Commentary and Editorial

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Vendredi, 18 Février 2011 20:35

10 questions au Capitaine Paul Watson sur le retrait des Japonais du Sanctuaire baleinier en Antarctique

1.      Pensez-vous que le Japon ait définitivement renoncé à la chasse à la baleine dans l'océan Austral?
Capitaine Paul Watson:
Nous n'en sommes pas sûrs. Nous avons bon espoir qu'ils cesseront la chasse à la baleine dans le Sanctuaire baleinier d'Antarctique, mais s’ils reviennent la saison prochaine, nous serons là de nouveau pour les accueillir. Nous reviendrons plus forts que nous l’avons été cette année et encore mieux préparés afin d’entraver leurs opérations illégales de chasse.

2.      Pourquoi pensez-vous qu’ils aient abandonné la chasse un mois et demi plus tôt que prévu?
Capitaine Paul Watson:
Ils n'avaient pas le choix. Nous avions mis fin à leurs opérations efficacement. Une fois que nous avons eu pris le contrôle de la plateforme arrière du navire-usine Nisshin Maru, nous avions le contrôle de leurs opérations de chasse. S'ils ne peuvent pas charger de cadavres de baleines sur le pont de dépeçage du navire-usine, ils ne peuvent pas tuer de baleines. Deux possibilités s'offraient alors à eux. Ils pouvaient soit continuer à nous avoir constamment sur leurs talons et à brûler du carburant pour rien, soit ils pouvaient rentrer chez eux au Japon.

3.      L'Agence japonaise des pêches a déclaré qu’ils ont rappelé leurs navires pour des questions de sécurité pour leurs équipages. Pensez-vous que c'était une préoccupation légitime?
Capitaine Paul Watson:
Non, notre tactique n'a pas changé au cours des sept campagnes annuelles que nous avons orchestrées dans l’océan Austral. Tous les ans, nous sommes revenus plus forts, et dotés d'un financement chaque année plus important, et donc nous avons été plus efficaces pour les localiser et les bloquer dans leurs activités. Je crois qu'ils ont arrêté leurs opérations de chasse de manière officielle parce que dans la pratique, nous y avions déjà mis fin. Les baleiniers japonais n'ont jamais eu de raison d'avoir peur de nous. De toute notre histoire, nous n'avons jamais sérieusement blessé personne et nous sommes fiers de ce parcours sans tâche.

4.      L'Institut de recherche sur les cétacés (ICR) a catalogué la Sea Shepherd Conservation Society comme une organisation éco-terroriste. Est-ce une source de préoccupation?
Capitaine Paul Watson:
L'ICR peut nous appeler comme il veut, mais il me semble qu'il devrait soit nous faire arrêter pour terrorisme, soit se taire. Cela fait des années qu’il nous traite de terroristes, et il ne nous a jamais accusé d'aucun crime. Je ne crois pas qu'il comprenne ce que signifie le mot ‘terroriste’. En japonais, il semble vouloir signifier tout ce qui s'oppose au status quo japonais.

5.      . Le Japon a demandé à l'Australie, la Nouvelle-Zélande, et les Pays-Bas de prendre des mesures pour que Sea Shepherd cesse d'interférer dans leurs opérations de chasse. Est-ce que cela vous préoccupe?
Capitaine Paul Watson:
le Japon a fait cette demande, en fait l’exige, depuis six ans. Je ne pense pas que ces gouvernements iront à l'encontre de leurs propres citoyens, majoritairement anti-chasse, afin de faire plaisir au Japon. Ils peuvent répondre du bout des lèvres ou par toute forme de subtilité diplomatique, mais ils savent très bien que les urnes des Pays-Bas, de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie ne sont pas à Tokyo.

6.      Qu’est-ce qui a fait la différence cette année par rapport aux années précédentes?
Capitaine Paul Watson:
Chaque année, quand nous revenons en océan Austral, nous sommes plus forts, plus expérimentés et mieux équipés que l'année précédente. Chaque année la flotte baleinière revient plus faible que l'année précédente. Cette année nous avons également disposé du Gojira comme bateau de reconnaissance. Il était skippé par le capitaine Locky MacLean, un homme qui n'est pas vraiment du genre à amuser la galerie, mais par contre est parfaitement décidé à remplir son devoir pour la cause. Il a très bien fait son travail en localisant les navires de ravitaillement et le Nisshin Maru, et en barrant le chemin aux bateaux-harpons. Nous avions également le Bob Barker, capable de traquer et de suivre les baleiniers quel que soit leur itinéraire, grâce à ses performances longues distances et sa proue brise-glaces. Plus important encore, nous avions un équipage fantastique, 88 bénévoles passionnés répartis sur les trois navires, et une solide équipe internationale de soutien à terre.

7.      Combien de baleines ont été tuées cette saison et quelle est la comparaison avec l’année précédente?
Capitaine Paul Watson: La saison dernière, sur le quota qu’ils s’étaient fixé eux-mêmes de 935 petits rorquals, 50 baleines à bosse et 50 rorquals communs, ils ont tué 507 petits rorquals, aucune baleine à bosse et aucun rorqual commun. Cette année, d’après l'ICR, ils ont tué 170 petits rorquals et 2 rorquals communs. Cela ne représente que 16% de leur quota global. J’ai d'abord cru qu'ils ne pouvaient pas avoir pris plus d'une centaine de baleines, considérant les possibilités limitées fournies par un seul bateau harponneur, mais j'ai découvert par la suite qu'ils avaient réquisitionné les harponneurs des deux autres bateaux de chasse pour les affecter à un seul bateau, et ainsi pouvoir travailler 24/24h. Je les suspecte aussi de ne pas avoir prélevé "d’échantillons" sur plusieurs groupes ou bancs de baleines, mais d’avoir massacré des groupes entiers afin de maximiser leurs prises. Ceci entre en contradiction avec leur soi-disant justification scientifique de la chasse à la baleine, mais ils étaient prêts à tout pour tuer autant de baleines que possible avant que nous venions nous coller à leur poupe et les arrêter pour de bon.

8.      Greenpeace n'a même pas mentionné Sea Shepherd comme étant responsable de la décision du Japon de renoncer à ses opérations de chasse. à la baleine. Pourquoi ne l'ont-ils pas fait?
Capitaine Paul Watson: La réponse est simple: ils n'aiment pas Sea Shepherd et ils ne m'aiment pas, bien que je sois un des cofondateurs de Greenpeace. Le fait est que c’est à Sea Sheperd que le gouvernement et les baleiniers japonais ont attribué la raison de l'arrêt du massacre des baleines. Cela ne peut pas être plus clair. Cette année, j'ai proposé une alliance à Greenpeace, mais ils ont refusé. Je reste ouvert à toute collaboration avec eux, mais leur ligne de conduite implique de ne pas reconnaître notre existence. C'est vraiment dommage parce qu'en tant que cofondateur de Greenpeace, je souhaiterais pouvoir être fier de ce que nous avons commencé en 1972, et j'espère qu'un jour je pourrai être fier de Greenpeace. Je dois dire qu'ils perdent toute crédibilité et se desservent eux-mêmes ainsi que leurs membres en faisant comme si Sea Shepherd n'existait pas. Greenpeace devrait se mettre en accord avec la deuxième partie de son nom et faire la paix avec les autres organisations, en particulier avec une organisation fondée et dirigée par l’un de ses cofondateurs.

9.      Pensez-vous que Sea Shepherd ait remporté cette grande victoire seul?
Capitaine Paul Watson: Certainement pas. Sans le soutien des gens et des ports d'Australie et de Nouvelle-Zélande, nous n'aurions pas été en mesure d'entreprendre ces campagnes. Nous sommes extrêmement reconnaissants envers les ports de Hobart, Melbourne, Sydney, New Castle, Brisbane, Fremantle, et Albany en Australie, et les ports de Wellington, Bluff et Auckland en Nouvelle-Zélande. Nous sommes reconnaissants envers les habitants des Pays-Bas et envers la Loterie postale néerlandaise qui nous permettent d'arborer le drapeau néerlandais, et pour leur soutien financier, que nous apprécions beaucoup. Nous sommes reconnaissants envers les Mohawks de la réserve de Kahnawake de nous avoir honorés avec le drapeau de l'Organisation de la Ligue des Cinq Nations des Iroquois, et nous sommes reconnaissants d'avoir reçu officiellement le drapeau des aborigènes d'Australie et le drapeau Maori de Aotearoa. Nous sommes très reconnaissants du soutien incroyable de Mr Bob Barker, qui a rendu possible l’obtention du bateau idéal en complément au Steve Irwin. Politiquement parlant, nous sommes reconnaissants aux sénateurs australiens Mr Bob Brown et Mme Rachel Siewert de l'Australian Greens Party, à Mr Brad Pettitt le maire de Fremantle ainsi qu’à son prédécesseur M. Peter Tagliaferri, au sénateur et ancien ministre australien de l'Environnement Mr Ian Campbell ainsi qu’à Mme Celia Wade-Brown , maire de Wellington.

En fait, il ya tellement de gens qui ont contribué et participé, recueilli des fonds, et fait don de leur temps, que je suis en train d’écrire un grand merci à tous qui sera vraiment long, mais bien mérité, et nous le posterons sur notre site prochainement. Pour conclure, ce fut une réussite collective internationale rendue possible par un grand nombre de gens passionnés et dévoués, que j’admire et et auxquels je suis reconnaissant.    

10.  Que va faire Sea Shepherd maintenant?
Capitaine Paul Watson:
Nous devons être prêts à revenir en océan Austral à la saison prochaine. Nous ne savons pas si les baleiniers vont reprendre la chasse, mais nous serons là pour les intercepter s'ils le font. Nous avons l'intention d'être encore plus efficaces, et cela passe par l'acquisition d'un quatrième navire, plus grand, plus rapide, résistant aux glaces, un bateau avec une plus longue portée qui pourra rattraper les bateaux harponneurs à travers les glaces. Dans l'intervalle, nous devons sauver les thons rouges en Méditerranée, les globicéphales aux îles Féroé, et intercepter les braconniers aux Galapagos. Du plancton aux grandes baleines, il existe de nombreuses menaces et défis pour la faune marine et nous devons faire ce que nous pouvons, où nous le pouvons, et au mieux que nous le pouvons avec les ressources dont nous disposons.

Operation No Compromise

Opération
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