Commentary and Editorial

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Jeudi, 09 Mars 2017 08:56

Fin de l’Opération Némésis

Par le capitaine Alex Cornelissen

L’Ocean Warrior à quai à Henderson, en Australie occidentale. Photographie : Sea Shepherd Global/Simon AgerL’Ocean Warrior à quai à Henderson, en Australie occidentale - Photographie : Sea Shepherd Global/Simon AgerL’arrivée de l’Ocean Warrior à Henderson, en Australie occidentale, clôt la campagne annuelle contre la chasse à la baleine menée par des braconniers japonais dans l’océan Austral.

Nos vaisseaux ont passé 93 (pour l’Ocean Warrior) et 83 jours (pour le Steve Irwin) en mer. Ils ont passé toute cette période à la recherche de l’abattoir flottant qu’est le Nisshin Maru ; hélas, nous annonçons à regret que nous n’avons pas réussi à suivre à la trace l’usine flottante japonaise.

Nous ne connaîtrons pas l’étendue de notre succès avant que la flotte baleinière japonaise rentre au port et annonce le nombre des baleines tuées ; ce que nous savons, c’est que, tout le temps que nous avons passé dans les eaux préservées de l’océan Austral, nous l’avons forcée à se déplacer constamment, lui faisant perdre des millions de dollars.

Si l’on constate combien de temps a duré la présence dans l’Antarctique de la flotte baleinière, il apparaît clairement que la nôtre a grandement limité l’efficacité de ses opérations de braconnage. Son quota, très réduit, de 333 baleines seulement (grâce aux précédentes années de campagne de Sea Shepherd) aurait pu être atteint sans peine en seules quelques semaines de chasse ininterrompue. Mais il a fallu cette fois plus de trois mois aux baleiniers – et l’on peut encore mettre en doute le fait que cet objectif ait été atteint.

L’Ocean Warrior à quai à Henderson, en Australie occidentale. Photographie : Sea Shepherd Global/Simon AgerRendez-vous de l’Ocean Warrior et du Steve Irwin dans l’océan Austral au cours de l’Opération Némésis - Photographie : Sea Shepherd Global/Simon Ager

Nous savions que cette campagne serait très difficile, pour plusieurs raisons :

Le nouveau plan de chasse de la flotte baleinière (NEWREP-A) a fait doubler l’étendue du territoire de chasse des années précédentes (du plan de JARPA II, que la CIJ a jugé en 2014 n’être pas "mené en vue de recherches scientifiques"), nous rendant leur traque plus difficile.
Compte tenu de son quota réduit, de 333 baleines, nous aurons plus de mal à remporter le même succès qu’avant si nous l’évaluons d’après le nombre de vies sauvées. À l’époque où le quota, auto-proclamé, était de 1035 baleines, nous parvenions fréquemment à empêcher la flotte de tuer plus d’un tiers de celles-ci chaque saison, mais c’était tout, en dépit de nos efforts.
La prolongation de la saison d’abattage autorise les baleiniers à demeurer dans l’Antarctique tant que les conditions météorologiques le permettent ; elle rend également plus ardue l’intervention de Sea Shepherd tout au long de la saison de la chasse, nos réserves de carburant étant limitées.
Le navire ravitailleur en carburant dont dispose la flotte baleinière lui permet une présence dans l’océan Austral et une pleine vitesse toute la saison.
Il y a une autre nouveauté au prétendu plan "de recherche" : le quota transférable, selon lequel toute baleine que nous aurons réussi à sauver cette année pourra tout bonnement augmenter le quota des années suivantes.

Un petit rorqual, espèce protégée, gisant mort sur le pont du Nisshin Maru - Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn LockitchUn petit rorqual, espèce protégée, gisant mort sur le pont du Nisshin Maru
Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn Lockitch

À propos de Sea Shepherd :

Nous sommes forcés de parcourir des distances bien plus grandes, donc de consommer bien davantage de carburant qu’auparavant.
Chaque fois que nous approchions d’un harponneur ou découvrions en mer des rejets de graisse de baleine, indices de la proximité du théâtre d’une récente mise à mort (donc celle de la flotte), l’usine flottante n’avait qu’à se diriger à toute vitesse dans la direction opposée (comme on le constate dans notre vidéo prise en hélicoptère).
Le Steve Irwin a été pris en filature par le Yushin Maru 3, ce qui a donc retenu un des harponneurs hors jeu pendant 36 jours.
L’Ocean Warrior a été repéré à plusieurs reprises par d’autres harponneurs, preuve nette que ces navires déployaient leurs efforts pour traquer notre nouveau vaisseau intercepteur, afin de communiquer notre position au Nisshin Maru. Il semble que cela les a mis eux aussi hors jeu ; d’ailleurs, l’Ocean Warrior, plus rapide, pouvait aisément semer son poursuivant, éveillant sans nul doute une grande irritation parmi la flotte baleinière.

L’hélicoptère du Steve Irwin interrompt des opérations de chasse dans le sanctuaire baleinier australien - Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn LockitchL’hélicoptère du Steve Irwin interrompt des opérations de chasse dans le sanctuaire baleinier australien - Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn Lockitch

Autres facteurs :

Les conditions météorologiques, très mauvaises cette année, ont limité le nombre de jours permettant de chasser la baleine.
Les baleiniers ont indiqué ne pas vouloir de confrontation avec Sea Shepherd. Il s’agit manifestement d’une stratégie différant nettement des campagnes précédentes, lors desquelles nos navires avaient été percutés, endommagés, et l’un d’eux, perdu, par le fait des baleiniers japonais.

La raison d’un tel changement de stratégie est évidente : les baleiniers japonais veulent montrer que notre intervention est vaine, qu’ils atteindront leur quota malgré notre présence. Ils espèrent ainsi saper notre moral et nous pousser finalement à abandonner.

La question est la suivante : ont-ils réussi à briser notre résistance ?

Même sans avoir appris s’ils ont atteint leur quota, je peux déjà affirmer que ce n’est pas le cas. Bien que nous n’ayons pu amener l’un de nos vaisseaux derrière la rampe de l’usine flottante (notre but ultime), nous n’en avons pas moins considérablement perturbé leur plan de chasse à la baleine.

Chaque baleine sauvée parmi les 333 condamnées à mort méritait notre déplacement dans l’océan Austral, cette saison encore. Cela dit, même si le quota était atteint, il faudrait rappeler que Sea Shepherd a été une fois de plus l’UNIQUE organisation à contrarier cette opération de braconnage financée par un gouvernement.

L’hélicoptère du Steve Irwin enregistre l’image d’un petit rorqual, espèce protégé, gisant mort sur le pont du Nisshin Maru - Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn LockitchL’hélicoptère du Steve Irwin enregistre l’image d’un petit rorqual, espèce protégé, gisant mort sur le pont du Nisshin Maru - Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn Lockitch

Nous avons enregistré l’image d’un petit rorqual mort gisant sur le pont du navire abattoir, dans l’indifférence de la communauté internationale, au moment même où le gouvernement australien accueillait à bras ouverts le Premier ministre japonais en visite officielle.

Quelles en sont les causes ? Des accords commerciaux et politiques avec le Japon. Le profit qui passe avant la préservation d’espèces intelligentes et sociales ; l’orgueil aveugle, avant la santé écologique ; une seule nation, avant l’opinion mondiale.

Nous avons appris cette année que nous devions en faire plus pour être en mesure de contrer les braconniers la saison prochaine. Nous sommes une simple ONG en guerre contre une flotte baleinière financée par le gouvernement japonais. Nous dépendons de donateurs et de volontaires, tandis que notre adversaire dépense des millions pour perpétuer ce massacre et répondre à une demande chimérique de viande de baleine ainsi qu’à une industrie ne rapportant aucun bénéfice depuis plus d’une décennie.

Une baleine à bosse plonge, un harponneur japonais à l’horizon - Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn LockitchUne baleine à bosse plonge, un harponneur japonais à l’horizon
Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn Lockitch

Pour réussir, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien. Si nous en avions les moyens, nous enverrions là-bas une dizaine de navires, appuyés par notre propre vaisseau avitailleur de carburant.

Je ne ressens rien d’autre que de la fierté à l’égard des capitaines et équipages de l’Ocean Warrior et du Steve Irwin. Ils ont été les seuls présents pour contrer les braconniers japonais chassant la baleine. M’étant rendu moi-même dans ces eaux à cinq reprises, je suis conscient de leur sacrifice : avoir enduré tempêtes et épreuves, lutté contre le mal de mer et été séparés de ceux qui leurs sont chers en une période des fêtes pour le monde entier. C’est pourquoi le moindre de nos membres d’équipage a tout mon respect.

Le Steve Irwin et l’Ocean Warrior devant le coucher de soleil sur l’océan Austral - Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn LockitchLe Steve Irwin et l’Ocean Warrior devant le coucher de soleil sur l’océan Austral
Photographie : Sea Shepherd Global/Glenn Lockitch

 

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