunlun. Un des 'Bandit 6' naviguant encore au large de l’océan Austral - Photo : Jeff WirthLe navire braconnier de légines australes, Kunlun. Un des "Bandit 6" naviguant encore au large de l’océan Austral
Photo : Jeff Wirth
Sea Shepherd Global m’a promis que ses membres feront tout leur possible, dans les limites de la loi et avec les ressources dont ils disposent, pour empêcher toute activité de braconnage dans les eaux de l’océan Austral. Cela implique le massacre de baleines perpétré par le Japon dans le sanctuaire baleinier austral mais aussi les activités de braconnage exercées par les derniers navires des "Bandit 6".

Le Japon a quant à lui fait le vœu de massacrer 4 400 baleines pour son soi-disant programme "scientifique".

Sea Shepherd Global m’a bien précisé qu’ils s’engageaient à faire en sorte que cet objectif ne soit pas atteint.

Aucune autre organisation dans le monde n’a pris autant de risques, sur une si longue période et au prix de si durs efforts, que Sea Shepherd dans sa croisade pour protéger l’océan Austral de toute activité criminelle.

L’engagement de Sea Shepherd à défendre ces eaux est total et sera poursuivi quels que soient les obstacles ou la puissance de ceux qui s’y opposent. La force de Sea Shepherd USA et de Sea Shepherd Global réside dans le soutien fondamental qui leur est apporté ; plus ce soutien est solide, plus les interventions de ces organisations sont efficaces.

On peut décider d’aider Sea Shepherd USA dans sa bataille juridique contre les chasseurs de baleines japonais.

On peut décider d’aider Sea Shepherd Global dans son combat contre les braconniers des océans.

On peut également décider de soutenir ces deux causes.

À travers ces deux actions distinctes, Sea Shepherd USA et Sea Shepherd Global peuvent mettre fin ensemble aux activités illégales de chasse de la flotte baleinière japonaise.

 

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