Commentary and Editorial

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Vendredi, 08 Juillet 2011 13:53

Pirates!

Commentaire du Capitaine Paul Watson

“Je ne suis pas ce que vous appelez un homme civilisé, Professeur ! J’ai rompu avec la société tout entière pour des raisons que moi seul j’ai le droit d'apprécier.” - Capitaine Nemo (Jules Verne)

Le drapeau pirate de Sea Shepherd, avec le navire ravitailleur Sun Laurel à l’arrière-plan. Photo: Simon AgerLe drapeau pirate de Sea Shepherd, avec le navire ravitailleur Sun Laurel en arrière-plan. Photo: Simon AgerBon sang, mes chéris, nous sommes des pirates!

Il faut un pirate pour arrêter un pirate, c’est la raison pour laquelle le logo de la Sea Shepherd Conservation Society est un drapeau pirate. Oui, nous sommes des pirates! Je n’ai pas l’intention de le nier. En haute mer, nous sommes bel et bien des fripons. Nous choisissons les étoiles qui guideront notre route, et nous allons où le devoir nous appelle. Nous ne répondons qu’à ceux à qui nous avons juré fidélité et c’est en leur nom que nous intervenons contre leurs ennemis pour défendre et protéger leurs vies et leur liberté.

Au cours du temps, on nous a affublés de bien des noms, dont certains étaient appropriés, mais je n’ai aucunement l’intention d’entamer une discussion sur ce sujet. C’est parce qu’on nous traitait de pirates que j’ai pris comme modèle le drapeau pirate et que je l’ai redessiné pour représenter les valeurs que nous défendons. La crosse de berger et le trident de Neptune qui se croisent symbolisent la protection de la vie dans les océans et notre détermination à lutter pour les droits des animaux marins à survivre et à être libres de rester ce qu’ils sont dans la mer. La tête de mort représente la mort que l’humanité sème dans les océans et la baleine et le dauphin formant le symbole du yin et du yang symbolisent notre désir de restaurer l’équilibre marin et de rétablir la grâce du dauphin et la sagesse de la baleine. C’est aussi l’œil d’une baleine qui m’a donné l’idée, il y a si longtemps déjà, de fonder Sea Shepherd.

Après tout, ce n’est pas la marine britannique qui a mis fin à la piraterie aux Caraïbes au XVIIe siècle. Le mérite en revient à Henry Morgan, un pirate. Et c’est le pirate Jean Lafitte qui a défendu la Nouvelle-Orléans avec Andrew Jackson en 1814. C’est le pirate John Paul Jones qui a fondé la marine américaine et la marine russe, il y a deux siècles. Ce sont les pirates Sir Francis Drake et Sir Walter Raleigh qui ont servi Sa Majesté la reine Élisabeth I avec une grande distinction. En un mot, les pirates obtiennent des résultats concrets sans formalités bureaucratiques.

Oui, nous sommes des pirates mais des pirates disciplinés qui ont un code d’honneur particulier. Ce code nous interdit de tuer ou de blesser nos ennemis et nous oblige à agir dans le cadre des lois internationales de conservation, ce qui signifie que nous ne combattons que l’exploitation illégale de la faune marine. Nous sommes une organisation anti-braconnage.

Nous sommes des pirates chasseurs de pirates, un peu comme le personnage de Dexter dans la célèbre série télévisée du même nom et nous choisissons nos cibles de façon très précise. Nous ne visons pas les activités légales, même lorsque nous les désapprouvons. Nous ne sommes pas une organisation de protestation. Nous ne brandissons pas des calicots, nous intervenons contre des illégalités.

C’est ainsi que certains ont dit que nous étions une milice. Nous agissons effectivement comme une milice là où la loi existe sans être appliquée et où un vide est créé. Sea Shepherd agit là où la loi n’est pas appliquée ou n’a pas pu l’être. Notre justification est la Charte mondiale des Nations Unies pour la nature, qui permet aux organisations non gouvernementales et aux individus d’intervenir pour faire appliquer le droit international en matière de protection de la nature. Sea Shepherd est une milice de pirates qui agit en haute mer, mais qui est tenue par un code d’honneur de ne tuer ni de ne blesser personne.

Greenpeace nous condamne en disant que nous sommes violents. Pourtant, nous n’avons jamais blessé personne. Tout ce que nous avons fait dans le passé, c’est de détruire des biens mais seulement quand ces biens étaient utilisés pour détruire des vies illégalement. Nous considérons de telles actions comme non-violentes et nous parlons de non-violence agressive, car même Martin Luther King avait fait remarquer que la violence ne pouvait pas s’exercer contre des biens. “Je sais que beaucoup font la grimace quand il est question de faire une distinction entre les biens et les personnes, qui seraient les uns et les autres sacrosaints. Ma conception n’est pas aussi rigide. La vie est sacrée. Un bien est fait pour servir les vivants et quels que soient les droits et le respect dont nous pouvons l’entourer, il n’existe pas en tant que personne. Il fait partie de la terre sur laquelle l’homme marche: ce n’est pas un être humain.” - Dr. Martin Luther King Jr., The Trumpet of Conscience, 1967.

Notre conception est donc que la destruction d’un harpon, d’un fusil, d’un gourdin ou d’une palangre est un acte de non-violence puisqu’elle a pour résultat de prévenir la cruauté et d’éviter la souffrance et la mort d’un être sensible.

Sea Shepherd n’a jamais perdu un seul membre d’équipage et aucun n’a jamais été grièvement blessé. Par ailleurs, Sea Shepherd n’a jamais été inculpée de délit ni de crime et n’a jamais été non plus condamnée au civil. Mais Greenpeace nous accuse d’être violents alors même que Greenpeace a connu des morts, des blessés, des condamnations pénales et de nombreux procès civils.

Mais nous ne pouvons pas vraiment reprocher à Greenpeace ni à une autre organisation connue de s’opposer à nous, parce que, finalement, la vérité est que… nous sommes des pirates! Et en tant que pirates, nous sommes un peu les call-girls du mouvement écologiste, dans le sens où tous les militants nous applaudissent et nous approuvent en secret mais ne veulent pas que le public s’en aperçoive. Cela ne nous dérange pas plus que cela.

On nous a aussi traités d’éco-terroristes. Il faut dire que, de nos jours, quiconque a une opinion différente est qualifié de terroriste. Le mot terroriste avait autrefois un sens et c’était un mot qui suscitait la peur mais aujourd’hui, alors que Sa Sainteté le Dalaï-lama est officiellement considérée comme un ‘terroriste’ par la Chine, cela ne nous dérange pas d’être appelés ainsi. Notre réponse est simple. Nous ne nous cachons pas dans une grotte en Afghanistan et nos accusateurs ont toute latitude de nous arrêter ou de cesser de prononcer toutes ces paroles creuses avant d’avoir complètement annihilé le sens et le pouvoir d’un tel mot. Non, nous ne sommes certainement pas des éco-terroristes et la preuve en est que nous ne sommes pas en prison, pas plus que nous ne sommes des salariés de BP ou de Mitsubishi.

Nous autres, fiers pirates de Sea Shepherd, cela ne nous pose pas de problème d’être condamnés par les forces de destruction qui sévissent sur cette planète et cette rhétorique de la condamnation est une constante dans les attaques des baleiniers, des chasseurs de phoques, des pêcheurs de requins, des braconniers et autres pollueurs. Le nombre d’ennemis que nous nous faisons dans cette foule de criminels de l’écologie est pour nous un indice de réussite et de crédibilité.

Les baleiniers, les chasseurs de phoques et autres braconniers de la mer nous haïssent plus qu’ils haïssent n’importe quelle autre organisation à laquelle ils se retrouvent confrontés: ils nous haïssent même jusqu’au fanatisme, à tel point qu’il est amusant de voir toutes les bêtises qu’ils essaient pour tenter de nous arrêter. Si nous n’étions pas une menace, si nous n’étions pas efficaces, nous ne nous serions jamais attiré une animosité aussi passionnelle.

Certaines autres organisations de protection de l’environnement nous combattent aussi, principalement parce que nous ne nous conformons pas à leur idée de ce que nous devrions être. Dès que nous sommes monté au créneau au delà des pétitions, du lobbying, des manifestations et des banderoles, nous sommes tombés en disgrâce auprès d’une grande partie des ‘verts’ mais notre objectif est de faire cesser la chasse à la baleine et non pas de protester contre cette chasse. Et nous ne sommes pas au service des mouvements de protection de l’environnement, nous servons l’écosystème mondial et plus particulièrement l’écosystème marin. Sea Shepherd ne se conforme pas au parti pris ni à l’étroitesse d’esprit des prétendus mouvements de protection de l’environnement. Nous ne sommes ni de droite ni de gauche. D’ailleurs, nous n’avons pas du tout de programme politique. Nous ne sommes peut-être pas politiquement corrects mais nous faisons tout pour être écologiquement corrects. Être écologiquement correct, cela signifie agir conformément aux trois principes essentiels de l’écologie : (1) le principe de diversité, (2) le principe d’interdépendance et (3) le principe de croissance finie. Cela signifie aussi faire observer les contradictions réelles plutôt que de les dissimuler sous le couvert d’un politiquement correct social.

Le principe de diversité veut que la diminution du nombre d’espèces ne soit pas souhaitable pour l’intégrité écologique de l’écosystème planétaire. Le principe d’interdépendance veut que toutes les espèces dépendent les unes des autres. Le principe de la croissance finie veut qu’il y ait des limites à la croissance et à la capacité de la planète. Cela signifie que la survie des poissons, des baleines, des vers, des bactéries, des arbres et des humains a la même importance. Cela signifie aussi que nous devons intégrer les droits des autres espèces dans nos propres plans de survie sur cette planète, et cela signifie qu’il faut résoudre les problèmes de surpopulation humaine.

Sea Shepherd agit indépendamment des cultures, des races, des nationalités et des croyances philosophiques. Nous représentons exclusivement les intérêts de l’ensemble des espèces marines, et le point de vue duquel nous nous plaçons est profondément écologique et bio-centrique. En d’autres termes, nous ne nous préoccupons en aucune façon des priorités humaines. C’est ce qui a incité certains à nous traiter de misanthropes. Cela ne nous dérange pas.

Les gens sont libres de nous appeler comme bon leur semble, de nous donner tous les noms possibles et ils sont libres de nous accuser de ce qu’ils veulent. Cela nous est égal car les opinions n’ont pas d’importance et, par ailleurs, comme nous sommes des pirates, la façon dont les gens qui ne sont pas d’accord avec nous nous perçoivent ne nous impressionne pas.

Notre souci, c’est de sauver la vie des espèces marines dont nous sommes les représentants. Tant que nous le faisons dans les limites de la loi et sans causer de dommages à ceux contre qui nous luttons, toute autre préoccupation, opinion, accusation ou condamnation est tout simplement hors de propos.

Nous sommes conscients aussi que nous ne plaisons pas à tout le monde. Certains ne nous aiment pas en raison de ce que nous faisons et de l’identité de ceux auxquels nous nous opposons. Certains approuvent les raisons pour lesquelles nous agissons comme nous le faisons mais s’opposent à nos méthodes. Cela n’a vraiment pas d’importance, car nous accueillons à bras ouverts ceux qui nous soutiennent et nous ne nous préoccupons pas des autres. Nous n’essayons pas de plaire à tout le monde, nous restons en accord avec nous-mêmes et nous ne rendons compte qu’à nous-mêmes.

Sea Shepherd est ce que nous sommes, et cela signifie que nous sommes des interventionnistes déterminés. Il nous arrive de détruire ou de saisir des biens utilisés pour détruire la vie illégalement. Il nous arrive de dire des choses que certains n’aiment pas entendre. Nous sommes inévitablement amenés à faire des choses que certains n’aiment pas. Enfin, il nous arrive parfois d’utiliser des méthodes que certains désapprouvent. Nous nous attendons donc à rencontrer une certaine opposition.

Nous ne sommes pas une grande organisation et nous n’avons aucune intention de le devenir un jour. Nous sommes un équipage de bénévoles, d’activistes et de marins résolus à sauver nos océans de nous-mêmes et de la destruction que leur inflige l’humanité. Nous ne voulons pas d’une structure administrative et nous ne nous préoccupons pas d’être connus ni respectables. Mais enfin, qui a déjà entendu parler d’un pirate respectable ? Nous sommes des agitateurs, des gens qui prennent des risques, des fauteurs de troubles, et nous sommes, eh bien oui, des pirates: nous l’avons toujours été, nous le serons toujours.

Si vous êtes favorable à cette approche, vous pouvez être un pirate à nos côtés. Bienvenue à bord, l'ami.

 

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