Commentary and Editorial

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Lundi, 26 Septembre 2016 11:36

Le vent tourne, les temps changent

Publication du capitaine Paul Watson

Les annonces faites cette semaine à la conférence sur les océans de Washington D.C. par Leonardo DiCaprio déclarant que la technologie est disponible pour localiser les opérations de pêche illégales sont vraiment les bienvenues.

Sont également les bienvenues les annonces et promesses faites par plus d'une vingtaine de nations et d'ONG qui s'engagent à protéger les écosystèmes marins.

Scène d'ouverture de la conférence Our Ocean 2016 qui s'est ouverte jeudi 15 septembre à Washington. - APScène d'ouverture de la conférence Our Ocean 2016 qui s'est ouverte jeudi 15 septembre à Washington. - AP

Tous ces merveilleux développements sont les bienvenus mais un aspect n'est toutefois pas correctement traité.

C'est une chose de déclarer protégées de grandes aires marines mais c'en est une autre de les protéger concrètement.

La motivation politique et économique manque tout simplement pour concrétiser un grand nombre de ces promesses.

Le sanctuaire marin qui existe déjà aux Galapagos n'a pas réussi à stopper le prélèvement annuel de 300 000 requins ni à endiguer les prises en augmentation dans les eaux locales pour nourrir un nombre croissant d'écotouristes.

L’île Cocos du Costa Rica est un sanctuaire depuis des décennies mais les rangers mal équipés ne disposent pas des ressources nécessaires pour défendre les zones déjà protégées.

Le braconnier de légine, le Viking, a été coulé par les autorités indonésiennes - Photo: Gary StokesLe braconnier de légine, le Viking, a été coulé par les autorités indonésiennes
Photo: Gary Stokes
Sea Shepherd signale la localisation d'opérations de pêche illégale depuis des décennies sans réaction des organismes de réglementation jusqu'à récemment ; et encore, seulement en réponse au tapage que nous avons fait à grand renfort de poursuites et de confrontations en haute mer.

L'Indonésie et le Chili ont pris des mesures de destruction des bateaux de pêche illégaux mais presque partout ailleurs en haute mer, les braconniers pillent en toute impunité, engrangeant des milliards de dollars de profits illicites.

Les efforts de Sea Shepherd pour mettre un terme à la pêche illégale ont été couronnés de succès malgré le manque de financement et de soutien, bien que j'apprécie et reconnaisse la coopération du Mexique, du Gabon, de l'Équateur, de l'Italie, de Sao Tome Principe et de l'Indonésie.

Nous prenons également acte des récentes mesures prises par Interpol et de sa coopération.

Il est vrai que des progrès sont réalisés, mais insuffisamment, trop tard et pas assez rapidement.

Nos océans se meurent. La quantité de poissons a diminué de 90 %. Les mers sont toujours plus polluées par les substances chimiques, le plastique, le pétrole, les radiations, sans parler du changement climatique. Les mammifères et les oiseaux marins meurent de faim.

Ces annonces et ces engagements sont extraordinaires et constituent certes une énorme amélioration de la façon dont ces questions ont été traitées par la dernière génération. Ils sont la preuve d'une préoccupation grandissante et nous ne voulons pas en diminuer l'importance.

Nous devons juste savoir que ces engagements ne représentent pas des solutions complètes. Davantage doit être entrepris et plus précocement, beaucoup plus précocement.

Déceler les opérations de pêche illégales et non réglementées ne présente guère de difficulté, encore moins avec la technologie présentée par M. DiCaprio.

En revanche, la clé réside dans la mise en application, ce qui implique des patrouilles, des condamnations dissuasives et la fin de la corruption qui permet à ces opérations illégales de perdurer.

Nous avons constaté et expérimenté cette corruption en direct sur le terrain et savons que dans de nombreux pays, elle émane des plus hauts niveaux.

Sea Shepherd ne participait pas à la conférence de Washington D.C. - j'ai ouï dire que ce n'était pas une réunion ouverte aux pirates, ce qui est compréhensible. En outre, nous ne sommes pas grands amateurs de réunions.

Nous n'avons pas besoin de réunions mais d'action. Nous avons des navires. Nous avons des volontaires et, par-dessus tout, nous avons le courage, l'imagination et la passion nécessaires pour faire la différence.

Au cours de l'année qui vient, Sea Shepherd continuera à intervenir contre les activités illégales partout sur la planète avec ses navires et ses équipages dans les océans Atlantique, Pacifique, Austral et Indien et en mer Méditerranée.

Des carcasses de requins alignées sur le pont du Alemar Primero - Photo : Alejandra GimenoLe 6 août, le palangrier espagnol Alemar Primero a été arraisonné grâce à une des patrouilles menées par les officiers gabonais de surveillance des pêches et l'équipage de Sea Shepherd - Alejandra Gimeno

L'an prochain, Sea Shepherd fêtera son 40e anniversaire en tant qu’organisation anti-braconnage.

Nous agissons comme nous le faisons avec les ressources disponibles, dans les limites de la loi et de la faisabilité.

Nos tactiques peuvent parfois être controversées mais elles ont fait leurs preuves de réussite. Nous obtenons des résultats sans blesser quiconque. Nous mettons un terme aux activités illégales et sauvons des vies en protégeant l'intégrité des sanctuaires marins partout dans le monde.

La controverse ne nous gêne pas. J’aime nous qualifier de "dames de la nuit" du mouvement de protection des océans. Nombreux sont ceux qui nous approuvent secrètement mais ne voudraient pas nous fréquenter en plein jour. Et ce n’est pas grave car la force d'un mouvement, tout comme celle d'un écosystème, repose sur la diversité.

Cependant, nous recevons au fil des ans un soutien grandissant et plus ouvert, pendant que nos prévisions se réalisent et que nos opérations sont couronnées de succès.

L'an passé, le secrétaire d'état John Kerry et Interpol ont salué les actions de Sea Shepherd qui ont permis de mettre un terme au braconnage de la légine dans l'océan Austral.

Nous recevons également des encouragements et le soutien de l'Équateur, du Gabon, de l'Indonésie ainsi que de la marine et la police en Italie, aux Honduras, et en France, comme du président du Mexique.

À l'heure actuelle, plus d'une centaine de volontaires de Sea Shepherd sont en mer sur neuf navires. De nombreux autres volontaires se trouvent au Costa Rica, aux Honduras, en Floride, au Japon et dans les îles danoises des Féroé.

Après quarante ans sans provoquer un seul accident corporel, nos tactiques d'intervention agressives non violentes ont fait leurs preuves.

Sea Shepherd est un mouvement mondial en expansion et nous sommes reconnaissants aux nations qui ont participé à cette réunion de Washington d'étendre les aires protégées, ce qui nous apporte un degré supplémentaire d'autorité pour arrêter les criminels qui continuent à exploiter les océans sans aucun respect pour les lois de la nature, ni celles de l'humanité.

Tout se résume à cela : Si les océans meurent, nous mourons tous !

Cependant, Sea Shepherd applaudit les annonces suivantes de toutes ces entités faites la semaine dernière.

1.Les États-Unis ont annoncé l'extension du Papahānaumokuākea Marine National Monument au large d'Hawaii pour atteindre une surface de 1 146 798 kilomètres carrés, créant ainsi la plus vaste aire marine protégée au monde et protégeant définitivement des récifs de corail intacts, des habitats en eaux profondes et d'importantes ressources écologiques.
2.Les États-Unis ont également annoncé la création d'un nouveau monument marin de 12 725 kilomètres carrés couvrant les canyons et reliefs marins de Nouvelle-Angleterre.
3.Les Seychelles ont annoncé la création d'une aire marine protégée de 400 000 kilomètres carrés (30 pour cent de sa ZEE) à l'horizon de 2020, dans le cadre d'un programme complet pour l'espace marin dans l'ensemble de sa ZEE, via la conversion de sa dette à hauteur de 27 millions de $ avec ses créanciers Paris Club et le gouvernement d'Afrique du Sud ainsi que l'appui de Nature Conservancy et d'investisseurs privés intéressés par la protection de l'univers marin.
4.Le Royaume-Uni a annoncé la désignation d'une aire marine protégée, exploitée de façon durable, sur l'ensemble de la zone maritime de 445 000 kilomètres carrés de Sainte-Hélène et la création définitive de l’aire marine protégée autour des îles Pitcairn proposée en 2014, qui ferme plus de 99 pour cent des 840 000 kilomètres carrés de zone maritime autour des îles, soit 40 000 kilomètres carrés de plus que ce qui était initialement prévu.
5.Le Royaume-Uni a présenté une feuille de route pour déterminer l'emplacement exact d'une aire marine fondée de manière probante, totalement protégée autour de l'île Ascension, couvrant au moins 220 000 kilomètres carrés à l'horizon de 2019 et s'est engagé à établir un régime de protection des eaux sur la totalité de la zone économique exclusive de 75 000 kilomètres carrés de Tristan da Cunha à l'horizon de 2020. Au total, cela représente 1 455 kilomètres carrés de nouveaux engagements en termes d’aires marines protégées. Le Royaume-Uni a également promis plus de 22 millions de $ (20 millions d'euros) sur les quatre années à venir afin de soutenir la mise en place, la gestion, la surveillance et la mise en vigueur de ces nouvelles aires marines protégées.
6.Les États fédérés de Micronésie ont déclaré s'engager à étendre jusqu'à 24 miles nautiques l’aire protégée autour de chaque île, où la pêche commerciale est interdite, protégeant ainsi 184 948 kilomètres carrés supplémentaires de ses eaux océaniques. Le Canada a réaffirmé sa détermination pour atteindre les objectifs de protection marine, notamment celui qui consiste à protéger 5 % des zones marines et côtières du Canada à échéance de 2017 et 10 % à l'horizon de 2020. Contribuant à cet objectif et élaborant de précédentes actions, le Canada a annoncé des programmes de protection des écosystèmes benthiques sensibles dans le golfe du Maine, par le biais de la fermeture de pêcheries dans le bassin de Jordan ainsi que dans les canyons de Corsair et Georges, qui représentent plus de 9 000 kilomètres carrés de la côte atlantique canadienne. Ces nouvelles mesures de protection en Atlantique complètent l’aire marine protégée d'Anguniaqvia Niqiqyuam dont la création est imminente dans l'Arctique occidental canadien et celle du détroit de Hecate/Queen Charlotte, sur la côte pacifique canadienne. La protection de ces aires marines sur les trois côtes canadiennes, associée aux projets d'une aire de protection marine nationale dans le détroit de Lancaster dans l'Arctique canadien, totalisera plus de 58 121 nouveaux kilomètres carrés marins protégés à l'horizon de 2017 pour le Canada et les océans du monde.
7.L'Équateur a annoncé la création d'un sanctuaire marin ou toute prise sera interdite dans la réserve marine des îles Galápagos, interdisant la pêche sur 40 000 kilomètres carrés supplémentaires autour des îles Galápagos septentrionales de Darwin et Wolf. Le sanctuaire marin protégera la zone qui abrite la plus importante concentration de requins de la planète.
8.Le Cambodge a annoncé la création de sa première aire marine protégée, qui couvrira 405 kilomètres carrés dans les eaux de l'archipel de Koh Rong.
9.Les Palaos ont annoncé la création définitive du sanctuaire marin national proposé en 2014. Le sanctuaire, qui englobe l'intégralité de la ZEE des Palaos, interdit toutes les activités de prélèvement, y compris par les pêcheurs et exploitants miniers étrangers dans 80 % de la zone, alors que les 20 % restants deviendront une zone de pêche exclusivement domestique afin d'assurer la sécurité alimentaire de la population locale.
10.La Colombie a annoncé qu'elle allait quadrupler la taille du sanctuaire de la flore et de la faune de Malpelo, qui abrite l'un des plus importants regroupements de requins, de sorte qu'il couvre 20 237 kilomètres carrés supplémentaires. La Malaisie a annoncé la création de l’aire marine protégée de Tun Mustapha Park sur 10 000 kilomètres carrés et un projet de capacité de répression sur le parc grâce à 250 000 $ versés par les États-Unis et 50 000 $ par WildAid.
11.Le Costa Rica a annoncé qu'il allait étendre les eaux protégées du parc national de l’île Cocos de près de10 000 kilomètres carrés, ce qui quadruplera pratiquement cette zone dans le but de protéger, entre autres, les requins à pointe blanche, les requins baleine et les requins marteau. Malte a annoncé la désignation de neuf nouvelles aires marines protégées représentant environ 3 450 kilomètres carrés et couvrant une zone beaucoup plus importante que le pays lui-même (316 kilomètres carrés).
12.Le Sri Lanka a annoncé l’aire marine protégée de Veduthalathiv Nature Reserve couvrant 292 kilomètres carrés, ainsi que 800 kilomètres carrés répartis dans quatre nouvelles aires marines protégées d'habitat des mammifères marins, les récifs coralliens, les oiseaux migrateurs et côtiers et autres espèces marines : les aires marines protégées du golfe de Mannar et le sanctuaire du lagon de Jaffna. Le Sri Lanka réservera 86,05 kilomètres carrés supplémentaires d’aires protégées terrestres associées aux aires marines et dont l'écosystème dépend : les sanctuaires du lagon de Nai Aru et de Nandikadal.
13.La Corée a annoncé la désignation de la baie de Garorim couvrant 91,2 kilomètres carrés, l'un des deux seuls habitats coréens des phoques mouchetés en voie de disparition et zone importante de reproduction pour de nombreuses espèces de poissons. Il s'agira de sa 25e aire marine protégée, soit une progression vers son objectif annoncé d'augmenter les aires marines protégées jusqu'au nombre de 32 à l'horizon de 2020‎.
14.La Thaïlande a annoncé une aire protégée pilote de 10 kilomètres carrés pour les dauphins dans la baie de Trat, pouvant potentiellement s'étendre à l'ensemble des 880 kilomètres carrés de cette baie, ainsi que la protection renforcée des dugongs et de leurs habitats, notamment avec l'ouverture d'un centre de sauvetage des mammifères marins à Phuket en 2017 et la création de 400 kilomètres carrés de zones protégées pour les dugongs dans la province de Trang à l'horizon 2020.
15.Le Maroc a annoncé la création de trois aires marines protégées, à Moghador, Massa et Albora, couvrant 775 kilomètres carrés sur les côtes atlantique et méditerranéenne marocaines, ainsi que des projets pour en créer une quatrième à M’diq le long de la Méditerranée à l'horizon de 2018, où la pêche au chalut sera interdite.
16.La Norvège a annoncé trois nouvelles aires marines protégées totalisant 170 kilomètres carrés, pour protéger un récif de corail du littoral, un estuaire et une zone côtière riche et diverse dans les régions de Rogaland et Sør-Trøndelag, puis de dix aires marines protégées supplémentaires pour la sauvegarde des coraux d'eaux froides.
17.Le Liban a annoncé son intention d'établir une aire marine protégée de 30 kilomètres carrés à Naqoura et Ras ech Chaqaa. Le Koweït a annoncé des aires marines protégées autour de Garouh, de l'île de Kubar et des îles Um-Al-Maradim couvrant 0,158 kilomètre carré afin de protéger les plages, les hauts fonds, les récifs coralliens et autres formes de vie marine.
18.Monaco a annoncé avoir participé à hauteur d'environ 563 000 $ (500 000 euros) pour donner le coup d'envoi à un fonds fiduciaire établi avec la France et la Tunisie, qui apportera un soutien financier à long terme pour les aires marines protégées désignées par les pays méditerranéens ; ce fonds renforcera les aires marines protégées existantes, encouragera la création de nouvelles, favorisera le renforcement des capacités et complétera les initiatives existantes.
19.L'Australie a annoncé qu'elle débloquera un budget supplémentaire de 41,95 millions de $ (56,1 millions de $ australiens) sur 4 ans pour renforcer la gestion de ses aires marines protégées. Il s'agit du plus vaste réseau d’aires marines protégées au monde. Ce financement permettra de développer des approches modernes de gestion et soutiendra la recherche pour mieux comprendre les enjeux écologiques, sociaux et économiques des réserves marines australiennes.
20.Le Sri Lanka a annoncé son intention de créer un complexe de protection des tortues marines à Dodanduwa dans la province du sud, afin d'offrir un refuge aux tortues blessées et d'éduquer la communauté locale. Il sera terminé cette année.
21.La France a annoncé son intention d'agrandir de 550 000 kilomètres carrés la réserve marine des territoires français du Sud dans l'océan Indien, ainsi que son engagement de créer une aire marine protégée autour de l'île de Clipperton. La France s'est également engagée sur un objectif de protection de 75 % de ses récifs coralliens à l'horizon de 2021.
 

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