Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Mercredi, 27 Juin 2012 22:49

Qui gouverne vraiment au Costa Rica?

Commentaire par le Capitaine Alex Cornelissen

Requins morts, lors d’une opération de coupe d’ailerons de requins illégaleIl y a environ un mois, on m’a demandé d’aller au Costa Rica pour rencontrer les politiques locaux ainsi que notre avocat sur place, afin de voir si l’on pouvait trouver une solution à la poursuite en justice délirante dans laquelle le Capitaine Watson est entraîné. J’ai rencontré le Ministre de l’Environnement et plusieurs de ses collaborateurs, et lors d’une réunion à huis clos, nous avons passé plusieurs accords. L’un de ces accords convenait de ne pas parler à la presse de ce qui s’était dit au cours de cette réunion. A ma grande surprise, deux jours plus tard, j’ai lu un article dans un journal costaricain, qui reprenait mot à mot les propos que j’avais tenu pendant notre entretien: beau résultat pour un meeting à "huis clos" avec les politiques costaricains.

Notre stratégie, depuis le début de cette affaire, a été d’essayer de travailler avec les autorités du Costa Rica. Malgré les souhaits de la majorité de nos supporters, non seulement nous avons maintenu le silence sur un possible boycott touristique, mais nous nous sommes positionnés contre ce boycott, pensant que nous pouvions trouver une solution qui aide le Costa Rica, Sea Shepherd et, plus important encore, les requins. Nous avons proposé de retourner au Costa Rica pour reprendre là où nous nous étions arrêtés il y a dix ans. Notre offre allait même plus loin, car j’avais personnellement promis de financer et installer un réseau AIS autour de l’île Cocos; de la même manière que Sea Shepherd l’a fait aux Galápagos. Après tout, nous avons les connaissances et l’expérience pour le faire. Un tel réseau permettrait d’améliorer le contrôle du Parc National de l’Île Cocos immédiatement. Mais apparemment, il se passe des choses autour de l’île Cocos que le gouvernement du Costa Rica n’a pas envie de porter aux yeux du monde.

Nous avons écouté les mensonges de l’équipage du Varadero I, publiés dans les journaux costaricains, avons subi les attaques des personnes qui se sont rapidement liées aux braconniers, et pendant tout ce temps nous avons entendu le même argument: personne ne devrait se croire au-dessus des lois.

Soyons clairs: le Capitaine Watson n’a jamais revendiqué d’être au-dessus de la loi, Sea Shepherd opère toujours dans les limites de la loi, en fait nous faisons respecter la loi.

Cela vaut pour l’incident avec le Varadero I:

  • Nous avons des éléments solides, ainsi que des témoignages écrits de 24 membres d’équipage, qui prouvent que les autorités Guatémaltèques non seulement avaient donné la permission à Sea Shepherd d’intervenir contre les braconniers, mais qu’ils leur avaient demandé de le faire. Cela veut dire que le Varadero I devait répondre à l’ordre officiel du Guatemala de suivre l’Ocean Warrior au port. Dans ces conditions, refuser d’obtempérer est tout simplement un autre crime.
  • Nous avons des enregistrements vidéo de la collision qui prouvent sans le moindre doute que le navire Varadero I est le navire en faute. N’importe quel expert maritime peut le voir.
  • Nous avons des vidéos et des témoignages qui contestent la revendication que qui que ce soit ait été blessé à bord du Varadero I
  • Enfin, nous avons des vidéos et des témoignages qui contestent l’allégation que le navire Varadero I ait été endommagé.
  • Nous avons découvert des éléments de preuve incriminant le Varadero un an avant l’incident. En effet, le Varadero a été arrêté alors qu’il opérait illégalement dans la Réserve marine des Galápagos, une Réserve réputée pour le nombre important de requins qu’elle abrite. Une zone aussi connue pour le nombre répété d’infractions commises par des navires costaricains.
  • L’Ocean Warrior a été autorisé à quitter le port, nous ne fuyons jamais la justice comme certaine l’ont reporté. Nous avons la Zarpe (autorisation de départ) pour le prouver, qui nous a été remise par le Capitaine du port à Puntarenas.

Mais examinons aussi les soi-disant “preuves” que ces braconniers ont apportées contre le Capitaine Watson dans cette affaire:

  • L’accusation originale incluait en fait la tentative de meurtre. J’ai été marin pendant plus de 15 ans et j’ai participé à plus de 20 campagnes de Sea Shepherd. Nous sommes une organisation non-violente et n’avons jamais blessé une seule personne depuis le début de notre histoire. Cela aurait été facile pourtant, car nos opposants manœuvrent souvent dangereusement près de notre bateau, mais nous recevons toujours l’instruction d’éviter les collisions ou toute autre situation dangereuse. Nous accuser de tentative de meurtre constitue une revendication tellement éloignée de la réalité que même le juge à Puntarenas a réalisé que cela ne reposait sur aucune base. C’est alors que l’accusation de "mise en danger d’un navire, causant blessures" est apparue. Évidemment, nous nous opposons à cette accusation, puisque nous avons des éléments solides prouvant que ceci est une escroquerie. La revendication, fausse, de blessures a été ajoutée astucieusement, pour aggraver les charges retenues contre le Capitaine Watson. Il est amusant de constater que, lors d’une rencontre avec Sea Shepherd, les pêcheurs ne sont pas les gars coriaces qu’ils revendiquent être habituellement, mais plutôt une bande de geignards pathétiques.
  • Il est dit que l’équipage de Sea Shepherd à lancé des munitions communément appelées "bombes à thon" sur le Varadero I. D’abord, nous ne lançons jamais d’explosifs, sous quelque condition que ce soit. Ensuite, nous n’avons même pas de ces "bombes à thon" sur le bateau, mais il ne fait aucun doute que l’équipage du Varadero I en avait, car ce sont des équipements utilisés pour la pêche.
  • Il a été dit que les fenêtres du Varadero I ont toutes été brisées par les canons à eau de l’Ocean Warrior. Étrange, parce que sur la vidéo on peut constater que pas une seule des fenêtres n’est brisée. Je peux aussi dire par expérience, ayant navigué pendant 5 ans sur ce navire, que les "canons" à eau sur l’Ocean Warrior ont une pression tellement faible qu’ils ne pourraient pas déloger une mouche sur le bastingage, encore moins les fenêtres d’un bateau de pêche.
  • Les braconniers affirment qu’ils ont “dérivé” dans les eaux Guatémaltèques en raison d’un problème de moteur et se trouvaient donc à 45 km dans leur zone économique exclusive (ZEE). Nous avons entendu des excuses similaires dans les Galápagos quelque temps auparavant, jusqu’à ce que je pointe aux autorités des Galápagos que le déplacement des courants se fait en s’éloignant de la terre. Il se passe exactement la même chose dans cette zone: il n’y a pas de courant à cette position qui pourrait causer la dérive d’un bateau de 45 km dans la ZEE Guatémaltèque. Et même si un tel courant existait, et je répète que ce n’est pas le cas, il circulerait à 1 nœud au maximum et ça voudrait dire que le Varadero I était en train de dériver depuis environ 30 heures. Ceci est d’ailleurs impossible puisqu’ils traînaient une ligne quand l’Ocean Warrior les a trouvés. Leurs prises étaient toujours vivantes, ce qui veut dire que la ligne ne pouvait pas être dans l’eau depuis plus de 24 heures. Ils étaient, sans aucun doute possible, de façon volontaire, engagés dans une opération de pêche aux ailerons de requins dans les eaux Guatémaltèques.

Analysons maintenant quelques autres faits intéressants, alors que nous en apprenons un peu plus chaque jour:

  • La flotte japonaise baleinière a déposé une injonction contre Sea Shepherd (affaire qu’ils ont perdue) dans un tribunal de l’Etat de Washington, UNE SEMAINE avant que le cas contre le Capitaine Watson soit mystérieusement rouvert devant le tribunal costaricain. Coïncidence? Je ne pense pas.
  • Le président Chinchilla a rendu visite au Japon l’année dernière, cela a dû être une bonne occasion pour discuter des scenarios possibles qui permettraient au Costa Rica d’aider le Japon à attraper le Capitaine Watson. Cette affaire vieille de dix ans a dû être mentionnée. Cette visite s’est déroulée au moment même où le procès a été rouvert contre le Capitaine Watson.
  • Aujourd’hui même, la presse reportait que le Japon a donné 9 millions de dollars au Costa Rica pour ses Parcs Nationaux. Prime de récompense pour avoir été le bon serviteur de Tokyo?
  • L’administration Chinchilla n’est pas exactement populaire au Costa Rica, en raison de scandales liés à plusieurs domaines, notamment au domaine maritime. En fait, un sondage effectué sur la popularité des politiques aux Amériques liste Chinchilla en dernière position avec 26% de soutien de la part du peuple Costaricain (l’Equateur est en première place, 81% des gens soutiennent Correa). Ceci explique pourquoi des étudiants de l’université de San José m’ont demandé pourquoi diable Sea Shepherd voudrait travailler avec un gouvernement que la plupart des Costaricains méprisent.
  • Le contrat de 25 000 dollars sur la tête du Capitaine Watson est toujours d’actualité, il a même peut-être augmenté. N’importe quelle personne intelligente ne souhaiterait pas donner l’opportunité à quelqu’un de toucher cette récompense. C’est pour cela que le Capitaine Watson est désireux d’aller au Costa Rica volontairement, de façon à ne pas avoir à attendre son procès dans une prison costaricaine. S’il est extradé, il devra passer un laps de temps inconnu dans un endroit où sa sécurité ne sera plus assurée.
  • Le Capitaine Watson n’a jamais été informé de la continuité de la poursuite en justice au Costa Rica, et logiquement ne pensait pas que c’était toujours d’actualité (cela fait dix ans), jusqu’a ce qu’il soit arrêté en Allemagne. Normalement, cette affaire aurait dû expirer judiciairement, mais comme le Costa Rica le considère comme un fugitif depuis 2006 (!!), le dossier avait été suspendu. Pourquoi a-t-il fallu six ans avant que le tribunal du Costa Rica ne décide de lancer un mandat d’arrêt international reste un mystère absolu. Le Capitaine Watson aurait dû être notifié correctement que sa présence était requise pour une audience en 2006, au lieu de quoi le tribunal n’a fait aucun effort pour le contacter, alors qu’il n’est pas très difficile à trouver.
  • Interpol n’a pas lancé de mandat d’arrêt international contre le Capitaine Watson parce que leurs bureaux ont pensé que la requête du Costa Rica n’était pas en règle avec leurs pré-requis. Ils ont même décidé, de façon très inhabituelle, de poster cette décision sur leur site internet, indiquant clairement que cette demande est politiquement motivée. Après tout, il est clair que le Capitaine Watson s’est fait un grand nombre d’ennemis dans l’arène politique pendant ses 35 ans passés à la tête de Sea Shepherd Conservation Society.
  • L’Allemagne n’a pas de traité d’extradition avec le Costa Rica; en fait, l’Allemagne n’a aucune obligation quelle qu’elle soit d’honorer une telle requête de la part du Costa Rica. Pourtant, le Capitaine Watson a été arrêté à Francfort alors qu’il avait voyagé auparavant dans le monde entier, et aucun autre pays n’a jugé bon ne serait-ce que de prendre en considération la requête du Costa Rica.

Malgré le fait que nous détenons un nombre phénoménal de preuves en notre faveur et que nous avons essayé de raisonner avec les juges pour qu’ils passent sur l’ordre d’extradition, le Capitaine Watson est toujours traité comme un criminel. Il a proposé de venir au Costa Rica volontairement et de se défendre devant le tribunal, mais sa demande a été refusée.

Les braconniers n’ont JAMAIS été poursuivis pour leurs crimes contre la nature, alors même que les vidéos de Sharkwater que nous avons données aux tribunaux prouvent sans le moindre doute qu’ils étaient engagés dans une opération criminelle.

On pourrait penser que le Costa Rica a des choses plus importantes à faire que de ressortir un dossier d’accusation vieux de 10 ans déposé par des braconniers contre un homme qui a fait plus pour la protection des océans que n’importe quelle autre personne dans l’histoire du monde.

Des accusations qui ne sont basées sur rien d’autre que des déclarations de braconniers, sans même que ce soit étayé par un début de preuve.

Le Costa Rica a un problème sérieux d’exploitation d’ailerons de requins et en plus de cela un problème sérieux de trafic de drogue. Pourquoi alors est-ce que le gouvernement Allemand peut même songer à extrader le Capitaine Watson vers un pays sérieusement menacé par le crime organisé et où des pêcheurs d’ailerons, pris sur le fait, sont relâchés au bout de quelque jours sans même payer de caution? Au contraire, c’est le Capitaine Watson qui a dû payer un quart de million d’Euros et doit se présenter à la police tous les jours. Son crime supposé: suivre les instructions du gouvernement Guatémaltèque.

On pourrait presque penser que ceci est une manœuvre du gouvernement Costaricain essayant d’éloigner l’attention des problèmes réels; après tout, l’année des élections approche.

Je pense, sans l’ombre d’un doute, que le Capitaine Watson, même s’il n’a pas pu retourner au Costa Rica depuis dix ans maintenant, a fait plus pour la protection de l’Île Cocos que l’administration Chinchilla, et ça doit être difficile à digérer.

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact