Commentary and Editorial

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Vendredi, 28 Janvier 2011 18:04

Est-ce la dernière campagne de Sea Shepherd dans l'Antarctique ?

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

Est-ce la dernière campagne dans l'Antarctique de Sea Shepherd Conservation Society? Je l'espère sincèrement, et les prévisions laissent penser que la guerre des baleines dans le Sanctuaire des Baleines de l'Océan Austral pourrait arriver à son terme. Le compte-à-rebours a commencé pour les baleiniers japonais.

La flotte baleinière japonaise n'a jamais été aussi faible, avec juste un navire-usine et trois bateaux-harponneurs. Le bateau de surveillance Shonan Maru No. 2 ne fait plus partie de la flotte et il n'y a plus non plus de navires éclaireurs dans les opérations de braconnage.

Mais la flotte de Sea Shepherd n'a jamais été aussi forte. Nous avons trois navires, un nouvel hélicoptère à grande autonomie, un nouvel équipement et trois équipages de bénévoles incroyablement motivés.

Nous n'avons aucune nouvelle de Glen Inwood, ou Ginza Glen comme nous l'avons rebaptisé, le porte-parole néo-zélandais des baleiniers. Il est étrangement silencieux cette saison mais peut-être que son contrat de relations publiques avec les baleiniers n'a pas été renouvelé.

L'économie japonaise a des soucis. La valeur du yen japonais a récemment baissé et l'Institut de Recherche sur les Cétacés (ICR) est devenu un handicap économique pour le gouvernement japonais, sans parler d’une source d'irritation constante pour le Ministère des Affaires Étrangères japonais. L'industrie baleinière a aussi été entachée par des affaires de pot-de-vin, de détournement de fond et de corruption.

Chaque année, le Japon est humilié à la Commission Baleinière Internationale et aujourd'hui l'Australie veut le traîner devant la Cour Internationale de La Hague pour répondre de ses actes dans le Sanctuaire des Baleines de l'Océan Austral.

Le 20 janvier 2011, Kyodo Senpaku, l'Association Baleinière du Japon et l'Institut de Recherche sur les Cétacés ont tenu une conférence de presse.

Kazuo Murayama, le PDG de Kyodo Senpaku et à la tête de l'Association Baleinière du Japon (JWA), a annoncé que "les ventes annuelles [de viande de baleine] ont chuté de 30% durant la première moitié de 2010", ce qui pourrait entraîner selon lui une baisse des activités de la JWA. L'Institut de Recherche sur les Cétacés a déclaré qu'elle n'aurait plus qu'un directeur général. Yoshiro Fujise, le directeur général rescapé, a annoncé que "le modèle financier de couvrir les frais de recherche par les ventes de viande de baleine en tant que "sous-produit" des recherches ne fonctionnait plus".

Des journaux comme le New Scientist et des biologistes marins à travers le monde ont condamné les justifications pseudo-scientifiques des opérations baleinières. Les diatribes hystériques de l'ICR sur Facebook, sur leur site et dans leurs communiqués de presse ne se résument plus qu'à des condamnations de Sea Shepherd Conservation Society. Ce qu'ils appellent de la piraterie, de l'éco-terrorisme et de l'extrémisme militant est simplement la défense de l'intégrité du Sanctuaire des Baleines de l'Océan Austral.

Selon Sea Shepherd, la seule et unique raison pour laquelle le Japon continue de tuer des baleines est à cause de Sea Shepherd, parce que les japonais ont trop de fierté pour courber l'échine face à une organisation non-gouvernementale. Des rapports de l'Agence Japonaise de la Pêche et de l'ICR semblent suggérer que le souci principal est maintenant de sauver la face. Il semblerait que la destruction de Sea Shepherd devienne aujourd'hui une obsession avec la pression grandissante du Ministère des Affaires Étrangères japonais sur les Pays-Bas, les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour neutraliser Sea Shepherd.

Certaines critiques anti-chasse à la baleine ont suggéré que Sea Shepherd arrête de s'opposer aux baleiniers japonais pour leur offrir une porte de sortie digne. Je ne suis pas d'accord. C'est à cause de Sea Shepherd que la flotte baleinière japonaise est où elle est aujourd'hui. Nous leur avons retiré leurs profits et augmenté le coût de leurs opérations pendant six années consécutives. Ils sont tellement enfoncés dans les dettes que les prêts subventionnés par le gouvernement japonais ne doivent qu'augmenter. Nous ne pouvons pas nous retirer et leur laisser engranger des profits qui serviraient à rembourser ces prêts.

Notre objectif n'est pas de conquérir le cœur du public japonais. Être majoritairement populaire auprès des canadiens n'a pas influencé la politique du gouvernement canadien, dont la réaction à l'opposition publique locale de plus en plus grande au massacre des phoques s'est traduite par une défense plus enracinée que jamais de cette tuerie. La chasse aux phoques est aussi une industrie qui survit grâce aux subventions du gouvernement fédéral canadien.

Dans une véritable économie de marché, la chasse à la baleine japonaise comme celle aux phoques canadienne se seraient terminées par une banqueroute. Mais ces deux industries continuent de survivre grâce à cette nouvelle invention qu'est le communisme d'entreprise. Cependant, dans les deux cas et malgré les largesses gouvernementales, la chasse à la baleine et aux phoques continue de décliner sans espoir de réaliser un quelconque profit dans un futur proche. Dans la réalité, les deux sont des industries mortes ne survivant que grâce aux politiciens et aux bureaucrates. L'opinion publique n'a que peu d'impact sur ces décisions. En fait, au Japon, on peut même dire que l'opinion publique étrangère, appelée gaiatsu, a plus de poids que la pression locale.

Les médias japonais tendent à être nationalistes et pro-gouvernement. Pendant longtemps, le citoyen japonais moyen n'était absolument pas au courant des opérations baleinières dans l'Océan Austral. Ce fut le drame des confrontations avec Sea Shepherd qui les ont révélées au public japonais.

L'objectif de Sea Shepherd a depuis longtemps est de couler économiquement la flotte baleinière japonaise pour la mener à la banqueroute, et c'est une stratégie qui semble fonctionner.

Malgré la propagande japonaise, Sea Shepherd ne fait rien d'illégal. Aucun de nos bateaux n'a été poursuivi ou retenu, nous n'avons été ni réprimandés ni poursuivis pour un crime, pas même par le Japon. Les navires de Sea Shepherd peuvent accéder aux ports australiens et néo-zélandais, les baleiniers japonais y sont interdits. Ils sont aussi officiellement sous le coup d'un ordre de la Cour Fédérale australienne leur interdisant de tuer des baleines dans les eaux territoriales australiennes.

En 2010, Pete Bethune a été poursuivi en tant qu'individu pour avoir abordé le Shonan Maru No. 2 parce qu'il se plaçait sous la législation japonaise en étant à bord d'un bateau japonais. La décision d'aborder le bateau de surveillance de la flotte baleinière qui avait coulé son bateau l'Ady Gil, a été prise par Bethune. Sea Shepherd a soutenu sa décision et payé pour sa défense au Japon. Cependant, tout ce que les bateaux de Sea Shepherd ont fait n'a rien d'illégal et ne va à l'encontre d'aucune régulation maritime.

Aucun bateau de Sea Shepherd n'a éperonné de baleinier japonais dans l'Océan Austral. Par contre, ce sont les bateaux-harponneurs japonais qui ont été à chaque fois à l'origine des collisions. Les années passées, ils ont fait la même chose avec les bateaux de Greenpeace et à l'époque avaient aussi accusé Greenpeace d'être à l'initiative des accrochages. Comme Greenpeace a une politique très claire de ne pas éperonner les bateaux, les accusations japonaises similaires contre Sea Shepherd ont perdu toute crédibilité. Sea Shepherd n'a rien contre éperonner des navires commandés par des braconniers. Nous l'avons fait dans le passé, mais dans le cas de la défense du Sanctuaire des Baleines dans l'Océan Austral, notre politique est d'intercepter, de harceler et de bloquer les baleiniers, pas de les éperonner.

C'est une stratégie qui fonctionne et chaque année, nous faisons baisser les quotas plus que l'année précédente grâce à nos ressources sans cesse grandissantes. Cette année, nous avons totalement neutralisé deux des trois bateaux-harponneurs et fait fuir le navire-usine Nisshin Maru 80% du temps, ne leur laissant que très peu de temps pour s'arrêter et tuer des baleines.

Nous sommes convaincus que le nombre de baleines tuées cette année sera en dessous de celui de l'année dernière, quand nous avons pu sauver plus de baleines qu'ils n'en ont tuées. Pour simplifier, tout ne tient qu'au décompte des victimes. Notre but est de le garder aussi bas que possible et les baleiniers ont pour objectif de tuer 935 baleines de Minke, 50 baleines à bosse et 50 rorquals communs pour un total de 1 035 baleines. L'année dernière, ils ont tué 507 baleines et nous en avons sauvé 528.

Notre succès de l'année dernière est indiscutable. Les baleiniers eux-mêmes l'ont reconnu en pleurnichant sur les dommages économiques que nous avons fait contre leur industrie de soi-disante recherche.

Et aujourd'hui, nous approchons du point de rupture. La demande en viande de baleine au Japon est en baisse. Un surplus est conservé surgelé à grands frais dans des dépôts au Japon. Le cours du yen est en chute. Les nouvelles règles de l'Organisation Maritime Internationale (IMO), qui interdisent l'utilisation de fuel lourd en Antarctique après août 2011, rendront illégales d'y faire opérer le Nisshin Maru. Le Japon a besoin d'un nouveau bateau-usine pour le remplacer mais n'a même pas commencé à en construire un. L'Australie emmène le Japon devant la Cour Internationale de La Hague. Les manifestations à travers le monde contre le massacre des baleines et des dauphins sont toujours plus nombreuses. Des accusations de pot-de-vin et de corruption à l'intérieur de l'industrie baleinière et du gouvernement japonais se succèdent de plus en plus.

Il y a donc une possibilité réelle que le Japon n'envoie pas de flotte baleinière dans l'Océan Austral à la fin de cette année, et si c'est quand même le cas, nous serons préparés pour nous opposer encore une fois. Mais nous préférerions ne pas avoir à le faire. Nous préférerions que les baleines du Sanctuaire de l'Océan Austral soient laissées tranquilles. Nous avons passé sept saisons à intervenir contre ces braconniers. Chaque saison nous a apporté plus de soutien que l'année précédente, et chaque saison a augmenté nos ressources, renforcé nos sources de ravitaillement et solidifié notre efficacité.

Nous devons être préparés à repartir encore en décembre 2011, et nous devons être préparés à revenir encore plus forts. Pour être efficaces à 100%, nous pourrions utiliser un troisième grand bateau, ou un autre navire plus rapide que les bateaux-harponneurs. Le Gojira est un excellent bateau-éclaireur, mais nous avons besoin d'un peu plus de muscle. Avec un navire pour occuper chacun des bateaux-harponneurs, nous pourrions être plus efficaces. Si les baleiniers japonais reviennent avec quatre bateaux, Sea Shepherd devrait revenir avec quatre bateaux aussi.

Et s'ils ne reviennent pas, nous déplacerons nos opérations en Atlantique Nord pour nous opposer une nouvelle fois aux baleiniers illégaux de Norvège, d'Islande et des îles Féroé danoises.

Operation No Compromise

Opération
No Compromise

 

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