Commentary and Editorial

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Jeudi, 30 Juin 2011 22:59

Les requins bénéficieront-ils un jour du niveau de protection qui s’impose?

Commentaire par le capitaine Alex Cornelissen, responsable de Sea Shepherd Galapagos

Guest commentary Alex CornelissenL’année dernière, à l’Assemblée générale de l’ONU, le Honduras et l’île micronésienne de Palau ont signé une déclaration conjointe interdisant la pêche commerciale au requin dans leurs eaux. Cette déclaration est le signe d’une prise de conscience remarquable de ces deux pays, qui sont très dépendants du tourisme de plongée. Le Honduras a fait preuve d’une conscience encore plus remarquable en faisant de cette disposition protectrice une loi, un changement qui fera de toute la Zone d’exclusion économique du Honduras un sanctuaire permanent. Cette zone s’étend à 200 miles nautiques de la côte pacifique, et de même du côté de la mer des Caraïbes, ce qui représente plus de 92 000 miles nautiques.

Assistons-nous enfin à un changement de politique en matière de protection des requins? C’est évidemment ce que j’espère, car un certain nombre d’espèces de requins sont menacées d’extinction au cours de la décennie à venir si rien n’est fait pour arrêter le massacre qui se déroule actuellement dans nos océans pour répondre à la demande toujours aussi vivace de requin pour la soupe d’ailerons. Entre 74 et 100 millions de requins sont tués chaque année rien que pour leurs ailerons. Compte tenu d’un taux de reproduction lent, du nombre réduit de petits et d’une maturité sexuelle tardive, la capacité des requins à compenser ces pertes est gravement compromise. Il est clair que la spirale de l’extinction ne fait que s’aggraver pour les populations de requins.

Même si ce sanctuaire est créé pour des raisons purement économiques, le tourisme de plongée pourrait bien être notre meilleur allié dans nos efforts pour protéger ces espèces. Bien sûr, les requins devraient être totalement protégés compte tenu de leur position inestimable et irremplaçable dans les océans, mais pour le moment, on commence au moins à réaliser que d’un point de vue économique, les requins valent plus vivants que morts.

Une étude récente menée par l’Université d’Australie occidentale indique que les requins représentent une grande valeur économique (jusqu’à 2 millions au moment de cette étude) pour le tourisme de plongée à Palau. Si seulement cette valeur pouvait permettre de verser des indemnités dans les procès contre les pêcheurs contrevenants, songeons à quel point cela pourrait être dissuasif.

On assiste aujourd’hui à un mouvement de plus en plus important en faveur des requins. Alors que la plupart des pays continuent de ne raisonner qu’en termes de gestion durable des ressources, Sea Shepherd Conservation Society considère que ce dont nous avons réellement besoin, ce sont des mesures de protection totale des espèces comme celles prises par le Honduras. Cependant, des progrès ont lieu, même si le niveau de protection n’est pas encore ce qu’il devrait être. Plusieurs membres de l’Association of Pacific Island Legislatures (APIL), à savoir Palau, Hawaii, les îles Mariannes du Nord et l’île de Guam, ont adopté une législation protectrice qui interdit la détention, la vente, la fourniture, le commerce et la distribution d’ailerons de requins. Lors de l’assemblée générale de l’APIL, il a été exigé des membres restants qu’ils adoptent une législation similaire en vue d’une interdiction régionale unifiée.

L’APIL est constituée des îles et pays suivants: les îles Mariannes du Nord, l’île de Guam, Palau, Yap, Chuuk, Ponape, Kosrae, les îles Marshall, Kiribati, les Samoa américaines, Nauru et Hawaii.

En même temps, les États de la côte ouest des États-Unis, à savoir l’Oregon, la Californie et Washington, ont tous promulgué des lois interdisant le commerce et la distribution d’ailerons de requins.

À Fidji, le ministère de la pêche est en train de préparer une législation qui interdira le commerce de la viande de requin. La pêche au requin est maintenant interdite sur une partie des côtes colombiennes et au Mexique, il est désormais interdit de pêcher toute espèce de requin dans les eaux fédérales, sur la côte est comme sur la côte ouest, chaque année entre mai et août.

En matière de protection globale des océans, nous sommes encore loin de l’objectif fixé il y a près de dix ans. En 2002, la Convention sur la diversité biologique et le Sommet mondial sur le développement durable avaient débouché sur un engagement à protéger 10 % des océans d’ici 2012. Nous ne sommes plus qu’à quelques mois de cette échéance et pourtant il n’existe encore qu’une protection relative couvrant 1 à 2 % seulement des océans, et les “zones de non-prélèvement” ne couvrent que 0,1 % du total.

Nous ne pouvons qu’espérer un progrès continu et plus rapide des mesures de protection des requins, si l’on veut sauver ces supers prédateurs de l’extinction.

 

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