Commentary and Editorial

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Mardi, 23 Novembre 2010 17:55

La relève de la garde à Taiji

Commentaire du Capitaine Paul Watson

Scott et EloraScott et EloraScott West et sa fille Elora auront bientôt terminé leurs trois mois de surveillance près de la fameuse Baie de Taiji, au Japon. Leur visa, valable trois mois, expire début décembre et ils seront obligés de repartir.

Sans aucun doute, Scott et Elora ont fait un excellent travail de coordination des Gardiens de la Baie, ces bénévoles qui sont venus à Taiji pour défendre les dauphins.

En tant qu’ancien agent spécial en charge de la division des enquêtes criminelles de l’Environmental Protection Agency (EPA), Scott est assez expérimenté et assez compétent pour savoir jusqu’où il peut aller, tout en étant efficace, sans se faire arrêter et devoir quitter le lieu des massacres.

Sea Shepherd exprime sa gratitude aux nombreux volontaires qui sont venus dans la Baie au cours de ces trois derniers mois. Tous ceux qui ont participé au voyage à Taiji ont grandement contribué à une longue campagne pour mettre fin aux atrocités de Taiji. Nous apprécions leur patience, leur retenue et la façon dont ils ont su comprendre notre stratégie à long terme.

À tous ceux qui ont pris la peine de s’adresser aux consulats et aux ambassades du Japon ou à la mairie de Taiji et aux coopératives de pêche, sachez que vous avez fait davantage que vous n’en avez peut-être conscience. Tous vos messages de protestation sont consignés et transmis au gouvernement japonais et celui-ci n’est pas heureux de voir qu’une poignée de voyous à Taiji attirent une telle attention et fait honte au Japon.

Quand Elora aura quitté Taiji, son blog quotidien nous manquera. Elle a fait un travail remarquable en observant, filmant, documentant et racontant les crimes des tueurs de dauphins de Taiji.

Cette jeune fille de 17 ans (elle n’avait que 16 ans quand elle est arrivée à Taiji) a affronté avec témérité des voyous comme "Propriété Privée" et d’autres brutes dans son genre. Elle les a proprement humiliés et a raconté au monde entier, en long et en large, leurs activités honteuses, au grand déplaisir du gouvernement japonais.

Cette surveillance quotidienne au jour-le-jour des activités est une grande première à Taiji. Nous constatons qu’elle a un impact. Le nombre d’abattages est en diminution par rapport aux années précédentes. Le massacre attire davantage l’attention et les tueurs sont sous pression comme ils ne l’avaient encore jamais été.

Scott et Elora seront relayés par une nouvelle équipe d’encadrement de Sea Shepherd. Les noms des membres de cette équipe ne seront révélés que lorsqu’ils se seront installés à Taiji. Nous sommes persuadés que leurs remplaçants, qui ont déjà été sur le terrain et ont été formés par Scott, mèneront la campagne des Gardiens de la Baie avec autant de professionnalisme que ce dont Scott s’est montré capable durant ces trois derniers mois.

Notre campagne contre Taiji aura été longue. Elle a commencé en octobre 2003, quand nous y avions envoyé une équipe pour révéler au monde les atrocités de la Baie, avant de libérer quinze dauphins des filets en novembre 2003 et de participer en 2009 à la production du film The Cove (La Baie de la Honte) qui a remporté l’Oscar du meilleur documentaire.

Cette campagne de Sea Shepherd dure depuis sept ans et nous ne nous laisserons pas décourager, ni ne partirons, tant que ces massacres n’auront pas cessé et tant qu’il y aura des captures de dauphins.

Cependant, dans cette bataille, nous ne sommes pas seuls. Cela fait plus de 30 ans que Hardy Jones s’efforce de faire connaître les massacres de dauphins au Japon, à l’île d’Iki puis à Taiji. Hardy était à Iki bien avant que Sea Shepherd ne participe à l’opposition aux massacres d’Iki en 1982 et il a suivi la piste de sang jusqu’à Futo et Taiji. C’est un cinéaste et un protecteur des océans remarquable.

Après que Sea Shepherd ait révélé les massacres en octobre 2003, les voyous de Taiji ont commencé à dissimuler leur horrible activité à l’aide de bâches et ils ont érigé des barricades pour tenir les caméras et les photographes à distance. Ric O’Barry s’est joint à notre équipe en novembre 2003 et nos actions ont donné à Louis Psihoyos l’idée de s’associer avec Ric O’Barry pour produire The Cove, un film sur ce qui se passe derrière les barricades et les bâches.

Ce film a fait l’effet d’une bombe dans les médias. Il a révélé le massacre dans le monde entier et a effectivement porté tort aux assassins quand l’Oscar lui a été décerné. Même le Japon n’a pas pu ignorer un film ayant remporté un Oscar.

Cela a été pour nous l’opportunité de retourner à Taiji pour faire en sorte que ces massacres ne soient pas oubliés. Sea Shepherd ne permettra plus qu’un seul dauphin soit tué à Taiji hors du champ d’une caméra.

Certains nous critiquent parce que nous ne coupons pas les filets pour libérer les dauphins. Nous sommes naturellement la seule association à avoir déjà fait cela mais les mesures de protection sont maintenant si draconiennes, avec la police et les patrouilles garde-côtes, qu’il est pratiquement impossible de s’approcher des filets pour les sectionner. Bien sûr, ces mesures impliquent une hausse considérable des budgets de la police et des garde-côtes. La ville de Taiji paie cher la défense de sa prétendue “tradition” de massacres.

Par ailleurs, celui qui se ferait prendre par les autorités pour avoir tenté de libérer les dauphins serait neutralisé, arrêté, incarcéré, condamné à payer et expulsé. En d’autres termes, il se retrouverait bel et bien exclu du jeu sans avoir rien accompli de positif.

Notre stratégie consiste à maintenir la pression dans les limites de ce qui est intelligemment envisageable.

Nous ne pouvons pas exercer de contrôle sur les autres associations ou individus qui sont venus ou qui projettent de venir à Taiji. Ils sont libres d’entreprendre les actions qu’ils voudront. Cependant, à moins qu’ils acceptent de travailler sous notre direction à Taiji, nous ne serons pas et ne pourrons pas être responsables des conséquences de leurs actes et ne voulons pas que l’intervention d’un tiers compromette notre propre stratégie à Taiji.

Cependant, Sea Shepherd considère que la force d’un mouvement dépend de la diversité des approches. Même si les méthodes, les stratégies et les motivations des autres associations et individus peuvent varier, l’objectif reste le même.

Actuellement, le Taiji Action Group et l’Earth Island Institute sont les seuls mouvements dont les motivations et les méthodes soient éprouvées et admises.

Il y a quelque temps, une association américaine, Oceanic Defense, a prétendu installer des militants à Taiji et a menacé de couler les bateaux de pêche et de couper les filets. Sur son site Internet, tout cela semblait très ambitieux et spectaculaire, mais il s’est avéré que ce n’était qu’une comédie. Le danger, avec ce que ces gens ont fait, est qu’ils ont suscité des mesures de protection supplémentaires et soumis nos Gardiens de la Baie à une pression malencontreuse. Il est facile d’être un guerrier du cyberespace, mais ce genre de conduite irresponsable est une menace pour la sécurité des personnes qui agissent sur le terrain en temps réel.

Par ailleurs, l’association européenne Blackfish, constituée d’anciens bénévoles de Sea Shepherd, a essayé de couper des filets pour libérer les dauphins. Malheureusement, ils n’avaient pas assez d’expérience pour faire ce travail efficacement. Résultat, pas un seul dauphin n’a été libéré et les mesures de protection ont été encore renforcées.

Sea Shepherd attire des bénévoles passionnés, mais une passion sans stratégie peut parfois être contreproductive et parfois notre insistance concernant la stratégie est source de désillusions pour ceux qui exigent impatiemment des résultats immédiats. Malheureusement pour eux, nos campagnes exigent passion et stratégie à parts égales, si bien qu’ils se grillent et repartent. Ainsi, il est inévitable que nous perdions les militants les plus passionnés et les plus impatients, mais le bon côté de la chose est que nous gardons ceux qui sont à la fois patients et passionnés.

Un autre groupe d’anciens bénévoles australiens de Shepherd va bientôt débarquer à Taiji. Ils ont choisi de ne pas travailler avec nous. Ils ont leur propre plan et c’est bien ainsi, mais nous ne pouvons pas être associés à des plans inconnus; c’est pourquoi nous devons nous dissocier d’eux publiquement. Espérons qu’ils apporteront une contribution positive à la campagne de Taiji.

En organisant des campagnes conçues pour n’entraîner aucun dommage corporel et pour rester dans le cadre de la légalité, nous suivons une ligne subtile. Tout le monde n’approuve pas cette approche, mais c’est celle de Sea Shepherd et c’est grâce à cette approche qu’en 33 ans, Sea Shepherd n’a jamais eu un seul membre inculpé d’acte criminel, n’a jamais été poursuivie en justice et, plus important, n’a jamais causé un seul dommage corporel.

Comme dans toutes les autres campagnes de Sea Shepherd, nous n’abandonnerons jamais avant d’avoir gagné, quel que soit le temps qu’il faudra et quels que soient les obstacles.

Nous gagnerons cette campagne pour mettre fin au massacre des dauphins à Taiji. Le Japon perdra patience face à une petite poignée de voyous qui s’acharnent à faire honte à la nation japonaise.

En 1865, l’empereur Meiji avait interdit les Samouraïs pour pouvoir faire entrer le Japon dans le XXe siècle. Or, il n’y avait jamais eu au Japon de tradition plus sacrée et plus typiquement japonaise que celle des Samouraïs. Mais l’empereur savait qu’en s’accrochant à ses traditions féodales, le Japon se retrouverait incapable d’affronter le monde moderne; c’est pourquoi il a aboli toute une classe de la société japonaise et toutes ses traditions.

À coup sûr, le Japon d’aujourd’hui saura abolir une pratique qui ne concerne qu’un très petit nombre de pêcheurs dans une seule petite ville du Japon. Le Japon pourra ainsi entrer dans le XXIe siècle comme une nation qui respecte et protège la nature.

Les Japonais sont un peuple évolué, moderne et éclairé par bien des égards. Ils ont le sens pratique et ils ont leur fierté. Cette fierté fait précisément obstacle à l’abolition de la chasse à la baleine et des massacres de dauphins, mais au bout du compte, c’est leur fierté qui leur fera prendre la bonne décision et le Japon mettra fin à des traditions et à des pratiques qui sont cruelles et destructrices de l’environnement.

Sea Shepherd a confiance dans l’avenir. Nous pensons que la patience et la persévérance nous permettront d’atteindre l’objectif que nous souhaitons atteindre, à savoir, que le Japon ne massacre plus les baleines ni les dauphins au nom de la tradition ou du profit.

 

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