Commentary and Editorial

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Lundi, 22 Février 2016 04:01

Vous ne pouvez pas avoir l'Antarctique et l'argent de l'Antarctique

Il existe d’autres sources d’oméga-3 que le krill, et garanties sans destruction de l’environnement

Par Ashley Avci

Le krill de l’Antarctique (Euphausia_superba) est la principale source de nourriture de nombreuses espèces, notamment les baleines, les manchots et les oiseaux marins.L’Antarctique est un des derniers endroits préservés au monde, mais il est aujourd’hui confronté à une nouvelle menace : la pêche au krill à l’échelle industrielle. Le krill était la dernière espèce abondante sur Terre à échapper à l’exploitation par les humains. Les entreprises de compléments alimentaires justifient leur appropriation par "l’abondance" de cette espèce, néanmoins elle l’est pour une raison bien précise. Les prédateurs du krill, tels que les baleines, peuvent consommer jusqu’à 4 tonnes de krills en une seule journée, soit 40 millions d’êtres. J’utilise le terme "être", car le krill est une espèce sous-estimée et mal connue.

Ce petit crustacé atteint la maturité sexuelle à l’âge de 2 ans et peut vivre jusqu’à 11 années. Les krills ne sont pas superflus contrairement à ce que les industriels disent. En réalité, ils sont le cœur battant de l’Antarctique. À tel point que sans krills l’écosystème de l’Antarctique n’existerait plus tel que nous le connaissons.

Tous les animaux marins de la région dépendent directement ou indirectement du krill comme source alimentaire. Par conséquent, la baisse du nombre de krills entraînera également celle des espèces qui dépendent des krills tels que les baleines, les manchots et les phoques.

L’huile de krill est utilisée dans des compléments alimentaires pour sa richesse en oméga-3. Les oméga-3 sont des nutriments indispensables au cœur, au cerveau, aux yeux et aux articulations. Les entreprises trompent les consommateurs et se donnent une image respectueuse de l’environnement en déclarant que les krills utilisés dans leurs produits sont écologiques, car issus "des eaux pures de l’Antarctique", et renouvelables. Le mot "écologique" sous-entend "à consommer sans culpabilité" ou "continuez d’agir comme si de rien n’était".

Étant donné que la population de krills connaît une baisse effrayante de 80 % depuis les années 70, comment peut-on décrire cette pêche comme étant "durable" ou "écologique" ? Rien ne la justifie au regard de ces chiffres. Le changement climatique, l’acidification des océans et la pollution par le plastique représentent des menaces sérieuses pour le krill. Ajoutez à cela la pêche aux krills et vous mesurez la menace pesant sur l’Antarctique.

Les manchots, dont la survie dépend des krills, ont vu leur population baisser de 50 % dans les colonies étudiées au cours des trente dernières années, et on note au niveau mondial une chute de 70 % du nombre d’oiseaux marins depuis les années 50. Malgré ces faits angoissants, les entreprises réitèrent l’idée que la pêche aux krills est durable. Afin d’appuyer leurs affirmations, ces entreprises se targuent de leur certification auprès du Marine Stewardship Council (MSC) (Conseil pour la bonne gestion des mers) alors même que le processus de certification est très défaillant en ce qui concerne les krills. Le MSC ne prend pas en compte les effets du changement climatique, l’acidification des océans et les impacts de la pêche au krill sur les écosystèmes.

De plus, ces entreprises présentent le krill comme l’alternative "propre" à l’huile de poisson, rendue possible grâce à la nature "vierge" de l’Antarctique. Il s’agit d’un "argument clé" pour la vente. Les entreprises de compléments alimentaires utilisent ces arguments pour convaincre les consommateurs que leurs produits sont meilleurs que d’autres, notamment leurs propres produits faits avec de l’huile de poisson. La vérité est que les océans sont remplis de métaux toxiques et pollués par le plastique. Tout ce qui provient de la mer est contaminé, seules les proportions varient.

Heureusement il existe l’alternative végétale, plus saine. Le lin est la source végétale la plus riche en acides gras oméga-3. Vous pouvez l’utiliser telle que ou sous la forme de compléments alimentaires au quotidien. C’est un produit abordable que vous pouvez facilement incorporer à différents plats sous forme d’huile ou moulue (salades, smoothies, pâtes). De même, les graines de chia procurent non seulement un apport important en oméga-3, mais également en fibre, en magnésium, en protéine et en calcium, entre autres. Ces deux graines sont petites et sans odeur ou arrière-gout désagréable de poisons et sans toxines.

Plusieurs fruits et légumes contiennent également des oméga-3. Des légumes à feuilles tels que l’épinard et le kale, ainsi que la famille des choux dans son ensemble, contiennent de grandes quantités d’oméga-3. Les baies, les mangues et le melon font partie des fruits riches en oméga-3, le fruit sans conteste le plus riche étant la myrtille. Les huiles, notamment celles de moutarde et de canola, les haricots et certaines variétés de riz contiennent elles aussi cette vitamine. Cette liste est loin d’être exhaustive mais elle donne néanmoins une image bien différente que celle donnée aux consommateurs par les entreprises milliardaires. Elles ont toutes les raisons de le faire : elles gagnent des millions de dollars en détruisant l’Antarctique, en privant les baleines, les phoques, les manchots et les oiseaux marins de leur nourriture.

On prédit l’effondrement des océans pour 2048. Les entreprises de compléments alimentaires n’agissent pas, mais vous pouvez agir. En tant que consommateurs, nous avons le pouvoir de dire aux entreprises ce que nous soutenons ou pas. Ne contribuez pas à la destruction de cet écosystème rare et aidez-nous à préserver ces incroyables animaux pour les générations futures.

L’Opération Krill est la première de ce genre en Australie : vous pouvez soutenir la campagne en vous engageant à ne pas utiliser de produits à base de krill et en signant la pétition comme plus de 10000 autres personnes. Protégez l’Antarctique et faites entendre votre voix : exiger le retrait des compléments à base de krill commercialisés par Blackmores.

 

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