Commentary and Editorial

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Vendredi, 05 Août 2011 13:53

Sombres souvenirs du massacre des globicéphales à Klaksvik

Commentaire de Peter Hammarstedt, Premier Officier, M/Y Brigitte Bardot

Les victimes du grind à Klaksvik. Photo: Peter HammarstedtLes victimes du grind à Klaksvik.
Photo: Peter Hammarstedt

Je me souviens avoir été content de ne pas utiliser un appareil photo argentique. Il m’aurait fallu des dizaines de rouleaux de pellicule pour capter l’image de chaque carcasse de globicéphale étendue sur les quais de Klaksvik. En marchant, je dépassais rangée après rangée de cétacés morts, tout en prenant des photos; c’était l’ampleur de la tuerie, et non les gigantesques montagnes qui s’élèvent en bordure du plus grand village des îles Féroé, qui me dépassait. On aurait dit que les montagnes qui entourent le port de pêche cherchaient à cacher ce massacre aux yeux du reste du monde.

Un total de 236 globicéphales avait été tués ce matin-là, un groupe entier de petits cétacés étendus côte-à-côte, à perte de vue. Il y avait des adultes et des jeunes, et des foetus morts arrachés du ventre de leur mère, toujours rattachés à elle par le cordon ombilical.

Il était crucial que Sea Shepherd publie ces photos, mais depuis leur parution, il est encore plus important d’empêcher qu'un tel massacre se reproduise. Lorsque le Brigitte Bardot est arrivé à Klaksvik en juillet 2011, presque exactement un an après la date du grind dont j’avais été témoin, c’était surnaturel et satisfaisant à la fois de voir que les quais n’étaient plus rougis par le sang.

Nous n’étions pas bienvenus à Klaksvik. Sea Shepherd a terni la réputation du village; le monde entier le considère maintenant comme un endroit malveillant, et plus d’un féringien considère l’infâme grind de Klaksvik avec dégoût.

L’orgie de sang avait duré deux heures. Il n’est censé y avoir de la place que pour 100 globicéphales sur la plage de Klaksvik. La coutume veut qu’une fois qu’il ne reste plus de place sur la plage, la police locale ordonne au chef du grind de laisser les globicéphales survivants retourner à l’océan, mais à Klaksvik, la tuerie a continué. Lorsque les cétacés ne s’échouaient pas, les chasseurs pataugeaient dans la mer et enfonçaient un soknargul, un cruel crochet, dans leur évent. Le soknargul, ou « grindakrok » tel qu’on l’appelle dans les îles de Sandoy et de Suduroy, est rattaché à une corde qui sert à tirer la baleine effrayée et affolée vers les bouchers qui l’attendent sur la plage.

Le Brigitte Bardot amarré au port de Klaksvik. Photo: Simon AgerLe Brigitte Bardot amarré au port de Klaksvik.
Photo: Simon Ager

Alors que le grind battait son plein au port de Klaksvik et que les chasseurs se démenaient pour trouver de la place pour les globicéphales sur le sable ensanglanté, plusieurs d’entre eux sont rentrés chez eux en courant pour y récupérer des outils qui étaient pour la plupart interdits depuis 1986. Avant 1986, le soknargul comportait un bout pointu, qui a été arrondi afin de calmer l’association des vétérinaires féringiens. Ces tueurs rejoignaient alors la mêlée, brandissant ces outils défendus qui, de nouveaux, semaient la panique parmi ces pauvres cétacés qui nageaient en groupe depuis de générations.

A la fin de ces deux impitoyables heures, alors que la marée emportait leur sang, tous les membres du groupe de globicéphales avaient été tués, et chacun portait les marques d’une chasse qui n’est ni rapide, ni sans douleur, ni durable.

Les photos que j’ai prises à Klaksvik racontent une histoire. Chaque coupure, chaque coup qu’ont subi les cadavres raconte une histoire. Une femelle globicéphale a reçu six coups de couteau avant que sa colonne vertébrale ne soit finalement tranchée. Lorsque les féringiens me disent que la mort intervient rapidement, je me souviens d’elle.

Heureusement, à l’arrivée du Brigitte Bardot, l’histoire a changé; elle est devenue celle d’une campagne efficace destinée à empêcher qu’un grind ne se reproduise. C’est la mission de Sea Shepherd et du capitaine Paul Watson que de s’assurer qu’il n’y ait plus jamais de grind, tant et aussi longtemps que nous serons vigilants. Quelle émotion, alors que je remettais les pieds sur les quais de Klaksvik, que de constater qu’ils étaient déserts! Il n’y avait plus de globicéphales morts à perte de vue. Je ne voyais que le Brigitte Bardot ancré au port, ses amarres en boucles sur le côté du quai, comme un ruban entourant une scène de crime et que nul ne peut traverser.

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