Commentary and Editorial

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Lundi, 04 Juin 2012 19:24

Le secret inavouable de la Namibie

Par Rosie Kunneke, Nikki Botha et Dinielle Stöckigt (de Sea Shepherd Afrique du Sud et membres d'équipe de l'Opération Desert Seal)

Sea Shepherd representatives with Namibian Ombudsman, John Walters (L)Les représentants de Sea Shepherd à côté  du médiateur Namibien, John Walters (à gauche)

Chaque année, l'horreur recommence. Entre juin et juillet, les autorité de Namibie donnent leur bénédiction au lancement de la chasse aux otaries la plus cruelle au monde. Jusqu'à 90 000 bébés otaries sont rassemblés pour être massacrés. Le stress et la confusion que les hommes, armés de gourdins, sèment parmi la colonie, dépassent l'entendement. Mais le pire reste à venir. Les petits, qui recherchent à tout prix le lait sucré de leur mère, sont frappés sans merci à la tête et sur tout le corps. Ensuite, qu'ils soient vivants ou morts, ils sont poignardés et tailladés à coups de couteaux. Le lait leur sort par la bouche et le nez et le sang coule à flots de leur petits corps tordus par les spasmes de l'agonie. Les mères appellent en vain leurs petits morts ou blessés. Les mâles sont alors tués d'une balle dans la tête. Ils sont entre 6000 et 7000 à être tués ainsi. Leur agonie est de courte durée comparée à celle des bébés de la colonie. Les détenteurs de permis de tuer, qui les obtiennent du gouvernement, expliquent faire cela pour l'argent. Toutefois, les autorités assurent qu'ils s'agit de contrôler la population d'otaries parce qu'elles consomment trop de poissons et ajoute que l'industrie de la fourrure d'otaries est source d'emplois.

Les permis pour abattre les otaries à fourrure du Cap sont délivrés par le ministère de la pêche et des ressources marines, dirigé par Bernard Esau. Ce ministre prétend que la tuerie a pour objectif la conservation (par le massacre) alors que ceux qui s'y opposent savent que c'est seulement une chasse très lucrative. Malheureusement, le gouvernement namibien ne semble pas comprendre que la raréfaction des populations de poissons a peut-être un rapport avec la surpêche et font des otaries les boucs émissaires qui, selon lui, mangeraient tous les poissons.

Tuer ces animaux n'est qu'une pratique barbare destinée à assouvir la cupidité et la vanité de l'homme. Les os des pinnipèdes sont transformés en bijoux et les peaux en bottes et autres articles de luxe. Bien que le gouvernement namibien affirme qu'aucune partie des otaries ne part à la poubelle, les revenus que tire le pays de l'industrie de l'otarie sont d'environ 120 000 dollars, alors qu'à lui seul, un fourreur du nom de Hatem Yavuz, perçoit 3,25 millions de dollars grâce à la seule fourrure. En 2008, cet homme a signé un contrat avec le gouvernement namibien pour obtenir l'exclusivité sur toutes les peaux des otaries. Ce contrat est apparemment valable jusqu'en 2019. Yavuz vit en Australie et son usine est située en Turquie. Selon la chaîne australienne Channel 7, Yavuz contrôle 60% du commerce mondial de la fourrure. La Turquie ne faisant pas partie de l'Union Européenne (dont les membres ont interdit l'import et l'export de produits issus des otaries), les peaux sont envoyées par cargo de la Namibie à la Turquie, où elles sont transformées, puis vendues à des pays comme la Chine et la Russie.

Cape Fur seals gathered at the Cape Cross ReserveOtaries à fourrure du Cap recueillies à la réserve de Cape Cross

Outre Hatem Yavuz, ils sont trois blancs, titulaires de permis de tuer, à avoir bénéficié financièrement du massacre des otaries, alors que moins de cent namibiens indigènes, privés du droit de vote, sont payés une misère pour exécuter le sale boulot, traumatisant, consistant à tuer les bébés otaries à coups de matraque. Cette année, le Ministre a délivré six permis, au grand dam des trois bénéficiaires en place, qui annoncent qu'il n'y aura pas assez de produit pour faire les affaires chacun.

Hormis l'augmentation du nombre de ces titulaires de permis, les quotas pour le massacre de cette année seront probablement revus à la hausse. Bernard Esau a publiquement annoncé que la tuerie aurait bien lieu cette année, en dépit du fait que le Médiateur de Namibie avait promis d'enquêter sur la légalité de cette pratique et de communiquer ses résultats avant le début de la saison des massacres. Cette promesse faisait suite à une rencontre avec les parties prenantes, dont Sea Shepherd, l'année dernière.

Les plages de Namibie sont pourries par le sang, gâtées par le lait versé et hantées par les fantômes des animaux massacrés. Mais tout est fait pour cacher cela aux millions de touristes qui visitent ce pays d'Afrique chaque année. La tuerie a lieu au petit matin, avant l’ouverture de la zone aux touristes. Des rapports indépendants ont montré que l'écotourisme développé autour de l'observation des animaux sauvages est entre 300 et 500 fois plus lucratif que l'abattage cruel des otaries.

Sea Shepherd a osé s’aventurer sur les lieux des massacres en 2011 et les résultats de l'Opération Desert Seal ont montré, à un public bien plus large, le business peu reluisant que la Namibie voulait dissimuler. Les lois locales interdisent de filmer le massacre des otaries. Ces lois ridicules apparaissent comme une tentative désespérée de cacher ce crime haineux contre la nature.

Sea Shepherd continuera de se battre et n'abandonnera pas jusqu'à ce que les otaries à fourrure du Cap puissent vivre sans risque dans un pays au demeurant merveilleux.

Cape Fur seal with pup at the Cape Cross ReserveOtarie à fourrure du Cap avec son petit à la réserve de Cape Cross

 

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