Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Lundi, 03 Avril 2017 07:54

Réaction au quota atteint de 333 baleines par les baleiniers japonais

par le Capitaine Peter Hammarstedt, vétéran de nos missions antarctique

Le capitaine Hammarstedt sur la passerelle de commandement du Bob Barker - Photo :  Credit: Sea Shepherd Global / Simon AgerLe capitaine Hammarstedt sur la passerelle de commandement du Bob Barker
Photo : Sea Shepherd Global / Simon Ager
Aujourd’hui nous avons appris une triste nouvelle : la flotte baleinière japonaise a réussi à atteindre son quota factice et auto−attribué, malgré tous les efforts de Sea Shepherd pour y faire entrave.

Bien que cette nouvelle soit profondément décevante, nous devons nous rappeler que le programme japonais de chasse à la baleine en Antarctique est radicalement différent de ce qu’il était il y a 15 ans quand nos campagnes de défense des baleines ont commencé.

À ma première campagne en Antarctique, la flotte japonaise prévoyaient de tuer 1 035 baleines. Son quota annuel est désormais de 333, un chiffre revu à la baisse grâce aux succès des campagnes de Sea Shepherd. Ainsi, chaque année, 702 baleines sont épargnées.

Le quota de 333 baleines est plus facilement atteignable pour les baleiniers japonais, d’autant plus qu’ils ont doublé la superficie de leur zone de chasse, ce qui les rend deux fois plus difficiles à trouver.

J’ai lu des commentaires reprochant à Sea Shepherd de ne pas avoir envoyé plus de bateaux dans l’océan Austral. Le calendrier de maintenance, les finances et d’autres engagements ne l’ont pas permis.

De plus, Sea Shepherd n’est pas qu’une organisation anti−chasse à la baleine. Sea Shepherd est un mouvement de préservation des milieux marins.

Le Sam Simon remonte chaque jour des filets illégaux en mer de Cortez dans un ultime effort pour tenter de sauver la vaquita (marsouin du Pacifique), dont il ne reste que 30 individus. La flotte de Sea Shepherd présente dans le cadre de sa campagne justement baptisée Opération Milagro, qui signifie "miracle" en espagnol, reste le seul espoir pour les vaquitas.

Le Bob Barker patrouille dans les eaux du Libéria, où cinq navires impliqués dans la pêche illégale ont été arrêtés et des millions de poissons et de crevettes ont été sauvés dans une zone où plus de 50% des ressources halieutiques sont surexploitées.

J’ai passé toute ma vie d’adulte à faire campagne contre la chasse à la baleine. Je me suis même retrouvé pris en sandwich entre deux énormes navires alors que Sea Shepherd faisait endurer aux Japonais la pire saison de leur histoire, donc je sais que la mort de chaque baleine est une tragédie. Mais je reconnais également que les problèmes auxquels sont confrontés les océans du monde sont plus importants que le programme japonais de chasse à la baleine dans l'océan Austral.

Chaque année, plus de 300 000 baleines, dauphins et autres cétacés meurent en tant que prises accidentelles dans les filets des pêcheurs du monde entier, presque 1 000 fois le nombre de cétacés visés par la flotte baleinière japonaise.

Malheureusement, ces 300 000 animaux sont des victimes invisibles de l’industrie de la pêche. Ils ne reçoivent pas l’attention que suscite le programme baleinier japonais, avec ses harpons explosifs et la mer de sang qu’ils font couler. Pourtant, ces animaux souffrent autant quand ils sont noyés dans les filets invisibles qui parsèment le globe.

Oui, Sea Shepherd n’a envoyé que deux bateaux dans l’océan Austral cette année. En envoyer davantage aurait été au détriment de la vie d’animaux sauvés dans d’autres opérations ailleurs.

Nous devons affronter de multiples menaces sur les océans, qu’il s’agisse de l’acidification des eaux, de la pollution ou de la surpêche.

La chasse illégale à la baleine est certes spectaculaire mais la surpêche, dont la principale cause est la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, tue bien plus de cétacés et représente une menace bien plus importante pour la biodiversité.

La chasse à la baleine était un grand enjeu de conservation dans les années 1970. Le mouvement Save The Whales (Sauvons les baleines) a aidé à donner naissance au mouvement environnemental moderne.

Mais depuis lors, les menaces qui pèsent sur les océans se sont aggravées puisque le nombre de poissons dans le monde a été divisé par deux par rapport à l’époque où le capitaine Paul Watson est intervenu pour la première fois contre les baleiniers, en 1975. Nous avons dépassé le mouvement Save the Whales par nécessité. Nous sommes un mouvement Save the Oceans.

Malheureusement, cela signifie que nos bateaux ne pouvaient pas tous se rendre en Antarctique.

Aujourd’hui, nous pensons aux baleines qui sont mortes, puis nous continuerons à nous battre pour les océans comme nous l’avons toujours fait.

Requins morts capturés par un navire de pêche à la senne tournante - Photo : Sea Shepherd Global / Simon AgerRequins morts capturés par un navire de pêche à la senne tournante
Photo : Sea Shepherd Global / Simon Ager

Un rorqual tropical pris au piège dans le filet d'un navire de pêche à la senne tournante - Photo : Sea Shepherd Global / Simon AgerUn rorqual tropical pris au piège dans le filet d'un navire de pêche à la senne tournante
Photo : Sea Shepherd Global / Simon Ager

Des dauphins prisonniers d'un filet maillant illégal en mer de Cortez - Photo : Sea Shepherd Global / Thomas Le CozDes dauphins prisonniers d'un filet maillant illégal en mer de Cortez
Photo : Sea Shepherd Global / Thomas Le Coz

Le Bob Barker pris en sandwich entre le Nisshin Maru et le SunLe Bob Barker pris en sandwich entre le Nisshin Maru et le Sun

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact