Commentary and Editorial

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Vendredi, 02 Septembre 2011 18:06

Le vent divin donne du répit aux dauphins à Taiji

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

Ciel menaçant sur TaijiCiel menaçant sur Taiji

L’atroce massacre annuel des dauphins sans défense a officiellement commencé à Taiji, Japon, le 1er septembre, mais grâce à l’arrivée à point nommé du typhon Talas, la tuerie a été reportée d’au moins une semaine. La mer n’a pas été très indulgente envers le Japon cette année, mais il faut dire que le Japon n’est pas très indulgent envers la mer depuis pas mal de temps.

Les pêcheurs de Taiji, dans la préfecture de Wakayama, sont fiers de traîner la réputation du Japon dans la boue en poursuivant ce qui est maintenant devenu le massacre de dauphins le plus cruellement barbare, sauvage et sanguinaire au monde.

Sea Shepherd Conservation Society s’oppose activement à la tuerie des dauphins à Taiji depuis 2003, alors que pour la première fois nous communiquions des images révélatrices de ce massacre brutal à la presse et aux sympathisants dans le monde entier. La même année, deux membres d’équipage de Sea Shepherd, l’Américaine Allison Lance et le Hollandais Alex Cornelissen, ouvraient des filets de pêche, permettant à 15 dauphins de retrouver leur liberté.

Les pêcheurs ont réagi à cette action en érigeant des bâches pour dissimuler leurs activités sanglantes. Par la suite, le réalisateur Louie Psihoyos et Ric O’Barry ont réalisé un documentaire intitulé The Cove: La Baie de la honte, osant filmer les actes répréhensibles et inexprimables qui ont lieu derrière les barricades. Ce film a gagné l’Oscar du meilleur film documentaire et a attiré l’attention sur les horreurs qui ont lieu à Taiji.

En 2010, Sea Shepherd a mis en place le projet Les Gardiens de la Baie, attirant 65 bénévoles à Taiji sur une période de six mois dans le but de harceler, documenter et contrarier les tueurs de dauphins – tout en restant toujours dans la légalité et la non-violence. Leurs actions ont efficacement ralenti les activités des pêcheurs et ont permis de réduire de moitié le nombre de dauphins tués entre le 1er septembre 2010 et le 1er mars 2011 par rapport aux saisons précédentes, sauvant ainsi entre 750 et 800 dauphins.

Les Gardiens de la Baie seront de retour cette année, mais Sea Shepherd a décidé de ne pas commencer cette campagne avant la fin de la première semaine de septembre, de façon à ne pas gêner Ric O’Barry et son intervention plus modérée contre le massacre. Ric s’est rendu à Taiji pour la première fois avec Sea Shepherd en 2003. Il est un défenseur des dauphins enthousiaste, la vedette de The Cove, La Baie de la honte et il continue à prendre fait et cause pour les dauphins dans le monde entier.

Ric fait un travail formidable, mais son approche diffère de celle de Sea Shepherd et nous ne voulons pas compromettre ses tactiques et semer la confusion chez les autorités japonaises en étant là-bas en même temps. Nous espérons que les efforts de Ric porteront leurs fruits et nous nous tenons prêts à prendre sa place une fois qu’il sera parti.

Les Gardiens de la Baie de Sea Shepherd reprendront leurs activités à Taiji pendant encore 6 mois et feront obstacle à toute tentative agressive de la part du gouvernement japonais qui vise à contrecarrer nos interventions légales et non violentes.

L’ouverture officielle de la chasse aux dauphins est tombée en même temps que l’arrivée du typhon Talas, avec des rafales prolongées de 30 mètres par seconde (100 km/h) et une pression en son centre de 965 hPa. Des pluies torrentielles ont frappé la côte est et les mers déchaînées ainsi que les inondations mettent en danger les dauphins qui sont déjà retenus en captivité dans des enclos à Taiji.

Le typhon Talas intrigue les météorologues qui déclarent: "l’analyse de la situation démontre une tendance inhabituelle en altitude supérieure avec une dépression sur le centre et un flux anticyclonique en périphérie." Et juste après Talas est survenu Nanmadol, un violent typhon de catégorie 4 enregistrant des vents de 250 km/h.

Les ouragans sont un signe de bon augure pour la campagne de Sea Shepherd contre les baleiniers japonais pour la saison qui s’en vient. En effet, la campagne prévue cette année s’appelle Opération Divine Wind (kamikaze: mot japonais qui signifie ‘le vent divin’). Ce sont les kamikazes qui ont détruit les flottes des envahisseurs mongoles entre 1274 et 1281.

Alors que dans le passé les typhons protégeaient le Japon, la mer ne porte plus les pêcheurs japonais dans son cœur et dorénavant les typhons reviennent pour protéger les dauphins. Ce sont maintenant les Gardiens de la Baie qui incarnent l’esprit des kamikazes.

Le Yamato-damashii, ou l’esprit dans l’ancien Japon, a pratiquement disparu et le Shikishima s’évanouit dans la nuit des temps, à la manière des fleurs du cerisier, dorénavant représenté par les barbares qui brutalisent les dauphins à Taiji, par le peuple inconscient qui extermine jusqu’au dernier thon rouge et par les meurtriers sans cœur des grandes baleines dans le Sanctuaire baleinier de l’océan Austral.

Si on me questionnait sur l’âme des dauphins, je dirais que "leur âme est comme les fleurs du cerisier, rouge sang sous le soleil matinal."

Il y en a certains qui mettent les catastrophes maritimes qui touchent le Japon sur le compte du karma et de l’intervention divine. Sea Shepherd et moi-même rejetons de telles idées farfelues et irréalistes, car ces spéculations ne reposent sur aucun fait scientifique. Toutefois, le côté poétique du châtiment me fait réfléchir en ce sens que la nation qui détient le plus grand rôle dans la destruction des baleines, dauphins, tortues de mer, thons rouges et de tant d’autres espèces marines est celle-là même qui se trouve être la plus gravement endommagée par la mer en furie.

Je songe au roman de Yukio Mishima intitulé Gogo no Eiko, ou Le marin rejeté par la mer, daté de 1963 et je ne peux m’empêcher de penser que le Japon a lui aussi commencé à tomber en disgrâce avec la mer.

Sur le navire que représente l’Etat japonais, peut-être que les meurtriers des dauphins de Taiji et les chasseurs de la flotte baleinière en Antarctique sont tout simplement les Jonas des temps modernes qui apportent la poisse à la nation.

De telles spéculations sont bien entendu ridicules et seulement un produit de mon imagination poétique sur ces choses-là, mais il ne fait aucun doute que la réputation du Japon est descendue dans l’estime de centaines de millions de citoyens dans le monde entier qui pensent que les massacres dans l’océan Austral et à Taiji couvrent de honte tout le pays du Soleil Levant.

Quand je songe au Japon, je pense au haiku, à la littérature et aux films japonais, des films comme Les Sept Samurais et Rashomon de Akira Kurosawa ou bien Seppuku (Harakiri) de Masaki Kobayashi. Je songe aux héros légendaires comme Miyamoto Musashi, à l’art japonais, à son sens de l’ordre et de la symétrie et à la beauté linguistique de la langue japonaise. Mais cette beauté et cette poésie sont ternies par le sang chaud qui se répand dans la mer froide et qui provient des blessures béantes infligées aux dauphins et aux baleines assassinés. Toute la délicatesse de la musique japonaise est remplacée par les cris pitoyables et pleins de douleur des cétacés mourants.

Je me demande comment une nation qui compte autant d’exploits dans les domaines de l’art, de la philosophie, de la technologie et du génie tolère d’être souillée par une poignée d’hommes aux mains couvertes de sang par l’utilisation des harpons et des lances. Je ne connais pas la réponse, mais ce que je sais c’est que mes cours d’histoire japonaise m’ont appris une chose: celle d’être fidèle à son devoir et de servir avec une loyauté et un honneur absolus.

C’est l’attitude que nous adoptons avec les dauphins et les baleines que nous protégeons. Nous avons juré de les défendre et de les protéger et nous devons être fidèles à cette promesse en dépit de l’adversité à laquelle nous devons faire face. Sea Shepherd n’est pas l’ennemie du Japon, mais nous sommes les ennemis du sale cancer qui colle au drapeau du Japon, telle une patelle tenace, cancer que représentent Taiji et la flotte baleinière qui pille les eaux du Sanctuaire baleinier de l’océan Austral.

 

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