Commentary and Editorial

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Lundi, 08 Août 2016 09:28

Opération Jeedara : Les îles Pearson – un lieu sauvage, d’importance mondiale

Commentaires de Jeff Hansen, leader de l'expédition

Le Steve Irwin et un petit bateau en route vers les îles Pearson - Photo : Tim Watters Le Steve Irwin et un petit bateau en route vers les îles Pearson - Photo : Tim Watters Aujourd’hui, l’équipage du Steve Irwin, sous l’égide du capitaine Wyanda Lublink, a eu le privilège de découvrir les îles Pearson.

Ce chapelet d’îles est situé en Australie du Sud, à environ 65 km au sud-ouest du cap Finiss, sur la côte ouest de la péninsule d’Eyre, au sein du grand archipel des îles de l’Investigator. Cette zone est aujourd’hui devenue une réserve marine, grâce aux efforts constants de sensibilisation de Peter Owen et de la Wilderness Society, entre autres associations ayant défendu cette campagne de classification en réserve marine. Après un long processus de délivrance de permis d’entrée auprès du gouvernement de l’Australie du Sud, Sea Shepherd a eu la chance de pouvoir explorer l’île Pearson, grâce à l’aide de Natalie Banks.

Arrivés aujourd’hui à bord du petit bateau du Steve Irwin sur la plage autorisée, nous fûmes reçus par un comité d’accueil inattendu, composé de l’espèce menacée de lions de mer australiens et d’otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande. Alors que nous nous dirigions vers la plage, en escaladant des rochers de granit lissés par des milliers d’années de tempêtes et de vents marins, nous rencontrâmes encore davantage d’otaries, et en particulier un petit groupe d’une douzaine d’entre elles qui batifolaient et jouaient en toute sécurité, toutefois très certainement conscientes des grands requins blancs qui rôdaient près des côtes.

Alors que nous montions vers un point plus élevé de l’île pour profiter d’une meilleure vue, nous croisâmes un dragon d’Australie et quelques pétrogales particulièrement curieux, endémiques de l’île Pearson. Les mots ne pourront jamais rendre justice à cet endroit et les photos ne peuvent que tenter de capturer cette gifle que l’on se prend en découvrant un lieu aussi sauvage et naturel que l’île Pearson.

J’ai eu la chance de visiter des lieux magnifiques, dont les îles Galápagos, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, et je dois reconnaître que ce que j’ai vu aujourd’hui les égalait en termes de beauté, voire les dépassait. Je me sens particulièrement privilégié et honoré d’avoir pu m’immerger dans ce paysage naturel digne d’une carte postale. L’âme de l’Australie réside ici. C’est cela que s’imaginent les touristes étrangers quand ils pensent à l’Australie, et c’est ce qu’ils recherchent en venant visiter notre pays. Nos côtes sauvages et notre riche biodiversité, occupants de ces lieux depuis des centaines d’années.

Pétrogale – Île Pearson - Photo : Tim WattersPétrogale – Île Pearson - Photo : Tim WattersDepuis le sommet d’un affleurement rocheux surplombant les îles environnantes au nord et au sud de l’île Pearson, j’observai le Steve Irwin en contrebas, avec ses membres d’équipage passionnés, originaires des Pays-Bas, de l’Australie, de l’Australie aborigène, de France, du Royaume-Uni, des États-Unis, de Nouvelle-Zélande et d’Allemagne. Leur amour pour la Grande Baie Australienne ne fait que se renforcer, tout comme leur détermination à la défendre. À l’ouest, le soleil se couchait sur l’océan, ses reflets caressant les vagues et un arc-en-ciel de couleurs faisant son apparition dans les nuages. J’admirai cet incroyable spectacle en compagnie de Peter Owen, qui se bat depuis des années pour défendre ce lieu magique, et Bunna Lawrie, spécialiste du chant des baleines et aîné du clan Mirning, dont le peuple vit en harmonie et en paix avec la nature depuis plus de 50 000 ans. Bunna lui-même fut ébahi par le spectacle offert par l’île Pearson. Debout, les yeux fermés, j’entendais le hurlement du vent porté par l’océan remonter le long de la falaise et je le sentais traverser mon corps. Je me sentais vivant. La nature se donnait en spectacle et j’étais aux premières loges, au milieu de la scène, émerveillé.

Peu de gens ont déjà entendu parler de l’île Pearson. Et ceux qui la connaissent la visualisent généralement uniquement comme un petit point sur une mappemonde. Pour ces otaries, ces pétrogales, ces dragons d’Australie et ces innombrables espèces d’oiseaux, cette île constitue leur maison, et ce depuis des centaines d’années.

BP veut réaliser des forages pétroliers dans la Grande Baie Australienne, dans des eaux plus profondes, plus houleuses et plus reculées que celles du golfe du Mexique. Avec des marées noires fréquentes dans le golfe, il est évident que si BP obtient l’autorisation d’exposer la Grande Baie aux mêmes risques, la question ne sera pas de savoir Si une marée noire va se produire, mais Quand.

Les simulations effectuées ont démontré que les archipels comme ceux auxquels appartient l’île Pearson seraient frappés de plein fouet par la marée noire, qui anéantirait toute vie sur ce chapelet d’îles. Les marées noires se montrent impitoyables sur leur parcours de destruction, dans l’océan, les parcs et les sanctuaires marins. Elles sont sans limites dans leur impact. Ce paysage, sa pureté et son calme, ses piscines rocheuses, ses grottes, ses cavités et ses cratères, où les otaries se cachent et jouent… tout serait recouvert de pétrole et impossible à nettoyer.

Une tempête approchant, avec des vagues annoncées à plus de 8 mètres de haut, nous décidâmes de quitter Pearson pour notre prochaine destination. Alors que nous retournions à la plage de sable et retrouvions notre comité d’accueil composé d’otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande et de lions de mer australiens, un aigle pêcheur à poitrine blanche se mit à voler en cercle au-dessus de nos têtes. Mère-Nature semblait s’assurer que nous conservions cette motivation, cette rage au ventre, nécessaires pour combattre BP.

Même si je ne pouvais pas m’imaginer passer la journée dans un plus bel endroit que celui-ci, j’aurais préféré ne pas avoir eu besoin en premier lieu de coordonner cette expédition, dont le but est de montrer ce que nous aurions tous à perdre si BP obtenait la permission d’installer ses monstrueuses plates-formes de forage dans la baie. J’aurais préféré que nous vivions tous en paix et en harmonie avec la nature. Après tout, la survie de la nature et la survie de l’humanité sont liées. Ce que nous faisons subir aux océans et à la nature, nous le faisons subir à nous-mêmes. J’aurais préféré rester à la maison avec ma femme et mes deux jeunes enfants, mais savoir que la seule alternative est de ne rien faire et de laisser une marée noire désastreuse se profiler à l’horizon dans la Grande Baie Australienne me paraît absolument inacceptable. Nous devons nous dresser pour combattre BP à l’aide de tous les moyens d’action dont nous disposons. Nous devons continuer notre campagne, avec l’Opération Jeedara, dans le cadre de l’Alliance de la Grande Baie Australienne, pour défendre la Baie.

Car s’il y a bien une chose pour laquelle cela vaut le coup de se battre sur cette planète, c’est la vie.

Zones de l’île Pearson où les otaries se reposent - Photo : Tim WattersZones de l’île Pearson où les otaries se reposent. Photo : Tim Watters

Un lion de mer australien, une espèce menacée – Île Pearson - Photo : Tim WattersUn lion de mer australien, une espèce menacée – Île Pearson. Photo : Tim Watters

Une otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande – Île Pearson - Photo : Tim WattersUne otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande – Île Pearson - Photo : Tim Watters

Jeff Hansen (Sea Shepherd), Bunna Lawrie (spécialiste du chant des baleines et un aîné du peuple Mirning) et Peter Owen (Wilderness Society) - Photo : Tim WattersJeff Hansen (Sea Shepherd), Bunna Lawrie (spécialiste du chant des baleines et un aîné du peuple Mirning) et Peter Owen (Wilderness Society) - Photo : Tim Watters

 

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