Commentary and Editorial

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Dimanche, 16 Janvier 2011 00:00

Greenpeace fait du Georges Orwell : ils falsifient l'Histoire

Commentaires par le Capitaine Paul Watson, co-fondateur de Greenpeace

1976 Paul Watson ande Bob Hunter blocking ship

Ancienne légende:
Paul Watson et Robert Hunter, co-fondateurs de Greenpeace, barrant la route du navire chasseur de phoques, l'Arctic Endeavor, Labrador 1976

Nouvelle légende révisée:
Bob Hunter, fondateur de Greenpeace, et Paul Watson, activiste des débuts, protestent contre la chasse des phoques au Canada.

Greenpeace essaie de faire "disparaitre" le Capitaine Paul Watson.

Greenpeace entretient quelques rancoeurs à l'égard de Sea Shepherd et de ma personne en raison de nos interventions contre la chasse illégale à la baleine dans l’Océan Antarctique et contre la pêche illégale du thon rouge en Méditerranée, ainsi que pour nos critiques sur son manque d'efficacité. En effet, Greenpeace est si contrariée qu’elle a précisé sur son site Internet que je ne devais plus être considéré comme un Membre Fondateur de Greenpeace. Ils me considèrent maintenant comme un simple "membre de la première heure". Nous avons donc un petit groupe de personnes qui n’étaient pas présentes à l’époque de la création de Greenpeace, dont la plupart n’était même pas nées, qui décide de réécrire l’histoire de cette organisation et tout bonnement de rayer mon nom de la liste des fondateurs sur leur site.

Greenpeace a tout simplement ressorti le bon vieux manuel bolchévique des relations médias et a décidé de falsifier l'histoire. J’imagine que la prochaine étape sera de me supprimer des anciennes photographies.

Vous pourriez penser que si je n’étais pas un membre fondateur comme ils l'affirment, ils pourraient tout simplement me poursuivre en justice lorsque je l’affirme. Mais le problème posé par cette option, c’est que la vérité deviendrait ma  meilleure défense, et les évidences tueraient dans l'oeuf leur tentative de révisionnisme.

C’est vraiment très amusant. Apparemment, je suis devenu une telle menace pour ces bureaucrates à la tête d’une des plus grandes organisations vendeuses de bonne conscience du monde, qu’ils osent aller jusqu'à nier mon rôle de membre fondateur de cette organisation qui paie aujourd'hui leurs salaires.

Ils l’ont déjà fait une fois aux Pays Bas en 1997, lorsque j’ai temporairement été emprisonné pour mon rôle joué dans le sabordage d’un baleinier norvégien. A l’époque, mon camarade Robert Hunter, co-fondateur et premier président de Greenpeace, était venu à Amsterdam pour tenir une conférence de presse, et défendre mon statut de co-fondateur de Greenpeace.

Bob Hunter nous a quitté en 2005, donc il ne peut plus démentir à leur version révisionniste. D’autres co-fondateurs comme Ben Metcalfe, Irwing Stowe, Dr. Lyle Thurston, et le Capitaine John Cormack nous ont quittés aussi. Mais Bobbi Hunter, Rod Marining, David Garrick, Paul Spong, Rex Weyler et Patrick Moore sont toujours vivants, et Greenpeace n’a pu citer aucun d’eux disant que je ne suis pas un co-fondateur. De plus, ils ne montrent aucun document qui appuierait leurs dires. La meilleure histoire jamais écrite sur Greenpeace, intitulée "Greenpeace" par Rex Weyler, et bien sûr le légendaire livre de Bob Hunter, "Rainbow Warriors", certifient chacun mon rôle de co-fondateur.

Vous trouverez plus bas la version mise en ligne sur le site de Greenpeace présentant l'histoire révisitée par leurs soins. Je me suis permis d’y apporter quelques remarques pour y corriger les erreurs. J'avais commencé par ignorer cette page mais j'ai reçu trop de commentaires à ce sujet et trop de médias citent cette page comme une  prétendue "preuve" que je ne suis pas un co-fondateur de Greenpeace. Je me sens aujourd'hui obligé de défendre ma position sur ce sujet et d'y répondre.

Toutefois, dans une volonté de régler cette histoire une bonne fois pour toute, j’offre personnellement 25.000 Euros à toute personne, journaliste, membre de Greenpeace ou non, qui puisse apporter une quelconque preuve qui validerait la thèse révisionniste de Greenpeace. Si quelqu’un peut prouver que je ne suis pas un membre fondateur de Greenpeace, je lui paierai 25.000 Euros de ma poche.

Non pas que je risque quoi que ce soit et pour cause :  cette preuve n’existe pas,. Mais pour ceux qui auraient encore des doutes et croient pouvoir justifier leurs doutes par quelque chose de tangible, la récompense est sur la table.

Donc voici ma réponse aux affabulations que l'on peut lire sur le site web de Greenpeace.

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Greenpeace: Paul Watson, Sea Shepherd et Greenpeace: quelques faits.

Paul Watson: Déclarer que quelque chose est un fait, ne veut pas forcément dire que c’en est un.

Greenpeace: Paul Watson est le fondateur de Sea Shepherd Conservation Society et l’un des premiers membres de Greenpeace. Ces dernières années, Paul est devenu extrêmement critique envers Greenpeace dans la presse et sur son site Internet. Ces précisions s’adressent à nos sympathisants afin qu’ils puissent en savoir plus sur l’histoire de Paul et sur la nature de nos différents.

Paul Watson devint actif avec Greenpeace en 1971, en tant que membre de notre deuxième expédition contre les tests nucléaires à Amchitka, et participa à différentes actions contre les baleiniers et les chasseurs de phoques du Groenland. Il était autrefois un membre influent mais pas, comme il le clame certaines fois, un fondateur.

Paul Watson: j'étais sur la liste du premier équipage du premier navire, mais je fus assigné au Greenpeace Too et c'est le Greenpeace Too qui était sur place quand le test a eu lieu. En 1972, nous avons changé le nom du comité Don’t Make a Wave pour celui de Greenpeace Foundation. J’ai été l’un des directeurs de la Fondation Greenpeace depuis le tout premier jour.

Je suis devenu actif en Octobre 1969 lorsque j’ai participé à la première protestation contre les tests nucléaires à Amchitka, organisé par le Sierra Club et les Quakers. J’étais un membre du Sierra Club à l’époque. Cette protestation amena aux premiers meetings et réunions du comité Don’t Make a Wave à l’église Unitaire à l’angle de la 49ème Rue et Oak Street à Vancouver. On était en 1970 quand nous émîmes l’idée d’envoyer un navire sur le site du test, dans les Iles Aléoutiennes. Nous travaillâmes de 1970 à 1971 pour réunir les fonds nécessaires à cette campagne. Nous organisâmes un concert avec Joni Mitchell, James Taylor, et Phil Ochs pour réunir l’argent pour le premier navire. J’accueillis Phil Ochs chez moi.

Lors d’un de nos premiers meetings, quelqu’un fit la figure d’un V avec ses doigts et prononça le mot "peace" (paix) en guise d'au revoir. Bill Darnell répondit en disant: "Que ce soit une paix verte!" Robert Hunter craqua pour ce nom et c’est ainsi que les navires Greenpeace et Greenpeace Too furent baptisés ainisi, avant même la Fondation du même nom.

J’étais le plus jeune membre du Comité Don’t Make a Wave en 1970, et j’ai participé en tant que membre d’équipage à la première campagne Greenpeace qui s’opposait aux tests nucléaires à Amchitka. Greenpeace dit que je faisais partie de la seconde expédition, mais les deux navires Greenpeace et Greenpeace Too faisaient partie de la même expédition. J’étais sur le Greenpeace Too, le navire présent dans les Iles Aléoutiennes lorsque la bombe explosa. Le premier navire était déjà rentré. Quand Greenpeace fut officiellement enregistrée en tant que fondation en 1972, j’étais l’un des directeurs fondateurs et signataires. J’étais aussi l’une des huit personnes qui créèrent Greenpeace International en 1979. En 1972, le numéro d’adhésion de Robert Hunter était le #000, celui de Roberta Hunter le #001, et le mien #007. J’ai toujours ma carte de membre. En fait, j’ai été le plus jeune membre fondateur de Greenpeace. J’avais 18 ans quand j’ai participé à la manifestation à la frontière en 1969, et 20 ans quand nous naviguâmes vers les Iles Aléoutiennes pour nous opposer à la bombe en 1971. Je trouve amusant que certains des membres de Greenpeace qui m’accusent de ne pas être un fondateur, n’étaient même pas nés à cette époque.

J’apprécie tout autant qu'ils me concèdent une participation à des actions contre la chasse à la baleine et le massacre des phoques du Groenland, quand en réalité, Robert Hunter, Paul Spong et moi-même sommes à l'origine de la campagne anti-chasse baleinière, et j’ai moi-même initié la campagne contre le massacre des phoques avec David Garrick. J’étais second capitaine lors des deux premières campagnes pour protéger les baleines en 1975 et 1976, et j’étais le chef des expéditions pour la protection des phoques en 1976 et 1977.

En Septembre 1979, j’étais l’un des 8 fondateurs signataires de Greenpeace International. Intéressant, car c'était  2 ans après mon prétendu  renvoi pour avoir recommandé des tactiques "violentes" aux dires de Greenpeace.

Quelques précisions concernant les premiers voyages de Greenpeace:

Le voyage du Greenpeace Too, le navire sur lequel j’étais, faisait partie de la première expédition. Le Phyllis Cormack embarquait un équipage de 13 personnes vers les Iles Aléoutiennes. Au bout d’un mois, ils furent remplacés par le Greenpeace Too. et son équipage de 35 personnes. Je faisais partie de cet équipage. C’était notre navire qui était sur place quand la bombe sous-terraine fut détonée. En fait, Rod Marining, Chris Bergthorson, et moi-même étions les seuls co-fondateurs près d’Amchitka ce jour là. Bien que j’ai été actif avec le comité Don’t Make a Wave en 1969, Greenpeace indique maintenant que j’étais actif à partir de 1971. 1971 est en fait l’année du tout premier voyage où je fus un membre d’équipage actif, mais Greenpeace ne vit le jour qu'en 1972, lorsque le Comité Don’t Make a Wave devint la Fondation Greenpeace.

Greenpeace: Il fut exclu de la direction de Greenpeace en 1977, à la suite d’un vote de 11 contre 1 (seul Watson vota contre son exclusion).

Paul Watson: Je n’ai en fait jamais été expulsé de Greenpeace. J’ai été éloigné du conseil d’administration par une motion proposée par Patrick Moore, qui s’opposait à mon positionnement combatif à l'encontre des tueurs de bébés-phoques. La raison sous-jacente de cette exclusion était que je représentais une menace aux ambitions de Patrick Moore qui briguait le leadership de Bob Hunter. J’aurai très bien pu continuer à travailler avec Greenpeace, mais j’ai choisi de ne pas le faire. Donc il est vrai que j'ai été éloigné du comité de direction, mais j’ai quitté Greenpeace de mon propre chef. D'ailleurs, Greenpeace dit elle-même que j’ai été expulsé de la direction, pas de l'organisation. Dans les faits, je demeure un membre à vie de Greenpeace, à moins qu’ils n’aient révoqué cela aussi dernièrement.

Greenpeace: Bob Hunter (l’un des leaders de la première heure de Greenpeace, qui a donné son nom à un des navires de Sea Shepherd) décrivait cet évènement dans son livre, the Greenpeace Chronicles:

"Personne ne doutait un instant de son [Watson] courage. C’était un grand guerrier. Mais il semblait possédé par une envie puissante de tout contrôler, implacable dans sa volonté d’être au centre de tout, brusquant les autres. Il contournait constamment certains officiers, jouant le rôle du mutiné. Où qu’il allait, il divisait. Nous nous sommes tous sentis piégés dans un jeu qu’aucun de nous ne voulait jouer. Il ne nous restait donc qu’à redresser le cap, même si cela voulait dire éloigner un frère."

Paul Watson: Bob a bien écrit ces mots, avant de lui aussi quitter Greenpeace pour naviguer avec moi. Il a écrit de nombreuses choses positives sur Sea Shepherd et moi-même dans ses livres tels que Red Blood ou dans ses rubriques. Il fut l'ami et le camarade de toute une vie. Sa femme et lui hypothéquèrent leur maison  pour m’aider à acheter un navire, le Sea Shepherd II. Mais il faut noter que dans cet extrait cité par Greenpeace, Bob s'en réfèreà moi en usant du mot "frère". Pourquoi ? Car je n’étais pas n’importe qui. J’étais un co-fondateur et un membre d’équipage de la première heure. C’est pour cela que Bob écrivit que c’était une décision très dure. La raison de ma rébellion était la prise de contrôle de Greenpeace par Patrick Moore. Cela me perturbait au plus haut point. Mes inquiétudes étaient fondées et les faits me donnèrent raison quelques années après. Patrick Moore est aujourd’hui un lobbyiste et prône l’exploitation des forêts, l’industrie minière, les élevages de saumons, l’industrie de la chlorine, et le Président George Bush l’a chargé de promouvoir l’industrie nucléaire.

Contrairement à ce qui a été dit, Robert Hunter n’écrivit pas ces mots dans son livre intitulé Greenpeace Chronicles. Il les écrivit dans son livre Warriors of the Rainbow. Intéressant de remarquer qu'un peu plus tard, Robert Hunter me dit que j’eu raison, que j'avais pris la  bonne direction en quittant Greenpeace. Il devint un activiste et membre d'équipage de Sea Shepherd, naviguant avec moi en de multiples occasions, entre 1988 et 2001. Bob et Bobbi Hunter m’ont même prêté des fonds pour m’aider à acheter le premier navire Sea Shepherd. Bob me disait et il écrivit aussi dans ses livres que j'avais bien fait de quitter Greenpeace pour suivre un autre chemin. Greenpeace n’a jamais baptisé un navire au nom de Bob Hunter, Sea Shepherd l’a fait.

Greenpeace décrit Robert Hunter comme l’un des "leaders de la première heure". Cela diminue certainement son incroyable contribution à Greenpeace. Le fait est que Robert Hunter est LE père fondateur de Greenpeace. Sans lui, la fondation Greenpeace se serait dissoute en 1974. C’est la vision, l’énergie, et la détermination de Bob qui ont mis Greenpeace en position de devenir une force mondiale de défense de l’environnement.

La plupart de ces gens qui réécrivent l’histoire de Greenpeace aujourd’hui n’ont jamais rencontré ni Robert Hunter, ni moi-même et n’ont aucune connaissance personnelle des premiers jours de Greenpeace.

Une bien meilleure version de l'histoire de Greenpeace peut être lue dans le livre Greenpeace de Rex Weyler, qui participa avec Robert Hunter et moi à la campagne de protection des baleines, en 1975.

Greenpeace: Confusion: Greenpeace et Sea Shepherd

Watson a créé son propre groupe, Sea Shepherd, en 1977.

  • En 1986, Sea Shepherd mit en place une action contre la station baleinière islandaise de Hvalfoerdur,et coula deux baleiniers dans le port de Reykjavik en ouvrant leurs valves;[1]
  • En Décembre 1992, Sea Shepherd coula le navire Nybroena au port;[2]
  • Sea Shepherd revendique avoir coulé le navire de pêche dérivante Jiang Hai dans le port de Taiwan et saboté quatre autres navires;[3]
  • La Cour de Justice canadienne a ordonné à Watson et son ancien navire, le Cleveland Armory, de payer une amende de 35.000 $ pour avoir endommagé un navire de pêche cubain au large des côtes de Terre-Neuve en Juin 1993 ;[4]
  • Janvier 1994, ce groupe endommageait sévèrement le baleinier Senet dans le port Norvégien de Gressvik.[5]

Tous les navires cités plus haut ont été renfloués et ont continué à tuer des baleines.

Paul Watson: Greenpeace ne mentionne qu'une infime partie de nos actions et semble insinuer qu'elles furent de faibles conséquences. Dire que ces navires ont été endommagés et remis en état n’est pas tout à fait exact. Les deux baleiniers islandais ont bien été réparés mais ils n'ont  jamais pu être réutilisés car tout l’équipement et l’électronique étaient irrécupérables. Ce coup dur coûta aux islandais 10 millions de dollars et les pénalisa pour une dizaine d’années. Greenpeace ne mentionne pas le baleinier Sierra les deux baleiniers espagnols coulés en 1981. Ces trois navires ne prirent plus jamais la mer. De même que le baleinier Astrid ou les baleiniers Sud-Africains Susan et Theresa. Ils se trompent aussi sur l’amende. Sea Shepherd n’a jamais payé une amende pour l’endommagement du chalutier cubain, d’ailleurs le tribunal décréta que le chalutier n’avait pas été endommagé – il n’y avait aucune preuve de contact. Les baleiniers norvégiens furent réparés et renfloués, mais le prix à payer fut une augmentation de 3000% sur leur franchise d’assurance. Nos campagnes de destruction des baleiniers illégaux ont été très réussies et elles ont coûté très cher aux baleiniers.

Greenpeace: Dans un article du New Yorker paru en 2008, Watson affirme que Sea Shepherd a coulé dix navires depuis sa création, mais l’auteure de cet article indique, avec scepticisme, qu’elle n’était pas en mesure de vérifier ce nombre.

Paul Watson: Il est effectivement compliqué d'enquêter sur des actions menées sous couverture, mais personne d’autre que Sea Shepherd n'a jamais revendiqué ces actions. Donc, si ce n’était pas nous, alors qui ? Greenpeace semble nous accuser de couler des baleiniers, mais aussi de ne PAS couler de baleiniers. Cet article fut écrit par un homme et non une femme comme le dit Greenpeace.

Greenpeace: Les actions de Paul Watson et de Sea Shepherd ont parfois été faussement attribuées à Greenpeace, souvent avec l’intention de faire du tort à la réputation de non-violence de Greenpeace.

Paul Watson: ça me dérange que l'on crédite Greenpeace pour nos actions, mais cette confusion tient du fait que les campagnes publicitaires de Greenpeace coïncident étrangement avec nos campagnes, histoire de rentabiliser au maximum ces publicités. Je ne vois pas comment être accusé de stopper une activité baleinière peut ternir la réputation d’une organisation qui clame à qui veut l'entendre qu'elle défend les baleines. 

Greenpeace: Greenpeace n’a jamais coulé un navire baleinier.

Paul Watson: Non, en effet ils n'ont jamais rien fait de tel. Greenpeace prend des photographies et des vidéos de baleines en train d'êtres massacrées. Greenpeace n’a jamais sauvé une seule baleine. Sea Shepherd a sauvé 528 baleines en 2010, 305 baleines en 2009, environ 500 en 2008, encore 500 en 2007, et 83 en 2006. Nous avons aussi arrêté la carrière de nombreux navires baleiniers, sauvant plusieurs milliers de baleines. Sea Shepherd revendique fièrement avoir coulé des baleiniers et nous sommes aussi fiers du fait que nous n’avons jamais blessé personne.

Greenpeace: Certains anti-environnementalistes essaient d’utiliser le fait qu’une extrême minorité du mouvement environnemental recourt à la force et au sabotage pour cataloguer tout le mouvement de "terroriste". Une telle tentative a déjà été spécifiquement condamnée par un tribunal norvégien.

Paul Watson: Sea Shepherd Conservation Society n’est pas une organisation terroriste et nous n’avons jamais été déclaré coupable d’un seul crime (contrairement à Greenpeace), nous n’avons jamais eu de blessés sérieux (contrairement à Greenpeace), et nous avons interrompu de nombreuses chasses et pêches illégales (contrairement à Greenpeace). Sea Shepherd n’enfreint pas la loi, elle la fait respecter. Greenpeace a été condamnée à de nombreuses reprises, Sea Shepherd jamais.

Greenpeace: En 1991, nous avons signé un pacte avec Sea Shepherd stipulant que nous nous abstiendrions de nous critiquer publiquement. Aujourd’hui, beaucoup de communiqués de Sea Shepherd et de Paul Watson sont remplis d’attaques à notre égard, nos méthodes, nos activistes et nos partisans. Ils sont souvent truffés d’inexactitudes et de mensonges grossiers. Paul Watson continue de mener une bataille que Greenpeace a abandonnée en 1977.

Paul Watson: Je n'ai pas connaissance d’un tel pacte, mais l'idée me plait bien. Ce que Greenpeace décrit comme des attaques de la part de Sea Shepherd, est en fait notre réponse à leurs accusations. Je ne prends pas des accusations de terrorisme à la légère et je suis contre le fait qu’ils lèvent des fonds pour envoyer des navires en Antarctique alors qu’ils ne le font pas. Selon moi, cela revient à voler les gens. J’ai écrit chaque année à Greenpeace, demandant un accord qui nous permettrait de coopérer et d'envoyer un bateau en Antarctique et chaque année Greenpeace rejette mon offre. 

Greenpeace: La plupart du temps, nous ne répondons pas aux critiques de Paul Watson. Même si nous ne sommes pas d’accord avec les méthodes de Sea Shepherd, nous savons aussi que les histoires de division entre différents groupes environnementaux nous distraient du vrai problème qui nous unit, et nous préférons que lorsque les médias parlent de chasse à la baleine, ils parlent des vrais problèmes. Bien que Paul Watson soit un anti-chasse baleinier chevronné, il apporte régulièrement son soutien à des attaques  contre Greenpeace, certaines d’entre elles organisées par les baleiniers eux-mêmes. [8]

Paul Watson: Sea Shepherd n’a jamais participé à une campagne contre Greenpeace organisée par l’industrie baleinière. C’est un vicieux mensonge. Nous avons critiqué Greenpeace en réponse à leurs déclarations nous accusant d’être violents et d’être des terroristes. Nous dénonçons aussi Greenpeace pour leurs tentatives continuelles de s’attribuer les succès de Sea Shepherd. Enfin nous critiquons aussi Greenpeace pour sa tendance à demander de l’argent pour des causes pour lesquelles ils ne se mouillent pas.

Greenpeace: Notre engagement à la non-violence: Pourquoi nous ne collaborons pas?

Paul Watson a plusieurs fois demandé publiquement à Greenpeace de leur révéler la position de la flotte baleinière, ou du moins de collaborer avec Sea Shepherd dans l’Antarctique, quand les navires des deux organisations s’y trouvaient simultanément.

Paul Watson: Nous avons toujours fourni à Greenpeace les coordonnées de la flotte baleinière dès que nous les avions. Ils n’ont jamais rendu la pareille. Mais tout ceci n'est que pure théorie aujourd’hui, car ils n’envoient même plus de navires pour interférer avec les activités des baleiniers.

Greenpeace: Nous voulons avec passion mettre un terme à la chasse à la baleine et y parviendrons pacifiquement. C'est pour cette raison que nous n'aiderons pas Sea Shepherd. Greenpeace s'est engagée à être une organisation n'ayant pas recours à la violence et nous ne changerons jamais au grand jamais de point de vue; quel que soit l'enjeu. Si nous aidions Sea Shepherd à trouver la flotte de baleiniers nous serions tenus responsables  de toute action qu'ils entreprendraient et l'histoire montre qu'ils ont eu recours à la violence par le passé sur les mers les plus dangereuses au monde. Pour nous la non-violence est un principe précieux et non négociable. Greenpeace continuera à défendre les baleines mais jamais n'attaquera ou ne mettra en danger les chasseurs de baleines. 

Paul Watson: Sea Shepherd n'a jamais eu recours à la violence. Nous n'avons jamais blessé personne. Nous n'avons jamais commis de crime ni été condamné pour crime. Le Dr Martin Luther King a déclaré un jour qu'il ne pouvait pas y avoir recours à la violence contre un objet inanimé. Nous avons le soutien du Dalaï Lama. Greenpeace a travaillé avec Earth First, un groupe pratiquant le sabotage d’équipements industriels. Les membres de Greenpeace ont commis des crimes et ont été jugés comme tels. Greenpeace compte des blessés et des morts parmi ses membres d’équipage. Pas Sea Shepherd. Greenpeace défend le vol de propriété provenant de colis postés. En fait Greenpeace justifie son action et condamne la nôtre, pas sur un plan tactique mais sur un plan politique. En refusant de nous assister occasionnellement, Greenpeace s’est rendue responsable de la mort de baleines que nous aurions pu sauver parce que; tandis que Greenpeace prend des photos, Sea Shepherd intervient et sauve des vies.

Greenpeace: notre point de vue diffère de celui de Paul Watson en ce que constitue la violence. Il déclare que personne n’a jamais subi de préjudice résultant d’une action de Sea Shepherd. Mais le test de non violence est la nature même de votre action et non pas le fait qu’il en résulte un préjudice ou non. Il y a beaucoup d’actes de violence comme par exemple de pointer une arme sur la tête de quelqu’un sans entrainer de préjudice. Ça ne change pas sa nature. Nous pensons que jeter de l’acide butyrique sur les chasseurs de baleine, tirer des câbles pour endommager leur hélice et menacer de les éperonner dans les eaux glaciales de l’Antarctique constitue des actes de violence en raison des conséquences potentielles. Le fait qu’il n’y ait pas eu de conséquences jusque là n’est pas important.

Paul Watson: après avoir mené des actions pendant trois décennies nous avons prouvé que nous obtenions des résultats sans blesser qui que ce soit ni commettre de crime. Le test de non violence réside dans les conséquences et Sea Shepherd a fait preuve d’une extrême prudence pour sauver des vies sans causer de blessures. Nous pratiquons la non violence dans l’esprit de Hayagriva, l’idée bouddhiste de la non violence agressive ou l’exercice de la colère compatissante. En d’autres termes intimider sans blesser avec pour objectif d’obtenir l’éclaircissement. Le Dalaï Lama soutient Sea Shepherd et je ne pense pas qu’il nous soutiendrait si nous étions une organisation violente comme Greenpeace nous accuse constamment de l’être. En employant la logique mentionnée ci-dessus, Greenpeace, je le répète, se rend également coupable de violence en nous accusant en permanence d’être violents, elle procure un prétexte aux chasseurs de baleines pour répliquer avec violence à notre encontre.

Greenpeace: non seulement c’est mal sur le plan moral mais en plus nous pensons que l’usage de la violence pour la protection des baleines constitue une erreur tactique. S’il est bien un moyen de durcir l’opinion publique japonaise et d’encourager la perpétration de la chasse à la baleine, c’est bien d’avoir recours à des tactiques violentes contre leur flotte. C’est mal parce que des vies humaines sont mises en danger et parce que ça rend les chasseurs de baleines plus forts au Japon.

Captain Paul Watson: ces bureaucrates du Greenpeace d'aujourd'hui déclarent ici que tous les co-fondateurs à l’origine de Greenpeace qui ont servi avec Sea Shepherd sont moralement mauvais. En d’autres termes les hommes et les femmes qui ont créé Greenpeace sont jugés mauvais sur un plan moral par des parvenus qui sont payés par Greenpeace aujourd’hui. Pas une de ces personnes qui nous accuse maintenant n’était là pour construire la charpente de l’organisation qui leur verse maintenant de confortables salaires. Je n’ai jamais travaillé pour Greenpeace un seul jour de ma vie pour de l’argent. J’étais bénévole et mon numéro de membre à vie est 007. Je suis le 8ème co-fondateur membre de Greenpeace. Bob Hunter était 000 et Bobbi Hunter est 001. Sea Shepherd parle le langage que les chasseurs de baleines comprennent sur un plan économique. Nous avons coupé dans leurs profits pendant sept années et c'est comme cela qu l'on mettra un terme à la chasse à la baleine pas en brandissant des banderoles et en volant des colis de viande de baleine à la poste japonaise.

Greenpeace: nous travaillons avec une multitude d’autres groupes dont les méthodes diffèrent des nôtres et nous ne sous-estimons pas la puissance de la coopération entre les groupes poursuivant un objectif commun mais différentes façon de procéder. Pendant des décennies nous avons eu des relations de travail productives avec le Worldwide Fund for Nature, Friends of the Earth, International Fund for Animal Welfare, Sierra Club, Environmental Investigative Agency et une pleiade d’autres groupes qui se consacrent à la conservation des baleines. Nous serions uniquement prêts à coopérer avec Sea Shepherd à la condition qu’ils ne mettent plus en danger des vies humaines.

Paul Watson: Greenpeace oublie de mentionner qu’ils ont aussi travaillé avec Earth First, organisation qui a pratiqué le sabotage industriel. Sea Shepherd n’a jamais mis de vies humaines en danger. Greenpeace a eu des morts et des blessés parmi ses membres d’équipage.

Greenpeace: à titre d’exemple en 2005/2006 Sea Shepherd a tenté d’endommager l’hélice du Nisshin Maru au moyen de câbles et de cordes comme rapporté sur leur propre site internet:

Deux de nos trois zodiac ont été équipés avec du matériel afin d’endommager leur hélice, équipement constitué de deux bouées connectées avec un câble en acier et une corde destinés à être placés par nos soins sur le devant de leur navire dans l’espoir que le Nisshin Maru passerait dessus, sous sa poupe et jusqu’à leur hélice afin de ralentir énormément le navire ou même de le stopper. Le Maru s’éloignait à pleine vitesse du Farley Mowat. Les deux zodiac ont continué sans relâche à utiliser leur matériel mais il semble que rien n’a pu entraver ce navire géant, le Nisshin Maru...

A cours d’alternatives et ayant perdu nos deux équipements destinés à endommager l’hélice tout espoir de ralentir le Maru semble envolé...

Endommager un navire dans l’océan Antarctique, sans parler de ce qu’on puisse trouver à y redire, constitue non seulement un acte odieux de manque de respect pour la vie humaine mais c’est de plus aller au devant d’un désastre environnemental dans l’un des environnements les plus fragiles de la planète.

Paul Watson: nous avons recours à l’intimidation parce que nous savons qu’endommager une hélice ne constituera pas un dommage irrémédiable causé aux navires mais les ralentira suffisamment pour qu’ils ne puissent pas chasser les baleines. Nous sommes conscients que les navires japonais ont des lames tranchantes protégeant leurs hélices.

Greenpeace: de telles tactiques représentent non seulement un danger pour les chasseurs de baleines mais aussi pour l’arrêt de la chasse à la baleine japonaise. Notre analyse politique est sans équivoque: si un terme doit être mis à la chasse à la baleine japonaise cela se fera par une décision intérieure prise par le gouvernement japonais. C’est pourquoi nous avons massivement investi dans un bureau de Greenpeace au Japon et des efforts pour nous adresser directement au public japonais dont 70% ignore que la chasse à la baleine a lieu dans les océans méridionaux. Une majorité de ceux qui sont au courant de la chasse à la baleine y sont opposés. Le soutien de la chasse à la baleine au Japon est en déclin permanent depuis les dix dernières années ainsi que la consommation de la viande de baleine. La question du coût du programme pour les contribuables a été soulevée par la communauté des affaires et les coûts politiques du programme ont abouti à l’émergence d’une opposition dans le Département des Affaires Etrangères au Japon. Tous ces progrès pourraient être réduits à néant par un retour nationaliste. En dépeignant les forces opposées à la chasse à la baleine comme des terroristes pirates dangereux, Sea Shepherd pourrait affaiblir les forces au sein du Japon destinées en fait à mettre un terme à la chasse à la baleine.
Quelques faits

Paul Watson: grâce à nos campagnes bien médiatisées menées dans les océans méridionaux, les japonais sont maintenant très au fait des activités illégales de leur flotte de baleiniers  dans l’Océan Austral. Cela constitue une forme d’éducation et nous disposons d’un show télévisé international pour transmettre notre message. Convaincre le public japonais de s’opposer à la chasse à la baleine n’est pas une garantie de changer quoi que ce soit. La majorité des canadiens est opposée au massacre commercial annuel des phoques mais pourtant la chasse aux phoques continue d’être subventionnée par le gouvernement canadien. Greenpeace a fait peu de progrès avec ses programmes d’éducation publique durant lesquels des membres de Greenpeace ont mangé  de la viande de baleine en public pour prouver qu’ils étaient respectueux de la culture japonaise.

Greenpeace: nous nous sommes construits une carapace résistante; ici à Greenpeace. Quand vous mettez au défi de puissantes forces, vous avez besoin de supporter les accusations de motifs ultérieurs et d’ordres du jour dissimulés. Ce qui est dommage, c’est quand nous devons passer du temps à contrer les attaques amies---provenant d’une organisation poursuivant les mêmes objectifs que nous. Nous n’avons rien contre des différences de point de vue importantes mais nous ne supportons pas les mensonges. 

Paul Watson: Sea Shepherd ne partage pas les mêmes objectifs que Greenpeace. Notre objectif est de mettre un terme à la chasse à la baleine. Pas Greenpeace. Greenpeace a soutenu le récent compromis qui aurait permis au Japon de légaliser la chasse à la baleine. Greenpeace ne condamne pas la chasse commerciale au phoque au Canada, ni le massacre des dauphins au Japon ni le massacre des dauphins globicéphales dans les îles Féroé. Greenpeace n’envoie pas de navire en Antarctique et pourtant continue à lancer des appels au don pour financer leur campagne réduite à “sauver” les baleines sur un jeu vidéo.

Greenpeace: comme un article du New Yorker sur Paul Watson le souligne, dans son livre "Earthforce!":

Watson recommande aux lecteurs de maquiller les faits et les chiffres si besoin est et de les livrer confidentiellement aux reporters “comme le fit Ronald Reagan”.

Paul Watson: ce commentaire est sorti de son contexte. J’étais en train d’expliquer que les médias modernes sont manipulés par des politiciens et des corporations afin de manipuler la vérité et que, oui, Ronald Reagan a maquillé les faits pour soutenir son ordre du jour comme le font d’ailleurs la plupart des hommes politiques. C’est du McLuhanism classique et la compréhension des stratégies des médias modernes. D’ailleurs Greenpeace le fait tout le temps comme la plupart des organisations, des partis politiques et des corporations. Ce qui était autrefois qualifié de mensonge est maintenant appelé revirement et Greenpeace est devenu maître dans l’art du revirement. J’en suis coupable aussi mais dans une moindre mesure. Je suis un amateur comparé au Département Média de Greenpeace.

Greenpeace: Paul Watson a déclaré que Greenpeace se rend uniquement dans l’Antarctique pour filmer la mise à mort des baleines, pour agiter des bannières et se contenter d’être témoins ---mais n'entreprend rien pour les sauver. C’est faux.

Greenpeace sauve des baleines. Greenpeace a directement sauvé les vies d’innombrables baleines durant plus de trois décennies en manœuvrant nos bateaux entre les harpons et les baleines. Beaucoup d’entre nous ont risqué leur vie dans ces actions de l’Islande jusqu’en Antarctique. Mais si nous considérons comme acceptable de risquer nos propres vies nous ne voulons pas risquer celle des autres.

Paul Watson: Greenpeace utilise encore aujourd'hui les images de Bob Hunter et de moi-même dans des zodiac bloquant les harpons de 1975 à 1976. Ils oublient que le legs qui a permis à Greenpeace de devenir ce qu’elle est à l’heure actuelle vient de moi et d’autres qui ne sont plus affiliés aujourd’hui à Greenpeace. En fait il n’y a plus un seul membre fondateur de Greenpeace chez Greenpeace à l’heure actuelle. Nous avons créé les tactiques dont ils se vantent aujourd’hui. Mais ils n’ont pas empêché la mort d’une seule baleine. Les chasseurs de baleines japonais ont massacré des baleines devant leurs yeux tandis que leurs membres brandissaient des bannières et prenaient la pose pour leur campagne photo.

Greenpeace: en 2006 un harpon a été tiré sur l’un de nos pneumatiques et percuta le bateau en précipitant l’un de nos membres d’équipage dans les eaux glacées de l’Antarctique. Suivant les registres gardés par les chasseurs de baleines (nous sommes trop occupés pour tenir des registres) nous nous sommes interposés à eux 26 fois en 2006. Peu après nous avoir aperçus, les chasseurs sont partis à toute vitesse, leurs propres registres indiquant qu’ils ont perdu neuf jours de pêche en raison de notre interposition. Les chasseurs ont éperonné deux fois nos bateaux, blessé une fois un de nos membres d’équipage avec une perche métallique et utilisé un puissant canon hydraulique contre nous. En dépit de cela ils ont chassé 82 baleines de moins que leur quota ne les y autorisait. En 2008 les chasseurs nous ont poursuivi pendant 14 jours consécutifs, autant de jours de perdus pour leur chasse. Comme ils ont besoin de chasser 9 à 10 baleines en moyenne par jour pour arriver au quota qu’il se sont eux-mêmes fixé, cette action à elle seule a permis de sauver les vies de plus de 100 baleines.

Paul Watson: en ce qui me concerne, s’ils sont arrivés à 82 baleines de moins que leur quota ne les y autorisait c’est parce que Sea Shepherd les pourchassait sans relâche. Ils ne cherchaient pas à échapper à Greenpeace mais à Sea Shepherd. Et tomber à l’eau n’est pas une grosse affaire quand vous portez une combinaison appropriée. Nous tombons à l’eau tout le temps mais nous n’en faisons pas tout un drame.  La vérité est que le puissant canon hydraulique peut être facilement évité mais Greenpeace se précipite tête baissée  car c'est l'opportunité de faire une photo dramatique. Prendre la pose et gesticuler à la manière des baleines en train de mourir est ce qu’ils savent faire et ils le font très bien mais cela n’a jamais  sauvé une seule baleine.  Intéressant de constater que quand Sea Shepherd ne pourchassait pas encore la flotte baleinière au cours des années passées, Greenpeace ne se gargarisait pas de tels succès. Je trouve aussi étrange qu’ils déclarent être trop occupés pour tenir des registres. C’est le but d’un carnet de bord et l’officier de bord est tenu de tenir un tel registre.

Greenpeace: le travail de Greenpeace consiste à sauver les baleines dans le monde entier et ce en employant toute une variété de tactiques.

Avec le WWF nous étions les premiers avocats qui avons engendré de la pression publique qui a permis le moratoire de la chasse à la baleine commerciale entériné en 1982. Cette seule action a permis de sauver la vie de dizaines de milliers de baleines et à mis un terme au programme de la chasse à la baleine dans l’Union Soviétique, au Brésil, au Pérou et en Espagne.

Nous avons entrepris un travail politique pour maintenir le soutien du moratoire sur la chasse commerciale à la baleine et contrer les schémas d’achat de votes au Japon. Il y a eu des années durant lesquelles la majorité pour la conservation au sein de la Commission Baleinière Internationale tenait à un fil, dans un cas même, à un seul vote. En faisant pression sur les pays en faveur de la conservation afin de joindre la Commission Baleinière Internationale et en faisant pression avec succès sur des pays comme le Danemark pour les faire changer de politique relative à la conservation, des millions d’activistes et de gens nous soutenant ont travaillé silencieusement dans les coulisses pour sauver les baleines. 

Paul Watson: je faisais partie de la pression qui a abouti à la création du moratoire comme beaucoup d’autres. Ce ne fut pas un accomplissement dû à Greenpeace, ce fut le résultat d'unefort commun du mouvement anti-chasse à la baleine. Sea Shepherd a aidé l’Equateur à rejoindre la CBI et a fourni un vote pour les baleines. Et concernant le Danemark ayant changé de politique? Je ne pense pas. Le Danemark est un avocat important en faveur de la chasse à la baleine et chaque année près d'un millier de dauphins globicéphales sont tués dans les Îles Féroé danoises où Sea Shepherd est intervenue quatre fois et Greenpeace jamais parce que leurs adhérents au Danemark qui les soutenaient au Danemark ne veulent pas s'opposer à la culture féringienne. Apparemment s’interposer à n’importe quelle autre culture que la leur  est OK pour les danois.

que Greenpeace oublie c’est qu’il y a très peu de personnes qui ont été des activistes de bout en bout en faveur des baleines de 1974 à nos jours comme je l’ai été. Cela représente 37 années consacrées à la défense des baleines sur chaque océan que compte la planète. Greenpeace a changé. Moi pas. Il n’y a pas un seul autre activiste des temps anciens et qui continue à se confronter aux chasseurs de baleines.

Greenpeace: travailler au Japon pour stopper la chasse à la baleine

Greenpeace a un bureau au Japon depuis 1989. Grâce au résultat d’un travail dur et soutenu sur toutes ces années nous avons réussi à faire de la chasse à la baleine un sujet de débats intérieurs au Japon, là où il n’y en n’avait pas auparavant. Nous avons réussi à convaincre des célébrités, musiciens et artistes japonais à se déclarer opposés à la chasse à la baleine, à exposer les efforts de promotion sponsorisés par les contribuables japonais au gouvernement japonais, à exposer le gaspillage et la corruption dans la bureaucratie soutenant la chasse à la baleine. Nous avons généré les critiques face à la chasse à la baleine dans certains des plus importants journaux japonais et des articles dans la presse économique demandant si le Japon devait mettre un terme à son programme de chasse à la baleine.

Paul Watson: Sea Shepherd est actif au Japon depuis 1981 en commençant par essayer de libérer des dauphins des filets de leurs bourreaux. Nos efforts ont en fait sauvé des vies. Les efforts de Greenpeace n’ont eu aucune influence sur la politique du Japon en matière de chasse à la baleine. Les hommes d’affaire japonais ne parlent qu’en termes de pertes et profits et n’ont cure de causes sentimentales. Ils se fichent simplement de la souffrance animale et ils ne semblent non plus pas préoccupés par les problématiques de conservation. Sea Shepherd parle le seul langage qu’ils comprennent: celui des pertes et profits et nous les maintenons  sur la corde raide  financièrement grâce à une annulation  de leurs profits sur les cinq dernières années.

Greenpeace: le 15 mai 2008 Greenpeace Japon a eu recours à des investigateurs dissimulés et le témoignage d’indics pour mettre à jour que d’importantes quantités de viande de baleine de qualité supérieure avait été subtilisées du navire baleinier Nisshin Maru en étant passées et dissimulées dans des bagages personnels avec l’inscription “carton” ou “denrées salées” et adressées aux familles des membres d’équipage. Les activistes de Greenpeace Junichi Sato et Toru Suzuki ont intercepté une boite parmi quatre envoyées à une adresse et ont découvert qu’elle contenait de la viande de baleine d’une valeur pouvant atteindre jusqu’à 3000 dollars américains et l’on amenée au procureur du tribunal de Tokyo.

Paul Watson: la chasse à la baleine est illégale donc je ne cerne pas  bien l'intérêt de mettre à jour la corruption au sein d’une industrie qui est illégale dans son ensemble. Les seules personnes lésées dans une histoire  de vol de viande de baleines sont les chasseurs de baleines. C’est auss abérant que si le FBI enquêtait au sein de la Mafia pour le compte du Parrain. Voler de la viande envoyée par la poste au Japon n’a rien à voir avec l’arrêt de la chasse à la baleine illégale par la flotte de baleiniers japonais dans l’Antarctique.

Greenpeace: leur conférence de presse internationale à attiré l’attention nationale au Japon et la promesse faite par le Procureur “d’enquêter à fond” sur les chefs d’accusation.

A la place Junichi et Toru furent arrêtés pour avoir volé la boite de viande de baleine et l’enquête sur le scandale a été abandonnée à la demande du bureau du Procureur le même jour. Il était évident que les deux actes étaient liés et c’était aussi évident que les deux hommes étaient motivés sur le plan politique. Bien que Junichi et Toru aient complètement coopéré avec la police. Il fallut cinq semaines pour procéder aux arrestations et quand ce fut le cas, plus de 40 officiers envahirent le bureau japonais de Greenpeace sans possibilité pour les médias d’intervenir, muselés par la police. Les activistes de Greenpeace furent informés de leur arrestation imminente par les informations télévisées le même jour que le scandale de détournement de fonds fut passé sous silence.

Paul Watson: il se peut bien que les chefs d’accusation aient été motivés sur le plan politique mais Greenpeace s’est mise elle-même dans la position d’être inculpée pour vol. Ce n’était pas une tactique intelligente. Une stratégie nécessite une préparation. Le seul point positif est que le cas a attiré l’attention sur le sujet de la chasse à la baleine.

Greenpeace: les deux activistes risquent maintenant jusqu’à dix années d’emprisonnement. Nous les considérons comme des prisonniers politiques et pensons que des forces politiques ont instrumentalisé une fissure ayant pour objectif de jeter le discrédit sur Greenpeace parmi la société japonaise. Cela signifie que nous avons trouvé une faille. Nous avons l’intention de concentrer nos efforts sur le revirement des tables et de placer les intérêts de la chasse à la baleine lors d’un jugement dans la cour de l’opinion publique au Japon. Nous voyons la réaction des enjeux de la chasse à la baleine comme parfaitement conforme à la façon dont les campagnes de Greenpeace ont été le plus couronnées de succès: “d’abord ils vous ignorent puis ils se moquent de vous et ensuite ils vous combattent. Ensuite vous gagnez.”

Paul Watson: c’est amusant parce que c’est exactement ce que Greenpeace a fait avec Sea Shepherd. D’abord ils nous ont ignoré puis ils se sont moqués de nous puis ils nous ont attaqués. Je me souviens du chef de file de Greenpeace David McTaggart déclarant au journal The Age au sujet de Sea Shepherd, “Sea Shepherd, jamais entendu parlé d’eux” et d’ajouter ensuite “ils n’ont aucune importance”. Le Japon n’a pas besoin d’une campagne pour discréditer Greenpeace au Japon. Ils ont été discrédités il y a des années. Ils ont essayé de faire une montagne d’une colline en déclarant qu’ils avaient concentré toutes leurs énergies en défendant leurs deux activistes inculpés. C’était simplement d'un prétexte confortable pour ne pas envoyer de navire ni d’équipage dans l’Antarctique. Ils auraient certainement pu se permettre les deux. Maintenant que les deux hommes sont libres, Greenpeace n’a toujours pas l’intention d'envoer un navire en Antarctique bien qu’ils continuent à récolter des fonds pour cet objectif. Les deux activistes de Greenpeace ont vu leur sentence suspendue.

Greenpeace:  Greenpeace a trop d’argent?

Watson se plait à dépeindre Greenpeace comme profitant de sa richesse mais en fait Greenpeace n’accepte pas d’argent de gouvernements ou de corporations et nos ressources sont minuscules par rapport aux tâches qui nous attendent. Nous dépendons presque entièrement des dons de presque 3 millions de personnes dans le monde entier et nous dépensons ces dons durement récoltés de manière à gagner des campagnes en faveur de l’environnement.

Paul Watson: ce n’est pas vrai qu’ils n’ont pas accepté d’argent de gouvernement ou d'entreprise. C’était moi la voix en moins en 1976 quand Greenpeace a accepté un don important de Ed Daly d’Air America, connue également comme la compagnie aérienne de la CIA. Le don a été versé à la condition que Greenpeace continue à harceler la flotte baleinière soviétique et renonce à pourchasser la flotte baleinière japonaise. Ce fut en fait le début de mes divergences d’opinion avec le Bureau Directeur de Greenpeace. Greenpeace a également accepté un don très important au milieu des années 80 de la part de l’Union Soviétique pour sponsoriser un concert pour la paix à Moscou. J’ai relevé que Greenpeace a déclaré qu’ils dépendent “presque entièrement” des dons de leurs membres. Cela implique d’autres sources de financement.

Greenpeace: pour mettre en perspective notre budget, Exxon-Mobil a généré en 2007 plus de revenus en moins de six heures que Greenpeace n’en a reçu des ses donateurs du monde entier de toute l’année. Nos dons annuels représentent moins que la valeur de sept jours de la valeur globale de l’industrie illégale forestière ou de trois jours de subventions à l’industrie de la pêche dans son ensemble. L’industrie nucléaire dépense plus d’argent en publicité que l’intégralité du budget opérationnel de Greenpeace International. 

Paul Watson: c'est une comparaison absurde mais qui illustre bien l'importance des sommes collectées par Greenpeace. Exxon-Mobile génère une somme exorbitante en six heures et l'intégralité des sommes versées en subventions à l'industrie mondiale de la pêche est d'environ 75 milliards de dollars soit l'équivalent de trois jours de subventions donc trois jours de subventions, ce qui représente environ 600 millions de dollars et qui constitue environ le double du budget actuel de Greenpeace. Je n'envie pas Greenpeace pour ce budget. Je souhaiterais juste qu'elle utilise ces fonds de façon plus efficace.

Greenpeace: l'entière décomposition de nos fonds collectés, de nos dépenses et de la façon dont nous les utilisons est publiée chaque année dans notre rapport annuel.

Et ce qui est de loin non négligeable, Greenpeace obtient des résultats. Durant les trois décennies depuis notre fondation nous avons combiné notre marque de fabrique que constitue l'action directe non violente avec une pression exercée sur le plan politique, avec la recherche scientifique et la mobilisation publique pour mettre un terme aux tests d'armements nucléaires, nous avons obtenu l'arrêt du rejet de déchets toxiques en mer, garantit le moratoire sur la pêche commerciale à la baleine et remporté des douzaines d'autres étapes importantes vers notre objectif ultime que constitue un futur paisible et vert pour notre planète.

Paul Watson: je ne conteste pas le fait que Greenpeace s'est attribué le mérite de tous ces actes. Et il faut bien reconnaître qu'il y avait des activistes bien intentionnés dédiés à la cause de Greenpeace sur le terrain accomplissant un travail formidable inspirés par la cause. Mais j'aimerais les comparer à l'Eglise catholique. Il y a des milliers de prêtres et de nonnes catholiques sincères et qui se sacrifient pour aider les pauvres dans le monde entier mais ce ne sont pas eux le Pape. L'institution de l'Eglise catholique est riche, corrompue et puissante mais ça ne rend pas ses disciples coupables. L'organisation Greenpeace vend aujourd'hui la bénédiction écologique de la même façon que le Pape Rodrigo Borgia a autrefois vendu la distribution du paradis. Greenpeace est devenue la plus importante organisation de bonne conscience. Rejoignez Greenpeace et devenez un élément de la solution sans avoir pour autant à changer de mode de vie. C'est un business florissant qui entretient l'illusion que Greenpeace obtient des résultats, ce qui est vrai dans certains cas mais en réalité, il y a énormément de gâchis. Greenpeace est devenue une organisation de compromis.

Greenpeace: en conclusion

Paul Watson peut volontiers exprimer ses opinions sur Greenpeace ----en tant qu'organisation environnementale plus progressive, nous avons un large spectre de détracteurs et toute critique juste est la bienvenue. Mais nous attendons un débat juste basé sur des faits et pas des mensonges.

Paul Watson: je coopérerais volontiers avec Greenpeace à la condition qu'elle consacre les énormes sommes d'argent collectées au nom des baleines pour vraiment défendre les baleines. En tant que co-fondateur de Greenpeace, je dois dire que je suis fier de l'idée Greenpeace que nous avons lancée au début des années 70. Nous la voyions à ce moment-là comme un mouvement et non la corporation qu'elle est devenue aujourd'hui. Quand Greenpeace arrêtera de nous qualifier de violents alors nous arrêterons de les qualifier d'inefficaces. Quand Greenpeace arrêtera de nous qualifier d'éco-terroristes, nous cesserons de les accuser de transformer l'environnement en ressource commercialisable. Si Greenpeace consacre l'argent qu'elle a collecté pour vraiment défendre les baleines alors nous cesserons de les accuser d'escroquerie. Et pour finir, si Greenpeace n'avait pas écrit cette fiction qu'elle présente comme un fait, je n’aurais pas eu à écrire cette réponse.

 

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