Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Lundi, 28 Août 2017 00:00

Campagne Jairo Mediterraneo : L’action qui fait la différence

La directrice de Sea Shepherd Italie, Andrea Morello, écrit sur les “actions directes” quotidiennes que nous pouvons tous (et même un petit enfant) réaliser pour sauvegarder les océans et la faune marine.

Présence d'un DCP en mer Méditerranée
Présence d'un DCP en mer Méditerranée

Lors d’un voyage à Syracuse avec Patrizia Maiorca, j’ai pu observer l’éclosion d’un nid de tortue Carette (aussi appelées tortues Caouanne) grâce à un enfant qui avait signalé la présence du nid sur la plage d’Arenella. Nous avons pu localiser ce nid parce que l’enfant et son père ne se sont pas contentés de regarder ces petites tortues, qui avaient éclos sur la plage en pleine journée et sous un soleil de plomb, essayer en vain de rejoindre la mer. Au lieu de ça, ils ont agi pour sauver la vie de ces tortues et ont pu voir le résultat concret de leur action.

Volontaires à terre sur la Campagne Jairo Med avec l’équipe de Stazione Zoologica Anton Dohrn. Photo Sea Shepherd ItaliaVolontaires à terre sur la Campagne Jairo Med avec l’équipe de Stazione Zoologica Anton Dohrn. Photo Sea Shepherd Italia

C’est ainsi que, durant la nuit, nous avons pu localiser le nid sous le sable tassé et durci par le déplacement des gens et le passage d'une cribleuse – machine destinée à nettoyer et aplanir le sable pour les touristes – qui est passée à plusieurs reprises sur le nid. Comme s'ils sentaient que leur environnement était enfin protégé, 15 merveilleux bébés tortues sont sortis du sable pour rejoindre immédiatement la mer. Ils ont survécu au milieu des bars de plage et des éclairages nocturnes qui les attirent et les écartent de leur chemin naturel pour les conduire à la mort. Cette nuit-là, l’action entreprise par ce jeune garçon a fait la différence.

Et c’est exactement ce qui définit Sea Shepherd : l’action qui fait la différence.

Un bébé tortue Carette rejoint la mer en toute sécurité. Photo Sea Shepherd ItaliaUn bébé tortue Carette rejoint la mer en toute sécurité. Photo Sea Shepherd Italia

Tous les jours, quand le soleil se lève et illumine l'horizon, 25 personnes embarquent sur le Sam Simon depuis le port de La Spezia, prennent la mer pour patrouiller dans les eaux du sud de la mer Tyrrhénienne, interviennent pour la préservation de la mer et de la vie marine, et agissent sous le pavillon qui flotte au-dessus de la proue du bateau : le Jolly Roger.

07h20 : la première observation a lieu, un dispositif de concentration de poissons (DCP) est repéré. Il s’agit de conglomérats flottants composés de plusieurs pièces en plastique reliées entre elles par de fines lignes en nylon et ancrées par des poids au fond de la mer à de grandes profondeurs. Nous commençons à recenser et localiser sur le GPS, l’un après l’autre, deux, cinq… des douzaines de DCP. Ils représentent un réel danger, particulièrement pour les tortues, qui se prennent dans les lignes et parfois s’emmêlent et ne peuvent se dégager, se retrouvant ainsi condamnées à une mort certaine.

L’action qu’a entreprise ce jeune à Syracuse, ainsi que celle des 25 volontaires venant de six pays différents, mais également l’action de coordination du Département Maritime de la région de Catane, qui nous a permis de réaliser cette opération de patrouille, a eu des effets immédiats dès les quatre premiers jours :

3500 mètres de cordes en nylon fin ont été retirés de la mer ; 1500 mètres de lignes de pêche épaisses sans hameçon ont également été récupérés en Méditerranée ; 29 DCP illégaux et un nombre incalculable de bouteilles en plastique, de ballons, de bidons contenant encore de la peinture et des jerricans contenant des substances polluantes, sont désormais à bord du Sam Simon.

Le Sam Simon pendant une opération de récupération d’un DCP illégal dans la Mer Tyrrhénienne. Photo Sea Shepherd ItaliaLe Sam Simon pendant une opération de récupération d’un DCP illégal dans la Mer Tyrrhénienne. Photo Sea Shepherd Italia

Ces DCP illégaux nuisent non seulement à la vie marine en Méditerranée mais également à la pêche locale et légale. Le plan de gestion de la pêche locale pour les îles Eoliennes régule l’utilisation des DCP (ou “cannizzi”) : “Dans la zone soumise à la réglementation, des périmètres précis doivent être définis dans lesquels les “cannizzi” doivent être ancrés, et leur nombre déterminé au préalable (maximum 20), ainsi que leur positionnement et utilisation (mesure 1.4 du EFF - Fonds européen pour la pêche - de 2007-2013). Ils devront être attribués aux pêcheurs par voie de tirage au sort et devront porter les initiales qui les rendront identifiables. De plus, dans le but de combattre le fait qu’au cours des dernières années, les dorades coryphènes se retrouvent prises dans les filets de plus en plus tôt, il a été ordonné que les “cannizzi” ne soient positionnés qu’à partir du 15 septembre, et que le début de la période de pêche des dorades coryphènes ne commence que le 30 octobre”**. Les DCP recueillis ne pouvant être identifiés, et en l'absence totale de traçabilité, ils sont donc considérés comme de la pêche illicite, non déclarée, non réglementée (INN).

Sea Shepherd lutte contre la pêche INN, contre l’utilisation du plastique et contre les filets de pêches illégaux, grâce à une flotte de dix bateaux présente sur presque toutes les mers de notre planète. Pour autant, l’arme la plus efficace qui fait la différence est la passion ; celle qui pousse les individus à ne pas fermer les yeux sur les actions illégales et la cruauté, et à les combattre au moyen d’actions directes.

Des millions de tonnes de plastique sont rejetés chaque année dans les océans. Des milliards de poissons sont capturés illégalement et réintroduits sur les marchés internationaux par le biais de transbordements que nous pouvons à peine imaginer. Et prenons le cas des japonais qui continuent de nos jours à venir dans le sanctuaire baleinier de l’océan Austral pour chasser les baleines, faisant ainsi un pied de nez aux lois internationales, malgré le verdict qu’a rendu la Cour internationale de Justice contre eux.

Malgré le niveau d’illégalité constaté en mer et la quantité épouvantable de ravages causés par notre civilisation à l’échelle internationale, malgré l'immobilisme alors que les faits sont prouvés, un nombre toujours croissant de personnes et d'équipages s'équipent de caméras, s'engagent avec passion, veillent à la cohérence et, avec le soutien de ceux qui aident à terre, entreprennent conjointement des actions tous les jours pour la chose la plus précieuse, la chose qui mérite que nous nous battions : la Vie.

Deux bénévoles de Sea Shepherd Italia

Inspiré par 40 ans d'actions directes entreprises par notre fondateur, le capitaine Paul Watson, et par les volontaires du monde entier à terre et en mer, qui "ne ferment pas les yeux", aujourd'hui encore le Sam Simon met le "cap vers le large", comme disait Enzo Maiorca, pour défendre, préserver, et protéger les océans, en collaboration avec les autorités et gouvernements qui "ne ferment par les yeux" et qui agissent concrètement et conjointement avec tous les Sea Shepherd (Justiciers des Mers), pour stopper les pratiques de pêche illégale, ne laissant derrière eux, ni cruauté, ni pollution, mais l'idée de partage et de respect de toutes les vies.

Quatre années se sont écoulées depuis le 31 mai 2013, jour tragique où Jairo Mora Sandoval a trouvé la mort, assassiné, à l'âge de 26 ans. "Jairo était un jeune défenseur de l’environnement costaricain qui fut brutalement assassiné par des braconniers alors qu’il était en train de faire ce qu’il aimait le plus au monde : protéger les nids des tortues marines”, rappelait le capitaine Paul Watson dans un long article consacré à ce jeune militant. "Les braconniers l’ont d’abord laissé suffoquer dans le sable avant de lui tirer une balle dans la tête. Quelques jours avant sa mort, Jairo avait demandé de l'aide au gouvernement costaricain, mais le gouvernement avait refusé d'intervenir. Peu de temps après, il perdait la vie et les braconniers ont été arrêtés uniquement à cause de la pression exercée par l'opinion publique. Ils ont ensuite été libérés parce que la police n'avait, selon ses déclarations, aucun élément de preuve. Les braconniers sont retournés en prison sous la pression de l'opinion publique, mais seulement quelques-uns ont encouru une condamnation définitive". Sea Shepherd a lancé, en l'honneur de l'activiste, l'Opération Jairo, dans le but de protéger les tortues marines. La branche italienne a également souhaité honorer Jairo, et en juin dernier, la campagne Jairo Mediterraneo a débuté le long de la côte italienne du Cilento pour protéger les nids des tortues caouannes. L’action directe des volontaires italiens de Sea Shepherd est menée pour les tortues et pour Jairo, afin que son sacrifice puisse inspirer d’autres militants à s’engager sur toutes les mers.

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact