Commentary and Editorial

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Vendredi, 22 Juillet 2011 21:27

Sea Shepherd Opération Desert Seal - Pas pour les froussards

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

Le vol au départ des îles Shetland était long, mais je suis finalement arrivé à Johannesburg sans trop ressentir la fatigue, prêt à embarquer pour ma correspondance vers Durban. J’ai décidé d’utiliser mon passeport canadien pour entrer sur le territoire, bien que les deux (le second étant américain) figurent sur la Liste Bleue.

Après avoir examiné mon passeport, l’employée du service immigration m’a lancé "Vous êtes recherché par la police sud-africaine."

"Pas vraiment", ai-je répondu. "C’est ce qu’on pourrait croire, en effet, mais il n’y a pas de problème. Appelez la police et, dans quelques minutes, tout sera arrangé et je pourrai continuer mon voyage."

Elle m’a regardé curieusement lorsque je lui ai expliqué: "Le Dalaï Lama figure sur la même liste. Nous sommes tous les deux considérés comme des terroristes pour des raisons politiques, lui par la Chine et moi par le Japon, mais il n’y a aucun mandat d’arrêt."

 

Un policier très sympathique s’est approché. Nous avons discuté du mandat, de Nelson Mandela, de son voyage au Canada… il y a longtemps, etc... jusqu’à ce que nous arrivions au poste de police de l’aéroport. "Attendez ici. Je vais examiner le passeport pour obtenir davantage d’informations", m’a-t-il dit.

Un autre homme, originaire du Cap, se trouvait dans l’espace d’attente. Nous avons bavardé un peu pendant que les policiers s’affairaient sur leurs claviers d’ordinateurs. La femme derrière le comptoir avait entre les mains une photo couleur de moi et mes empreintes digitales.

Le téléphone retentit et le policier sympathique répondit "Très bien, il y a un mandat d’arrêt… compris… d’accord, nous le gardons ici jusqu’à ce que son transfert soit possible."

J’ai alors pensé: "Ça, c’est nouveau. Qu’est-ce que je fais maintenant ? Bon, attendons de voir…"

Alors que je me préparais intérieurement à être menotté et arrêté, l’officier a raccroché le téléphone et s’est tourné vers l’autre homme en lui disant: "Il y a un mandat contre vous du Cap pour détention de stupéfiants."

L’homme a protesté en clamant son innocence, ce qui m’a rendu triste pour lui. Mais en même temps, j’étais très soulagé qu’il ne s’agisse pas de moi. Le policier s’est alors tourné vers moi et m’a tendu mon passeport en ajoutant: "Vous pouvez partir, et au fait, j’aime ce que vous faites"

Je me suis dirigé vers mon vol pour Durban où je devais présenter le film de Trish Dolman Eco-Pirate: The Story of Paul Watson à l’occasion du Festival International du Film de Durban. A mon arrivée, un grand nombre de journalistes m’attendaient pour des interviews.

J’étais toutefois un peu préoccupé par des questions juridiques, pas en Afrique du Sud, mais en Namibie. Au cours du mois dernier, une de mes équipes en Namibie a travaillé sur une campagne baptisée à juste titre Opération Desert Seal et pilotée par Steve Roest et Laurens De Groot (plus d’informations seront bientôt disponibles), avec pour objet l’horrible massacre des otaries à fourrure du Cap. En Namibie, tout comme au Canada, il est interdit de filmer les massacres d’otaries, mais en Namibie, ils peuvent avoir recours à la violence et mettre votre vie en danger.

Ainsi, hier, l’équipe a pris la fuite après avoir été surprise dans le désert, près de la plage, par des militaires namibiens dotés de jumelles de vision nocturne. Heureusement, notre équipe disposait du même équipement. Une course poursuite s’est donc engagée à travers le désert jusqu’aux véhicules, à quelque cinq kilomètres de là. L’armée namibienne avait pris position au large de la côte avec deux navires et le spectacle ignoble du massacre des otaries se déroulait à présent sous la protection totale des forces armées namibiennes.

Après cet épisode, le Président de la Namibie a déclaré que, selon lui, notre tentative de documenter le massacre relevait de la sécurité nationale. Il souhaitait que les responsables soient remis à son gouvernement. La traversée du désert fut très longue, et il fallait à tout prix éviter les points de contrôle et la police, mais l’équipe a réussi à gagner la frontière et à entrer en Afrique du Sud.

Au total, ce sont 92 000 bébés otaries à fourrure qui sont condamnés à mourir cet été sur les plages de la réserve de Cape Cross en Namibie. Cette chasse illégale ne perdure que parce que les plus hauts échelons du gouvernement namibien, de la police et de l’armée sont corrompus.

Notre équipe a mis au jour l’étendue de cette corruption au cours des dernières semaines et a échappé de peu à l’emprisonnement, tous les membres étant sains et saufs. Ils ont perdu plusieurs appareils photos et ordinateurs, dérobés lorsque leurs logements ont été cambriolés. Ces appareils ont ensuite été utilisés par la Namibie comme preuve de leur présence dans la zone de sécurité.

Pendant ce temps, l’équipage du Brigitte Bardot effectue des patrouilles dans les eaux au large des îles Féroé pour empêcher le massacre des globicéphales, tandis qu’un navire de guerre les suit de près. Pour la première fois dans l’histoire de Sea Shepherd, deux navires étaient déployés en même temps, dans les deux hémisphères, dans le but de nous empêcher d’essayer d’arrêter le massacre illégal de nos clients des océans.

Nous vivons dans un monde bien étrange, où les flottes armées sont utilisées pour défendre les destructeurs de vie dans nos océans.

 

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