Commentary and Editorial

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Mercredi, 16 Décembre 2015 11:24

Lettre ouverte à Greenpeace International

Par le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd

pavillon Sea ShepherdPlus tôt cette année j'ai posé ma candidature au poste de directeur exécutif de Greenpeace International et j'ai eu la surprise d'être interviewé à deux reprises avant d'être informé que mon profil ne correspondait pas au type de personne recherchée pour l'occuper. Il est vrai que je ne suis pas titulaire d'un diplôme de commerce de Harvard mais, en qualité de co−fondateur de Greenpeace et fondateur de Sea Shepherd Conservation Society, je pensais posséder l'expérience nécessaire pour ce poste.

Lorsqu'ils m'ont demandé quel salaire je souhaitais, j'ai répondu qu'un dédommagement annuel de 1$ me conviendrait. J'ai également proposé de coordonner les 9 navires de Sea Shepherd avec les trois de Greenpeace afin que Sea Shepherd et Greenpeace puissent collaborer à l'échelle mondiale. Nous aurions ainsi pu disposer de 12 navires et de mes connaissances stratégiques pour les déployer.

La sortie récente du film How to Change the World a mis un terme à la prétention révisionniste de Greenpeace que je n'étais pas l'un de ses co−fondateurs, une affirmation que Greenpeace répand depuis le décès de Robert Hunter en 2005, sachant que Bob Hunter n'aurait jamais supporté une telle réécriture de l'histoire de Greenpeace.

Lorsque Greenpeace a rejeté ma candidature au poste de directeur exécutif, j'ai souri en disant que je n'étais pas étonné, tout en soulignant que c'était un acte manqué car ensemble, Greenpeace et Sea Shepherd constitueraient une force extraordinaire. Ils disposent du sens commercial, des capacités de levée de fonds et d'organisation et Sea Shepherd est animé par la passion, l'imagination et le courage nécessaires pour agir en première ligne.

Je n'ai pas fait de commentaire lorsque Greenpeace a rejeté mon offre en octobre et n'avais aucune intention de le faire jusqu'à cette semaine, quand j'ai reçu le message suivant, rédigé par Jacki Boyce de Greenpeace Australie Pacifique.

Greenpeace sollicite maintenant des financements pour arrêter la flotte baleinière japonaise, actuellement en route pour l'océan Austral dans le but de tuer illégalement des baleines et m'a envoyé un message sollicitant un don.

Cette demande ne me poserait aucun problème si un navire de Greenpeace se dirigeait vers l'océan Austral.

Mais en réalité, le SEUL navire en route pour l'océan Austral est le STEVE IRWIN de Sea Shepherd Global.

Voyons un peu cette lettre, dont je commenterai ce qu'elle dit et ne dit pas :

GP : Cher Paul,

(Ah, la merveilleuse familiarité créée par l'informatique. Je suis sûr que si Jacki avait la moindre idée du destinataire de sa lettre, elle ne l'aurait pas envoyée.)

GP : En ce moment même, la flotte baleinière japonaise fait route vers l'océan Austral pour y tuer 333 petits rorquals. Défiant les lois internationales, les baleiniers japonais prévoient de pratiquer cette chasse pendant les 12 années à venir, soit la mort absurde de 3 996 rorquals.

Capitaine Paul Watson : Exact, mais ils omettent de dire qu'en ce moment même, un navire de Sea Shepherd se dirige vers l'océan Austral, contrairement à ceux de Greenpeace. Considérant que Sea Shepherd Global et Sea Shepherd Australie envoient un navire et que Jacki se trouve en Australie, il eut été courtois de mentionner ce fait.

GP : Toutefois, la première baleine n'a pas encore été harponnée et il est encore temps d'arrêter cette folie. Dans six jours, notre premier ministre Malcolm Turnbull doit rencontrer pour la première fois Shinzo Abe, premier ministre japonais, dans son rôle de nouveau dirigeant australien. C'est l'occasion pour l'Australie d'établir ses priorités avec le Japon et de placer la chasse à la baleine en haut de la liste. Le Japon a peut−être résisté à l'indignation de la communauté par le passé, mais une conversation en tête−à−tête entre deux dirigeants internationaux ne saurait être ignorée.

Capitaine Paul Watson : Est−ce que Greenpeace pense réellement que Malcolm Turnbull va convaincre Abe de renvoyer sa flotte à la maison ou même qu'il va tenter de le faire ? Ce que dit Jacki, c'est que nous avons le temps d'envoyer un don à Greenpeace. L'Australie a maintes fois exprimé sa position devant la Cour internationale de justice, dans les tribunaux fédéraux australiens et devant la Commission baleinière internationale. Le Japon n'a pas été dissuadé pour autant. Seule l'intervention directe peut faire cesser la chasse baleinière japonaise. Une conversation à huis clos entre deux dirigeants internationaux se résumera à une occasion de discuter de ce qui leur importe, comme le commerce, la défense, etc. mais certainement pas les activités baleinières illégales du Japon. Une telle conversation, si elle a lieu, pourrait donner :
Malcolm : Ah, Shinzo, ma population veut que vous cessiez de tuer illégalement les baleines dans l'océan Austral.
Abe : Non ! Allons−nous parler affaires ou allez-vous me faire perdre mon temps avec ces conneries ?
Malcolm : D'accord mon ami (s'inclinant), on s'y met, Greg vous me passez le dossier minier ?

GP : Demandez à Malcolm Turnbull de profiter de ce moment pour exprimer fermement et clairement l'opinion de l'Australie : plus de chasse à la baleine dans l'océan Austral, ni maintenant ni jamais. (Signez la pétition)

Capitaine Paul Watson : Signez pour nous communiquer vos coordonnées. Nous vous recontacterons.

GP : Nous savons que la "chasse à la baleine scientifique" du Japon est une mascarade : en 2014, la Cour internationale de Justice - ou Cour mondiale - en a même jugé ainsi. Après avoir respecté la décision de justice une seule année, la flotte baleinière est de retour, défiant la communauté scientifique et la Cour mondiale.

Capitaine Paul Watson : Le gouvernement australien a traduit le Japon devant les tribunaux seulement après que Sea Shepherd ait rendu le problème public grâce à ses campagnes d'action directe. Le jugement de la Cour a été une grande victoire mais, sachant qu'ils méprisent la Cour internationale de Justice, vous pouvez parier de ce qu'ils vont faire de cette pétition.

GP : Dites à Malcolm Turnbull qu'il est de son devoir - entre hommes d'état - d'appeler le premier ministre japonais Shinzo Abe à respecter la science, à se conformer aux lois internationales et à cesser la chasse à la baleine immédiatement.

Capitaine Paul Watson : Bien sûr que vous pouvez le dire à Malcolm, mais vous ne lui direz pas grand-chose dont il pourrait tenir compte. L'Australie ne lèvera pas le petit doigt pour stopper l'activité baleinière illégale japonaise. Le gouvernement australien écoute le gouvernement japonais en premier lieu, les entreprises qui commercent avec le Japon ensuite et la population australienne en tout dernier.

GP : Notre mouvement a convaincu la Commission baleinière internationale de bannir la chasse à la baleine commerciale en 1986. Ce sont en outre des années de pression du public qui ont persuadé le gouvernement australien de traduire le gouvernement japonais devant la Cour mondiale. Sans nos voix, la chasse à la baleine dans l'océan Austral serait toujours légale. Il ne tient qu'à nous de faire en sorte que notre gouvernement continue à se battre.

Capitaine Paul Watson : Il a fallu des décennies pour que la CJI bannisse la chasse à la baleine commerciale et quand ce fut le cas en 1987, personne ne l'a remarqué. Le Japon, l'Islande, la Norvège et le Danemark ignorent purement et simplement l'interdiction. La chasse à la baleine japonaise dans l'océan Austral est illégale depuis 1987. Actuellement, le Japon méprise la CIJ, la CM et les tribunaux fédéraux australiens. Il ne tient pas qu'à nous de faire en sorte que nos gouvernements continuent à se battre. Il n'appartient qu'à nous de stopper les activités baleinières illégales. Dans les années soixante−dix, quand j'ai embarqué avec Greenpeace pour arrêter les baleiniers russes, nous savions que cela ne tenait qu'à nous. Nous y sommes allés et l'avons fait, tout comme Sea Shepherd le fait aujourd'hui.

GP : La pression monte. Pas plus tard que ce mois-ci, le sénat australien - nos représentants élus - a voté pour que notre premier ministre utilise son influence auprès du gouvernement japonais pour que la flotte baleinière fasse demi-tour. Des dizaines de milliers d'australiens se sont déjà exprimés. Notre gouvernement a signé une démarche - une lettre diplomatique - conjointement à 32 autres pays, en signe de protestation contre la chasse. Mais une lettre officielle ne suffit pas. Ça se passe maintenant. Malcolm Turnbull doit placer ce problème au premier rang des priorités lorsqu'il rencontrera le premier ministre Shinzo Abe dans quelques jours.

Capitaine Paul Watson : Bien sûr, et nous avons vu comment ça a fonctionné. Ce que dit Greenpeace ici, c'est que tout ce dont nous avons besoin dans l'immédiat, c'est ...ah oui, une pétition.

GP : Plus nombreuses seront les voix à s'élever maintenant, moins ils seront susceptibles de taire le problème des baleines. Plaidez maintenant pour ces doux géants des mers. (signez la pétition)

Capitaine Paul Watson : Plaider la cause des baleines n'arrêtera pas les harpons. Est-ce vraiment tout ce que les supporters de Greenpeace reçoivent en contrepartie des millions de dollars de dons versés pour défendre les baleines ?

GP : Pour les baleines, Jacki Boyce, responsable de campagne Greenpeace Australie Pacifique

Nous devrions présenter les exigences suivantes à Greenpeace par voie de pétition. (Bien qu'en réalité, nous n'ayons pas le temps d'en faire.)

1. Envoyez au moins un navire dans l'océan Austral pour affronter la flotte baleinière japonaise. Unissez−vous avec Sea Shepherd pour les arrêter. Sea Shepherd se fera une joie de collaborer avec Greenpeace pour bloquer les opérations de la flotte baleinière japonaise.

2. Faute de pouvoir ou vouloir envoyer un navire, Greenpeace devrait bailler des fonds à Sea Shepherd pour l'aider à mieux exécuter la tâche qui doit être accomplie. Sea Shepherd est tout à fait d'accord pour mener une campagne coordonnée avec Greenpeace pour stopper la flotte baleinière japonaise.

3. Si Greenpeace ne souhaite pas envoyer de navire dans l'océan Austral ni collaborer avec Sea Shepherd pour stopper la flotte baleinière japonaise, Greenpeace doit cesser d'utiliser les baleines et renoncer à le faire pour lever des fonds sans intention de les affecter à leur sauvegarde.

Bien entendu, si nous devions lancer une telle pétition, elle aurait au moins autant de chances de réussite que celle qui demande à Malcolm Turnbull de durcir sa position vis-à-vis de Shinzo Abe. En d'autres termes, une pure perte de temps.

Je suis troublé par les rapports indiquant que les solliciteurs de Greenpeace dans les rues, qui demandent au public de donner pour défendre les baleines, lorsqu'ils sont interrogés sur les actions qu'ils mènent, répondent souvent que des navires de Greenpeace sont présents dans l'océan Austral et vont même jusqu'à donner les noms des navires de Sea Shepherd en prétendant qu'ils appartiennent à Greenpeace.

La vérité est que la dernière fois où un navire de Greenpeace s'est trouvé dans l'océan Austral, c'était en 2007. C'est l'année où Sea Shepherd a transmis les coordonnées de la flotte japonaise et lui a demandé de s'unir pour bloquer les baleiniers. Greenpeace a refusé de nous rejoindre en prétendant qu'il n'était pas dans son intérêt d'être associé avec Sea Shepherd. Cet épisode est parfaitement documenté dans l'émission de la BBC intitulée Battleship Antarctica.

En tant que co−fondateur de Greenpeace, je ne considère pas Greenpeace comme un concurrent de Sea Shepherd. J'ai contribué à créer Greenpeace, que je ne souhaite aucunement détruire. Je souhaite au contraire que Greenpeace revienne à ses valeurs originales et fasse preuve de la passion et du courage qui ont formé le socle sur lequel repose Greenpeace aujourd'hui.

Ces fondations étaient autrefois solides mais, à l'heure actuelle, l'édifice construit sur elles est faible. Greenpeace doit se revitaliser et pour cela, revenir à l'époque de la passion, de l'imagination et du courage.

En attendant, Sea Shepherd Global se rendra seul dans l'océan Austral pour faire ce qui doit l'être, jusqu'au bout de ses ressources limitées.

Malcolm Turnbull ne convaincra pas Abe de rappeler sa flotte. Si Abe le faisait, même si Turnbull le lui demandait gentiment, il perdrait la face au Japon. Politiquement, c'est impossible il est totalement délirant d'avoir pu penser un seul instant qu'il le ferait.

Greenpeace le sait. Ils ne sont pas idiots. Mais c'est malheureusement tout ce qu'ils ont à proposer.

Greenpeace dispose des navires et des ressources pour retourner dans l'océan Austral. Je les mets au défi de le faire et je serai le premier à les applaudir si tel était le cas.

Sinon, leurs supporters devraient leur demander de combien ils ont besoin pour écrire des lettres et mener des campagnes de pétition, pourquoi ils demandent plus d'argent pour défendre les baleines et exactement à quoi il est employé ?

Les baleines du Sanctuaire de baleines de l'océan Austral ne peuvent être sauvées qu'en appliquant la loi de protection internationale et, tant que les nations du monde entier fermeront les yeux sur les transgressions japonaises, la seule alternative consistera à bloquer physiquement leurs opérations illégales.

Sea Shepherd a évité le massacre de plus de 5 000 baleines par la flotte baleinière japonaise depuis 2005. Sea Shepherd Global continuera à faire appliquer la loi internationale de protection, et le fera en coopération avec quiconque le souhaite ou bien en solo mais luttera sans relâche jusqu'à ce que le Sanctuaire de baleines de l'océan Austral soit débarrassé de 100 % des activités criminelles de chasse à la baleine.

 

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