Commentary and Editorial

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Dimanche, 05 Septembre 2010 00:00

Sea Shepherd rencontre des requins-baleines en pleine forme dans le Golfe du Mexique !

Par Bonny Schumaker

En ce week-end de fête du Travail (ndt : le 1er lundi de Septembre aux Etats-Unis), les équipes de Sea Shepherd ont rejoint leur ami et collègue Bonny Shumaker, acteur majeur dans le golfe depuis le mois de mai, membre du conseil d’administration de Sea Shepherd et fondateur d’ OnWingsOfCare.org., afin d’aider les scientifiques de l’University of Southern Mississipi et du Gulf Coast Research Laboratory, à repérer et marquer les requins-baleines. Bonny a survolé le Golfe presque quotidiennement depuis le mois de mai, observant et suivant les tâches de pétrole ainsi que la faune sauvage pour un large éventail de scientifiques. Il a enregistré plus de 250 heures de vol à basse altitude et vitesse réduite depuis les côtes jusqu’à 150 miles au large (ndt : environ 250 km), depuis l’ouest de la Louisiane jusqu’en Floride. Voici le récit de Bonny sur ce week-end riche en enseignements, passé en compagnie des bénévoles et supporters de Sea Shepherd qui n’ont pas ménagé leurs efforts.

whale shark

Un des moments forts vécu par Sea Sheperd au cours de ces dernières semaines passées dans le golfe s’est déroulé ce weekend quand nous avons eu à 21 reprises l’opportunité de rencontrer des requins-baleines (comptant au moins 12 spécimens) entre samedi et dimanche. Lors des missions précédentes avec les scientifiques de l’USM et du GCRL, il y avait un bateau accompagné d’un ou deux avions d’observation. Pendant notre expédition d’août 2009 dans la zone d’Ewing Bank, à environ 70 miles (110 km) de Port Fourchon (Louisiane), nous n’avions trouvé que 2 requins-baleine, un adulte et un pré-adulte, et les scientifiques avaient réussi à poser 2 balises sur l’un des deux.

Nous avions pu observer 5 dauphins qui jouaient avec le plus jeune requin-baleine – apparemment ils semblaient se pourchasser à tour de rôle. Les dauphins semblaient bien s’amuser et le petit requin-baleine n’était pas en reste. Les scientifiques ont été très intéressés par cette scène, car cela mettait à jour un nouvel aspect du comportement du requin-baleine sur lequel nous ne savons que peu de choses. Pendant ce voyage et les autres qui s’ensuivirent, nous avons été rejoints par Samantha Whitcraft et Deb Castellana de l’organisation OceanicDefense.org, 2 spécialistes de l’environnement également supporters de Sea Shepherd. Nous avions aussi pu observer un groupe de 7 orques, plusieurs grands bancs de dauphins Tursiop, (dont 2 regroupant 40-50 spécimens), et quelques tortues Luth. Mais toutes les sorties dans cette zone ont depuis mis en évidence une inquiétante absence de vie. Cette zone est au sud-ouest du puits de pétrole de Deepwater Horizon Macondo, et bien qu’étant suffisamment au large pour être en eau profonde, j’ai pu y observer d’abondantes tâches de pétrole depuis le mois de mai.

Leatherback Turtle Ce weekend, les volontaires de Sea Shepherd ont fourni un second bateau et l’équipage pour le samedi et le dimanche. La nouvelle zone de recherche était d’Ouest en Est d’environ 75 miles (120 km) de large, et 25 miles (40 km) de long, le secteur ouest incluant la plate-forme de Macondo. Aucun requin-baleine ne fût aperçu dans la zone Ouest, et l’Est commençait à nous décevoir. Dans la zone Est, nous avons finalement eu plus de chance avec la faune marine. Nous avons vu au moins 15 magnifiques tortues Luth, une grosse raie Manta (ou mobula ?), plusieurs bancs de cobia, des bonites à dos rayés, des thons, des dauphins (tursiops et stenella longirostris), et même un cachalot solitaire allant vers l’Ouest. Mais à 16h, nous n’avions toujours pas trouvé de requin-baleine. Le bateau des scientifiques nous a appelé pour dire qu’il rentrait au port (Venice), et l’autre avion de reconnaissance a lui aussi commencé à rentrer. Mais les Sea Shepherd ne s’avouent pas vaincu aussi facilement ! Après un ravitaillement à Gulf Shores (Alabama), notre avion (que nous appelons entre nous « Bessie ») est reparti, et le bateau de Sea Shepherd nous a promis de rester avec nous.

J’avais 2 passagers assez particuliers à bord de Bessie : Jim Franks, un biologiste marin de longue date du GCRL, qui dès la fin de la journée été surnommé « le professeur », et Jerry Moran, photographe hors pair, qui occupait le siège arrière, le ‘bureau avec vue panoramique’, et que l’on appelait « le général ». Jerry a assurément gagné sa place comme volontaire d’exception chez Sea Shepherd pour toutes les missions à venir. Je dois avouer que nous commencions à être un peu sur les nerfs après 10 heures de vols à 200 pieds (60 mètres) au dessus de l’eau, les fenêtres grandes ouvertes, à regarder en bas. Nous avons fait la danse du requin plusieurs fois – un rituel appris au mois d’août avec Samantha Whitcraft, et nous avons pu capter une radio AM sur les instruments de bord pendant environ une demi-heure – juste à temps pour nous jouer le vieux tube « Baby baby don’t get hooked on me… », que nous avons adopté comme notre nouvel hymne.

Après avoir réalisé que de toute façon, les bateaux ne pourraient pas nous rejoindre pour marquer les requins-baleine en cette fin de journée, j’ai décidé d’abandonner la grille de recherche et de profiter des derniers rayons du soleil en suivant ma propre intuition. Après tout ce temps passé à voler au ras de l’océan, vous vous sentez vous-même l’âme d’un requin ! Vos yeux et votre cerveau identifient immédiatement les bancs de petits poissons (« bail ball »), les bancs de thons, le reflet d’une nageoire et d‘étranges formes sous l’eau. Nous avons décidé d’aller vers le plateau et une zone connue par les pécheurs sous le nom de « The Steps », en suivant les lignes de front et d’horizon. Et là, tout a commencé. Nous avons vu de grandes zones d’ombre dans l’eau, qui étaient en fait de grosses concentrations de poissons,  leur masse modifiant les propriétés de la surface de l’eau et la rendant sombre. Nous avons commencé à voler de zone en zone, là ou les thons et les autres poissons sautaient le plus. Et c’est au centre de ces bancs que nous avons enfin trouvé ce que nous cherchions ! Si ce n’était pas un requin-baleine, c’était un requin-tigre ou deux. Vers 18:30, en moins de 2 heures, nous avions trouvé, suivi et photographié 9 requins-baleines différents. Après chacun d’entre eux, je disais « professeur, en route vers le prochain banc ! » Et le général ordonnait « Avis aux requins-baleines ! Montrez-vous ! » et nous entonnions ensuite notre hymne accompagné de la danse du requin… les yeux rivés aux fenêtres.

Après ce succès, nous étions déçus de constater que les scientifiques n’avaient pas les fonds nécessaires pour affréter un autre bateau pour le dimanche. Pas découragés, les Sea Shepherds ont trouvé un autre bateau, un autre capitaine, expliqué ce que nous voulions faire, et après plusieurs coups de téléphone à de généreux supporters de Sea Shepherd qui ont offert le carburant, nous étions prêts pour le dimanche ! Une des scientifiques, Jennifer McKinney, qui avait permis de marquer les requins-baleines, s’est empressée d’accepter l’invitation pour nous accompagner le dimanche. J’ai rassemblé mes notes et envoyé toutes les coordonnées et autres informations à l’équipage, et nous nous sommes préparés à une petite nuit de 5 heures avant de repartir.

whale shark searchwhale shark search

Le dimanche, il n’y avait qu’un seul bateau et un seul avion. Un des membres d’équipage du bateau de Sea Shepherd s’est porté volontaire pour m’accompagner à bord de Bessie en tant que photographe et observateur, et nous sommes partis. Nous avons repéré 12 requins-baleines ce dimanche. Encore une fois, ils étaient proches ou au milieu d’un banc de thons et de petits poissons. Plusieurs de ces bancs de petits poissons étaient accompagnés de requins tigres ; nous n’avions jamais observé en même temps des requins tigres et des requins-baleines. Et bien sûr, nous avons aussi été ravis de voir d’autres tortues Luth et des dauphins. Jennifer et Brock Cahill, volontaire de Sea Shepherd, se sont mis plusieurs fois à l’eau près des requins-baleines, et sont passés à deux doigts d’en marquer un gros, mais elle a plongé dès qu’ils se sont approchés (je suis sûr que c’était une femelle – sa bouche était rose ! peut-être dû aux chocs avec les thons ?) Bien que n’ayant pas pu marquer beaucoup de requins-baleines, nous étions très satisfaits de notre week-end. Nous étions tous rassurés de voir qu’il y avait toujours une faune très variée en bonne santé dans ce secteur, au moins dans la zone des 100 miles (160 km) à l’Est du lieu de la catastrophe du mois d’avril. Mais c’est un sentiment mitigé par l’absence notable de vie dans la zone de la marée noire qui est très probablement une cause de celle-ci.

Nous avons tiré plusieurs leçons de cette expérience, de manière parfois très pénible, qui vont rendre les prochaines expéditions plus efficaces et réussies. Pour en nommer quelques unes :

  • Chercher les requins-baleines près des bancs de petits poissons et des thons.
  • Il n’y a pas beaucoup d’activité avant midi, mais cela dure tant que le soleil brille.
  • Avoir un émetteur-récepteur aérien puissant sur le bateau, ainsi qu’une bonne antenne marine et des radios portatives à bord de l’avion pour assurer de bonnes transmissions. 
  • Réduire les coûts en adaptant la taille de la grille de recherche et le nombre d’avions d’observation au nombre et à la vitesse des bateaux, afin de s’assurer que les plongeurs puissent rejoindre les requins-baleines en temps voulu.
  • Utiliser un avion du type de Bessie, qui peut voler à basse altitude pendant 6 heures ou plus, fenêtres grandes ouvertes.
  • Avoir une équipe dans les airs qui nous ressemble, capable de voler et d’observer tels des oiseaux pélagiques
    Enrôler des volontaires comme ceux de Sea Shepherd, qui ne renoncent pas facilement !

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NOTES:

Le samedi, deux bateaux étaient de sortie. Depuis le port de Venice (Lousiane), un des bateaux avait à son bord les scientifiques du GCRL et des représentants du State of Lousiana Natural Resource Damage Assessment (NRDA). Contrairement à d’autres expéditions de ce genre, qui étaient entièrement financées par les propres subventions des scientifiques, pour la première fois les coûts des bateaux et des avions de cette mission ont été pris en charge par la NRDA. Le second bateau avait un équipage de volontaires de Sea Shepherd. Le bateau et son skipper (« Captain Steve ») ont été fournis par Lenny Maiolatesi, un pêcheur de la région du Mississipi, et les coûts de carburant ont été offerts par un donateur du Mississipi, particulièrement impliqué dans la protection du Golfe.

Le repérage aérien a été effectué par le pilote Bonny Schumaker, ainsi que par Burt Lattimore, un autre pilote avec son avion, venant de l’aéroport de Lakefront en Nouvelles Orléans.

Plusieurs observateurs chevronnés du GCRL étaient présents. Bonny est aussi venu avec Jerry Moran, un photographe exceptionnel, natif de la Nouvelles Orléans. C’est à Jerry que nous devons ces photos magnifiques. Très modestement, il affirme qu’il n’aurait jamais pu les prendre sans l’aide de Bonny et de Bessie (l’avion de Bonny), et leurs parfaite imitation du survol en hélicoptère, qui en ralentissant à 55 nœuds (100 kmh) et les volets ouverts, a pût décrire des cercle très serrés, si bien que le seul moment où nous ne pouvions prendre des images était quand nous étions à contre-jour. Mais la plus grande qualité de Jerry est qu’il passe le plus clair de son temps (à l’arrière de Bessie – son bureau personnel entièrement vitré) pendu à la fenêtre, réglant ses appareils, toujours prêt à faire un cliché.

Le dimanche, le GCRL n’avait pas de budget pour un bateau. Mais l’équipe de Sea Shepherd s’est vu offrir un second bateau, cette fois un bateau de pêche très rapide (60 nœuds, 120 kmh), et nous avons emmené avec nous Jennifer McKinney, scientifique au GCRL, afin de pouvoir marquer tout les requins-baleines que nous pourrions trouver. Bonny a volé le dimanche en compagnie de Charles Harmison, volontaire de Sea Shepherd, qui s’est chargé de la caméra vidéo et de la communication avec le bateau grâce une radio VHF portable.

Voici ce que nous avons trouvé :

Le samedi, la grille de recherche était une grande zone quasi-rectangulaire d’environs 75 miles par 25 (120 km par 40), plus ou moins entre les limites du littoral et du plateau, environ de 75 miles (120 km) au sud de Gulfport (Mississipi) jusqu’à 60 miles (100 km) au sud de Gulf Shores (Alabama).

La journée a commencé en douceur. Rien d’autre que quelques dauphins, de petites raies et des tortues Luth ont été observées par Burt et son équipe dans la partie Ouest de la zone. Cette partie du secteur comprend la plateforme pétrolière de Deepwater Horizon Macondo (« la Source »). Au Sud-Ouest du puits, ils ont put observer une grande tâche de pétrole.

La partie orientale du secteur était plus riche en tortues, mais toujours pas de requins-baleines. Ne s’avouant pas vaincu, Bonny and son équipe ont décidé de refaire le plein dans l’après-midi à Gulf Shores, Alabama, et sont revenus dans la partie Est de la zone. Alors que le bateau d’Eric devait bientôt devoir rentrer, ils décidèrent de quitter la zone de recherche et de suivre leurs intuitions sur les zones à parcourir. Se dirigeant au Sud-Est de Gulf Shores, Alabama, très vite ils ont repéré plusieurs tortues Luth, souvent accompagnées de dauphins. Au fur et à mesure qu’ils se déplaçaient plus au large, ils ont remarqué des zones sombres, qui se sont révélées être des thons sautant frénétiquement au milieu de petits poissons « d’appât ». Ils ont alors décidé de chercher ces « bancs d’appât » et de suivre les oiseaux qu’ils rencontraient. Et c’est alors que nous avons trouvé les requins-baleines.

Presque chaque banc de thons entourait au moins un requin-baleine ! Avant la fin de la journée du samedi, à près de 19h, nous avions enregistré les coordonnées de neuf requins-baleines. A un endroit, nous avons repéré deux requins-baleines, un très grand (12 mètres) et un plus petit (près de 8 mètres).

Le samedi, nous avons aussi vu un cachalot de près de 10 mètres, se déplaçant vers l’Ouest à bonne allure – au moins 25 nœuds (plus de 45 kmh). Sur plus de dix tortues Luth observées, la plupart flottaient en toute tranquillité, mais d’autres nageaient puissamment ou plongeaient à notre arrivée.  La plupart des tortues vues le samedi étaient à proximité de bancs de poissons – parfois des bonites mais le plus souvent des cobia. Une des plus grandes tortues – environ 2 mètres de large et plus de 200 kg, était toute proche d’une tâche rouge juste sous la surface. Nous pensions encore voir du pétrole, mais en s’approchant, cela ressemblait plus à un nuage de plancton. Nous avons aussi vu plusieurs dauphins tursiops, un bon nombre de tapis de sargasses, et une grand raie Manta (ou une mobula ?).

Le dimanche, notre unique bateau s’est rendu directement sur les zones des rencontres les plus récentes, et notre avion s’est mis en route à la recherche de nouveaux bancs de thons !

Tout comme le samedi matin, la matinée de dimanche a été assez calme. Voici une bonne leçon : ces départs à l’aube ne sont pas forcément utiles. Peut-être que les thons et les requins-baleines aiment faire la grasse matinée, ou tout du moins n’ont pas si faim que cela avant midi. Un autre enseignement est que lorsque le soleil décline, et plus particulièrement si des nuages apparaissent et que nous sommes à l’ombre, non seulement la lumière est moins bonne pour les photos, mais la faune à tendance à s’arrêter de manger et à rejoindre les profondeurs.

Mais peu après midi, les bancs de petits poissons, les « bait balls », ont commencé à apparaitre, et nous avons pu observer les poissons sauter à plus d’un kilomètre.

Nous avons principalement tourné des vidéos le dimanche. Jerry est d’une telle pointure que lorsqu’il n’a pas pût venir le dimanche, nous avons abandonné la photo au profit de la caméra vidéo haute-définition fournie par Sea Shepherd – la technologie compensant notre manque d’expertise. Nous téléchargerons les vidéos sur le site dans un jour ou deux.

Nous avons trouvés 12 requins-baleines le dimanche, un peu plus à l’Est de l’endroit où nous les avions observés le samedi. Il est probable qu’il s’agissait pour certains des mêmes spécimens que la veille, mais il y en avait certainement d’autres. Bon nombre des « bait balls » que nous avons vu n’étaient pas accompagnés de requins-baleines – mais dans ce cas, il y avait généralement un ou deux requins-tigres. Malheureusement, le temps que le bateau nous rejoigne, nous n’avons pu l’amener que sur un seul requin-baleine femelle. Les plongeurs étaient à l’eau et prêts à la marquer, quand soudainement elle a plongé.

Nous avons raté le marquage d’une poignée de secondes. A ce moment là, la luminosité était moins bonne, l’activité des thons avait diminué, et le soleil se couchait.

Le lendemain et le jour suivant semblaient bien prometteurs… avec les leçons tirées de cette expérience, nous pensons pouvoir faire mieux la prochaine fois, de façon plus rentable, et nous attendons avec impatience les prochaines observations et marquages de requins-baleines.

1.  3053.  29.40150.  087.38461
2. (2 whales)  3056.  29.39450.  087.34805
3.  3058.  29.40200.  087.34350
4.  3060.  29.40296.  087.35119
5.  3062.  29.41315.  087.36313
6.  3064.  29.40516.  087.36524
7.  3065.  29.40256.  087.35696
8.  3066.  29.39832.  087.35600

 

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