Commentary and Editorial

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Mardi, 02 Mars 2010 16:08

La Noyade des Bébés de la Banquise

Éditorial du Capitaine Paul Watson

Il y a deux questions extrêmement frustrantes pour lesquelles je suis fortement en contradiction avec le gouvernement canadien.

La première est l'entêtement ridicule de celui-ci à l'égard du massacre des phoques. La seconde est la position délibérément arrogante et écologiquement infondée que le Premier ministre canadien Stephen Harper a prise sur la question du réchauffement planétaire et du changement climatique.

En bref, le gouvernement pense qu'il y a une population indéfiniment renouvelable de phoques du Groenland à sacrifier aux néo-barbares de Terre-Neuve et des Îles de la Madeleine en échange de leur soutien politique afin de se maintenir au pouvoir et de continuer à détruire notre planète avec des projets tels que les sables bitumineux de l'Alberta et l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Ces deux questions sont désormais réunies ce mois-ci. La banquise qui abrite les pouponnières de bébés phoques du Groenland n'est tout simplement pas là où elle devrait être cette année.

"Cette année a été une année inhabituelle, au point qu'il n'y a pas de glace. Il y a eu de hautes températures, des vents violents et par conséquent nous avons très peu de glace" a dit Dan Frampton, le superviseur de la Garde côtière chargé des opérations de la banquise. "À cette période de l'année, la banquise est habituellement au niveau du domaine de Saint Jean" (Terre-Neuve).

Frampton a déclaré que les brise-glaces ont chômé en l'absence de banquise dans le détroit de Belle Ile, entre la péninsule au Nord de Terre-Neuve et au Sud du Labrador, de même que dans le golfe du Saint-Laurent ou plus au Nord, au centre du Labrador.

"La côte Nord-Est [de Terre-neuve] est grande ouverte" a dit Frampton.

Frampton souligne que la banquise se forme habituellement en janvier et février et que, même si les températures descendent subitement en mars, il est peu probable que les conditions de glace changent de manière significative cette année.

Désormais le problème est que les phoques ont besoin de la banquise: en son absence les bébés phoques se noieront ou bien les naissances se feront sur les plages à la merci des habitants du coin qui les tueront pour s'amuser.

Dans le Golfe du Saint Laurent, il devrait y avoir au moins un million de phoques mais seulement 500 ont été recensés.

Les tabasseurs de bébés phoques des Iles de la Madeleine disent qu'ils ont "peur que leur chasse n'ait pas lieu".

Il me semble qu'ils devraient être davantage effrayés par le changement de leur écosystème.

Les scientifiques du gouvernement canadien disent que ce n'est pas juste un événement isolé.

"Au cours des dix dernières années, la banquise n'a pas été aussi épaisse que durant la décennie précédente, ce qui annonce une tendance à plus long terme" a déclaré Mike Hammill qui étudie la banquise pour Pêches et Océans Canada.

Hammill prédit que le manque de glace pourrait mener à une mortalité accrue parmi les bébés phoques. Il dit que la population de phoques est assez importante pour survivre cette année mais que cela peut ne pas être le cas pour les nombreuses années à venir si ces mêmes conditions perdurent.

Les habitants des Iles de la Madeleine du Québec, dans le Golfe du Saint-Laurent, confirment que la banquise habituelle à cette période de l'année ne s'est pas formée près de leurs côtes.

"Oui, il y a seulement de l'eau autour de l'île et pas de glace du tout", a dit Jean-Claude Lapierre, marin vétéran. "J'ai 69 ans et n'ai jamais vu cela. J'en ai discuté avec les plus âgés et c'est la première fois pour eux aussi."

Ainsi, nous sommes face au déroulement d'une prédiction que j'avais adressée au gouvernement canadien il y a une vingtaine d'années: je les avais avertis du besoin des phoques de maintenir leur population afin de résister à une future mortalité en raison du changement des conditions climatiques.

Le Canada soutient qu'il y a quatre à six millions de phoques du Groenland dans les eaux canadiennes et ils augmentent constamment les quotas de chasse au fil des années. Ils réduisent ainsi les populations avec la croyance profane que moins de phoques signifie plus de poissons, en particulier de morues.

Les faits écologiques ont plutôt démontré qu'une plus faible population de phoques signifie une plus faible population de morues. En effet, les phoques du Groenland sont des prédateurs importants de poissons qui se nourrissent de morue. Les pêcheurs ont toutefois refusé délibérément de croire à cette explication et ont préféré rendre les phoques responsables de l'épuisement des stocks de morues en 1992, stocks épuisés en fait par les grands chalutiers industriels à la drague.

Il y a cinq cents ans, quelques quarante millions de phoques vivaient sur le littoral (des phoques gris, des phoques à capuchon, des phoques communs, des morses); mais aujourd'hui, il ne reste pratiquement que les phoques du Groenland.

Avec une population réduite à dix pour cent de son nombre initial depuis la colonisation européenne, les différentes espèces de phoques ont été fortement affaiblies et ainsi placées en position vulnérable face à la menace grandissante du changement climatique.

Si la banquise disparaît, les phoques disparaîtront également.

Cet aveuglement et ce manque de compréhension écologique permettent au massacre des phoques de continuer même si leur futur est menacé par le réchauffement climatique.

Heureusement les gouvernements les plus éclairés d'Europe ont interdit les produits à base de phoque et ainsi réduit d'une manière significative le nombre de phoques massacrés par les barbares armés de massues de la côte Est.

Le fait est que chaque phoque tué diminue la capacité de l'espèce à survivre aux conditions qui évoluent rapidement.

Bien sûr il y a toujours ceux qui rationalisent toute tragédie dans la nature. Alors que je parlais, quelques années auparavant, de la possibilité d'un réchauffement climatique et d'une altération des conditions de glace, pouvant présenter une menace à la survie du phoque du Groenland, un pêcheur de Terre-neuve m'a dit en prenant une gorgée de bière et en me regardant avec plein de sagesse: "raison de plus pour les tuer tous avant qu'ils disparaissent."

Cela semble être également la stratégie du gouvernement canadien: tuer les phoques afin que personne ne s'aperçoive de la disparition de la banquise.

Pour la version originale de l'histoire, cliquez ici.

Article traduit bénévolement par Benoît.
 

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