Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Dimanche, 06 Novembre 2011 00:39

Sea Shepherd se réorganise face au défi et aux opportunités

"Prends le large - ne mets le cap que sur les grands fonds!
Téméraire, ô mon âme, dans tes explorations, moi avec toi et toi avec moi,
car nous sommes en partance pour ces lieux où aucun marin n'a encore jamais osé aller,
et nous risquerons le navire, nous-mêmes et tout le reste."

                                                                            - Walt Whitman

Rapport du Capitaine Paul Watson

Sea Shepherd Conservation Society se prépare à mener la campagne la plus difficile jamais entreprise en trente-cinq ans de militantisme et d’action. C’est aussi une grande opportunité qui se présente.

Dans un mois, nous allons nous jeter à l’eau, une eau bien froide en réalité. Plus précisément, nos trois bateaux, le Steve Irwin, le Bob Barker et le Brigitte Bardot, vont quitter l’Australie et faire route vers le sud pour gagner les eaux froides, isolées et hostiles de l’océan Austral, près des côtes de l’Antarctique.

C’est là que nous allons découvrir ce que les baleiniers japonais ont l’intention de faire pour nous arrêter, avec les trente millions de dollars que le gouvernement japonais leur a alloués.

Dans cet océan glacial, notre petite organisation non gouvernementale va devoir affronter une flotte baleinière impitoyable et agressive, subventionnée et soutenue politiquement par une des plus grandes puissances mondiales.

Quand on y réfléchit, c’est incroyable. Le Japon traite Sea Shepherd Conservation Society comme une nation contre laquelle il serait en guerre. Le Premier ministre japonais a déclaré que le Japon ne capitulerait pas devant Sea Shepherd.

Une déclaration frappante, alors que tout ce que nous voulons faire, c’est sauver la vie des baleines, menacées d’une mort atroce à coups de harpons explosifs illégaux.

Toujours est-il que nous les gênons et qu’ils ont juré de nous anéantir. Avec trente millions de dollars face à notre budget de trois millions, avec trois fois plus de chasseurs de baleines que nous n’avons de volontaires, avec des bateaux plus nombreux, plus gros, plus rapides et bien plus puissants, quel choix nous reste-t-il, à part retourner dans le sanctuaire baleinier de l’Océan Austral et leur résister avec toutes les ressources dont nous pouvons disposer? Nous avons un avantage de taille, c’est que nos membres d’équipage sont plus déterminés à sauver des vies que les baleiniers à les détruire. Nous sommes prêts à risquer nos vies face à ce grand défi, même si les chances ne sont pas de notre côté, car l’amour de la vie et l’amour que nous avons pour cette planète et pour ses magnifiques océans sont les motivations de notre courage, alors que les seules motivations des baleiniers sont la cupidité, la cruauté et la vanité.

Quelles que soient leurs intentions et quoi qu’ils fassent, cela ne nous découragera pas. Notre objectif est de sauver autant de baleines que nous le pourrons dans le sanctuaire baleinier de l’Océan Austral, quel que soit le danger. Les risques sont acceptables pour chacun d’entre nous, et mon équipage a la passion, l’ingéniosité et le courage nécessaires pour affronter ces tueurs barbares, avec pour objectif de mettre fin à leurs activités illégales.

Comme le déclarait un jour le capitaine John Paul Jones avec une détermination farouche: “Donnez-moi un bon bateau pour que je puisse braver le danger.”

Toutefois, avant de partir, j’ai décidé que Sea Shepherd avait besoin d’une réorganisation afin de renforcer nos capacités à soutenir nos bateaux et nos équipages sur le terrain et de rationaliser l’association pour qu’elle reste flexible et efficace.

Depuis que j’ai fondé Sea Shepherd en 1977, je me suis battu pour que cette organisation reste petite, populaire et efficace. Il n’a pas été facile d’encourager d’un côté la croissance, qui permet de disposer de plus grosses ressources pour que nos campagnes aient plus de succès, tout en sachant que d’un autre côté, la croissance mène à la bureaucratie et à davantage de coûts administratifs.

Il y a longtemps, quand j’étais dans la Garde côtière canadienne, le commandant du navire garde-côte Camsell expliquait que la Garde côtière canadienne avait cessé d’être une unité courageuse et dévouée en mer pour devenir un organisme malmené et manipulé par des politiciens et par des bureaucrates. Il rappelait que dans les années cinquante, pour un employé travaillant dans un bureau, il y avait quarante personnes sur les bateaux. Un quart de siècle plus tard, pour un homme sur un bateau ou de service à quai, il y avait cinquante personnes travaillant dans des bureaux.

Je me rappelle du jour où le commandant du Camsell avait voulu changer une lampe, juste au large de l’île de Texada, dans le détroit de Géorgie, en Colombie britannique. Nous pouvions voir la lampe, et nous pouvions voir qu’elle ne s’allumait pas et qu’elle avait besoin d’être remplacée. Nous avions une grosse ampoule de rechange à bord. Nous en aurions eu pour vingt minutes à remplacer l’ampoule, mais le bureau du ministère des Transports de Victoria s’y opposa. Il fallait rédiger une commande et la soumettre au bureau, en y joignant une demande de remplacement. Une fois qu’il aurait reçu la commande, le bureau enverrait un navire garde-côte de Victoria pour remplacer la lampe.

Le commandant était furieux, mais il ne pouvait pas passer outre, si bien que la lampe resta en panne, ce qui représenta un danger pour la navigation pendant trois jours, jusqu’à ce qu’un autre bateau venu de Victoria, à plus de 150 km de là, prenne la mer avec une ampoule de rechange. Ce dont j’avais été témoin était ridicule, c’était du gaspillage et un danger pour la sécurité publique.

C’est une leçon que je n’ai jamais oubliée, et c’est la raison pour laquelle Sea Shepherd Conservation Society n’est pas devenue une vaste organisation bureaucratique. C’est délibérément que nous restons relativement petits.

Avec le temps, j’ai vu d’autres associations sombrer dans la bureaucratie, et j’ai juré que Sea Shepherd ne les imiterait jamais. Il faut que tout reste simple, réduit et efficace. Il faut que nous puissions prendre des décisions sans hésitation, et que nous soyons capables d’agir sur le terrain en faisant confiance à nos chefs d’équipe, à nos capitaines et à nos membres d’équipage.

Sur le terrain, nos capitaines et nos chefs d’équipe prennent eux-mêmes des décisions, sans crainte de remontrances tant qu’ils respectent nos règles essentielles d’engagement, et ces règles sont simples: n’occasionner aucune blessure physique à nos adversaires, ne pas faire de compromis avec la vie de ceux que nous défendons, et ne jamais capituler tant que la campagne n’est pas gagnée.

Cette politique ne peut pas changer en cas de croissance, et il est vrai qu’en raison du succès de Whale Wars et de la publicité internationale faite au succès de nos campagnes, nous avons connu une croissance rapide de notre soutien.

Nous avons besoin de ce soutien et nous l’apprécions, car il nous permet d’avoir plus de ressources sur le terrain, mais nous devons être vigilants quant à la nécessité de contrôler l’influence bureaucratique.

Sea Shepherd n’envoie pas dans les rues une petite armée de militants avec des porte-documents pour solliciter des dons auprès du public et empocher une grasse commission. Nous ne pensons pas, non plus, que les supporters de Sea Shepherd seraient d’accord pour que l’argent qu’ils nous donnent serve à financer des opérations de publipostage à grande échelle.

Les gens viennent à Sea Shepherd par le bouche à oreille, par les recommandations d’autres supporters, en visitant nos bateaux et en regardant Whale Wars ou des films documentaires sur nos activités.

Si nous obtenons une des meilleures notes sur le site d’évaluation Charity Navigator, c’est parce que plus de 80 % des fonds de Sea Shepherd Conservation Society sont directement affectés aux bateaux et aux campagnes. Oui, nous avons besoin d’une administration, mais elle doit rester aussi réduite que possible et quand quelque chose ne va pas, nous changeons, nous nous adaptons et nous évoluons.

Nous ne voulons pas que des gens travaillent pour nous simplement parce que c’est un emploi, c’est pourquoi nous nous efforçons de ne recruter qu’au sein de notre base de volontaires. Travailler pour Sea Shepherd, ce n’est pas la semaine de trente-cinq heures. Ce qui nous intéresse, c’est la passion, l’imagination et la débrouillardise.

Nous avons aussi besoin de rester accessibles à nos supporters et ouverts à leurs idées et à leurs critiques.

Notre priorité doit être de travailler avec nos équipes de bénévoles à terre. Ce sont ces bénévoles qui nous apportent le soutien dont nous avons besoin pour permettre aux volontaires à bord des bateaux de faire le nécessaire avec efficacité en haute mer. D’ailleurs, en réalité, il n’y a pas de différence entre le volontariat à terre et en mer. Ce sont deux domaines d’action également importants et parfaitement complémentaires.

Même si son siège se trouve à Friday Harbor, dans l’État du Washington, aux États-Unis, Sea Shepherd est véritablement une organisation internationale qui compte des branches actives au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Belgique, en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Suisse, au Chili, en Argentine, en Équateur, au Mexique, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, à Hong-Kong, en Afrique du Sud, en Turquie, au Canada, aux États-Unis et au Brésil.

Actuellement, nous menons des campagnes aux Galápagos (Équateur), à Taiji, au Japon (dauphins), aux îles Féroé (globicéphales), dans l’océan Austral (baleines), en Namibie (otaries), en Méditerranée (thon rouge), en Norvège et en Islande (baleines). Nous préparons aussi une campagne de défense des requins dans le Pacifique sud et une autre pour résoudre le problème grandissant des tourbillons de plastique dans le Pacifique.

Comme l’écrivait un jour Henry David Thoreau: “Simplifier, simplifier, simplifier!”

A cette fin, nous avons procédé à plusieurs changements majeurs dans notre structure administrative. Nous allons accroître le nombre de membres de notre Conseil d’administration pour pouvoir continuer à exploiter les nouvelles idées et les nouvelles énergies. Je vais prendre le titre de directeur exécutif de Sea Shepherd et je vais nommer un directeur administratif qui sera en poste à Friday Harbor. Il n’y aura plus de président ni de directeur général.

Steve Roest, qui était notre directeur général, a quitté ce poste pour devenir directeur du développement commercial international de SSCS à Londres. Steve est un homme d’affaires accompli, et il a considérablement renforcé les ressources de Sea Shepherd. Nous avons besoin de Steve pour relever d’importants défis, en particulier pour obtenir un soutien à nos efforts aux Galápagos, en Namibie et en Méditerranée. Steve reste aussi notre négociateur principal et le premier interlocuteur d’Animal Planet et des réseaux Discovery.

Parmi les directeurs, Carla Robinson, Alex Earl et Chuck Swift vont quitter Sea Shepherd. Carla était des nôtres depuis vingt ans, et c’est sous sa direction que notre système informatique a été mis en place pour pouvoir traiter efficacement toutes les demandes de nos supporters et répondre de façon satisfaisante à l’administration fiscale et aux autres organismes publics. Elle manquera beaucoup à l’équipe dirigeante, au personnel et aux bénévoles.

Alex Earl a fait un excellent travail ces dernières années. Il a mis en place un département marchandises afin de lever des fonds pour nos campagnes et de promouvoir le nom de Sea Shepherd. Lui et son épouse, l’ancienne directrice exécutive de SSCS Kim McCoy, ont exercé une influence déterminante sur notre association.

Chuck Swift s’est occupé de nos campagnes à partir de la fin des années quatre-vingt et jusqu’en 1997. Il a été membre d’équipage et manager sur l’Edward Abbey, le Cleveland Amory, et l’Ocean Warrior. Il avait quitté Sea Shepherd en 1987 pour préparer un diplôme de gestion et il est revenu en 2008 pour servir comme capitaine sur le Bob Barker et directeur délégué de l’association. Ses efforts inlassables pour les océans ont été un exemple pour le personnel comme pour les bénévoles.

Tous, chez Sea Shepherd, nous souhaitons bonne chance à Carla, à Chuck, à Alex et à Kim pour leurs activités futures, en sachant qu’ils continueront toujours à travailler à la défense de l’environnement et des animaux.

Sea Shepherd est à l’avant-garde du mouvement international de défense et de protection de la biodiversité océanique dans le monde depuis la fin des années soixante-dix. Nous sommes une organisation unique, et nous sommes la seule organisation marine internationale anti-braconnage qui existe. Et il en sera ainsi tant que nous serons une organisation capable de réagir immédiatement sans s’empêtrer dans la paperasse ni dans des désaccords internes.

Je m’attends à une année 2012 très productive, avec la collaboration de nos salariés, de nos équipages, de nos bénévoles et de nos supporters du monde entier, dans ce que nous faisons le mieux et qu’aucune autre organisation ne fait: l’action non-violente contre les activités des braconniers de la mer. Nos campagnes sont préparées pour défendre, pour préserver et pour protéger toutes les espèces marines, des plus petites espèces de plancton aux plus grandes baleines.

Comme la mer, Sea Shepherd reste imprévisible. Nous sommes une association de gens passionnés, motivés par un profond attachement à notre planète, à nos océans et à la vie.

Comme l’océan, nous surgissons de temps à autre avec fureur, et à d’autres moments nous abordons les problèmes calmement, mais nous ne perdons jamais de vue nos objectifs et nous tenons fermement la barre pour que notre trajectoire reste régulière et vraie.

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact